Travaux de saison

Publié le 30/08/2018

Sécheresse oblige, les volumes de betteraves à sucre s’inscrivent à la baisse, cette année. La campagne sera donc plus courte que l’an dernier.

C’est officiel : le démarrage de l’usine d’Erstein de Cristal Union est fixé au 26 septembre. Les premières livraisons de betteraves sont programmées pour le 24 septembre. « Nous allons organiser des réunions pour nos adhérents afin de préparer la campagne et de leur communiquer le planning d’arrachage », indique Laurent Rudloff, responsable du service betteravier de l’usine d’Erstein. Sous l’impact de la sécheresse, une diminution des rendements est attendue, d’après les derniers prélèvements. « Afin d’anticiper la baisse du volume de pulpes, nous avons communiqué à tous nos adhérents et clients éleveurs la quantité de pulpes qui leur a été attribuée. Et ce, dès fin juillet, car les ensilages de maïs étaient très précoces cette année. » La cercosporiose a été bien maîtrisée, dans l’ensemble, « grâce à la réactivité des planteurs par rapport aux messages que nous leur avons transmis », indique Laurent Rudloff. Une nouveauté est lancée pour cette campagne, l’appli Cristal Field, une application collaborative de terrain qui sera utilisée par les ETA et les planteurs pour déclarer les informations liées à l’arrachage des betteraves. « Nous avons effectué les travaux d’entretien et d’optimisation de l’usine durant l’intercampagne », précise Laurent Rudloff. Au vu des prévisions de rendement, la campagne devrait s’achever après Noël.

Lancement de la campagne de pommes et de quetsches

Que du bonheur !

Publié le 30/08/2018

La récolte de quetsches et de pommes vient de démarrer. Bonne nouvelle, elles ont moins souffert de la sécheresse et de la chaleur que les céréales. Abondance et qualité organoleptique sont au rendez-vous, augurant une rentrée savoureuse. Le top départ de la saison a été donné par les professionnels mercredi dernier sur la ferme d’André Acker à Schœnenbourg.

La cueillette des mirabelles s’achève, et voilà que les quetsches pointent le bout de leur nez fuselé. « De Sigolsheim à Wissembourg, en passant par Obernai, tous les secteurs géographiques démarrent en même temps. » Du jamais vu, selon Philippe Jacques, conseiller arboricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Il y a quelques semaines, pourtant, l’inquiétude des producteurs était palpable : « Avec ce temps sec et chaud, nous avions des craintes sur le calibre des quetsches. À l’arrivée, nous sommes agréablement surpris. Le calibre est correct, le taux de sucre est bon, voire très bon, et la fermeté plutôt satisfaisante. » Quant à l’aspect sanitaire, il est excellent. « Il y a eu très peu de carpocapse. D’une manière générale, il y a eu très peu de maladies. » Seul bémol, un léger défaut de coloration. « La peau a une couleur mauve clair, avec un fond vert, et la chair n’a pas toujours la couleur orangée habituelle. » Mais cela n’entame en rien le plaisir de la dégustation, parole de consommateur ! « La qualité gustative est intéressante », confirme Philippe Jacques. Si les conditions climatiques restent tempérées, la récolte devrait durer quinze jours. « À voir si le fruit se tiendra à l’arbre jusqu’à la fin. Si les grandes chaleurs reviennent, la saison risque d’être raccourcie. » Pommes : « On attend une récolte pleine » Du côté des pommes, elstar et gala ouvrent le ban. « C’est parti pour deux mois et demi de récolte. » Là aussi, bonne nouvelle : pour l’instant, le prix de vente est supérieur aux attentes. « Les premières variétés se vendent bien, et à un bon prix. Il y a de la place sur le marché. La concurrence des pays de l’Est ne se fait pas encore sentir », indique Philippe Jacques. Sur le plan technique, on relève le même petit défaut de coloration que pour les fruits à noyau : « La couleur rouge peine à apparaître ». Du coup, les producteurs ont préféré retarder le démarrage de la récolte d’une semaine. Les volumes sont au rendez-vous, la qualité organoleptique et la qualité de conservation aussi. « Le taux de sucre est supérieur aux années antérieures. Le taux d’acidité est à un niveau standard. Les calibres sont moyens, car les arbres sont généralement très chargés. » Mais c’est un moindre mal : « Dès qu’on monte en calibre, on perd en fermeté ». Poires : « Au top de la qualité gustative » « Nous avons réalisé une belle campagne de poires. » Volume et qualité gustative sont au top, se félicite le technicien. Les poires sont sucrées et juteuses, comme on les aime. « La récolte touche à sa fin. La qualité a été homogène du début à la fin, malgré les fortes chaleurs et l’absence d’irrigation qui a eu un impact sur les calibres, qui sont plutôt moyens. » La mise en marché a démarré avec la williams, mais les variétés suivantes vont être commercialisées très prochainement. En abricots, par contre, la campagne a été très hétérogène. Cela s’explique par le phénomène d’alternance. Les vergers qui ont été touchés par le gel l’an dernier étaient en général trop chargés et les fruits manquaient un peu de maturité. Les vergers moyennement chargés, en revanche, ont donné des fruits aussi beaux que sucrés. « Les producteurs alsaciens ont encore du mal à stabiliser le niveau de production, car ils maîtrisent mal les écarts de floraison. » Malgré les craintes liées à la canicule et à la sécheresse, les arboriculteurs tirent leur épingle du jeu, constate Philippe Jacques. « Mais gare à l’effet kiss cool au printemps prochain ! » Le technicien craint que le stress auquel les arbres ont été soumis cet été ne soit néfaste à l’induction florale. Affaire à suivre…

Vendanges 2018

Précoces et de qualité

Publié le 30/08/2018

C’est parti depuis quelques jours pour les vendanges 2018 en Alsace. Au domaine Fahrer-Ackermann, elles ont démarré mardi 28 août sur une parcelle de 28 ares située sur le ban de la commune de Rodern, au lieu-dit Wannen.

L’histoire du domaine Fahrer-Ackermann démarre il y a environ vingt ans. Vincent Ackermann rachète l’entreprise viticole de son patron à Rorschwihr en démarrant de presque rien. Aujourd’hui, le domaine compte 10 hectares de vignes, dont 9,5 ha en production, sur les bans de six communes : Rorschwihr, Rodern, Kintzheim, Orschwiller, Bergheim et Saint-Hippolyte. Depuis son installation, Vincent Ackermann travaille en lutte raisonnée, en labourant le sol et en utilisant le moins de produits phytosanitaires possible. Il s’interroge sur la possibilité de passer en production biologique. Un tiers du vin est commercialisé en bouteilles, un tiers en vrac et un tiers en raisin. La partie commerciale reste compliquée selon les années et la situation économique du moment. « Le vrac permet de garder les meilleurs lots et de les vendre quand nous avons besoin de trésorerie », souligne le vigneron indépendant. En complément de la partie viticulture, l’épouse de Vincent Ackermann, Muriel, a développé une activité œnotouristique. « Elle s’occupe de la vente au caveau et des deux gîtes et quatre chambres d’hôtes que nous avons aménagés nous-mêmes, précise Vincent Ackermann. Nous sommes situés sur la route des vins. Cette proximité, qui nous permet de proposer aux touristes différentes activités, la quiétude des lieux et les dégustations ont contribué à fidéliser la clientèle. » Une très bonne acidité Pour ces vendanges 2018, Vincent Ackermann a décidé de démarrer mardi 28 août sur une parcelle de 28 ares située sur le ban de Rodern, à 250 mètres d’altitude, au lieu-dit Wannen. « C’est une parcelle de pinot auxerrois que j’ai rachetée à de la famille cette année, spécialement dédiée au crémant. L’altitude favorise la production de crémant, car nous avons une belle acidité. L’état sanitaire est exceptionnel. Cela faisait longtemps que je n’avais pas connu une telle qualité. Nous récoltons à 10,5°. Pour les crémants, c’est très bien. En revanche, ce n’est pas la même chose pour la parcelle vendangée jeudi 30 août, où l’auxerrois a subi le stress hydrique : la vigne a stagné. » Vincent Ackermann consacre environ 15 % de sa production au crémant d’Alsace. Un pourcentage qui est stable dans le temps pour un crémant qui se vend très bien. La suite des vendanges ? « C’est prévu la semaine prochaine avec des parcelles AOC de pinot noir et auxerrois. J’ai goûté les raisins : pour les pinots noirs, les pépins sont déjà bien mûrs. L’auxerrois présente une bonne densité. Comme pour le crémant, ce sont les parcelles les plus précoces », commente Vincent Ackermann. Ensuite, il marquera une pause dans ces vendanges 2018. « Nous allons attendre un peu. Il ne faut jamais se précipiter. En général, nous vendangeons ici quatre à six semaines. Nous travaillons toutes nos parcelles différemment, ce qui nous permet d’avoir des vins différents. On peut se le permettre. Les maturités ne sont jamais les mêmes d’une parcelle à l’autre et dépendent de nos sols granitiques et calcaires. La preuve, lundi 27 août, j’ai visité une parcelle de gewurztraminer qui n’avait pas encore véré. On enchaînera donc en fonction des maturités de chaque terroir. J’en cherche d’assez importantes, car j’élabore des vins assez puissants, équilibrés. On revient sur des vins plus secs que par le passé », constate le vigneron indépendant. Du travail Vincent Ackermann vendange essentiellement à la main et utilise la machine à vendanger pour ses parcelles situées en plaine. C’est sans doute la première fois qu’il vendange un 28 août. « C’est peut-être arrivé en 2003, mais je n’en suis plus certain. C’est impressionnant car, désormais, tout s’enchaîne. On est toujours dans le stress. Il y a le palissage, la mise en bouteilles et directement les vendanges. Par le passé, nous avions un laps de temps pour nous reposer un peu et faire autre chose », commente le vigneron. Autre difficulté : trouver des vendangeurs. « J’ai passé une annonce via Alsace Vendanges. Mais, personne ne m’a appelé. Mais j’ai la chance de pouvoir faire confiance aux mêmes personnes depuis plusieurs années : des amis, des connaissances fidèles, des membres de la famille. » À commencer par la fille aînée de Muriel et Vincent Ackermann, Théa, 19 ans. L’avancée de la date des vendanges lui permet d’être là. « Je suis étudiante. Je prépare un Deust Métier de la forme à Strasbourg. Je suis encore en vacances. Faire les vendanges me plaît. C’est un moment convivial », explique la jeune femme. Pour autant, elle ne se voit pas, pour l’instant, succéder à ses parents à la tête du domaine familial. « C’est une activité professionnelle très compliquée qui prend beaucoup de temps. À 19 ans, travailler à ce point, tous les jours, n’est pas ce qui m’attire le plus. On verra à l’avenir. » Un peu plus loin dans les vignes, Michel, âgé de 63 ans. Il habite Saint-Étienne. Cela fait 17 ans qu’il vient en Alsace et 10 ans qu’il vendange chez Vincent Ackermann. « J’ai d’abord connu le gîte, que nous avions réservé avec mon épouse. Nous avons sympathisé. Ils sont très accueillants et surtout travailleurs. Du coup, nous revenons chaque année pour vendanger. C’est une activité intéressante. On voit le boulot. J’en profite pour approfondir mes connaissances. C’est important pour moi qui ai travaillé dans un bureau d’études. En tout cas, ces vignerons se battent pour faire évoluer leur entreprise et leur vin est de qualité », conclut le jeune retraité.

Pages

Les vidéos