Travaux de saison

Publié le 14/11/2017

La société Plein Air Création de Duttlenheim, spécialisée dans la métallerie et la petite chaudronnerie à des fins de conception de matériels viticoles et agricoles, a récemment présenté sa dernière création : un dérouleur-enrouleur de fils de palissage multifonctionnels.

Derrière la société Plein Air Création, il y a la famille Engel. Le père, Materne, est viticulteur à la cave de Beblenheim. Et, récemment, il a quitté volontairement son emploi chez Osram, dans le cadre d’un plan de licenciement. Avec ses filles et son épouse, ils se sont lancé le défi de créer une entreprise de métallerie et de petite chaudronnerie. Il faut dire qu’à eux quatre, ils accumulent les compétences. Materne connaît bien les travaux dans les vignes et a des idées pour les faciliter. Céline, sa fille, est diplômée en métallerie et chaudronnerie. Elle est donc capable de coucher les idées de son papa sur le papier (ou plutôt sur ordinateur), puis de les forger en atelier. Son autre fille, Nadège, est diplômée en gestion et création d’entreprise. Et son épouse Gabrielle a l’habitude de gérer les aspects administratifs. Le 1er mai 2017, ils ont donc créé cette entreprise à quatre. Et s’attellent désormais à proposer des solutions aux agriculteurs et viticulteurs du secteur. Enrouler et dérouler simultanément Vendredi 27 octobre, à Avolsheim, Materne Engel s’affairait donc autour d’un modèle de dérouleur-enrouleur de fils de palissage sorti de son esprit et des ateliers de Plein Air Création. Celui-ci est très polyvalent. Il est capable de rembobiner du vieux fil pendant que du nouveau se déroule. L’idéal pour réaliser des travaux d’entretien ou de réparation. Lors de travaux d’installation d’une parcelle, il permet de dérouler quatre fils simultanément grâce à son système de freinage des arceaux. Pour démonter ou restructurer une parcelle, il est capable d’enrouler hydrauliquement ou manuellement (ou électriquement en option grâce à une télécommande) les anciens fils. Et, comme ils sont enroulés proprement, l’appareil permet de réutiliser les fils en inox ou en acier galvanisé, et ainsi de réaliser des économies d’achat de fil neuf. Après les vendanges, l’appareil est aussi capable d’enrouler simultanément les fils releveurs en plastique, jusque 12 fils simultanément théoriquement. Mais Materne Engel conseille de procéder à quatre, voire six lignes simultanément maximum, sinon « le chantier risque de devenir ingérable ». Et si la parcelle est longue, « mieux vaut procéder en deux fois ». En morte-saison, les bobines bien enroulées peuvent être stockées directement sur l’appareil. Du fil de fer barbelé à la fibre optique, en passant par les tuyaux Grâce à une tourelle pivotant à 380 ° sur laquelle sont montés deux arceaux entraîneurs permettant de mettre, par exemple de l’ancien fil d’un côté et du nouveau de l’autre, cet enrouleur dérouleur est donc très polyvalent. En effet, en plus des travaux dans les vignes, il peut aussi être utilisé pour gérer du fil de fer barbelé, du fil électrique, de la fibre optique, de la clôture électrique, des tuyaux… Passer le fil dans le guide-fil, l’attacher à son support, et c’est parti : Pour remplacer un ancien fil, Materne Engel préconise d’enlever la goupille, pour passer en roue libre et ne pas utiliser le régime moteur du tracteur, mais plutôt enrouler le fil mécaniquement. Un disque de frein avec deux mâchoires réglables est situé entre les deux arceaux entraîneur afin de régler la vitesse d’enroulement. Deux disques séparateurs sont livrés avec l’appareil, ce qui facilite la sortie du fil en bobines bien régulières. Arrache-cep, remorques… Plein Air Création propose aussi un arrache cep, conçu pour sortir facilement les pieds de vigne malades d’une parcelle destinée à être replantée. Après arrachage, une option tarière permet de préparer le trou pour accueillir le prochain cep. La pince de l’arrache-cep a été récemment modifiée pour une maniabilité accrue, et éviter de couper les pieds en deux. Du coup, l’appareil est aussi capable de sortir des piquets en béton. « Nous sommes aussi spécialisés dans la conception de remorques sur mesure, avec un châssis simple et polyvalent, qui permet de moduler la remorque dans ses dimensions et ses équipements », indique Nadège Engel. Du coup, les agriculteurs peuvent profiter d’une remorque pour réaliser plusieurs types de travaux. C’est dans ce même esprit d’économie de moyens que Plein Air Création propose de modifier d’anciennes remorques. « Par exemple celles qui sont équipées de vis d’Archimède. En coupant le fond pour le remettre à plat, en les équipant d’un vérin et d’une porte, il est possible de les transformer en remorque multifonctions, capable de transporter du bois, des céréales, du raisin en vrac ou en bottiches… » Enfin, Plein Air Création propose de mettre son logiciel de dessin 3D au service de ses clients : « Nous pouvons conceptualiser une modification d’outil imaginé par un agriculteur ou un viticulteur en vue de son amélioration », explique Nadège Engel.

Publié le 26/10/2017

Des vignerons de Beblenheim ont vendangé en tenue d’apiculteur. Leurs vendanges tardives sont butinées par des milliers d’abeilles.

« C’est la première fois qu’on voit ça », s’exclame M. Wolfensperger, viticulteur de la cave de Beblenheim. Lui et son équipe ont vendangé mardi 17 octobre les pinots gris vendanges tardives du lieu-dit Héring, en tenue d’apiculteur. « Et tous les viticulteurs ce matin sont dans le même cas. Il y a environ quatre à cinq abeilles par grappe ». Les raisins titrent 18,5° d’alcool potentiel, et c’est le sucre qui attire probablement les butineuses. Si la présence des abeilles semble rassurer le vigneron sur la santé environnementale de sa parcelle de vigne, en revanche ce comportement apparaît comme plus inquiétant aux yeux des apiculteurs. Tim Tucker, apiculteur, président de la Fédération américaine d’apiculture, avait expliqué que les abeilles peuvent récolter n’importe quel sucre disponible si les fleurs viennent à manquer, ou en cas de sécheresse. Or, avec les chaleurs inhabituelles de ce mois d’octobre en Alsace, les abeilles redoublent d’activité, sauf que la réserve en fleurs est à cette époque bien maigre. Elles se reportent donc sur toutes les ressources sucrées à leur disposition, dont les raisins de vendanges tardives. Fait œnologique remarquable, contrairement aux baies altérées par des piqûres de guêpe ou de drosophile suzukii, les abeilles semblent avoir un rôle thérapeutique sur les raisins : les parcelles ne sentent pas la piqûre acétique, tel que cela se produit avec des attaques de guêpes. C’est peut-être que les abeilles assurent le service de nettoyage après l’attaque de guêpe. Ou bien, pense M. Wolfensperger, il faut attribuer l’absence de pourriture acétique à la présence du botrytis noble qui exerce un effet antagoniste contre les bactéries acétiques. En tout état de cause, l’observation des abeilles montre qu’elles ne butinent que les baies déjà percées par les guêpes.

Choucrouterie Claude à Chavannes-sur-l’Étang

Une année correcte pour le chou à choucroute

Publié le 11/10/2017

Après deux années difficiles en raison d’une météo défavorable, la saison 2017 du chou à choucroute est correcte. Depuis mi-juillet, la choucrouterie Claude à Chavannes-sur-l’Étang produit 25 tonnes de chou par jour, mais également 4 à 5 tonnes de navets.

2015 et 2016 n’ont pas été des années favorables à la production de chou à choucroute. La faute à la canicule et aux excès d’eau. Fort heureusement, 2017 permet un retour à la normale. « La saison a démarré le 17 juillet. Il faisait chaud au mois de juin. Nous avons immédiatement irrigué les choux. Cela nous a permis d’avoir une bonne récolte sur les précoces jusqu’au 15 août. Pour l’heure, l’année est normale. Les rendements sont corrects. Il y a suffisamment de matière première. Nous n’avons plus besoin d’acheter de chou aux Pays-Bas. Des achats qui ont pesé depuis deux ans sur la trésorerie », explique Pascal Claude, responsable de la choucrouterie éponyme à Chavannes-sur-l’Étang. L’entreprise produit une dizaine de variétés de choux. Elle travaille en culture raisonnée, mais a été contrainte d’effectuer des traitements pour faire face à la pression forte d’insectes - teigne, altise ou encore puceron - durant la période chaude. Pendant tout l’été, la récolte s’est déroulée tôt le matin. « Nous le faisons pour ramener un produit très frais. À partir du mois de septembre, nous récoltons toute la journée car il fait moins chaud. Ensuite, le chou est stocké une quinzaine de jours en cuve, trois semaines en septembre, et quatre semaines actuellement. On a déjà beaucoup coupé, près de la moitié de la récolte totale. Je pense que nous allons terminer la saison vers le début du mois de décembre », ajoute Pascal Claude. Diversifier les produits Les ventes se font ensuite directement au magasin de vente de la choucrouterie, le Cabas du Terroir, dans les grandes et moyennes surfaces, les boucheries, les lieux de restaurations, sur toute l’Alsace, mais également en Suisse et en Franche-Comté. « Nous faisons le constat d’une baisse de la consommation de chou à choucroute depuis quelques années en France. Du coup, nous diversifions nos produits en proposant du chou dans des tartes, des salades, des plats préparés et faits maisons. Il faut trouver de nouvelles idées pour attirer les consommateurs. Pour y parvenir, nous avons investi il y a deux ans dans un nouvel atelier de fabrication. Et nous avons comme projet de moderniser le matériel de conditionnement », précise Pascal Claude. Une quinzaine de personnes sont présentes sur le site de la choucrouterie en pleine saison, y compris le personnel qui fait les livraisons. Outre les 25 tonnes journalières de chou travaillées, l’entreprise a débuté il y a quelques semaines la récolte de la production du navet à raison de 4 à 5 tonnes par jour. Un produit de diversification apprécié et qui a trouvé ses consommateurs.

Pages

Les vidéos