« La betterave peut se refaire à l’automne », dit l’adage. Encore faut-il que les conditions météorologiques le lui permettent. Malheureusement ça n’a pas été le cas. Comme les autres cultures, la betterave affiche des rendements en baisse et n’a pas pu exprimer son potentiel.
Cette année, le transport des betteraves a démarré le 21 septembre, deux jours plus tard, le 23 septembre, l’usine Cristal Union d’Erstein produisait ses premiers cristaux de sucre. Trois semaines après, le service agrobetteravier dresse un premier état des lieux : « Les résultats sont inférieurs à nos prévisions. Nous estimons désormais la récolte à 80 t/ha à 16°, contre 95 t/ha à 16° en moyenne ces cinq dernières années, soit une baisse de production de 15 % par rapport à une année moyenne », indique Laurent Rudloff, responsable du service. Une estimation qui cache d’importantes disparités en fonction des secteurs, de la structure du sol, de la pression en maladies, rhizoctone et cercosporiose.
Eau : le manque a suivi l’excès
Cette contre-performance s’explique par une succession de facteurs pénalisants : excès d’eau au printemps, manque d’eau en été, puis en automne, ce qui a empêché les betteraves de poursuivre leur croissance, et enfin, tout dernièrement, des températures plutôt froides pour la saison qui, elles aussi, bloquent la croissance des tubercules… « Un tel cumul de problèmes, c’est un phénomène rare », commente Michel Butscha. Ces facteurs pénalisants se retrouvent jusqu’à l’arrachage puisque, d’abord compacté par les excès d’eau printaniers, les sols ont ensuite durci sous l’effet du manque d’eau. Du fait de leur faible enracinement, les betteraves sortent néanmoins assez bien, de terre, sans trop de casse. C’est plutôt le matériel d’arrachage qui souffre, certaines pièces s’usant prématurément. « La tare terre est faible, par contre nous retrouvons beaucoup de feuilles sèches dans les silos, ainsi que des betteraves atteintes de rhizoctone brun », indique Michel Butscha. Encore des désagréments liés aux conditions difficiles de l’année.
Moins de pulpes
Le volume de betteraves à ramasser étant plus faible, la campagne s’annonce plus courte que d’habitude. « Nous avons déjà trois jours de chargement d’avance, donc nous prévoyons que la campagne sera terminée avant Noël », estime Laurent Rudloff. La baisse de rendement n’aura pas d’autre effet sur l’usine qu’une campagne écourtée. Par contre la disponibilité en pulpe sera moindre, « et encore plus sur la seconde partie de campagne », annonce Laurent Rudloff.
Une filière tournée vers l’avenir
Cette campagne en demi-teinte ne doit cependant pas décourager les planteurs : le groupe Cristal Union poursuit sa politique de développement, qui va se traduire en Alsace par une hausse de la surface betteravière de plus de 10 % en 2017 par rapport à 2016 (après une hausse de 6 % qui avait porté la sole betteravière à 6 750 ha en 2016). Une hausse obtenue grâce à la conclusion de contrats avec de nouveaux coopérateurs, mais aussi par le développement de la sole allouée à la betterave par des coopérateurs historiques. « Certes la betterave a souffert cette année, comme toutes les autres cultures, mais nous voulons continuer à aller de l’avant, en tirant les enseignements de cette campagne pour continuer à améliorer la performance, grâce à la génétique, les techniques de production et ainsi faire s’exprimer tout le potentiel de cette culture », affirme Laurent Rudloff.