événement

Salon international de l’agriculture 2018

Nouvelle organisation pour le Grand Est et ses territoires

Publié le 22/02/2018

Les responsables agricoles et Jean Rottner ont présenté les animations et exposants du Grand Est au Salon international de l’agriculture, lors d’une conférence de presse à la brasserie Meteor lundi soir. Cette année, le Grand Est renforce sa présence mais tâche de ne pas effacer les marques des anciennes régions.

Oublié, le couac du Salon international de l’agriculture 2017. L’année dernière, participants et visiteurs ont critiqué la communication floue du stand Grand Est. Difficulté d’identifier la provenance des produits, marques des terroirs noyées sous la bannière Grand Est. Promis, la Région a appris de ses erreurs passées. « Tous les territoires font partie de la grande région mais chacun a ses particularités », résume Marie-Reine Fischer, de l’Agence d’attractivité d’Alsace, lors du point presse de la Région sur le Salon international de l’agriculture qui ouvre ses portes samedi 24 février à Paris. D’accord, mais quel équilibre entre région et terroirs ? D’abord, le stand principal situé dans le hall des régions. Cinq allées aux couleurs de la Lorraine, l’Alsace, la Champagne, les Ardennes et le massif des Vosges convergent vers un îlot central dédié au Grand Est. Comme un village et ses cinq quartiers, selon l’image du président de Région, Jean Rottner. Le long des cinq rues, 45 boutiques régionales proposeront leurs produits et un restaurant diffusera des parfums de l’Est. La place du village sera réservée aux animations promotionnelles et touristiques de la Région. Car le tourisme investit la Porte de Versailles pour la première fois. Et il entre avec fracas. Le village régional s’est même donné pour mission de promouvoir la destination Grand Est. « L’agriculture fait partie du paysage, de la carte postale » que les agences de promotion touristique s’attachent à vendre, selon un responsable de l’Agence d’attractivité d’Alsace. Ainsi, les curieux auront droit à une visite de la région en réalité virtuelle et des films publicitaires seront projetés. Chaque jour, les meilleurs produits d’une destination seront exposés. Quiz, dégustation, préparation d’un repas par un chef ou un lycée hôtelier. De quoi satisfaire les goûts des Parisiens. Un nouveau stand au pavillon élevage Mais qui dit Salon international de l’agriculture dit forcément animaux. La Région a bien saisi l’importance de marquer sa présence au pavillon de l’élevage, épicentre de l’événement. Elle a donc passé des accords inédits avec l’organisme de sélection de la race vosgienne et le collectif des races locales de massifs. La Région monte un chalet pour mettre en lumière les productions bovines régionales avec le premier. Elle partage une mezzanine privatisée avec le second. « Cet espace est consacré aux rendez-vous professionnels, politiques et institutionnels », explique Patrick Bastian, président de la commission agriculture et forêt à la Région et qui a œuvré en coulisses sur la participation du Grand Est à la grand-messe parisienne. Au final, la Région s’affiche dans deux halls mais avec la volonté de ne faire de l’ombre à personne. « La priorité absolue était que tous les exposants s’y retrouvent », souligne Patrick Bastian. Hors de question de retomber dans ses vieux travers. Surtout « qu’on ne vend pas l’Alsace comme les Vosges ou la Lorraine », appuie Jean Rottner. Pour preuve, lundi soir, dans ses valises, deux producteurs un peu spéciaux. Pour sa 25e participation au salon, la fromagerie de l’Ermitage, à Bulgnéville (Vosges), présentera un marcaire de 25 kg et 81 cm de diamètre. Osé. Le Gaec du fumé lorrain, basé à Montigny (Meurthe-et-Moselle), lancera sa nouvelle gamme de burger fermier, le « Bif de cochon ». Au rayon nouveautés 2018, place aux boissons. La distillerie Meyer, dans le Bas-Rhin, fêtera ses 60 ans et sa première apparition au Salon de l’agriculture. Pourtant, à Paris on a déjà entendu parler des Meyer. En effet, ces producteurs de whisky et d’eau-de-vie dirigent la distillerie la plus primée au Concours général agricole. Autre lieu, autre produit, la distillerie Miranille, de Neufchâteau dans les Vosges, proposera ses eaux-de-vie de mirabelle aromatisées à la vanille et un rhum au sirop d’érable. Des produits très différents unis avec succès par le savoir-faire lorrain. Le rêve de Jean Rottner pour le Grand Est et ses multiples territoires.

Publié le 06/02/2018

Lancé à l’occasion des 60 ans de la Route des vins d’Alsace, le slowUp a attiré l’an dernier 40 000 visiteurs. Alsace Destination Tourisme en confie à présent l’organisation aux acteurs locaux, qui se sont constitués en association le 24 janvier dernier.

Avec 40 000 visiteurs enregistrés l’an dernier, le slowUp Alsace est la manifestation touristique qui attire le plus de monde dans la région en une seule journée. Elle a été lancée en 2013 pour célébrer les 60 ans de la Route des vins d’Alsace, avec un principe simple : faire redécouvrir une portion de cette route mythique - 31 km - en réservant son accès aux piétons, marcheurs, cyclistes, cavaliers, et à toutes les personnes non-motorisées. Aucune voiture n’étant admise ce jour-là sur le circuit, les visiteurs peuvent profiter en toute tranquillité des attraits de la Route des vins et de la Véloroute du vignoble, située au pied du Haut-Kœnigsbourg : entre Châtenois, Bergheim et Sélestat, plusieurs parcours de difficultés différentes sont accessibles. Ce jour-là, les communes, les associations et partenaires locaux se mobilisent pour proposer des animations sur neuf places festives jalonnant l’itinéraire. Le slowUp ayant atteint sa vitesse de croisière, Alsace Destination Tourisme (ADT), qui en était l’initiateur, a décidé de passer le relais en confiant son organisation aux acteurs locaux. Une association a été créée dans cet objectif le 24 janvier à Scherwiller, sous l’égide d’ADT et de son président, Max Delmond. Baptisée slowUp Alsace de la Route des vins, elle réunit l’ADT, les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, la communauté de communes de Sélestat, une dizaine de communes des deux départements, ainsi que la société Batorama. « Cette manifestation a pris beaucoup d’ampleur depuis qu’elle a été créée », expliquait Max Delmond lors de l’assemblée constitutive, rappelant que le premier slowUp a rassemblé 15 000 personnes et que son succès s’est amplifié d’année en année. Il était donc temps que « les territoires s’emparent de cet événement touristique ». ADT, qui reste présent en tant que membre fondateur de la nouvelle association, continuera à apporter son savoir-faire : il assurera notamment la promotion du slowUp lors des différentes manifestations et salons auxquels il participe, précise Marc Lévy, directeur d’ADT. Préserver la convivialité Ce passage de relais ne devrait pas changer l’état d’esprit de la manifestation : « Nous souhaitons garder l’ambiance du slowUp qui a l’avantage d’être une manifestation en accès gratuit », précise Pierre Bihl, maire de Bergheim, élu vice-président de la nouvelle association. Il souhaite notamment maintenir le caractère convivial de cette journée dont l’intitulé résume très bien l’esprit (slowUp est une contraction de slow down & pleasure up, qui signifie « ralentit l’allure et augmente le plaisir »). Son collègue Marcel Bauer, maire de Sélestat et également vice-président, voit dans la mobilisation des communes, de leurs élus et des associations, un signe très positif pour l’avenir du slowUp, qui va pouvoir continuer à se développer. Jusqu’à un certain point en tout cas : au-delà de 50 000 visiteurs, les questions de sécurité et de maintien de l’accès à certains sites comme le Haut-Kœnigsbourg et les parcs animaliers voisins, deviendraient problématiques, reconnaissent les élus. Les syndicats viticoles sont en tout cas plus motivés que jamais, témoigne Olivier Sohler, maire de Scherwiller, élu président de l’association. Leurs stands collectifs ont les faveurs des visiteurs du slowUp qui, n’étant pas motorisés, peuvent apprécier les vins d’Alsace en toute sécurité.

25e anniversaire de la coopérative Alsaraifort

Petit mais costaud !

Publié le 15/12/2017

Le raifort, c’est 17 producteurs sur 21 hectares. Une niche. Mais, portée par la volonté de quelques hommes, cette petite filière alsacienne perdure. Et entend bien faire apprécier le piquant de ce condiment outre-Vosges !

Jeudi 7 décembre, suite à son assemblée générale, la coopérative Alsaraifort fêtait son 25e anniversaire. « Nous sommes ici réunis en famille », précise Joseph Lutz, ancien président et fondateur de la coopérative Alsaraifort, devant une assemblée constituée des producteurs, actuels et anciens, de l’unique transformateur, et des partenaires de la filière. En effet, les discours officiels, empreints de solennité et d’hommages appuyés, étaient aussi émaillés de blagues, de piques, et d’anecdotes ! Une blancheur incomparable Joseph Lutz a retracé l'« histoire unique » du raifort. Autrefois, chaque ferme alsacienne en entretenait quelques pieds dans le jardin, pour un usage domestique. Dans les années 1950, la famille Urban a décidé de cultiver la racine à plus grande échelle. « C’était très novateur », souligne Joseph Lutz. D’autant que ces pionniers sont allés jusqu’à peler et râper les racines à la main. « Cette blancheur, c’est ce qui fait encore la particularité du raifort alsacien. Celui qui est produit en Allemagne ou en Autriche n’est pas pelé donc il a une teinte grisâtre. » Dans les années 1960-1970, la culture du raifort se développe surtout sur les bans de Mietesheim et Wissembourg. « J’ai commencé par en planter une rangée dans le tabac en 1977 », raconte Joseph Lutz, aussitôt corrigé par son épouse : « Nous avons planté ! » À cette époque, la demande de l’usine Raifalsa, alors dirigée par Georges Urban et sa sœur Marguerite Schmidt, est croissante. Aussi Joseph Lutz fait-il la promotion de la culture auprès de ses collègues tabaculteurs. « Ce sont deux cultures qui se marient bien : il faut être habitué au travail manuel. » À partir de la fin des années 1980, Gérard Neuhard est mandaté par la Chambre d'agriculture pour s’occuper du groupe de 30 producteurs. Il l’anime, organise des essais, des visites à l’étranger, parfois à plus de 1 000 km… Bref, ne ménage pas ses efforts pour améliorer les techniques de production et structurer la filière. Des efforts couronnés par la création de la coopérative Alsaraifort en 1992. Deux ans après, Raifalsa traverse quelques perturbations. Georges Urban et Marguerite Schmidt n’ont pas de successeur. La sucrerie d’Erstein se porte acquéreur de l’usine. Mais le divorce est vite prononcé. Raifalsa est alors rachetée par Rémy Lienhard, qui investit dans une unité de production de 1 500 m2. Mais, au bout de trois années d’exploitation, il se retire de l’affaire, et l’entreprise est revendue à Ernest Trautmann et son fils Denis. « Avec eux, on a pu discuter. Et c’est ce qui a permis de pérenniser la filière », affirme Joseph Lutz. En 2006, il cède le poste de la présidence d’Alsaraifort à Christophe Scharrenberger. Deux ans plus tard, la coopérative adhère à Planète Légumes. Des pistes de modernisation Aujourd’hui, la coopérative regroupe 17 exploitants sur 21 ha. Le principal acheteur reste Raifalsa, devenu Alélor, qui transforme environ 150 tonnes de racines par an. Le noyau dur des producteurs se situe toujours dans le secteur historique, au nord de Mietesheim, mais aussi autour de Brumath. « Depuis trois quatre ans, il y a aussi des producteurs le long du Rhin », témoigne Pierre Geist, l’actuel conseiller de la Chambre d'agriculture d’Alsace en charge de la filière raifort. Après avoir diminué jusqu’en 2010, où il n’y avait plus que 13 producteurs, l’effectif augmente à nouveau. L’évolution des surfaces est similaire, et la surface moyenne par producteur augmente. « Le rendement est très fluctuant, de 6 à 10 t/ha, car il est très tributaire des aléas climatiques », décrit Pierre Geist. Une piste envisageable pour lisser ces aléas serait d’équiper les parcelles de raifort de systèmes d’irrigation. C’est un des axes de travail évoqués au cours de cette réunion anniversaire, mais pas le seul : développer le désherbage mécanique, mécaniser davantage la récolte, planter les racines dans des buttes hautes… Les idées ne manquent pas pour rendre la culture plus attractive auprès des jeunes producteurs. Car c’est là que le bât blesse : la culture du raifort est assez contraignante. Les racines se récoltent de la fin de l’automne au début du printemps, donc dans des conditions difficiles. « Il faut compter 600 à 800 heures de travail », estime Christophe Scharrenberger. « Or notre mission est aujourd’hui de renouveler les générations. Depuis 2010, 12 nouveaux producteurs se sont lancés dans le raifort mais certains ont déjà arrêté », constate Pierre Geist. Des velléités de sortir de la confidentialité Les freins au développement de la filière résident aussi dans la confidentialité de la culture en France - les 21 ha de raifort alsaciens sont les seuls de tout l’hexagone - qui n’intéresse donc ni les constructeurs de matériel agricole, ni les firmes phytosanitaires. Pour obtenir des autorisations d’usage, le raifort était d’abord considéré comme une Plante à parfum, aromatique, médicinale et condimentaire (PPAMC), puis comme une carotte… Alors qu’il appartient à la famille des crucifères. Quoi qu’il en soit, la culture mineure manque de solutions de traitement homologuées. Et certains ravageurs posent problème (rouille, rhizoctone, altises) « Heureusement, nous entretenons de très bonnes relations avec nos homologues allemands, autrichiens, hongrois », se félicite Pierre Geist. Culture marginale, le raifort n’a bénéficié que de peu de soutiens financiers pour prospérer. Si cette microfilière perdure, c’est surtout grâce à l’engagement et au soutien de quelques hommes. Aujourd’hui la production de raifort reste stable, mais n’augmente pas vraiment. Joseph Lutz rêve de davantage d’actions de sensibilisation auprès des consommateurs pour promouvoir ce condiment si particulier, voire d’un dépôt de dossier de demande d’indication géographique protégée (IGP)…

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