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Foire de la Sainte-Catherine à Altkirch

Tradition respectée

Publié le 02/12/2017

La 516e édition de la foire Ste Catherine d’Altkirch a tenu toutes ses promesses jeudi 23 novembre. À l’image de la météo, elle s’est déroulée tout en douceur.

Une douceur qui s’est tout d’abord vérifiée dans la philosophie de certains exposants, majoritairement des associations locales. À l’image de ce stand où des bénévoles ont en effet profité de cette journée pour distribuer gratuitement des gobelets de soupe afin de sensibiliser le public au gaspillage alimentaire. Les différents potages en dégustation étaient préparés à partir de légumes invendus, récupérés dans les magasins du secteur. « C’est une soupe quasiment bio, puisqu’une grande partie des légumes proviennent de magasins comme Biocoop », explique Anne-Sophie Parant, coprésidente du SEL du Sundgau (Service d’Echange Local). Le collectif présent réunissait six associations : le SEL du Sundgau, les Jardins partagés de Heidwiller, Forum +, le mouvement des Incroyables comestibles, la Maison de la nature d’Altenach et les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). « Les gens ont envie de faire autre chose, d’innover, d’être solidaires. Ici, ils peuvent discuter tranquillement, poser des questions, et déguster les soupes. Toutes nos animations ont pour thème le gaspillage alimentaire », précise Jean-Yves Leroide, coordinateur de ce collectif. Bien qu’à l’étroit, les cuistots bénévoles ont donné le meilleur d’eux-mêmes dans la préparation de ces potages. Venue avec ses platines et ses vinyles, la DJette Céline B. installée depuis peu à Hirtzbach, a assuré l’animation musicale du stand en mixant des morceaux éclectiques qui invitaient les badauds à danser, avec leur gobelet de soupe à la main. « Expliquer notre démarche » Ambiance également militante avenue Clémenceau sur le stand de la laiterie Eurial. Comme prévu, des producteurs de lait sont présents pour faire déguster le désormais bien connu yaourt « A Güeter ! ». Parmi ces professionnels, Michel Rohrbach. « Je suis venu dès la fin de la traite. Nous profitons de cette journée pour faire découvrir aux gens nos yaourts et expliquer notre démarche. Visiblement, ces yaourts sont appréciés. La démarche semble être comprise. Il faut maintenant que les gens demeurent fidèles à long terme », ajoute le professionnel enthousiaste mais également prudent. Dans cette même avenue, les partenaires du monde l’agriculture étaient tous présents, comme chaque année. Tout comme les concessionnaires agricoles, place de la Halle au Blé. Dans la douceur de cette journée d’automne, les gens ont tendance à discuter plus sereinement. Un peu plus loin, le marchand originaire de Savoie est venu avec ses poules, ânes et autres volailles. Tout comme son voisin du Doubs présent avec ses chevaux. Une habitude prise depuis quelques années.

Publié le 02/12/2017

Journaliste pour RTL2 et Radio Dreyeckland, Pascal Kury habite depuis toujours à Altkirch. Il est bien placé pour témoigner sur l’évolution de la foire de la Sainte-Catherine lui qui, souvent dans ses reportages, met en avant le monde agricole et viticole.

Journaliste à la radio depuis 1985 et en charge de l’information locale pour les deux stations depuis 1995, Pascal Kury est bien connu en Alsace. À 52 ans, l’homme, passionné de chemin de fer, de théâtre, d’histoire, de cuisine et des métiers de la bouche en général, délivre ses messages et aide ses auditeurs à mieux apprécier la pertinence de l’actualité. « J’aurai pu être boulanger ou boucher. Je suis finalement entré à la radio car elle m’a appelé. Cela s’est fait naturellement. Comme tout ce que j’ai pu faire dans ma vie. À travers les infos, je délivre des messages. J’aide les auditeurs à mieux comprendre certains sujets, à comprendre certaines causes », explique Pascal Kury. L’actualité agricole et viticole n’est jamais oubliée. Elle fait régulièrement l’objet des sujets mis en avant. « Les agriculteurs sont en souffrance, mais n’ont que très peu de moyens pour le dire et l’expliquer. Ils me semblent lasser de cette situation. En tant que journaliste, j’ai un regard admiratif et attristé pour eux. Car ils bossent tout le temps, mais pas au juste prix. Or, ils nous nourrissent. Alors, oui, j’estime qu’il faut parler d’eux. Le problème, c’est que la campagne vient difficilement à la ville. Ils n’ont pas comme premier réflexe d’utiliser la radio pour témoigner. Or, la radio permet pourtant d’être écoutée partout et facilement », ajoute Pascal Kury. « La foire a perdu son cachet agricole » La campagne, le journaliste est pourtant bien placé pour en parler. Il habite Altkirch. « Je suis un paysan du Sundgau. Je suis attaché à ce terroir, ces terres, ces saisons et ces traditions. Parmi elles, la foire de la Sainte-Catherine évidemment ». Il juge son évolution sans complaisance. « Je suis dans l’événement puisque j’habite place de la Réunion qui se trouve au cœur de la manifestation. Par le passé, j’adorais cette excitation la veille et la nuit, pour l’installation des marchands. Ce bruit, ces voix de la vie dans la nuit. Il se passait quelque chose. Aujourd’hui, les gens viennent le jour même et le plus tard possible. Cette frénésie a perdu son cachet historique. Tout comme son caractère agricole. Il ne reste plus que la place Xavier Jourdain et l’avenue Clémenceau. Pour le reste, c’est un fourre-tout commercial », estime Pascal Kury. Pour autant, et comme chaque année, le citoyen qu’il est se rendra sans aucun doute à la manifestation et le journaliste fera son reportage annuel. « L’année passée, j’avais réalisé l’interview d’un éleveur. Malheureusement, ils ne sont plus très nombreux. C’est dommage car je suis très attaché aux animaux de la ferme. Malgré tout, je compte continuer à axer mes reportages sur ce monde agricole. Car cette foire reste le grand rendez-vous de l’agriculture en ville », ajoute Pascal Kury. Il est convaincu qu’il faut faire perdurer cette manifestation. À l’image de la foire Simon et Jude à Habsheim où, à travers les concours de races d’animaux, l’élevage est mis en valeur. « La foire de la Sainte-Catherine doit être dans le même état d’esprit. Elle fait partie du patrimoine de la ville comme, par exemple et la tour de l’Europe et les journées d’octobre à Mulhouse », conclut Pascal Kury.

Foire de la Sainte Catherine à Altkirch

La tradition demeure, les procédures changent

Publié le 17/11/2017

La plus ancienne foire d’Alsace va une nouvelle fois s’installer dans les rues d’Altkirch. La 516e foire de la Sainte-Catherine se déroule jeudi 23 novembre. Plusieurs centaines de commerçants et des milliers de visiteurs sont attendus.

C’est une tradition. Chaque année, exposants agricoles, artisans et producteurs de la région prennent leurs aises dans les rues devenues piétonnes de la capitale du Sundgau. « Au départ, c’était un marché aux bestiaux. Au fil des années, la manifestation a évolué. Mais, le secteur agricole est resté en cœur de foire. On retrouvera une nouvelle fois les concessionnaires agricoles place Xavier Jourdain (Halle au Blé) et avenue Clémenceau. C’est un secteur qui reste très actif. Il y a toujours autant de demandes. Dans le contexte économique, c’est déjà beaucoup », souligne Sébastien Murer, responsable de la police municipale d’Altkirch. Aucune demande d’éleveur n’a été relevée pour un retour des vaches et autres cheptels. Les contextes sanitaires et sécuritaires ne le permettent plus. « En revanche, nous avons toujours les mêmes marchands qui comptent venir avec quelques chevaux, poneys et autres animaux de basse-cour d’élevage », ajoute Sébastien Murer. Généralement, ils sont toujours installés aux mêmes endroits : à l’arrière de la place Xavier Jourdain et au début de l’avenue Clémenceau. Une avenue où l’on retrouvera également les organisations professionnelles agricoles et leurs partenaires. Paiement à l’avance Les autres secteurs de la foire de la Sainte-Catherine d’Altkirch seront pris d’assauts par les marchands et artisans d’autres secteurs d’activités. Cette année, ils ont constaté une évolution concernant la préparation de la manifestation. « Nous leur avons demandé de s’enregistrer il y a quelques semaines et de procéder à l’avance au paiement de leurs stands. Et non plus le jour même. Cela signifie que nous pouvons partir sur le principe qu’ils vont venir effectivement. Du coup, nous avons constaté une baisse des demandes. Environ 90 stands en moins pour un total actuel de 390 commerçants inscrits. Cela facilite l’organisation. La rue du 7 Août est actuellement vide sur le plan. Les autres artères sont pleines ou quasi pleines », constate Sébastien Murer. Bien évidemment, le jour même de la foire de la Sainte-Catherine, il sera encore possible de venir installer son stand. « Nous ne refuserons personne. Mais, celles et ceux qui viendront au dernier moment seront dirigés vers des endroits précis et imposés comme, par exemple, la rue de France. Il n’y aura pas de réattribution de place. Nous procédons ainsi pour nous faciliter le travail et pour des questions de sécurité », ajoute Sébastien Murer. À noter que le prix d’installation est de 25 € à l’inscription et de 3 € supplémentaires le mètre linéaire. Concernant la sécurité, et comme l’année dernière, trois rues ne verront s’installer que d’un seul côté des marchands. Il s’agit des rues Jean-Jacques Henner, De Gaulle et de Ferrette. « On peut penser qu’il en sera ainsi à l’avenir définitivement », conclut Sébastien Murer.

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