Chambre d'agriculture Alsace
Flavescence dorée : la prévention plutôt que le curatif
Chambre d'agriculture Alsace
Publié le 20/08/2017
La conférence proposée lors de la foire aux vins par la Chambre d'agriculture Alsace a notamment porté sur la lutte contre la flavescence dorée dans le vignoble. Si la région est encore indemne, le dispositif de surveillance a été renforcé et les professionnels sensibilisés.
« La flavescence dorée est une maladie épidémique incurable. Elle provoque perte de vigueur de la vigne, baisse de production et des dégâts pouvant aller jusqu’à la mort du pied infecté », explique Jérôme Attard, conseiller viticole à la chambre d’agriculture. Devant une centaine de viticulteurs réunis pour la Foire aux vins, la Chambre d'agriculture d’Alsace et différents partenaires ont fait un point sur les méthodes de prévention et les moyens d’éviter la contamination. Les symptômes les plus marquants sont un jaunissement de la vigne pour les cépages blancs, d’où le nom de jaunisse de la vigne, et un enroulement des feuilles. À ce jour, l’Alsace échappe à la contamination, alors que 70 % du vignoble français a été placé en périmètre de lutte obligatoire en 2016. Cela implique des mesures drastiques en termes de traitements insecticides, voire d’arrachage de parcelles. « L’Alsace n’est pas une île » « L’Alsace n’est pas une île. Tôt ou tard, elle risque de se retrouver avec un problème de flavescence dorée à traiter », explique Vicky Chan Fook Tin en charge du dossier à l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava). La cicadelle, vecteur de la bactérie (phytoplasme), a déjà été détectée dans le vignoble. Après plusieurs suspicions, un cas a été identifié l’année passée sur un petit secteur à Turckheim. Les viticulteurs ont appliqué un traitement insecticide unique sur plusieurs dizaines d’hectare autour de la parcelle concernée. Et le réseau de pièges a été renforcé dans les zones suspectes. Si cela a suffi à régler le problème, cette contamination crée un précédent dans la région. La prévention valant mieux que le curatif, l’Alsace veut intensifier le dispositif de veille sanitaire et mobilise ses viticulteurs. Onze syndicats viticoles se sont ainsi portés volontaires pour inspecter les parcelles à la recherche des signes de la maladie. Au total, 2 500 hectares de vignes vont être scrutés. « Pour les aider à reconnaître les symptômes de jaunisse, la profession met en place une application téléchargeable « Vigi AVA. » Elle comporte une bibliothèque de photos et permet de signaler un pied malade grâce à la géolocalisation, » ajoute Vicky Chan Fook Tin. Colloque transfrontalier le 9 novembre Parmi les autres mesures à prendre, il s’agit de s’assurer de la qualité du matériel végétal. Une des sources d’introduction de la maladie (avec les aulnes). « Celui-ci, lorsqu’il rentre en Alsace doit être certifié, et la filière veut développer la production locale de porte-greffe, » indique Guillaume Arnold, responsable du service technique au Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Le travail préventif régional se superpose avec d’ambitieux programmes de recherche. Comme celui de l’Institut national de la rechercher agronomique (Inra) de Bordeaux qui planche sur la flavescence dorée et son vecteur, la cicadelle. Pour sa part, le projet transfrontalier (Alsace/Allemagne/Suisse) « InvaProtect » se concentre sur les bioagresseurs invasifs dans les vergers et les vignes. Un réseau transfrontalier d’échange et de mise en commun d’outils et de compétences a ainsi été développé. Afin d’avoir une meilleure connaissance de la biologie de l’insecte et de préconiser des mesures de protection (prophylaxie, modèle de prévision du risque). Monté suite aux dégâts de la drosophile asiatique en 2014, le réseau s’est élargi à la flavescence dorée et à l’enroulement viral. Un sujet sur lequel travaille le centre Inra de Colmar. La lutte contre la flavescence dorée est réalisée en fonction d’une analyse de risque. Cette dernière nécessite une forte implication des professionnels. Les méthodes préventives sont indispensables pour limiter les incidences des méthodes curatives. Et, surtout, il y a nécessité d’intervenir le plus tôt possible. Un colloque transfrontalier aura lieu le jeudi 9 novembre dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine. Le thème choisi portera sur « les bioagresseurs invasifs des vergers et vignes du Rhin supérieur : situation actuelle et possibilité de lutte. » De quoi avancer sur le sujet.












