bovins viande

Publié le 09/09/2021

Le pass sanitaire est devenu une réalité pour les fermiers-aubergistes. Après une période d’adaptation, les professionnels retrouvent leur clientèle. Néanmoins, ces derniers mois ont été difficiles. Ils peuvent désormais demander une aide financière avant le 31 octobre.

Ce jeudi 12 août est l’une des rares journées de l’été alsacien où le soleil et une belle douceur règnent en montagne. Forcément, cela se ressent sur la route où les motards, camping-caristes et autres automobilistes se croisent. À chaque arrêt, c’est la ruée vers les fermes-auberges. Souvent, la question est la même : Il faut le pass sanitaire ? La réponse est positive depuis le 9 août. Une étape qui a pourtant été difficilement franchie. Sous couvert d’anonymat, de nombreux professionnels veulent bien témoigner. « Fin juillet et début août, cela a été très compliqué. Notre clientèle habituelle venait moins. À la place, il y avait de nouveaux consommateurs. Surtout des gens non vaccinés qui voulaient se faire une dernière sortie », témoigne l’un d’eux situé dans la vallée de Munster. Un autre ajoute : « Ils voulaient surtout faire la fête entre amis. » Du coup, le 9 août était autant attendu que redouté. « C’est un été très mitigé. Il y a la crise sanitaire, le pass sanitaire et cette météo défavorable. Nous attendons des jours meilleurs », poursuit alors un troisième professionnel situé au-dessus de Masevaux. Cette journée du 12 août est de celles-là. À la ferme-auberge du Grand Ballon par exemple, on a le sourire. La terrasse s’est bien remplie pour le déjeuner. Et à l’heure du thé, ils sont nombreux à s’arrêter pour trinquer et faire une pause. « Nous venons de Belgique. Nous sommes en Alsace pour quelques jours. Aujourd’hui, nous faisons la route des Crêtes. Le pass sanitaire ? Non ce n’est pas un problème. Nous étions prévenus. Nous connaissons les lieux. Nous nous arrêtons ici dès que nous sommes dans votre région », expliquent Huguette et Paul, un jeune couple de retraités. Didier Bronner, le responsable des lieux, vient à leur rencontre pour scanner leur fameux pass. « Il n’y a pas de difficultés. Les gens savent qu’il faut le présenter. Parfois, il faut juste expliquer un minimum. Le seul désagrément qui peut survenir c’est quand la machine ne marche pas. Cela prend alors un peu plus de temps », témoigne le professionnel. Il fait un autre constat, propre à cet été 2021. Pour avoir du monde, il faut surtout que la météo soit favorable. « Les rares fois où il a fait beau, nous avons eu du monde et la circulation a été beaucoup plus importante », ajoute-t-il. Le pass et/ou le drive Le président de l’association des fermes-auberges du Haut-Rhin, Serge Sifferlen, lui-même gérant au Schafert à Kruth, ne cachait pas son inquiétude à l’arrivée du pass sanitaire. Après un mois d’observation, il est rassuré. « Le public est bien de retour tout comme le soleil. On a plutôt tendance à devoir refuser du monde par manque de place plutôt que d’attendre les gens. J’ai été agréablement surpris de la résilience des clients. On était dubitatif. Mais dans l’ensemble, tout le monde accepte désormais le pass. C’est entré dans les mœurs. C’est tout juste si les clients ne s’étonnent pas qu’on ne soit pas plus rapide à leur demander à leur arrivée », explique Serge Sifferlen. Forcément, depuis le 9 août, les premiers à être revenus dans les fermes-auberges sont les retraités puisque ce sont les premiers vaccinés. Les rares non vaccinés profitent d’un autre service issu de la crise sanitaire : le drive. « Plusieurs fermes-auberges proposent cette formule. Cela permet aux réticents du pass de venir tout de même profiter des bons produits de la montagne. Ils commandent au préalable, cherchent les produits puis s’en vont directement. Nous constatons qu’ils consomment alors un peu plus loin sur les parkings et autres aires de pique-niques. Cette formule du drive a séduit pas mal de monde. Notamment les plus jeunes », constate le président des fermiers-aubergistes du Haut-Rhin. Il a également constaté une petite baisse de l’affluence la semaine dite de « tolérance » qui a suivi le 9 août. Depuis, c’est un retour à la normale pour la majeure partie des entreprises avec qui il est en contact. « Les gens sont disciplinés et patients. Car forcément cela désorganise un peu nos habitudes. Nous n’avons évidemment pas embauché spécialement. Du coup, au moment des « coups de bourre », il faut faire un peu la queue. Vérifier le pass demande à chaque fois quinze à vingt secondes par personne. Mais, tout le monde attend dans la bonne humeur. Il faut passer par là pour se permettre ensuite ces bons moments chez nous », analyse Serge Sifferlen. Une bonne arrière-saison ? Aucune ferme-auberge n’a été contrainte de fermer à cause du pass. Celle du Hahenbrunnen, au-dessus de Linthal, a dû s’y résoudre quelques jours en août mais pour une autre raison, un cas de Covid-19 y avait été détecté au sein de l’équipe. « Ce n’est jamais bon de fermer à cette époque de l’année, mais ils n’avaient pas le choix. Depuis, tout est rentré dans l’ordre », se réjouit le professionnel. Au Schafert, la saison se poursuit normalement. Si la situation sanitaire ne l’empêche pas, la ferme-auberge sera ouverte jusqu’au 14 novembre. « Pour le moment, l’année est intéressante. On est dans la lignée de 2020 malgré le mauvais temps, mais encore loin de 2019. Nous espérons maintenant réaliser une bonne arrière-saison. Nous attendons beaucoup de septembre et d’octobre », observe Serge Sifferlen. Comme un grand nombre de ses collègues, il a également revu la jauge de sa salle de restauration. « Nous sommes à 70 % de notre capacité d’accueil pour respecter la distanciation sociale et les règles sanitaires. Cela signifie que nous avons une trentaine de couverts en moins. C’est contraignant. Mais cela nous permet de travailler sereinement. Nous n’avons pas encore été contrôlés au contraire d’autres fermiers-aubergistes. Je sais que ça s’est alors bien passé. Je constate surtout, et c’est le plus important, que les gens sont heureux de ressortir, de s’aérer et de se retrouver. Il y a également beaucoup de randonneurs un peu partout dans la montagne », conclut Serge Sifferlen.

Syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers

La salers se porte bien !

Publié le 24/01/2019

La race salers continue de (bien) évoluer. Les professionnels se sont retrouvés mardi 15 janvier à Chavannes-sur-l’Étang. Ils ont visité l’élevage de la SCEA Barbier. Puis, ils ont participé à l’assemblée générale de leur syndicat.

Le président du syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers, Nicolas Fady, éleveur à Reiningue, a pour habitude de proposer à ses adhérents une telle journée annuelle. À savoir : la visite d’une exploitation, l’assemblée générale et un repas en commun. La tradition a été respectée. Le lieu choisi étant cette fois atypique car situé dans la commune la plus au sud de l’Alsace, à quelques dizaines de mètres du Territoire de Belfort et de la Franche-Comté. Chavannes-sur-l’Étang était déjà connu pour sa choucrouterie. Il l’est désormais également pour cet élevage. Il a été présenté par l’un des associés, Didier Bezille. « Nous avons de la salers depuis le début des années 2000. La première année, elles étaient originaires du Cantal. Pour agrandir le cheptel, nous avons ressemé des champs en herbe car les vaches ne vont jamais dans la bétaillère », explique l’éleveur. Fort de 22 salers certaines années, le cheptel est ramené en dessous de 17 pour permettre et faciliter le confinement des bêtes dans le bâtiment d’élevage. Il y a également des génisses et des taurillons. La nourriture : de l’enrubannage, du regain, de la farine et des minéraux à raison de 100 grammes par jour et par bête. En outre, l’exploitation consacre 80 hectares de cultures au maïs, au blé, à l’orge et au colza. « Nous sommes ici dans la fameuse trouée de Belfort. Les meilleures années, paradoxalement, sont les années sèches », commente Didier Bezille. Il travaille avec Daniel Barbier, désormais retraité, et la fille de ce dernier. « Nous sommes actuellement dans la période de vêlage. L’activité est donc importante. Elle débute toujours vers le 15 novembre et se poursuit jusqu’au 15 février », conclut l’éleveur qui est double actif. Qualité de la viande, facilité d’élevage Les élevages de salers, exclusifs ou non, sont toujours plus nombreux en Alsace comme dans tout l’hexagone. C’est le constat réalisé avec satisfaction lors de l’assemblée générale. Il y a environ 225 000 vaches femelles, dont 25 000 à 30 000 dans l’Est. Une région qui s’intéresse de plus en plus à la salers. Les adhérents sont également de plus en plus nombreux. On les retrouve majoritairement dans le Sud du Pays, tandis que 10 % se trouvent dans l’Est de la France. « On apprécie la salers pour sa viande, mais aussi et surtout pour sa facilité d’élevage. Avec la salers, vous êtes certains de vendre un nombre de veaux conséquent. Les premiers vêlages se font en moyenne à l’âge de 34 mois », observe Nicolas Fady. Un point a ensuite été réalisé par Michel Lafon pour le Herd Book de la race salers. Il a attiré l’attention des éleveurs sur l’évolution du règlement européen zootechnique qui fixe les règles d’organisation de la génétique animale. Il donne un avantage aux organismes de sélections historiques qui bénéficient d’une clause dite « grand-père ». Par ailleurs, les organismes de sélections agréées sous la réglementation nationale actuelle sont réputés agréées et leur programme de sélection pris en compte à compter du 1er novembre 2018. Dans ces programmes de sélections, on insiste sur la tenue des liens généalogiques, les contrôles de performances, les évaluations génétiques, la publication des évolutions génétiques, les émissions de certificats zootechniques et sur les actions de communication mises en place. Enfin, un travail sur la génomique est actuellement effectué. Il consiste à créer une base « mâle » permettant le génotypage systématique des taureaux à l’inscription. Il consiste également à créer une base « femelle » permettant le génotypage de 250 à 300 femelles par an bien ciblées. Pour 2019, la promotion de la race salers va se poursuivre. Il faudra profiter, notamment du concours national à Aurillac les 21 et 22 septembre et du traditionnel concours d’Habsheim. « On nous a réservé entre 25 et 30 places. Et il y en a encore. N’hésitez pas à rejoindre les éleveurs déjà présents. Il faut continuer à communiquer et à promouvoir la race. Des jeunes sont là et prennent peu à peu la relève. Cette dynamique doit se pérenniser dans le temps », conclut Nicolas Fady.

Publié le 11/01/2019

L’année 2018, ni franchement loupée, ni complètement réussie laisse à une majorité d’agriculteurs une impression d’avoir fait du sur place. Pluviométrie déficitaire, températures en hausse ont fortement joué sur les rendements sauf pour les maïs irrigués, les céréales à paille, les oléagineux, la pomme de terre, les fruits, le houblon, le tabac et surtout la vigne. Les producteurs de viande bovine et porcine continuent à réclamer des prix qui couvrent leurs charges, alors que les producteurs de lait doivent composer avec une récolte de fourrage fortement affectée par la sécheresse.

  Regard 2018    

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