Syndicat de la simmental française d’Alsace
Au cœur de la Forêt-Noire
Syndicat de la simmental française d’Alsace
Publié le 22/03/2018
C’est une assemblée générale délocalisée - au cœur de la Forêt-Noire en Allemagne - que le président du syndicat de la simmental française d’Alsace a organisée récemment pour ses membres. Une région qui compte de nombreux élevages de simmental, souvent de grande taille, souligne le président du syndicat, Jean Bernhard.
Coupler une assemblée générale statutaire avec une visite d’élevage, cela n’a rien de nouveau. Mais lorsque le choix se porte sur une exploitation située à Dornstetten, près de Freudenstadt, cela change la donne ! Les 25 participants ont apprécié cette escapade, d’autant que le soleil était de la partie. À 660 mètres d’altitude, la ferme du Benzinger Hof a accueilli les éleveurs alsaciens. Elle a fêté récemment ses 1 000 ans d’existence, explique Martin Schwenk, qui était accompagné de son épouse, Annette, et de son fils, Félix. Ici, la simmental - ou plutôt la Fleckvieh - règne en maître. Le troupeau se compose de 280 vaches laitières, dont 245 en production, et leur suite. Le Benzinger Hof est une ferme en constante évolution. « Lorsque nous avons repris l’exploitation, nous avions 36 vaches », indique Martin Schwenk. Suite au rachat de quotas et à la reprise d’une ferme voisine, le couple décide de construire une nouvelle étable de 90 places. Sept ans plus tard, il réalise une première extension - « Nous avons rallongé le bâtiment de 30 m » - et construit un bâtiment pour les génisses. Une nouvelle extension, de 50 m cette fois, est décidée en 2012-2013, ainsi que la construction d’une laiterie, avec une salle de traite rotative Boumatic de 36 places. Dans sa forme actuelle, le bâtiment est conçu pour 280 places en logettes paillées. Un puits de 138 m de profondeur a été creusé récemment pour permettre un approvisionnement en eau à moindres frais. « Nous utilisons 12 000 m3 d’eau par an. » Une partie du bâtiment est équipée d’une toiture photovoltaïque. L’électricité produite est utilisée en autoconsommation, le surplus étant injecté dans le réseau. Une unité de méthanisation de 75 kW/h complète l’ensemble. Alimentée uniquement avec les déjections de l’élevage, cette usine de biogaz est entrée en service il y a un an, explique Félix Schwenk. L’exploitation s’étend sur 300 hectares, dont 180 ha de prairies et 120 ha de cultures (céréales à paille et maïs). La ferme produit 2 millions de kg de lait par an, qui sont vendus à Omira, une filiale de Lactalis située à Ravensburg. La moyenne d’exploitation est de 9 500 kg de lait par vache et par an. L’intervalle vêlage-vêlage est de 365 jours. « Depuis que nous avons équipé nos vaches de détecteurs de chaleurs, nous avons réussi à réduire cet intervalle de plusieurs jours », indique Martin Schwenk. C’est d’autant plus important que les génisses sont un peu à l’étroit. « Nous les faisons vêler tôt pour libérer de la place. » La ration de base est calculée pour une production de lait de 32 litres. Elle est complémentée en fonction du niveau de production. « La vache doit vivre longtemps et produire beaucoup », indique Martin Schwenk. L’essentiel de l’alimentation est produit sur la ferme. « Nous n’achetons que du tourteau de colza, du corn gluten feed et de l’orge d’hiver. » La ration est modifiée chaque semaine, en fonction du prix des coproduits. « Pour nous, c’est le coût de la ration qui compte. » « Nous élevons tous les veaux nés sur la ferme. » Les femelles sont destinées à l’agrandissement et au renouvellement du troupeau. Les mâles sont engraissés durant trois semaines et sont vendus à un poids de 70 à 90 kg, au prix de 6 €/kg. « Il y a deux ans, lorsque la crise laitière faisait rage, nous étions contents de vendre quelques veaux tous les mois ! » Martin, Annette et Félix Schwenk travaillent tous trois sur l’exploitation, avec un ouvrier polonais, un apprenti, ainsi qu’une aide occasionnelle. « Nous réalisons tous les travaux nous-mêmes, à l’exception de l’ensilage qui est confié à une entreprise. » Mais même avec cette charge importante de travail, les éleveurs semblent sereins. « Nous ne nous levons pas la nuit pour surveiller les vêlages. »












