Travaux de saison

Pose de nichoirs et implantations de haies

Les services rendus par la biodiversité

Publié le 20/04/2017

À Dambach-la-Ville comme dans bien d’autres lieux viticoles, la conscience des services bienfaiteurs rendus par la biodiversité chemine timidement mais sûrement. Mardi 28 mars, une quinzaine de vignerons accompagnés des associations Haies vives d’Alsace et de la Ligue de protection des oiseaux ont replanté des haies et posé des nichoirs.

Au programme de cette matinée écologique, deux interventions, l’une de Camille Grosse et l’autre de Jacques Detemple, de l’association Haies vives d’Alsace, et les explications de Laurent Waeffler, de la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Puis, passage aux travaux pratiques avec la pose de 120 nichoirs dans le vignoble et des plantations de haies. Car le gîte pour la macrofaune ne suffit pas, il lui faut aussi le couvert. Une mésange ne va pas se nourrir que de 1 200 drosophiles par jour ou de chenilles, de vers de la grappe ou de cicadelles, il lui faut aussi de quoi manger les autres saisons… D’ailleurs, plusieurs vignerons s’essaient aujourd’hui à combiner avantageusement les arbres et les vignes. Camille Grosse donne plusieurs exemples d’agroforesterie, rappelant que la vigne est une liane et qu’elle s’accommode parfaitement aux arbres. C’est le système ancestral, dit de joualle, rappelle-t-elle, mis en œuvre aux domaines de Restinclières dans l’Hérault, Olivier de Serres en Ardèche, Émile Grelier en Gironde et François de Soos dans l’Aude. La culture de la vigne est combinée à des arbres valorisés en bois d’œuvre, en fruitiers ou tout simplement à des fins agronomiques. Selon les promoteurs de l’agroforesterie, les bénéfices attendus sur cet aspect agronomique sont beaucoup plus importants que ne le laisserait paraître une vigne concurrencée sous le pied d’un arbre. Le problème n’est pas l’eau, mais l’azote, précise Jacques Detemple, et à un degré moindre la lumière, même s’il est possible d’aménager les parcelles de manière à limiter l’ombre portée des houppiers, ou même de tailler les arbres en têtard et de les placer sur le rang de vigne, pour ne gêner aucunement la viticulture mécanisée. Une aubaine pour le vigneron car un arbre en têtard recèle beaucoup plus de biodiversité qu’un arbre classique. Quant aux branchages de l’année, ils constituent un amendement organique extrêmement fertilisant, par ailleurs mis en valeur à travers le bois raméal fragmenté (BRF). Que planter ? Du cormier, de l’épine-vinette, du noisetier, des fruitiers, etc. Idéalement jusqu’au 25 décembre, ou au printemps (attention s’il fait sec), en prenant soin de praliner les racines : un quart de terre de forêt, un quart de bouse, un quart d’argile et un quart d’eau, et en paillant le pied, explique Camille Grosse. Jacques Detemple rappelle l’importance de laisser des arbres morts au tronc creux, véritable gîte pour la faune cavernicole, oiseaux, chauves-souris, qui sont de véritables régulateurs d’insectes phytophages.

Attention gelées

Le vignoble en alerte

Publié le 19/04/2017

Des gelées sont annoncées cette semaine, probablement dans la nuit de ce jeudi à vendredi.

Déjà des vignobles comme le Jura annoncent des récoltes atteintes par les gelées. Dans la nuit de mardi à mercredi, il a été relevé -6 °C en Haute-Loire et les Monts d’Ardèche. Il n’existe pour l’heure qu’une solution biochimique qui a été présentée, le produit Elicityl, commercialisé par Jouffray-Drillaud, réservé cependant à une utilisation confidentielle. D’autres voies de lutte ? - Favoriser l’écoulement de l’air, et donc faucher la parcelle, - les bougies STOPGEL à base de cire, qui réchauffent l’air de 2 à 7 °C selon les paramètres, - les chaufferettes, - ou encore les tours de brassage, dont la tour mobile Schillinger que nous avons présenté suite à la démonstration du WeinInstitut de Blankenhornberger. À la 6e minute Et brûler un cierge à l’église...   Des vignerons ont avancé que le fait de ne pas arquer dans les zones sensibles, retarderait également le gel, mais cela pose la question de la mise en œuvre du liage tardif. Et enfin la mycorhization de la vigne renforcerait significativement celle-ci contre le gel. C’est du moins ce que pensent des biologistes, (Plenchette) et c’est ce qui explique par exemple qu’une plante comme le poireau, très mycorhizée, résiste au gel. Enfin une actu de Vitisphère qui souligne l’inquiétude en Champagne et Chablisien…  

Publié le 09/04/2017

Avec les conditions météorologiques clémentes, les semis de printemps battent leur plein. Après la betterave, le maïs est progressivement implanté. Les céréales à paille, le colza, les prairies profitent également des températures clémentes. Il manque juste un peu d’eau pour couronner le tout !

Après un hiver plutôt rigoureux, les cultures se portent plutôt bien. En blé « il n’y a pas eu de pertes, certains blés ont mis du temps à lever, mais finalement les densités sont bonnes, voire élevées. Il faudra alors être vigilant au risque de verse », indique Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Les blés atteignent pour la plupart le stade épi 1 cm, sauf les semis les plus tardifs. « On se situe de fin tallage à plus de 1 cm, soit dans les clous pour la saison. » Le premier apport d’azote a été effectué il y a un mois et, les besoins allant croissants à partir de la montaison, il serait temps d’effecteur le second apport, généralement le plus important. De nombreux agriculteurs l’ont d’ailleurs déjà effectué la semaine dernière, espérant un peu d’eau durant le week-end pour valoriser l’apport, sauf qu’il n’y en a quasiment pas eu. « Il faut 10 mm d’eau pour bien valoriser un apport d’azote », rappelle Laurent Fritzinger. Donc, si le stade optimal est atteint, les conditions ne sont pas réunies pour bien valoriser les apports : « Les températures clémentes et le vent ont asséché le sol en surface, il faudrait plus d’eau pour amener l’engrais jusqu’aux racines ». L’idéal serait donc d’effectuer cet apport, avant une pluie annoncée. Il est également temps de procéder au désherbage : « La portance est bonne et, plus on attend plus on aura de mal à toucher les adventices qui seront de plus en plus développées ». Puis, il sera temps de procéder aux applications de régulateurs de croissance sur les parcelles à risque, c’est-à-dire avec une densité élevée, une variété sensible… Pour l’instant, les pucerons se font discrets : « Je n’ai rien vu, rien entendu », constate Laurent Fritzinger. Mais, comme les dégâts provoqués par la Jaunisse nanisante de l’orge (JNO), maladie virale transmise par les pucerons, ne sont visibles qu’à partir du moment où la montaison est bien engagée, il n’est pas dit que des contaminations se révèlent dans les jours à venir. Reste que le niveau de risque est plutôt faible. Maïs : c’est parti pour les semis Alors que les semis de betteraves s’achèvent, « les plus courageux ont commencé à semer les maïs à la fin de la semaine dernière », indique Laurent Fritzinger. Pourquoi pas ? Puisque, hormis dans les sols lourds, les conditions peuvent être réunies : portance, sols suffisamment ressuyés et réchauffés… « Semer tôt, cela se justifie surtout si on a des variétés tardives », rappelle Laurent Fritzinger. Histoire de sécuriser la fin de cycle. Donc, si les conditions anticycloniques se maintiennent, la cadence devrait s’accélérer dans les prochains jours. Premier constat, positif : grâce au gel hivernal, les conditions de préparation du sol sont bonnes. Pourvu que ça dure ! Colza : la floraison écarte le risque méligèthes Les colzas se sont « bien retapés » depuis l’hiver. Les premières fleurs sont désormais ouvertes sur les colzas les plus précoces, ce qui éloigne le risque de constater des dégâts liés aux méligèthes. En effet, Laurent Fritzinger rappelle que l’insecte ne cause de dégâts qu’en perçant le bouton floral pour atteindre le pollen qui se trouve à l’intérieur. Une fois que le bouton est ouvert, les méligèthes ont libre accès au pollen. Et comme en plus ils sont attirés par la couleur jaune, ils délaissent les boutons floraux au profit des fleurs, participant alors à leur pollinisation. En outre le conseiller rappelle qu’au stade E (boutons séparés), un colza vigoureux supporte la présence de six à sept méligèthes. Et, de toute façon, la floraison va très vite s’installer. Prairies : il ne manque qu’un peu d’eau Malgré un mois de janvier froid, les températures plus clémentes en février et en mars ont permis un redémarrage assez précoce des prairies. Contrairement au blé, les apports d’azote qui ont été effectués au bon moment (lorsque la somme des températures atteint 200 °C depuis le 1er janvier) ont pu être valorisés puisqu’ils ont été suivis de précipitations. « Cependant, les apports d’azote n’ont pas encore été effectués sur toutes les prairies, et risquent alors de manquer d’efficacité », constate Laurent Fritzinger. Déjà, la portance permet de mettre des animaux à la pâture. Pour les premières fauches, il faudra attendre encore un peu : « Certains ray-grass dérobés après céréales pourront être fauchés dans une quinzaine de jours pour bénéficier de bonnes valeurs alimentaires. Sur les prairies naturelles, un peu d’eau ferait vraiment du bien. Sur des sols bien réchauffés comme on a, cela ferait exploser la végétation », projette Laurent Fritzinger.

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