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Visite d’exploitations agricoles du Conseil départemental

Un soutien toujours aussi fort au monde agricole

Publié le 17/10/2018

Le 11 octobre, Brigitte Klinkert a effectué sa première visite d’exploitations agricoles en tant que présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin. L’occasion de réaffirmer le soutien de la collectivité territoriale à une profession malmenée cette année par les problèmes de sécheresse, désireuse d’approvisionner davantage les cantines des collèges, et motivée à l’idée de participer à la production d’énergies « vertes » par le biais de la méthanisation et du photovoltaïque.

Présent depuis de nombreuses années auprès du monde agricole, par le biais des Gerplan notamment, le Conseil départemental du Haut-Rhin (CD 68) a ténu à réaffirmer cet engagement le jeudi 11 octobre avec la visite de deux exploitations aux profils différents : à l’EARL Herrscher à Andolsheim, en production laitière conventionnelle orientée filière longue, et à l’EARL Rolli à Bergheim, spécialisée en arboriculture biologique orientée majoritairement vers la vente directe. Une première pour Brigitte Klinkert en tant que présidente de la collectivité territoriale. Organisée par la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) en présence des députés Jacques Cattin et Eric Straumann, cette matinée a permis de faire le tour des sujets d’actualité qui préoccupent actuellement la profession. En premier lieu le manque d’eau à l’origine de la sécheresse actuelle qui met en difficulté bon nombre d’élevages dans le département. « On n’a jamais connu une situation comme celle-là. Habituellement, on a la pluie après la sécheresse d’été. Cette année, ce n’est pas le cas. On pensait qu’on pourrait se refaire avec des Cipan qu’on donnerait à nos animaux. Malheureusement, cela n’a pas poussé. Et contrairement aux grandes cultures, l’herbe n’est pas assurable. Ce qui fait que seul le système des calamités agricoles peut amener quelques subsides économiques. Et là encore, ce n’est gagné », déplore, en introduction de cette matinée, Laurent Wendlinger, le président de la CAA. Mais quand certains manquent d’eau, d’autres en subissent parfois les excès dévastateurs. Cela a été le cas de la ferme Rolli depuis sa création en 1967 : inondation centennale en 1982, inondation des vergers en 1996, inondation en 2016 qui provoque une perte de 70 % de la récolte, et encore une inondation cette année sur la moitié de la surface de maïs. « Tout cela nous a poussés au fil du temps à faire des choix stratégiques. Aujourd’hui, malheureusement, de plus en plus de parcelles sont à l’abandon dans ce secteur. On espère maintenant que les travaux qui sont en cours actuellement sur la route de Marckolsheim en aval permettront d’accélérer la décrue en période d’inondation », explique Marc Rolli. Sur ce point, Brigitte Klinkert souligne que le Département est présent et continuera à l’être auprès des communes victimes de dégâts suite à des intempéries. Le 22 juin, la collectivité a débloqué un fonds de secours exceptionnel de 2,1 millions d’euros pour venir en aide aux villes et villages touchés par des coulées de boues ou des inondations. « La meilleure assurance, c’est ce qu’on a dans les granges » Laurent Wendlinger rappelle que ce sont les agriculteurs qui ont fait l’effort de remettre de l’herbe sur leurs surfaces qui font face aujourd’hui à des difficultés économiques. Il réclame des réponses « structurelles et conjoncturelles. » « Ça serait par exemple un non-sens de faire des sursemis de prairies alors qu’il ne pleut pas. Ça serait juste de l’argent gaspillé. Il faudrait peut-être reporter cette opération au printemps prochain. » Pour rappel, le conseil général du Haut-Rhin avait financé une action similaire en 2004 suite à la sécheresse de 2003 et ce, à la demande des organisations professionnelles agricoles. Si le Département dispose aujourd’hui d’un champ restreint pour soutenir l’agriculture (voir encadré), ce n’est pas le cas des autres organismes qui gravitent autour du monde agricole. Laurent Wendlinger leur lance un appel : « Il va falloir accompagner les agriculteurs au niveau économique. Il faut reporter les échéances, comme ce qui a été fait pendant la dernière crise. Des mesures doivent être mises en place cet automne et cet hiver pour que le maximum d’exploitants puissent passer cette situation difficile. » Sur le plus long terme en revanche, et face aux aléas climatiques de plus en plus fréquents et violents, des changements doivent être opérés selon lui sur un plan plus structurel. « La meilleure assurance, c’est ce qu’on a dans les granges. À l’avenir, les éleveurs vont devoir prendre conscience qu’il faudra quinze mois de stockage, et non plus douze. On arriverait plus facilement à passer le cap en cas de manque de fourrage comme c’est le cas cette année. Bien sûr, il y a encore des problèmes à régler au niveau national avec la fiscalisation des stocks. En parallèle, il faudra accompagner un plan de financement pour qu’il y ait plus de silos et plus de bâtiments. Oui, il y a un plan bâtiment, mais il n’est pas encore ouvert aux bâtiments de stockage », regrette-t-il. L’irrigation, « pas un problème » dans le Haut-Rhin Le partenariat « fort » entre la profession agricole et le Département sur la qualité de l’eau a été souligné. « Nous souhaitons que la totalité des agriculteurs s’engage dans la protection des zones de captage. Nous avons rencontré tous les vendeurs de produits phytos afin qu’il y ait une dynamique forte pour aller dans le bon sens, sans pour autant tomber dans l’excès. Comme les humains, les plantes ont aussi besoin d’être soignées. C’est pour cette raison qu’il faut continuer les programmes de recherche et d’innovation. » Sur ce sujet « phytos », David Herrscher considère que le soutien de la classe politique est « indispensable ». « Qu’on soit bio ou conventionnel, on utilise des phytos. Et si on n’en veut plus du tout, il faut changer de modèle de société et remettre des gens dans les champs. » À titre d’exemple, un rattrapage manuel pour la culture de la betterave serait de trente heures par hectare, et par an. Une filière qui souffre actuellement d’un effondrement mondial des prix depuis la fin des quotas. Cette année, le producteur se retrouve avec un prix de 24 euros la tonne brute contre 30 à 35 euros certaines années. Les charges, elles, sont bien sûr restées les mêmes. La situation est tendue « alors que nous sommes capables de produire de manière bien plus régulière qu’ailleurs grâce à l’irrigation » explique Denis Nass. Une pratique qui n’est d’ailleurs « pas un problème » dans le Haut-Rhin tient à souligner Brigitte Klinkert : « Le Département gère un réseau d’alimentation de la nappe qui met plus d’eau que ce qui est utilisé en agriculture. L’irrigation ne doit pas être vue négativement. » Produits locaux dans les collèges : peut mieux faire L’autre partenariat emblématique du Conseil départemental du Haut-Rhin - et de celui du Bas-Rhin - avec le monde agricole date de 2016 avec la création de la plateforme approalsace.fr qui permet aux collèges de faire leurs achats de produits locaux en ligne. Après deux ans de vie, Laurent Wendlinger en tire un bilan plutôt mitigé. « L’idée de base est louable, mais il faut améliorer le process. Un collègue utilisait cette plateforme pour vendre son fromage de chèvre. Mais le jour où le cuisinier l’achetait, il devait compenser le coût du produit en achetant des produits bas de gamme venant d’ailleurs. Du coup, plusieurs producteurs refusent de vendre parce qu’ils ne veulent pas que les enfants mangent moins bien au final à cause d’eux. Mais la réalité, c’est que des produits locaux de qualité, cela a un coût. Et là, nous entrons dans un débat philosophique. » Brigitte Klinkert abonde dans ce sens : « Un travail de fond dans être fait sur l’approvisionnement des cantines. Aujourd’hui, nous sommes environ à 20 % d’approvisionnement local dans nos collèges. On aimerait augmenter fortement cette proportion. Il faut arriver à déterminer le juste prix qui soit le même dans tous les établissements. » « Le souci est qu’il y a souvent plusieurs interlocuteurs », révèle le président des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin, Ange Loing. « Entre un cuisinier et un gestionnaire, les logiques ne sont pas nécessairement le mêmes. » Autre point soulevé par ce dernier : l’opération « Je mange bio et local, c’est génial » qui manque selon lui de « cohérence ». « Plutôt que de demander aux agriculteurs de produire trois fois plus pour cette journée, ça serait mieux d’avoir quelque chose de similaire, mais de manière plus étalée et régulière tout au long de l’année. » Une agriculture productrice d’énergies « vertes » Enfin, les responsables professionnels agricoles ont parlé énergies renouvelables avec la présidente du CD 68. Un dossier remis récemment sur le devant de la scène depuis que le désormais ex-secrétaire d’État à la Transition Écologique, Sébastien Lecornu, a confirmé l’appel d’offres de 300 mégawatts dans le département du Haut-Rhin. Le monde agricole a « beaucoup de projets » sous le coude confirme Laurent Wendlinger. Pour autant, rien n’est fait pour l’instant préviennent les responsables. « Le débat dans ce dossier est compliqué. Mais ce qui est clair, c’est qu’il n’y aura pas un hectare de libéré à Fessenheim si le monde agricole n’obtient aucune surface dans cet appel d’offres », prévient Denis Nass. « La profession jouera le jeu. Je pense qu’il peut y avoir un nouvel engouement autour du photovoltaïque. Mais il faut que les choses soient cadrées. Il ne faut pas d’une usine à gaz administrative », précise le président de la Chambre d'agriculture. La production d’énergies « vertes » passera également par la méthanisation, la possibilité d’une « belle complémentarité » entre les agriculteurs et les collectivités estime-t-il. Pour Brigitte Klinkert, la fermeture annoncée de la centrale nucléaire de Fessenheim est l’opportunité pour le Haut-Rhin de devenir le « premier territoire alimenté uniquement en énergies renouvelables ». « Et que ce soit pour vos projets de centrale photovoltaïque ou de méthanisation, sachez que nous resterons présents pour défendre vos intérêts auprès de l''État », conclut la présidente du CD 68.

Sécheresse et dégâts de sangliers

Les maux de la montagne

Publié le 03/10/2018

Comme leurs collègues de la plaine, les agriculteurs de montagne souffrent. Depuis plusieurs semaines, hormis quelques orages localisés, la pluie est rare. À cette sécheresse persistante et ce manque d’eau s’ajoutent des dégâts de sangliers toujours plus importants et répétitifs.

Agriculteur bio à Hachimette et président des jeunes agriculteurs du Haut-Rhin, Ange Loing est bien placé pour évoquer le problème des dégâts de sangliers. S’ils existent depuis longtemps, ils sont cette année encore plus importants. « J’ai des parcelles qui ont été touchées sur Fréland, sur Orbey et, dès le printemps dernier, au Bonhomme. Là où les sangliers passent, les champs sont saccagés. Et surtout, quelques jours plus tard, il n’est plus rare qu’ils repassent au même endroit. C’est lassant. » Des réunions communes avec les représentants de la profession agricole dans le Bas-Rhin ont tenté de faire avancer les choses pour trouver des solutions. Tout comme avec la direction départementale des territoires dans le Haut-Rhin. « Concernant les déclarations de ces dégâts, il était question de ne plus les déclarer à l’automne, mais au printemps afin de tout regrouper. On nous a demandé de les déclarer tout de même à l’automne pour que la DDT ait une idée de l’importance de ces dégâts et de diagnostiquer les points noirs afin de pouvoir agir ensuite rapidement. Mais, des agriculteurs ont préféré réparer avant… et prendre le risque de ne pas être indemnisé. Ils ne voulaient pas mettre en péril la récolte de foin avant l’hiver ». Sauf qu’ils sont nombreux à avoir vu leurs parcelles être de nouveau dégradées… « Les dégâts sont toujours plus importants depuis 30-40 ans. Mon père avait participé aux premières manifestations sur le sujet dès 1973. Depuis, les choses n’avancent guère. L’an passé, ce sont une centaine d’hectares de prairies et des centaines de parcelles qui ont été saccagées en zone de montagne. On nous dit qu’il faut passer notre permis de chasse pour aider les chasseurs. Mais, d’une part, il faut avoir le temps pour le faire. Et d’autre part, ce n’est pas mon métier, ma spécialité. À l’époque, on les voyait ces fameux sangliers. Ce n’est plus le cas aujourd’hui », constate Ange Loing. Vers un nouveau schéma cynégétique Les discussions sur la révision du schéma cynégétique s’éternisent et les points de dissension demeurent. Or, il y a urgence car l’actuel schéma cynégétique se termine en 2019. Une des principales difficultés de ces discussions concerne l’agrainage. Tout d’abord, « l’agrainage de dissuasion » est une technique de prévention des dégâts agricoles de grand gibier consistant à répandre du grain de maïs, par épandage à la volée ou en traînée linéaire, à l’écart des cultures agricoles. Dans le Haut-Rhin, le protocole d’agrainage est orienté vers la dissuasion et le prélèvement. Il a pour unique fonction de détourner les animaux des cultures et ne peut en aucun cas être détourné au profit d’un agrainage de type nourrissage. Il y a là un double objectif : détourner les sangliers des prairies et des cultures pour réduire les dégâts aux cultures, et favoriser les prélèvements quantitatifs et qualitatifs. Une autre méthode venue d’Allemagne est « l’agrainage en poste de tir » appelé « Kirrung » (technique qui consiste à disposer une petite quantité de maïs devant un poste d’affût en vue d’y attirer le sanglier pour le tuer). « Quels que soient la ou les méthodes utilisé (e) s, il faut agir pour faire baisser rapidement la population des sangliers. La fédération de chasse a un rôle à jouer auprès de ses 5 500 adhérents dans le Haut-Rhin, mais également les communes. Certains élus locaux doivent clairement faire un choix entre privilégier un intérêt direct financier et un intérêt à plus long terme, préserver une agriculture de montagne et un massif forestier », prévient Ange Loing. Trop compliqué Aux dégâts de sangliers s’ajoute depuis de nombreuses semaines la sécheresse. « Ici et là, il y a eu quelques orages. Mais, pas davantage. Sur Hachimette par exemple, nous avons eu 40 mm lors d’un orage le 20 juillet. Depuis, quasiment plus rien. Les vraies pluies datent du mois de juin dernier. » Résultat, l’herbe ne pousse plus. L’eau se fait rare. Le fourrage manque dans les élevages. « Le problème se répète de plus en plus souvent et de façon toujours plus violente. Une sécheresse aussi longue, c’est du jamais vu ! Plusieurs collègues ont été contraints, dès le mois de juin d’acheter du maïs ensilage. Il s’agit d’un bon complément pour le fourrage. Mais, cela représente aussi un coût financier très important. Pour ma part, je dois faire attention car je suis en bio. Je constate simplement que, depuis mon installation en 2014, le stock de foin n’a jamais augmenté. Mais, je ne suis pas le plus à plaindre. La situation de certains collègues est bien plus difficile », conclut Ange Loing. Il pense, par exemple, à Mickaël Ory. Agé de 31 ans, il veut s’installer sur l’exploitation familiale située à 600 mètres d’altitude au-dessus de Fréland. Mais, les difficultés s’accumulent. « J’ai réalisé un tiers de ma récolte habituelle cette année. Je ne fais plus que 100 bottes de foin contre 80 enrubannés et 150 à 160 bottes il y a encore quatre ans. Depuis, nous sommes contraints d’acheter à l’extérieur pour nourrir la vingtaine de vaches », explique le jeune éleveur. Il vient tout récemment de prendre une douloureuse décision : arrêter la production de lait. Il s’est séparé de ses vosgiennes et de ses holsteins. « Je vais faire de la vache allaitante pour pouvoir travailler à côté. C’est devenu trop compliqué pour moi. Je pensais pouvoir faire mieux. Je vais faire moins. En plus, il y a ces dégâts de sangliers. Ils passent tous les jours. Parfois cinq à six fois au même endroit ! Je remettais en état. Quelques heures plus tard, tout était de nouveau détruit. J’ai donc décidé de ne plus rien faire. Cela ne sert à rien. On n’est pas indemnisé. Je suis dégoûté de faire le même travail tous les jours pour rien ».

Concours Interdépartemental races Prim’Holstein, Montbéliarde et Salers de Habsheim

Sous le signe de la proximité et de la valorisation des filières courtes

Publié le 14/09/2018

Comme à son habitude, la foire Simon et Jude de Habsheim accueillera à nouveau cette année le concours des races Prim’Holstein, Montbéliarde et Salers les 28 et 29 octobre prochain.

Convivialité, mise en valeur du métier d’éleveur et plus que jamais, communication avec le grand public, avec la présence de producteurs locaux, sont les buts majeurs de cette manifestation. Concours Inter Races Les éleveurs des trois syndicats s’unissent, afin que cette 24e soit un beau concours conjuguant professionnalisme et camaraderie avec le partenariat du service Élevage de la Chambre d’agriculture de région Alsace et d’Élitest sans oublier le soutien de nombreuses instances et sociétés. Les inscriptions Les éleveurs inscrivent eux-mêmes les animaux à l’aide des formulaires qui leur ont été envoyés par l’EBHR (Association des Éleveurs Bovins du Haut-Rhin), avant le 28 septembre 2018 impérativement. Les éleveurs n’ayant pas reçu les fiches d’inscriptions et souhaitant participer sont conviés à contacter le service Élevage pour obtenir rapidement le document d’inscription. Si vous souhaitez être conseillé dans le choix des animaux, vous pouvez faire appel au service de : Thibaut Perreau - technicien Holstein, Elitest - Tel : 06 79 14 64 51, Pierre-Elie Richard - technicien Montbéliarde, Elitest - Tel : 06 82 55 33 71, Isabelle Hofstetter - service Élevage, CARA - Tel : 06 23 59 97 74, Daniel Renger - Conseiller bovin viande, CARA - Tel : 03 89 20 97 53. Les animations Comme l’an dernier, le chapiteau accueillera la finale départementale de jugement de bétail organisée par la Chambre d’agriculture et le Lycée agricole. Pour la 13e année consécutive, aura lieu le concours du meilleur présentateur en race Montbéliarde et Prim’holstein. La deuxième journée de formation a eu lieu le samedi 2 septembre, 17 jeunes sont inscrits à ce jour. Le défilé des enfants avec leurs veaux est reconduit, il n’est accessible qu’aux éleveurs exposants et les veaux sont soumis aux mêmes conditions sanitaires que les vaches. Toujours dans le but de communiquer avec le grand public, les producteurs fermiers adhérents à la marque « Bienvenue à la ferme », principal réseau de producteurs fermiers français, proposeront une restauration locale sous le chapiteau et un marché avec leurs produits. La filière viande bovine sera également présente pour la promotion d’une marque de production locale, avec la possibilité de dégustation sur place.

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