Rencontre avec Pascal Kury, journaliste
« La foire Sainte-Catherine fait partie du patrimoine de la ville »
Rencontre avec Pascal Kury, journaliste
Publié le 02/12/2017
Journaliste pour RTL2 et Radio Dreyeckland, Pascal Kury habite depuis toujours à Altkirch. Il est bien placé pour témoigner sur l’évolution de la foire de la Sainte-Catherine lui qui, souvent dans ses reportages, met en avant le monde agricole et viticole.
Journaliste à la radio depuis 1985 et en charge de l’information locale pour les deux stations depuis 1995, Pascal Kury est bien connu en Alsace. À 52 ans, l’homme, passionné de chemin de fer, de théâtre, d’histoire, de cuisine et des métiers de la bouche en général, délivre ses messages et aide ses auditeurs à mieux apprécier la pertinence de l’actualité. « J’aurai pu être boulanger ou boucher. Je suis finalement entré à la radio car elle m’a appelé. Cela s’est fait naturellement. Comme tout ce que j’ai pu faire dans ma vie. À travers les infos, je délivre des messages. J’aide les auditeurs à mieux comprendre certains sujets, à comprendre certaines causes », explique Pascal Kury. L’actualité agricole et viticole n’est jamais oubliée. Elle fait régulièrement l’objet des sujets mis en avant. « Les agriculteurs sont en souffrance, mais n’ont que très peu de moyens pour le dire et l’expliquer. Ils me semblent lasser de cette situation. En tant que journaliste, j’ai un regard admiratif et attristé pour eux. Car ils bossent tout le temps, mais pas au juste prix. Or, ils nous nourrissent. Alors, oui, j’estime qu’il faut parler d’eux. Le problème, c’est que la campagne vient difficilement à la ville. Ils n’ont pas comme premier réflexe d’utiliser la radio pour témoigner. Or, la radio permet pourtant d’être écoutée partout et facilement », ajoute Pascal Kury. « La foire a perdu son cachet agricole » La campagne, le journaliste est pourtant bien placé pour en parler. Il habite Altkirch. « Je suis un paysan du Sundgau. Je suis attaché à ce terroir, ces terres, ces saisons et ces traditions. Parmi elles, la foire de la Sainte-Catherine évidemment ». Il juge son évolution sans complaisance. « Je suis dans l’événement puisque j’habite place de la Réunion qui se trouve au cœur de la manifestation. Par le passé, j’adorais cette excitation la veille et la nuit, pour l’installation des marchands. Ce bruit, ces voix de la vie dans la nuit. Il se passait quelque chose. Aujourd’hui, les gens viennent le jour même et le plus tard possible. Cette frénésie a perdu son cachet historique. Tout comme son caractère agricole. Il ne reste plus que la place Xavier Jourdain et l’avenue Clémenceau. Pour le reste, c’est un fourre-tout commercial », estime Pascal Kury. Pour autant, et comme chaque année, le citoyen qu’il est se rendra sans aucun doute à la manifestation et le journaliste fera son reportage annuel. « L’année passée, j’avais réalisé l’interview d’un éleveur. Malheureusement, ils ne sont plus très nombreux. C’est dommage car je suis très attaché aux animaux de la ferme. Malgré tout, je compte continuer à axer mes reportages sur ce monde agricole. Car cette foire reste le grand rendez-vous de l’agriculture en ville », ajoute Pascal Kury. Il est convaincu qu’il faut faire perdurer cette manifestation. À l’image de la foire Simon et Jude à Habsheim où, à travers les concours de races d’animaux, l’élevage est mis en valeur. « La foire de la Sainte-Catherine doit être dans le même état d’esprit. Elle fait partie du patrimoine de la ville comme, par exemple et la tour de l’Europe et les journées d’octobre à Mulhouse », conclut Pascal Kury.












