Cultures spéciales

Usine Cristal Union d’Erstein

Un chantier spectaculaire !

Publié le 20/05/2017

Cristal Union continue de moderniser le site d’Erstein pour maintenir l’usine au top de ses capacités. Dernier chantier en date, la diffusion vient d’être équipée d’un nouveau bandage. Un investissement de 1,25 million d’euros.

Une effervescence inhabituelle règne ce mardi matin à la sucrerie d’Erstein. Le grand jour est enfin arrivé : un nouveau bandage, livré par Syral Industries est mis en place dans la diffusion. L’ancien bandage, usé par le temps, a été retiré préalablement par oxydécoupage, une opération qui a nécessité une quinzaine de jours. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, le bandage n’est pas un simple pansement… mais une énorme pièce métallique de 60 tonnes, forgée et laminée en France. Une grue de 700 t, soigneusement arrimée au sol, la soulève avec précaution, sous l’œil attentif de René Schotter, président de la section Erstein du groupe Cristal Union, Stéphane Clément, directeur de l’établissement d’Erstein, Guillaume Bovis, responsable d’exploitation, et Jacky Weibel, responsable de la maintenance, ces deux techniciens étant chargés de piloter l’opération. Une précision millimétrique Après l’avoir hissé à une trentaine de mètres du sol, la grue redescend lentement le bandage par le toit, centimètre par centimètre, avant de le positionner au milieu de la diffusion, un grand tube métallique de 400 t. « La diffusion est une tour horizontale de 40 mètres de long et de 6 m de diamètre qui repose sur deux bandages », explique Guillaume Bovis. À l’intérieur, se trouvent des paniers d’égouttage qui font passer les cossettes de betteraves à sucre à contre-courant dans de l’eau chaude, pour faire migrer le sucre. « Les paniers d’égouttage ont la forme d’une vis d’Archimède qui fait avancer les cossettes. L’eau chaude injectée à contre-courant les imbibe et se charge en sucre. » C’est ce qu’on appelle l’extraction par diffusion. Quelques jours auparavant, l’ancien bandage a été enlevé et le tube a été soulevé par un système d’étais, afin de pratiquer une ouverture en V, permettant à la nouvelle pièce de se glisser plus facilement sur ses galets. « Nous avons effectué des forages pour vérifier la nature du sol sous les étais, mais aussi sous les patins de la grue. » Dans les jours qui viennent, les chaudronniers procéderont à des réglages mécaniques pour ajuster la pièce. Puis deux robots de soudure seront placés de chaque côté, pour pratiquer une soudure en rotation. « Après une série de contrôles mécaniques, nous remonterons l’ensemble des repères qui ont été démontés à l’intérieur, et un nouveau contrôle sera effectué », explique Loïc Vilchez, PDG de Sitral Industries. Un chantier qui devrait se prolonger jusqu’au 31 juillet. Trois mois de fabrication ont été nécessaires pour réaliser la nouvelle virole, poursuit-il. « Le bandage en acier a été forgé dans une usine de Maubeuge puis nous avons façonné la pièce dans nos ateliers à Faulquemont, en Moselle. Nous sommes également chargés du transport, du levage et du montage. » Forgé et laminé en France « C’est le premier bandage forgé et laminé en France dans une sucrerie », ajoute, non sans fierté, René Schotter. Un investissement de 1,25 million d’euros. « C’est le bandage de tête que nous avons mis en place aujourd’hui. Le deuxième sera changé dans deux ans », indique Stéphane Clément. Chaque année, en moyenne, la sucrerie d’Erstein réalise 3,70 M€ d’investissements. « Cette année, nous allons installer une table à rouleaux au niveau du lavage des betteraves, pour un montant de 700 000 €. Un processus de lavage à plat qui remplacera l’ancien laveur à tambour. » Une nouvelle ligne de bûchettes sera également installée d’ici la fin de l’année, pour un montant presque équivalent. « Les dirigeants de Cristal Union ont une vraie volonté de maintenir l’usine d’Erstein au top de ses capacités, comme le prouvent les investissements successifs, poursuit le directeur d’établissement. Ils veulent également capitaliser sur la marque Erstein, qui a été dotée d’un nouveau packaging. » Les atouts de la sucrerie alsacienne sont nombreux : un bassin de consommation important, des industries agroalimentaires fortement consommatrices de sucre et, avec la fin des quotas, la perspective d’exporter vers les pays tiers, en particulier la Suisse, insiste René Schotter. Pour en savoir plus, rendez-vous ce vendredi à Oberhausbergen pour l’assemblée générale de la section Erstein de Cristal Union.

Publié le 14/04/2017

Culture très peu exigeante en intrants, sorti du désherbage, la réussite du soja repose sur une bonne alimentation azotée et hydrique à partir du début floraison. La qualité de l’implantation contribue de manière déterminante à ces deux critères.

Il ne faut jamais oublier que cultiver du soja, c’est aussi cultiver des bactéries fixatrices d’azote et que ces dernières sont souvent encore plus exigeantes vis-à-vis de la température, de la teneur en oxygène du sol et de son humidité que la plante elle-même. L’humidité du sol dans les jours qui suivent le semis est déterminante pour assurer une bonne nodulation, c’est-à-dire la symbiose entre la bactérie et la plante. L’obtention d’une levée rapide et régulière, source d’un bon peuplement et d’une moindre exposition aux ravageurs, ne peut être atteinte que si le sol atteint au minimum 10 °C dans les 5 premiers centimètres du sol. De telles températures sont rarement atteintes avant le 20 avril dans l’Est et des semis jusqu’à mi-mai, voire au-delà, sont tout à fait envisageables. Le processus de germination ne s’engagera que lorsque la graine aura absorbé 50 à 60 % de son poids en eau. Un lit de semences desséché, entraînera une levée retardée et entravera le phénomène de nodulation. Une irrigation - de l’ordre de 10 mm -, positionnée après le semis est une option à envisager là où l’équipement et l’eau sont disponibles. Après le semis, le sol doit être aussi plat que possible afin de faciliter la récolte d’un maximum de premières gousses. Dans les régions les plus favorables à la culture - Bourgogne, Franche-Comté et Alsace -, on retiendra des variétés de précocité dite 00. Ailleurs, seules les variétés 00 les plus précoces ou des variétés 000 sont à conseiller (voir le tableau ci-dessous). Inoculation et densité de semis Les bactéries fixatrices de l’azote, du genre Rhizobium, ne sont pas présentes naturellement dans nos sols et doivent donc être apportées par la semence ou sous forme de microgranulés dans la ligne de semis. Les produits sur le marché français ont fait leur preuve. Il convient de respecter scrupuleusement leur mode d’emploi en restant conscient qu’il s’agit d’organismes vivants sensibles à la chaleur ou à la lumière par exemple. Les sols avec plus de 10 % de calcaire actif ou les sols sableux (+ de 35 % de sable) sont moins favorables à la survie de la bactérie et à la symbiose. Au-delà de la composition du sol, préférez un sol profond qui pourra assurer l’alimentation hydrique et azotée de la culture. Plus les variétés sont précoces moins leur capacité de compensation sont importantes. On ne dépassera pas un écartement de 30 cm pour les variétés de type 000 et 50 à 60 cm pour les variétés 00. Le poids du facteur écartement sur le potentiel de rendement est d’autant plus limité que les sols sont dotés d’une bonne réserve utile et/ou que l’irrigation est envisageable. En termes de densité, un peuplement de 500 000 à 600 000 plantes est un bon compromis. Le taux de germination des semences certifiées n’est garanti qu’à hauteur de 80 % et il convient d’en tenir compte. Dans le cas d’utilisation de graines de ferme seul un test de germination permet de disposer de la bonne information. Le soja est une espèce peu concurrente d’où l’importance de réussir son désherbage. En situation de risque de graminées estivales et/ou de forte pression en dicotylédones, il est conseillé d’utiliser des produits en post-semis prélevée à base de pendiméthaline ou de S-metolachlore, à compléter impérativement avec des applications de post-levée.

Publié le 09/04/2017

Avec les conditions météorologiques clémentes, les semis de printemps battent leur plein. Après la betterave, le maïs est progressivement implanté. Les céréales à paille, le colza, les prairies profitent également des températures clémentes. Il manque juste un peu d’eau pour couronner le tout !

Après un hiver plutôt rigoureux, les cultures se portent plutôt bien. En blé « il n’y a pas eu de pertes, certains blés ont mis du temps à lever, mais finalement les densités sont bonnes, voire élevées. Il faudra alors être vigilant au risque de verse », indique Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Les blés atteignent pour la plupart le stade épi 1 cm, sauf les semis les plus tardifs. « On se situe de fin tallage à plus de 1 cm, soit dans les clous pour la saison. » Le premier apport d’azote a été effectué il y a un mois et, les besoins allant croissants à partir de la montaison, il serait temps d’effecteur le second apport, généralement le plus important. De nombreux agriculteurs l’ont d’ailleurs déjà effectué la semaine dernière, espérant un peu d’eau durant le week-end pour valoriser l’apport, sauf qu’il n’y en a quasiment pas eu. « Il faut 10 mm d’eau pour bien valoriser un apport d’azote », rappelle Laurent Fritzinger. Donc, si le stade optimal est atteint, les conditions ne sont pas réunies pour bien valoriser les apports : « Les températures clémentes et le vent ont asséché le sol en surface, il faudrait plus d’eau pour amener l’engrais jusqu’aux racines ». L’idéal serait donc d’effectuer cet apport, avant une pluie annoncée. Il est également temps de procéder au désherbage : « La portance est bonne et, plus on attend plus on aura de mal à toucher les adventices qui seront de plus en plus développées ». Puis, il sera temps de procéder aux applications de régulateurs de croissance sur les parcelles à risque, c’est-à-dire avec une densité élevée, une variété sensible… Pour l’instant, les pucerons se font discrets : « Je n’ai rien vu, rien entendu », constate Laurent Fritzinger. Mais, comme les dégâts provoqués par la Jaunisse nanisante de l’orge (JNO), maladie virale transmise par les pucerons, ne sont visibles qu’à partir du moment où la montaison est bien engagée, il n’est pas dit que des contaminations se révèlent dans les jours à venir. Reste que le niveau de risque est plutôt faible. Maïs : c’est parti pour les semis Alors que les semis de betteraves s’achèvent, « les plus courageux ont commencé à semer les maïs à la fin de la semaine dernière », indique Laurent Fritzinger. Pourquoi pas ? Puisque, hormis dans les sols lourds, les conditions peuvent être réunies : portance, sols suffisamment ressuyés et réchauffés… « Semer tôt, cela se justifie surtout si on a des variétés tardives », rappelle Laurent Fritzinger. Histoire de sécuriser la fin de cycle. Donc, si les conditions anticycloniques se maintiennent, la cadence devrait s’accélérer dans les prochains jours. Premier constat, positif : grâce au gel hivernal, les conditions de préparation du sol sont bonnes. Pourvu que ça dure ! Colza : la floraison écarte le risque méligèthes Les colzas se sont « bien retapés » depuis l’hiver. Les premières fleurs sont désormais ouvertes sur les colzas les plus précoces, ce qui éloigne le risque de constater des dégâts liés aux méligèthes. En effet, Laurent Fritzinger rappelle que l’insecte ne cause de dégâts qu’en perçant le bouton floral pour atteindre le pollen qui se trouve à l’intérieur. Une fois que le bouton est ouvert, les méligèthes ont libre accès au pollen. Et comme en plus ils sont attirés par la couleur jaune, ils délaissent les boutons floraux au profit des fleurs, participant alors à leur pollinisation. En outre le conseiller rappelle qu’au stade E (boutons séparés), un colza vigoureux supporte la présence de six à sept méligèthes. Et, de toute façon, la floraison va très vite s’installer. Prairies : il ne manque qu’un peu d’eau Malgré un mois de janvier froid, les températures plus clémentes en février et en mars ont permis un redémarrage assez précoce des prairies. Contrairement au blé, les apports d’azote qui ont été effectués au bon moment (lorsque la somme des températures atteint 200 °C depuis le 1er janvier) ont pu être valorisés puisqu’ils ont été suivis de précipitations. « Cependant, les apports d’azote n’ont pas encore été effectués sur toutes les prairies, et risquent alors de manquer d’efficacité », constate Laurent Fritzinger. Déjà, la portance permet de mettre des animaux à la pâture. Pour les premières fauches, il faudra attendre encore un peu : « Certains ray-grass dérobés après céréales pourront être fauchés dans une quinzaine de jours pour bénéficier de bonnes valeurs alimentaires. Sur les prairies naturelles, un peu d’eau ferait vraiment du bien. Sur des sols bien réchauffés comme on a, cela ferait exploser la végétation », projette Laurent Fritzinger.

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