Cultures spéciales

Betteraves à sucre

Les premiers semis ont levé

Publié le 03/04/2017

Les semoirs de betteraves à sucre sont entrés en action dès le 15 mars en plaine d’Alsace. Avec les bonnes conditions climatiques, ils devraient s’achever dans les prochains jours. Les premiers rendez-vous de bout de parcelle sont prévus pour début avril.

« Le fait marquant de l’année, c’est l’augmentation des surfaces », souligne Laurent Rudloff, responsable du service agrobetteravier de l’usine Cristal Union d’Erstein. La betterave à sucre couvrira cette année 7 470 ha, contre 6 740 ha l’an dernier, soit une hausse de 11 %. « C’est un chiffre que nous n’avions jamais connu : nous dépassons nettement les surfaces de 2007. » La progression des emblavements est le fait des planteurs historiques de la sucrerie d’Erstein, mais aussi de l’arrivée de 53 nouveaux planteurs, dont certains sont situés dans le secteur de Phalsbourg-Sarrebourg. « L’équipe terrain, qui se compose de Michel Butscha et Aline Barbière, aura à cœur de suivre de près ces nouveaux planteurs pour les conseiller, mais aussi d’épauler ceux qui ont rejoint les rangs ces dernières années. » Autre fait marquant de cette nouvelle campagne, les reliquats azotés en sortie d’hiver sont en moyenne plus élevés, surtout après un précédent blé. On observe cependant de grandes disparités. « D’où l’importance de faire des analyses de reliquats d’azote à la parcelle », insiste Laurent Rudloff. Les semis ont démarré le 15 mars. Ils ont été interrompus par les pluies du 21 mars qui ont permis de bien recouvrir les premiers semis. Ils ont repris avec entrain le week-end dernier et, en fin de semaine, plus de 75 % des surfaces devraient être semées. Bonne structure des sols « On sort d’un hiver parfait, mis à part les craintes sur les réserves en eau, précise Michel Butscha, technicien du service agrobetteravier. Les structures sont bien affinées, la reprise est facile. Et la bonne capillarité des sols permet à l’humidité de remonter. » Mais cela peut présenter un inconvénient : « Dès qu’il pleut, le sol se comporte comme une éponge : la terre est tellement fine qu’elle retient l’eau longtemps. C’est pourquoi les planteurs ont dû attendre jusqu’à samedi midi pour pouvoir rentrer dans les parcelles. » La bonne préparation des sols a permis de positionner la graine dans de bonnes conditions. « Le but de la manœuvre est d’avoir un champ relativement plat et d’appuyer la graine avec la roulette plombeuse dans la raie humide pour permettre la remontée capillaire, avant de la recouvrir de terre fine. Cette année, tout va bien, car les structures de sols ont bien évolué. Les germinations que nous avons observées sur les premiers semis sont bonnes. » Cependant, certains planteurs ont constaté la formation de petites croûtes sur les semis effectués au début de la semaine dernière, juste avant la pluie. « Ils ont dû intervenir avec une écroûteuse, mais nous restons confiants. » Ce qu’il faut, c’est surveiller la météo et espérer une bonne pluie dans les prochains jours. « Il faut que le travail du sol reste superficiel et que la préparation du sol et le semis soient coordonnés, pour éviter que la terre ne dessèche. » Un dernier conseil : « Après la pluie, les limaces ont fait leur apparition sur les premiers semis. Une surveillance attentive est nécessaire, car le danger est réel, surtout après un précédent blé. » « Vu les conditions actuelles, nous donnerons rapidement rendez-vous aux planteurs pour faire le point sur le désherbage », conclut Michel Butscha.

Colza en difficulté en sortie hiver

Conserver ou remplacer

Publié le 19/02/2017

Dans de nombreux secteurs de Lorraine où l’eau a manqué en août et septembre, les conditions difficiles d’implantation du colza ont fortement pénalisé les levées ou retardé les semis.

Certains colzas, levés tardivement, sur la deuxième quinzaine de septembre, présentaient souvent une faible biomasse et un stade inférieur à huit feuilles au début de l’hiver. Les conditions très froides de janvier ont pu aussi impacter les petits colzas avec des pertes de plantes car les plantes peu développées présentent des niveaux de tolérance au froid inférieurs à un colza bien développé. La sortie d’hiver est la bonne période pour réaliser un diagnostic de conservation ou remplacement de la culture. Évaluer le potentiel du colza Avant toute chose, retourner un colza est rarement rentable. Il est donc nécessaire d’évaluer le potentiel réel du colza en place avant de prendre toute décision de retournement. Différents critères entrent en considération comme le peuplement et la biomasse. Le contexte de la parcelle - hydromorphie, enherbement, défaut d’enracinement et dégâts de ravageurs qui sont des facteurs aggravants - est aussi important à prendre en compte. Les tableaux ci-contre aideront à prendre la décision de conserver ou remplacer le colza. Un colza avec une densité comprise entre 5 et 10 pieds/m2 et une très faible biomasse (< 100 g/m2) peut éventuellement être conservé en sol profond si aucun autre facteur aggravant n’est présent, avec une altération du potentiel. En sol superficiel, il est préférable d’envisager un retournement du colza, le potentiel de la culture ne sera pas suffisant. C’est à partir d’une densité de 10-15 pieds/m2 que la culture ne doit pas être, a priori, retournée, tout dépendra de la présence de facteurs parcellaires aggravants (attaque sévère de ravageurs, enherbement). Au-delà d’une biomasse de 600 g/m2, le colza doit être conservé. Et les parcelles hétérogènes ? Et les cultures désherbées ? On observe souvent des parcelles dont une partie comporte des peuplements et des stades corrects alors qu’un peu plus loin la population de colza est faible avec des plantes chétives (zones argileuses). La règle de décision proposée dans le tableau ci-dessus vaut aussi pour les conditions intra-parcellaire : inutile de laisser des surfaces en mauvais état à l’intérieur des parcelles car elles risquent de se salir rapidement au printemps et ont un potentiel de rendement très limité. Si une décision de remplacement de la culture du colza est prise, toutes les cultures ne sont pas possibles. Le choix de la culture de remplacement doit être raisonné selon le désherbage réalisé sur la parcelle.

Liseron

Un souci majeur

Publié le 14/02/2017

Dans certaines parcelles, les chantiers d’arrachage ont été perturbés par la prolifération du liseron. Les techniciens de l’usine d’Erstein préconisent un traitement dirigé en maïs, plus efficace que le traitement des chaumes de blé.

« Les entrepreneurs n’en peuvent plus », préviennent Aline Barbière et Michel Butscha, du service agrobetteravier de l’usine d’Erstein. Récolter une parcelle de betteraves propre de 5 ha nécessite en moyenne 6,25 heures, à raison de 80 ares par heure. Mais dans les parcelles infestées de liseron, la cadence descend à 50 ares/heure, et il faut donc 10 heures, sans compter le temps de nettoyage, 1 heure environ. Cela fait un surplus de 4,75 h pour l’entreprise d’arrachage, soit des frais de machine, de chauffeur et gazole supplémentaires. À cela s’ajoutent les pièces d’usure, le temps d’entretien à l’atelier, le surcoût au déterrage et les problèmes à l’usine… ainsi que la perte de rendement pour le planteur. Quelles solutions pour le liseron ? En cas de précédent blé, il est possible de traiter sur les chaumes avec du Roundup ou du 2,4D. Néanmoins, ce traitement n’est pas la panacée : « Les conditions climatiques des étés 2015 et 2016 ont été peu favorables à l’efficacité du glyphosate ». La solution la plus efficace, c’est le traitement dirigé en maïs, insistent les techniciens. « Cela règle le problème du liseron pour plusieurs années et cela ne coûte pas cher : le produit coûte entre 10 et 15 €/ha, auquel s’ajoute le coût de la prestation de l’entrepreneur. » Il préconise de prévoir un premier contrôle pas trop agressif dans le programme de désherbage, puis de laisser repousser le liseron et d’effectuer un traitement dirigé au Banvel. Cette stratégie présente une meilleure efficacité que le traitement des chaumes de blé, permettant ainsi une gestion plus durable du liseron. Michel Butscha met en garde contre les bordures non entretenues : « Il ne faut pas laisser la place aux mauvaises herbes en broyant régulièrement les bordures. Les premiers rangs du champ et les chemins d’irrigation doivent également faire l’objet d’un suivi strict des graminées estivales, qui profitent de la lumière pour faire la semence et envahir progressivement toute la parcelle. »

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