bovins viande

Publié le 10/05/2018

Coup de tonnerre dans la communauté des éleveurs du Grand Est. Le salon Cœur d’élevage, qui devait se tenir du 21 au 23 juin prochain au Parc des expositions de Colmar, a dû être annulé par les organisateurs, faute de participants, de financement, mais aussi d’organisation et d’entente entre les professionnels.

Le président de la Chambre d'agriculture d'Alsace, Laurent Wendlinger, est le premier à regretter cette annulation. « Le projet était ambitieux et devait prendre la suite d’Eurogénétique. Une des complexités de cette manifestation semble précisément être son ampleur. Tous les partenaires économiques et financiers ne sont visiblement pas prêts à s’inscrire dans un projet aussi important. Et le lien n’a peut-être pas été fait suffisamment avec la manifestation spinalienne. » Laurent Wendinger poursuit : « Le parc-expo de Colmar voulait un équilibre financier. Il n’a pas pu être trouvé dans l’immédiat. Un second point important semble avoir posé problème, l’aspect sanitaire. Les normes à respecter sont toujours plus contraignantes. Or il était question d’une manifestation internationale, avec des éleveurs venus de Suisse et d’Allemagne, notamment. Sans cette large vision, Cœur d’Élevage n’aurait pas eu la même dynamique. Pour ma part, je pense toujours qu’il y a de la place pour une manifestation d’élevage d’envergure dans le Grand Est. Nous avons pu en avoir un superbe exemple en 2016 avec la confrontation européenne à Colmar qui a été une belle réussite. Reste à savoir si les gens seront capables de se remobiliser à l’avenir. Et surtout, les partenaires sont-ils prêts à mettre des moyens financiers importants ? Cette année, cela n’a, semble-t-il, pas été le cas. » « Le lieu était idéal » « Le lieu était idéal : de belles infrastructures, plus adaptées que le Parc des expositions d’Épinal où se déroulait le salon Eurogénétique. Mais apparemment, les sponsors et les exposants n’ont pas répondu présent, ou du moins pas suffisamment vite », estime un responsable professionnel bas-rhinois. Trop d’individualisme, pas assez de collectif, telle serait l’une des raisons de cet échec. « L’équipe organisatrice était trop restreinte pour prendre en charge une telle organisation. » « Les organisateurs ne voulaient que des éleveurs dans le comité d’organisation. Mais pour une manifestation de cette taille, il faut s’entourer de toutes les compétences, car c’est un travail titanesque. » Une autre remarque va dans le même sens : « On ne peut pas critiquer la Chambre d’agriculture et réclamer ensuite son soutien. » Une manifestation de trop, en plus de Brumath et de Habsheim ? « Non, car le public visé n’était pas le même. C’était une manifestation à vocation internationale », indique un président de syndicat. Mais les nouvelles contraintes sanitaires (quarantaine) imposées récemment à la participation des animaux étrangers suite à la résurgence de la FCO ont porté le coup de grâce à ces ambitions. « Très peu d’éleveurs étrangers auraient fait le déplacement. » Un autre professionnel précise toutefois : « Il convient d’être prudent sur l’attrait que peut avoir un tel salon sur les éleveurs allemands et autrichiens. On ne peut pas se baser sur le succès de la Confrontation européenne prim’holstein qui reste un événement unique et qui est une affaire de passionnés. » « L’Alsace n’est pas une terre d’élevage » Plusieurs responsables du monde de l’élevage insistent sur le fait que l’Alsace n’est pas une région d’élevage. « Nous n’aurons jamais le même potentiel que l’Ouest (Space) ou le Massif Central (Sommet de l’élevage) pour organiser une manifestation d’élevage. Il y a plus d’éleveurs dans un département breton que dans toute la région Grand Est ! Eurogénétique, c’était 15 000 entrées payantes, là où le Sommet de l’élevage de Cournon en fait 100 000… » Non seulement il y a peu d’éleveurs, mais « tous les acteurs qui gravitent autour du monde de l’élevage (insémination, alimentation, machinisme…) ont beaucoup moins de moyens à déployer qu’en Bretagne par exemple ». De fait, de gros constructeurs ne se sont pas engagés à soutenir la manifestation car ils sont déjà présents au Space, avec une visibilité et une rentabilité garanties. Ce qui n’était pas forcément le cas de Cœur d’élevage. « Pour moi, c’est la chronique d’un désastre annoncé, affirme un technicien. C’est dommage, car c’était une belle vitrine pour l’élevage de la région ! » « Du coup, il manque un grand concours dans l’Est de la France », renchérit un président de syndicat. Pour autant, il ne faut pas baisser les bras et profiter de cette année de pause pour rebondir, mettre en place une organisation plus efficace, s’accordent à dire les personnes interrogées. Les départements du Grand Est invités à Habsheim De son côté, Sébastien Stoessel, président du service élevage de la Chambre d'agriculture, regrette, « comme l’ensemble des professionnels haut-rhinois », l’annulation de la manifestation. « Je ne vais pas revenir sur les conditions qui ont conduit à cette décision. Politiquement, et j’ose l’affirmer, certains n’ont sans doute pas voulu que cela se fasse en Alsace, à Colmar, dans la configuration proposée par Thomas Prinz. Résultat, nous n’avons pas d’événement majeur dans le Grand Est. C’est dommage, et d’autant plus regrettable que cela a cassé une dynamique chez les éleveurs. Car il s’agissait bien d’un projet porté par et pour les éleveurs, adossés à une structure privée. Malheureusement, cette dernière, pour diverses raisons, a pris la décision d’annuler la manifestation. » Une bonne nouvelle, toutefois : « Avec David Butsch et Jean-Philippe Meyer, les présidents des syndicats holstein et montbéliard, nous avons pris la décision, pour l’édition 2018 du concours de Habsheim, d’inviter les départements du Grand Est, à raison de cinq animaux holstein par département. Et pour 2019, d’organiser un concours montbéliard interdépartemental, annonce Sébastien Stoessel. Nous le faisons pour garder une dynamique alsacienne forte, malgré ce revers. Mais aussi par respect pour le temps passé par Thomas Prinz, Franck Guittard et l’ensemble de l’équipe. »

Syndicat des éleveurs de la race salers d’Alsace

Promouvoir la salers à Habsheim

Publié le 26/04/2018

La race salers se développe en Alsace. Le syndicat, qui regroupe les éleveurs les plus motivés, soit une quarantaine de membres, ne manque pas d’ambitions pour promouvoir les vaches salers. À commencer par le prochain concours d’Habsheim qui se prépare.

Le jeune syndicat, présidé par Nicolas Fady, éleveur à Reiningue, poursuit son développement. Et ce dernier passe, notamment, par une présence au concours d’Habsheim. C’est ce qui a été rappelé lors de l’assemblée générale du syndicat qui s’est tenue récemment à Munster. « C’est une chance d’avoir pu participer à Habsheim l’an passé. Nous remercions les organisateurs et autres professionnels de nous avoir acceptés. Nous sommes complémentaires », précise Nicolas Fady. Il est particulièrement satisfait des discussions que les éleveurs ont pu avoir lors de cette manifestation avec les visiteurs. Ils étaient nombreux à découvrir une autre facette de l’élevage et notamment les vaches allaitantes comme les salers. Il faut désormais pérenniser dans le temps la présence de la salers à Habsheim. Nicolas Fady a donc lancé un appel pour motiver les éleveurs et les inciter à participer. « On nous a fait une place dans le grand chapiteau. On était un petit noyau. Il faut maintenant de nouvelles têtes, de nouveaux éleveurs, de nouvelles salers. Motivons-nous », insiste Nicolas Fady. Pour rassurer les plus hésitants, il précise qu’un minimum d’entraînement est nécessaire pour apprendre à faire marcher une vache. « Au final, vous aurez la satisfaction de pouvoir la valoriser devant du monde. Et Habsheim reste un moment d’échanges entre les éleveurs. C’est une manifestation qui nous permet de sortir et voir autre chose », ajoute-t-il. Les éleveurs de vaches allaitantes salers ont les mêmes difficultés que les autres : ils produisent une viande de qualité qu’il est essentiel de valoriser. Il faut donc - bien - communiquer. Et pour y parvenir, le syndicat ne peut pas se rendre à Habsheim avec quinze vaches issues de trois élevages. Motivés et ambitieux L’idée est donc de convaincre chaque éleveur de salers d’amener une ou deux vaches. Cela permettrait de valoriser idéalement une race bien présente sur l’ensemble du territoire alsacien et d’organiser un concours sympa, varié, et disputé en différentes catégories. « Depuis la création du syndicat, nous avons bien travaillé ensemble. Il y a une bonne ambiance entre nous et entre tous les éleveurs. Il faut maintenant relancer tout le monde, solidifier tout cela. C’est la vie de tout syndicat, de toute association », conclut Nicolas Fady. Le syndicat des éleveurs de salers d’Alsace compte entrer en contact avec l’école des jeunes présentateurs pour être en mesure, à terme, de l’intégrer. Car, « nous avons des jeunes motivés et ambitieux ». Au cours du débat qui a suivi, certains éleveurs se sont engagés à venir à Habsheim. D’autres ne pourront pas le faire. Néanmoins, si les personnes qui se sont engagées lors de cette réunion participent effectivement, Nicolas Fady et les responsables du syndicat pourront se satisfaire de cette première victoire. Une participation d’autant plus contraignante qu’un nouveau règlement zootechnique européen a été mis en place. Il fixe de nouvelles règles d’organisation de la génétique animale pour les reproducteurs bovins, caprins, ovins, porcins et équidés. L’assemblée générale s’est terminée par un bilan des résultats de production obtenus par les éleveurs membres du syndicat, le bilan financier, excédentaire d’environ 800 €, et un point sur la qualité sanitaire du cheptel alsacien.

Salon Egast à Strasbourg

La côte de bœuf sublimée

Publié le 05/04/2018

Organisé par la Fédération des bouchers-charcutiers-traiteurs d’Alsace, le concours de la meilleure côte de bœuf s’est déroulé dimanche 18 mars, dans la foulée de l’inauguration du salon Egast. Joël Koenig, boucher charcutier à Sélestat, a été sacré vice-champion. Sa côte de bœuf provenait d’une génisse salers élevée par un membre de l’Apal.

Les huit participants sélectionnés ont chacun mis en valeur une race de bœuf française venant d’élevages vertueux et nourris à l’herbe. Toutes les étapes, de la découpe à la dégustation en passant par le détalonnage et la cuisson, se sont déroulées sous l’œil d’un public enthousiaste et dans une ambiance conviviale. Le concours a été remporté par Raphaël Vetter, artisan boucher à Vieux-Thann. Joël Koenig, boucher charcutier à Sélestat travaillant avec la marque « S'esch guet - Goûtez l'Alsace », monte sur la 2e marche du podium et Florian Heit termine sur la 3e marche. Les candidats ayant terminé sur le podium sont repartis avec un trophée, pièce unique. Les autres participants ont tous reçu un diplôme. À noter que la côte de bœuf de Joël Koenig provenait d’une génisse de 20 mois de race salers de l’élevage Knecht à Spechbach-le-Bas, sélectionnée et commercialisée par Socobeval et Sabreco, coopérative des bouchers de Colmar. Le jury a notamment apprécié sa qualité gustative et sa cuisson - elle a obtenu la meilleure note dans ces deux critères. Présidé par Samuel Balzer, vainqueur de la première édition du concours en 2016, le jury a noté les candidats sur l’aspect à cru, l’état d’engraissement, la cuisson, la tendreté et la qualité gustative. Mais quels critères faut-il respecter pour avoir une bonne côte de bœuf ? « Le détalonnage, l’état d’engraissement, l’aspect visuel et le respect et la nourriture apportés à l’animal », explique Nicolas Stamm. Jacqueline Riedinger-Balzer, présidente de la Fédération des bouchers-charcutiers-traiteurs d’Alsace, a assuré les commentaires sur les aspects techniques du travail et les viandes. L’idée de ce concours est venue de la rencontre d’un boucher en Toscane, Dario Cecchini, dit « le boucher fou », qui participait d’ailleurs au jury. « Là-bas, raconte Jacqueline Riedinger-Balzer, on célèbre la côte de bœuf avec une vraie fête. Et il y a une telle diversité de races de bœuf en France que nous avons eu l’idée de ce concours pour les mettre en avant. » Delphine Franck, diététicienne nutritionniste d’Interbev, a expliqué l’importance de la viande dans l’alimentation à une époque où sa consommation est parfois décriée. « La viande est utile à notre santé, elle participe aussi à notre équilibre alimentaire de par son apport en protéines et en fer, bien assimilé par notre organisme. »

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