bovins viande

Publié le 31/10/2018

Avec vingt animaux présentés, le syndicat Salers Alsace marque une présence plus forte cette année pour sa quatrième participation au concours.

À l’ouverture du ring, la tension est palpable chez les bêtes, comme chez les éleveurs. Le soulagement arrive rapidement pour Samuel Germain et sa compagne Amélie, éleveurs de salers à Hadol dans les Vosges. Leur génisse, Nicotine, « a tapé dans l’œil » du juge Paul Poncin « dès qu’elle est entrée ». « Elle a une belle rectitude - une vache qui a une bonne rectitude est une vache qui vieillit bien -, un beau bassin et de bons aplombs. Elle est très équilibrée dans son travers, avec une profondeur de poitrine. Une très bonne génisse pour l’avenir ». Pour Amélie, c’est le premier concours et le premier trophée. Tout cela va au-delà de ses attentes. « On trouve toujours que nos vaches sont belles, mais on ne sait pas comment elles peuvent être évaluées par rapport aux autres ». « Un caractère qui nous ressemble un peu » Paul Poncin est président du syndicat salers des Ardennes : « Je suis un éleveur de Salers passionné. Nous possédons actuellement 80 vaches ». « On cherche des animaux qui défilent avec une certaine harmonie », complète Pierre Laceppe, technicien du Herd-Book Salers et animateur du concours. « Comme c’est une race rustique, avec 99 % de vêlages faciles, sans que l’intervention humaine soit nécessaire, on attache donc beaucoup d’importance aux lignes de dos, aux aplombs et au bassin (carré et assez ouvert) ». La race représente 220 000 vaches en France. « Dans les Ardennes, on compte 5 000 bêtes. Elles sont présentes dans toute la France et sur les cinq continents, souligne le juge, cela prouve que c’est une race d’avenir. Une autre de ses qualités est la fertilité. Elle donne un veau par an ». Ces éloges rappellent à Pierre Laceppe le slogan de la race : « Dormez tranquille, élevez Salers ». Magalie Dierstein de Soultzbach-les-Bains présente plusieurs bêtes sur le ring : « Avec mon mari, nous élevons une vingtaine de bovins à côté d’une activité professionnelle. Nous avons choisi la Salers pour sa facilité de vêlage, sa beauté et son caractère qui nous ressemble un peu ! Nous valorisons l’ensemble de la bête en caissettes vendues directement aux consommateurs. Sa viande a un goût particulier, elle est persillée et de couleur bordeaux. Elle convient bien à notre clientèle qui recherche des viandes peu grasses ». Le coup de cœur du juge Le juge a un « coup de cœur ». « On est proche de la perfection : rectitude, bassin, travers. Une génisse d’exception que l’on reverra à l’avenir ». Il s’agit Octavie, génisse de l’EARL du Lerchenbourg à Wattwiller. Elle finit première de sa section puis grande championne. Tous les animaux présentés et leurs éleveurs sont méritants, conclut Paul Poncin qui a invité tous les éleveurs dans son département, à Sedan, pour le concours européen de race salers qui devrait avoir lieu en 2019 ou 2020.

Sécheresse et dégâts de sangliers

Les maux de la montagne

Publié le 03/10/2018

Comme leurs collègues de la plaine, les agriculteurs de montagne souffrent. Depuis plusieurs semaines, hormis quelques orages localisés, la pluie est rare. À cette sécheresse persistante et ce manque d’eau s’ajoutent des dégâts de sangliers toujours plus importants et répétitifs.

Agriculteur bio à Hachimette et président des jeunes agriculteurs du Haut-Rhin, Ange Loing est bien placé pour évoquer le problème des dégâts de sangliers. S’ils existent depuis longtemps, ils sont cette année encore plus importants. « J’ai des parcelles qui ont été touchées sur Fréland, sur Orbey et, dès le printemps dernier, au Bonhomme. Là où les sangliers passent, les champs sont saccagés. Et surtout, quelques jours plus tard, il n’est plus rare qu’ils repassent au même endroit. C’est lassant. » Des réunions communes avec les représentants de la profession agricole dans le Bas-Rhin ont tenté de faire avancer les choses pour trouver des solutions. Tout comme avec la direction départementale des territoires dans le Haut-Rhin. « Concernant les déclarations de ces dégâts, il était question de ne plus les déclarer à l’automne, mais au printemps afin de tout regrouper. On nous a demandé de les déclarer tout de même à l’automne pour que la DDT ait une idée de l’importance de ces dégâts et de diagnostiquer les points noirs afin de pouvoir agir ensuite rapidement. Mais, des agriculteurs ont préféré réparer avant… et prendre le risque de ne pas être indemnisé. Ils ne voulaient pas mettre en péril la récolte de foin avant l’hiver ». Sauf qu’ils sont nombreux à avoir vu leurs parcelles être de nouveau dégradées… « Les dégâts sont toujours plus importants depuis 30-40 ans. Mon père avait participé aux premières manifestations sur le sujet dès 1973. Depuis, les choses n’avancent guère. L’an passé, ce sont une centaine d’hectares de prairies et des centaines de parcelles qui ont été saccagées en zone de montagne. On nous dit qu’il faut passer notre permis de chasse pour aider les chasseurs. Mais, d’une part, il faut avoir le temps pour le faire. Et d’autre part, ce n’est pas mon métier, ma spécialité. À l’époque, on les voyait ces fameux sangliers. Ce n’est plus le cas aujourd’hui », constate Ange Loing. Vers un nouveau schéma cynégétique Les discussions sur la révision du schéma cynégétique s’éternisent et les points de dissension demeurent. Or, il y a urgence car l’actuel schéma cynégétique se termine en 2019. Une des principales difficultés de ces discussions concerne l’agrainage. Tout d’abord, « l’agrainage de dissuasion » est une technique de prévention des dégâts agricoles de grand gibier consistant à répandre du grain de maïs, par épandage à la volée ou en traînée linéaire, à l’écart des cultures agricoles. Dans le Haut-Rhin, le protocole d’agrainage est orienté vers la dissuasion et le prélèvement. Il a pour unique fonction de détourner les animaux des cultures et ne peut en aucun cas être détourné au profit d’un agrainage de type nourrissage. Il y a là un double objectif : détourner les sangliers des prairies et des cultures pour réduire les dégâts aux cultures, et favoriser les prélèvements quantitatifs et qualitatifs. Une autre méthode venue d’Allemagne est « l’agrainage en poste de tir » appelé « Kirrung » (technique qui consiste à disposer une petite quantité de maïs devant un poste d’affût en vue d’y attirer le sanglier pour le tuer). « Quels que soient la ou les méthodes utilisé (e) s, il faut agir pour faire baisser rapidement la population des sangliers. La fédération de chasse a un rôle à jouer auprès de ses 5 500 adhérents dans le Haut-Rhin, mais également les communes. Certains élus locaux doivent clairement faire un choix entre privilégier un intérêt direct financier et un intérêt à plus long terme, préserver une agriculture de montagne et un massif forestier », prévient Ange Loing. Trop compliqué Aux dégâts de sangliers s’ajoute depuis de nombreuses semaines la sécheresse. « Ici et là, il y a eu quelques orages. Mais, pas davantage. Sur Hachimette par exemple, nous avons eu 40 mm lors d’un orage le 20 juillet. Depuis, quasiment plus rien. Les vraies pluies datent du mois de juin dernier. » Résultat, l’herbe ne pousse plus. L’eau se fait rare. Le fourrage manque dans les élevages. « Le problème se répète de plus en plus souvent et de façon toujours plus violente. Une sécheresse aussi longue, c’est du jamais vu ! Plusieurs collègues ont été contraints, dès le mois de juin d’acheter du maïs ensilage. Il s’agit d’un bon complément pour le fourrage. Mais, cela représente aussi un coût financier très important. Pour ma part, je dois faire attention car je suis en bio. Je constate simplement que, depuis mon installation en 2014, le stock de foin n’a jamais augmenté. Mais, je ne suis pas le plus à plaindre. La situation de certains collègues est bien plus difficile », conclut Ange Loing. Il pense, par exemple, à Mickaël Ory. Agé de 31 ans, il veut s’installer sur l’exploitation familiale située à 600 mètres d’altitude au-dessus de Fréland. Mais, les difficultés s’accumulent. « J’ai réalisé un tiers de ma récolte habituelle cette année. Je ne fais plus que 100 bottes de foin contre 80 enrubannés et 150 à 160 bottes il y a encore quatre ans. Depuis, nous sommes contraints d’acheter à l’extérieur pour nourrir la vingtaine de vaches », explique le jeune éleveur. Il vient tout récemment de prendre une douloureuse décision : arrêter la production de lait. Il s’est séparé de ses vosgiennes et de ses holsteins. « Je vais faire de la vache allaitante pour pouvoir travailler à côté. C’est devenu trop compliqué pour moi. Je pensais pouvoir faire mieux. Je vais faire moins. En plus, il y a ces dégâts de sangliers. Ils passent tous les jours. Parfois cinq à six fois au même endroit ! Je remettais en état. Quelques heures plus tard, tout était de nouveau détruit. J’ai donc décidé de ne plus rien faire. Cela ne sert à rien. On n’est pas indemnisé. Je suis dégoûté de faire le même travail tous les jours pour rien ».

Race charolaise

Un concours très suivi

Publié le 30/08/2018

Beaucoup de monde, dimanche après-midi à Niederaltdorf, autour du ring d’élevage, où se déroulait le concours de la race charolaise. Sept éleveurs alsaciens participaient à cette confrontation, arbitrée par un éleveur mosellan, Jean-Philippe Weisse. Ce dernier était secondé par un juge stagiaire de l’Ajec, Florent Adelé, lui aussi venu de Moselle.

D’année en année, le concours charolais s’affirme comme une attraction très prisée de la finale départementale de labour. « De notre côté, nous profitons de l’attractivité de cette manifestation », souligne Thierry Kolb, président du Syndicat de la race charolaise d’Alsace. C’est donc un partenariat gagnant-gagnant. Mais pourquoi choisir la finale départementale de labour pour cette confrontation, plutôt que le festival de l’élevage, au printemps ? « Nos animaux ne sont pas au top à la sortie de l’hiver », explique-t-il. Pendant qu’ils séjournent à l’étable, ils sont nourris avec du fourrage grossier et perdent du poids. Et les veaux sont encore trop jeunes. « À l’automne, les bêtes sont à l’herbe, les veaux sont en phase de sevrage. » Ils sont beaucoup mieux conformés. Seuls 28 animaux participaient à cette édition 2018. Thierry Kolb met cette faible participation sur le compte de la morosité ambiante. « Les éleveurs allaitants ont le moral en berne. Le système herbager, très fragile, a été mis à mal par la sécheresse et la canicule. Et la conjoncture reste difficile. Les États généraux de l’alimentation s’étaient fixé pour objectif d’améliorer la rémunération des éleveurs. On est loin du compte ! Au contraire, on va importer d’énormes contingents de viande, ce qui entraînera une chute des prix de l’ordre de 20 %, selon les simulations. Pendant ce temps, on nous oblige à produire toujours mieux, toujours plus sain… » Un vrai travail de segmentation « Il faut trouver très rapidement des solutions au grave épisode de sécheresse que nous venons de vivre », insiste Philippe Boehmler, responsable viande de la FDSEA du Bas-Rhin. Il plaide pour une répartition plus juste de la plus-value entre les maillons de la filière : « Cette production a un coût. Si l’on veut maintenir un élevage français de qualité, l’éleveur ne peut pas être la variable d’ajustement. » Des discussions sont en cours avec les abatteurs et les distributeurs. Pour lui, la solution pour obtenir un prix rémunérateur réside « dans un contrat tripartite entre éleveurs, intermédiaires et distributeurs ». Le responsable syndical a souligné la nécessité, pour les producteurs de viande, de mieux répondre à la demande du marché. Ou plutôt des marchés, car « il y a plein de marchés différents ». Bovins lourds, bovins légers, bovins précoces, exportation, il faut saisir toutes les opportunités. « Pas besoin de créer de nouvelles races, la génétique charolaise permet de le faire. Notre race a un bel avenir, si tout le monde se met au travail. » Le palmarès Section veaux mâles 7 mois : 1er Okley, né le 20 mars 2018 (père Lutrillo), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 2e Obtus SC, né le 9 février 2018 (père Jami), appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut Section veaux mâles moins de 10 mois : 1er Opium, né le 1er décembre 2017 (père Espion), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 2e Nageur SC, né le 4 décembre 2017 (père Macao), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 3e Ordinaire, né le 31 décembre 2017 (père Lancelot), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Prix d’honneur veaux : Okley, appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Section jeunes mâles juniors : 1er Merlin, né le 4 décembre 2016 (père Iceberg pp), appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg ; 2e Miel, né le 15 décembre 2016 (père Jehova), Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Section taureaux adultes : Épisode, né le 22 décembre 2008 (père Veneur), appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg Grand prix d’honneur mâles : Épisode, appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg Section veaux femelles 6-7 mois : 1re Odeis, née le 5 février 2018 (père Harley), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern Section veaux femelles 8 mois - section A : Nationale, née le 4 décembre 2017 (père Joli Cœur), appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut ; 2e Oakland, née le 7 décembre 2017 (père Castor), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 3e Optique, née le 22 décembre 2017 (père Chic), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 4e Nounou, née le 7 décembre 2017 (père Jehova), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Prix d’honneur veaux femelles : Nationale, appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut Section veaux femelles juniors - section I : 1re Nixquik, née le 4 octobre 2017 (père Bariton) ; 2e Niagara, née le 19 octobre 2017 (père Emira) ; 3e Nationale, née le 7 octobre 2017 (père Gaston) ; 4e Noisette, née le 27 septembre 2017 (père Bariton). Tous ces animaux appartiennent à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier Section veaux femelles juniors - section II : 1re Nanouk, née le 23 février 2017 (père Harley), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern Section veaux femelles juniors - section III : 1re Numismatique, née le 28 décembre 2017 (père Espion), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 2e Noblesse, née le 1er décembre 2016 (père Cyrano), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 3e Muse, née le 8 décembre 2016 (père Jehova), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 4e Nacre, née le 7 décembre 2016 (père Flamenco), appartenant à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier ; 5e Michèle, née le 20 novembre 2016 (père Castor), appartenant à Gaétan Vix de Wolschheim Prix d’honneur veaux femelles juniors : Numismatique, appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz Section femelles juniors : 1re Malaisie, née le 25 novembre 2015 (père Castor), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz Section femelles seniors : 1re Juvenille, née le 1er décembre 2013 (père Énarque), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 2e Ludique SC, née le 17 novembre 2014 (père Dauphin P), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 3e Clémentine, née le 24 avril 2014, appartenant à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier Grand prix d’honneur femelles : Juvenille, appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern Prix Ajec : Najeur SC du Gaec du Domaine des charolais à Forstfeld.

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