bovins lait

Publié le 03/05/2018

2017 a été une année particulière pour la coopérative Sodiaal Union entre la baisse de son résultat courant consolidé de près de 7 millions d’euros par rapport à 2016, et la hausse de 44 centimes du prix du litre de lait payé aux sociétaires. Reste maintenant à faire mieux en 2018 avec toujours le même niveau de rémunération pour les producteurs.

En 2017, dans un contexte une nouvelle fois extrêmement volatile, la coopérative Sodiaal Union s’est mobilisée pour répercuter l’évolution des cotations dans le prix du lait. Le prix moyen payé aux adhérents s’est élevé à 342 €/1 000 litres pour le lait entier, ristournes incluses, soit 44 € de mieux qu’en 2016. « 2017 a été marquée par la très forte augmentation du prix du beurre. Cela a secoué beaucoup de monde dans un marché pas habitué à de tels niveaux de valorisation. Reste à savoir maintenant si ce niveau de valorisation est durable ou éphémère. Quelle stratégie économique adopter ? C’est la vraie question », souligne le président de la section Centre-Est de Sodiaal Union, Michel Rechenmann. À défaut d’avoir une réponse précise à apporter, Sodiaal Union a souhaité faire évoluer les règles de fixation du prix afin de « sécuriser » le retour des bénéfices de la coopérative à ses éleveurs adhérents. Ainsi, dès cette année, le résultat courant sera réparti à deux tiers pour les adhérents (un tiers sous forme de ristourne en numéraire et un tiers sous forme de ristourne capitalisée), et un tiers sera mis en réserve impartageable pour les futurs investissements de Sodiaal Union. Un résultat qui, contrairement au prix du lait, a vu son chiffre diminuer en 2017 par rapport à 2016, passant de 24 à 16,7 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires consolidé de 5,1 milliards d’euros. « Clairement, ce résultat est nettement insuffisant. Nous devrons le remonter en 2018 avec un prix du lait au moins égal à celui de 2017 », annonce Michel Rechenmann. « Le souci, c’est qu’on a été pénalisé par la baisse de consommation du lait UHT et, d’autre part, par la difficulté à répercuter la hausse des cotations de la matière grasse sur les prix de vente du beurre. » Parallèlement à cette envolée du prix du beurre, celui de la poudre de lait est lui resté à un niveau « anormalement » bas. « Je dis anormal car il y a des acheteurs dans sa grande majorité. Mais les stocks ont été très mal gérés l’an passé au niveau européen, et il n’y a pas de discipline communautaire. Les choses devraient néanmoins s’améliorer », poursuit-il. De bonnes performances pour le métier fromages Pas sûr que la donne s’améliore en 2018 pour la consommation de lait UHT. Si Sodiaal compte beaucoup sur sa nouvelle marque « Les Laitiers Responsables » (voir ci-dessus) pour redresser la barre, elle reste confrontée, comme l’ensemble des entreprises laitières, à une évolution des habitudes de consommation des Français, qui consomment moins de lait d’origine bovine qu’avant pour se tourner, entre autres, vers des laits végétaux. La problématique se retrouve aussi du côté des produits frais comme les yaourts. « Là aussi, on observe désormais une baisse de la consommation. Avant, c’était surtout la gamme dessert. Aujourd’hui, le yaourt basique est fragilisé à son tour par des produits régionaux plus chers, mais en plus petite quantité. Et concernant le beurre, les ménages ne compensent plus forcément avec de la margarine en cas de besoin, mais arrêtent carrément d’en utiliser », note le président de la section Centre-Est de Sodiaal Union. Heureusement pour la coopérative, le métier fromages a enregistré de bonnes performances, tant en volume qu’en valeur, et a bénéficié des cotations élevées de la matière grasse et du lactosérum. Preuve de cette bonne santé de l’activité, le retour à l’équilibre des Fromageries Occitanes, après le plan de redressement entamé par la coopérative après la fusion avec 3A. Les voyants sont également au vert pour l’activité lait infantile. « Notre modèle fonctionne bien. Nutribio a enregistré sa meilleure année en termes de rentabilité depuis sa création. » Reste encore l’activité ingrédients qui a souffert de la conjoncture sur l’activité séchage de lait, et de la concurrence accrue sur le séchage de sérum.

Publié le 03/05/2018

Initié en 2017, le nouveau plan stratégique #Value de Sodiaal Union est effectif depuis le début de l’année 2018. L’objectif, d'ici 2025, est de permettre à la coopérative de devenir « leader » sur le prix du lait en France, et d’intégrer le top 5 des entreprises laitières européennes généralistes les plus rentables. Premier acte concret de ce plan de développement, le lancement, fin avril, de la nouvelle marque de lait demi-écrémé « Les Laitiers Responsables » de Candia.

#Value, acte 1. Depuis le début de l’année 2018, la coopérative Sodiaal Union est entrée dans la mise en œuvre opérationnelle de son nouveau plan stratégique visant à recréer de la valeur ajoutée. Baptisée #Value, cette politique initiée en 2017, et validée par le conseil d’administration en juillet dernier, doit permettre à la coopérative Sodiaal Union de devenir le « leader » dans le prix du lait en France, et de rejoindre le top cinq des entreprises laitières généralistes européennes les plus rentables. « Ce plan doit permettre à l’entreprise d’être à la hauteur de ce qu’on attend d’elle. Nous sommes dans un monde où l’on doit faire attention aux attentes des consommateurs. Ça va très vite, très fort, et ça peut aller très mal. C’est quelque chose que nous ne connaissions pas avant. Nous devons donc tenir compte de leurs envies, de leurs besoins économiques mais aussi intellectuels », développe la directrice Amont de Sodiaal Union, Florence Quioc, devant l’assemblée générale de la section Centre-Est de Sodiaal Union, le 26 avril à Sainte-Croix en Plaine. D'ici 2025, Sodiaal Union entend générer un chiffre d’affaires supplémentaire de 500 millions d’euros, tout en réalisant des économies estimées à 150 millions d’euros et des investissements de 230 millions d’euros. Avec, en ligne de mire, une finalité bien établie : garantir et pérenniser des revenus rémunérateurs aux producteurs tout en permettant à la coopérative d’être efficace sur le plan économique. S’adapter aux attentes sociétales La première pierre visible de cette stratégie ambitieuse a été posée fin avril avec le lancement de la nouvelle marque de lait demi-écrémé « Les Laitiers Responsables » de Candia. « Entre 2000 et 2016, la consommation de lait demi-écrémé a baissé de 16 %. Il y a un mouvement sociétal de fond qui est là et qui nous impose de réagir. Le bio, c’est important, nous sommes présents sur ce secteur et nous allons le développer. Il y a aussi le segment du sans lactose qui progresse. Mais tout cela ne va pas nous sauver en termes de volumes. Du coup, la décision a été prise de lancer un lait demi-écrémé qui porte les valeurs du sans OGM, du pâturage, du bien-être animal et de la juste rémunération des producteurs », détaille Florence Quioc. Ainsi, « Les Laitiers Responsables » permet de reverser six centimes supplémentaires sur chaque litre vendu à l’ensemble des producteurs de la coopérative, qu’ils soient impliqués ou non dans la démarche, soit 20 000 éleveurs. Et ceux qui sont engagés recevront une prime de 1,5 centime par litre sur l’ensemble de leur production pour compenser les coûts liés au respect du cahier des charges. Avec cette nouvelle démarche, Sodiaal Union ambitionne de créer un segment aussi important que celui du bio d'ici 2020, à savoir 200 millions de litres vendus par an. D’autres nouveaux produits sont amenés à voir le jour au cours des années à venir. Pour les fromages par exemple, les équipes de Sodiaal Union développement un cream-cheese adapté aux exigences des restaurateurs asiatiques. En parallèle, le développement des fromages à forte valeur ajoutée comme les AOP et les IGP va s’intensifier, notamment sur le marché européen. Le tout en s’adaptant aux nouveaux modes de consommation du fromage que sont l’apéritif et le snacking. « C’est un secteur où l’on n’est pas très présent, et où il y a de quoi faire », estime Florence Quioc. Toujours dans l’idée de s’adapter aux nouveaux modes de consommation, Sodiaal Union va lancer un site de vente en ligne de fromage, « façon start-up ». Baptisé lesfromageurs.com, ce nouvel espace permettra aux internautes de commander tous les fromages du groupe, livrés en 24h avec Chrono Frais. Chaque fromage sera accompagné d’un témoignage d’éleveur. La valeur ajoutée sera également à chercher du côté de la nutrition infantile en Asie, où le marché croît chaque année de 10 %, et sur le marché des ingrédients avec l’idée de conforter la position de leader mondial du lactoserum déminéralisé. Et concernant les économies de 150 millions d’euros étalées sur quatre ans, elles porteront sur l’optimisation des achats, la performance industrielle et l’adaptation des fonctions support.

Syndicat des éleveurs de la race salers d’Alsace

Promouvoir la salers à Habsheim

Publié le 26/04/2018

La race salers se développe en Alsace. Le syndicat, qui regroupe les éleveurs les plus motivés, soit une quarantaine de membres, ne manque pas d’ambitions pour promouvoir les vaches salers. À commencer par le prochain concours d’Habsheim qui se prépare.

Le jeune syndicat, présidé par Nicolas Fady, éleveur à Reiningue, poursuit son développement. Et ce dernier passe, notamment, par une présence au concours d’Habsheim. C’est ce qui a été rappelé lors de l’assemblée générale du syndicat qui s’est tenue récemment à Munster. « C’est une chance d’avoir pu participer à Habsheim l’an passé. Nous remercions les organisateurs et autres professionnels de nous avoir acceptés. Nous sommes complémentaires », précise Nicolas Fady. Il est particulièrement satisfait des discussions que les éleveurs ont pu avoir lors de cette manifestation avec les visiteurs. Ils étaient nombreux à découvrir une autre facette de l’élevage et notamment les vaches allaitantes comme les salers. Il faut désormais pérenniser dans le temps la présence de la salers à Habsheim. Nicolas Fady a donc lancé un appel pour motiver les éleveurs et les inciter à participer. « On nous a fait une place dans le grand chapiteau. On était un petit noyau. Il faut maintenant de nouvelles têtes, de nouveaux éleveurs, de nouvelles salers. Motivons-nous », insiste Nicolas Fady. Pour rassurer les plus hésitants, il précise qu’un minimum d’entraînement est nécessaire pour apprendre à faire marcher une vache. « Au final, vous aurez la satisfaction de pouvoir la valoriser devant du monde. Et Habsheim reste un moment d’échanges entre les éleveurs. C’est une manifestation qui nous permet de sortir et voir autre chose », ajoute-t-il. Les éleveurs de vaches allaitantes salers ont les mêmes difficultés que les autres : ils produisent une viande de qualité qu’il est essentiel de valoriser. Il faut donc - bien - communiquer. Et pour y parvenir, le syndicat ne peut pas se rendre à Habsheim avec quinze vaches issues de trois élevages. Motivés et ambitieux L’idée est donc de convaincre chaque éleveur de salers d’amener une ou deux vaches. Cela permettrait de valoriser idéalement une race bien présente sur l’ensemble du territoire alsacien et d’organiser un concours sympa, varié, et disputé en différentes catégories. « Depuis la création du syndicat, nous avons bien travaillé ensemble. Il y a une bonne ambiance entre nous et entre tous les éleveurs. Il faut maintenant relancer tout le monde, solidifier tout cela. C’est la vie de tout syndicat, de toute association », conclut Nicolas Fady. Le syndicat des éleveurs de salers d’Alsace compte entrer en contact avec l’école des jeunes présentateurs pour être en mesure, à terme, de l’intégrer. Car, « nous avons des jeunes motivés et ambitieux ». Au cours du débat qui a suivi, certains éleveurs se sont engagés à venir à Habsheim. D’autres ne pourront pas le faire. Néanmoins, si les personnes qui se sont engagées lors de cette réunion participent effectivement, Nicolas Fady et les responsables du syndicat pourront se satisfaire de cette première victoire. Une participation d’autant plus contraignante qu’un nouveau règlement zootechnique européen a été mis en place. Il fixe de nouvelles règles d’organisation de la génétique animale pour les reproducteurs bovins, caprins, ovins, porcins et équidés. L’assemblée générale s’est terminée par un bilan des résultats de production obtenus par les éleveurs membres du syndicat, le bilan financier, excédentaire d’environ 800 €, et un point sur la qualité sanitaire du cheptel alsacien.

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