Association des producteurs de lait des 8 cantons
Valoriser la production, mais à quel prix ?
Association des producteurs de lait des 8 cantons
Publié le 04/04/2018
Le lancement réussi des ventes des yaourts « A Güeter » est une belle aventure pour l'association des producteurs de lait des 8 cantons. Néanmoins, l'évolution du prix du lait reste la grande inconnue et une source de frustration.
Les producteurs se sont retrouvés jeudi 22 mars en assemblée générale à Illfurth en présence de Marc Grandjean, directeur de l'usine de Château-Salin pour le groupe Eurial Ultra Frais depuis 2016. Un groupe qui a évolué ces derniers mois comme l'a rappelé le président de l'association des producteurs de lait des 8 cantons Michel Rohrbach. « Une page s'est tournée. Après un moment de flottement, nous ressentons aujourd'hui une certaine stabilité. Nous en avons profité pour créer de nouveaux liens professionnels. Notre objectif, désormais, est de trouver de la plus-value pour nos produits avec une politique « gagnant/gagnant ». Nous avons de besoin de vous certes. Mais, vous avez besoin de nous, producteurs. C'est important de le dire, pas seulement de le penser. Nous sommes votre base. Sans nous, vous n'êtes rien. Et l'inverse aussi. Or, jusqu'à présent, nous, on le dit. Pas vous ». Directement interpellé, Marc Grandjean confirme : « Vous faites partie du projet ». Tout comme Yves Le Lan, responsable du lait chez Eurial Ultrais Frais, il constate la communication réussie et le travail collectif réalisé par les producteurs pour « A Güeter ». Une belle satisfaction que ne cache pas Michel Rohrbach. « Au départ, c'est un projet un peu fou. Nous avions envie de retrouver un produit fait par des hommes et des femmes qui fabriquent eux-mêmes leur propre produit, le propose à la vente ensuite. C'est une belle aventure humaine, un travail collectif qui porte ses fruits même si, nous en sommes tous conscients, l'année 2018 sera difficile économiquement ». Une réussite qui permet d'écouler 50 000 yaourts par mois. « Depuis le mois de janvier, nous vendons entre 300 et 400 produits de deux pots par mois. Il y a 100 points de vente dans le Grand Est. Ce premier bilan, au bout de cinq mois de commercialisation, est très encourageant. Il faut maintenant pérenniser dans le temps ces ventes. Nous allons le faire en proposant, à compter de ce mois d'avril, deux nouveautés : les yaourts nature et à la châtaigne. Nous étudions d'autres variétés pour l'avenir. Et, pour promouvoir tout cela, nous allons continuer à communiquer sur les réseaux sociaux ». De nouveaux marchés La consommation annuelle mondiale est de 71 kg de produits laitiers par habitant avec une croissance annuelle de 2,4 %. Géographiquement, l'Asie, l'Amérique du Nord et l'Afrique sont des cibles intéressantes à travailler. En 2018, Eurial Ultrais Frais compte précisément aller sur ces marchés avec la préoccupation de la valeur ajoutée. L'entreprise recherche de la croissance. Elle souhaite valoriser ses marques, créer de nouveaux partenariats et avoir ainsi de nouvelles perspectives commerciales. Dans ce contexte, que peuvent espérer les producteurs de lait ? Et notamment quel prix du lait, ? Cette question a été posée plusieurs fois. « Cela va être difficile d'avoir le même niveau de prix qu'en 2017. Vous dire combien exactement, c'est difficile à dire exactement », prévient Yves Le Lan. Devant les murmures qui se font entendre dans la salle, Michel Rohrbach reprend immédiatement le responsable d'Eurial. « Nous voulons, au moins, que le prix de 2018 soit le prix de 2017. Nous connaissons la conjoncture actuelle. Chacun à ses difficultés. Mais, une partie de votre job est de valoriser les produits, nos produits ». « Si on se base sur 2015, 2016, ou 2017, et si on redescend encore ce prix, on est fini. Il faut au moins se baser sur le prix d'une année comme 2014 », s'agace un producteur. En 2017, le groupe Eurial Ultrais Frais s'est fait livrer 14,9 millions de litres de lait, soit 300 000 litres de moins qu'en 2016, pour un prix moyen payé de 340,359 €. La qualité de la production a souligné et à ce titre, le Gaec des Tourterelles à Bernwiller a été honoré.












