Viticulture

7e édition du prix de l’innovation

Friuli Sprayers, un pulvé pensé pour l’environnement

Publié le 25/07/2019

C’est un peu la rolls des pulvérisateurs à traitement confiné. Le Drift Recovery VVER de Friuli-Sprayers remporte l’édition 2019 du prix de l’innovation de la foire aux vins. Bijou de technologie, il permet d'économiser 40 à 50 % de produit sur une saison.

Le Drift Recovery VVER de Friuli-Sprayers remporte l’édition 2019 du prix de l’innovation de la foire aux vins. Présenté par les établissements Baehrel Agri et Viti à Marlenheim, il permet d'importantes économies de produit. Concevant depuis 50 ans des pulvés, la maison italienne Friuli Sprayers a mis la barre très haut avec la gamme Drift Recovery, qui arrive régulièrement en tête des tests sur la qualité de traitement et de confinement. Avec ces pulvés remarquables par leurs panneaux face par face en inox, Carlo Viviani, de la maison Friuli, souligne la qualité des matériaux. Mais au-delà, Friuli a recherché à travers le Drift Recovery VVER un confinement optimal en combinant les panneaux récupérateurs et flux d’air tangentiel. Ces panneaux très particuliers arrêtent les gouttes mais pas l’air. Le panneau externe est oscillant.     Ce pulvé travaille à la vitesse de 6 - 8 - 10 km/h. Certains modèles disposent d’un groupe hydraulique autonome. Le châssis est articulé. Résultat : 6 m de tournières lui suffisent d’autant que les panneaux hydrauliques se rétractent automatiquement en bout de rang. Chaque rangée est aspergée par sept doubles jets. Il ne s’agit d’ailleurs pas que de simples panneaux, mais de collecteurs d’air avec diffuseurs orientables, et séparateurs de gouttes selon le brevet Friuli, pour la récupération du produit. Chaque panneau est équipé d’un bac à récupération à renversement pour un nettoyage rapide. L’intensité de ventilation est ajustable de 50 à 110 bars pour être adaptée en cours de saison à la quantité de feuillage. Les produits récupérés sont renvoyés après deux étages de filtration dans la cuve. Le Friuli Drift Recovery dispose en outre d’un ordinateur de bord Spray control MRP2 à cinq programmes de travail, que l’opérateur peut enregistrer et rappeler. Outre les paramètres classiques de pulvérisation (pression, débit), il permet également de programmer l’ouverture et la fermeture des rampes automatiquement, ainsi que l’essieu arrière, car celui-ci est amovible et se lève lors des tournières. En effet, Friuli a également pensé au tassement des sols avec un châssis double essieux. Côté citernes et réservoirs, la principale cuve dispose d’une capacité de 660 l en polyéthylène à plans inclinés pour une vidange totale. Une réserve supplémentaire de 60 l est montée pour le lavage du circuit, ainsi qu’un réservoir lave-mains de 15 litres. Ce pulvé dispose d’un système automatique de vidange des circuits, d’un système d’agitation multi-volumes et d’un dispositif aspirateur de produits chimiques. En options : des buses antidérive, une connexion GPS avec antenne pour la viticulture de précision, un kit de lavage des bidons, un spring clair dans la cuve pour lavage intensif, et des rampes de leds pour le travail nocturne. Le Drift recovery VVER est donc équipé de tout ce qui est possible actuellement pour une pulvérisation la plus environnementale qui soit. Un vigneron s’est équipé en Alsace : Xavier Muller à Marlenheim. Et une centaine en France.

Préparer son désherbage en 5 étapes

Philippe Kuntzmann, responsable technique Vitivina la filière vigne du Comptoir agricole, explique pas à pas les calculs nécessaires à la préparation de la bouille pour le désherbage.

Publié le 04/04/2019

En dix ans, la maison de négoce Biecher a réduit de deux tiers ses achats de vins d’Alsace. Ses fournisseurs actuels, mais encore plus futurs, sont invités à offrir de plus en plus de lots de vins bio.

Sur douze vins présentés dans une niche près de l’accueil des vins Biecher, quatre viennent d’Italie, quatre autres de Californie et les quatre derniers de Gascogne. Aucun d’Alsace. Un signe ? « En 2008, nous achetions encore 60 000 hl de vins d’Alsace. Aujourd’hui plus que 15 000 à 20 000 hl selon l’année. Ce volume restera à ce niveau à l’avenir. Nous nous sommes détachés de l’Alsace car la production y est trop instable. Une telle variabilité crée une concurrence avec des prix que certains opérateurs pratiquent et sur lesquels nous ne pouvons pas nous aligner. Le yoyo des tarifs décrédibilise les vins d’Alsace aux yeux des acheteurs. Nous ne sommes donc plus que ponctuellement aux achats. Notre campagne vrac pour le millésime 2018 est bouclée. Nous avons donné la priorité à nos fournisseurs habituels. Nous avons payé plus cher alors que nous aurions pu acheter pour moins cher », explique Olivier Biecher, PDG de l’entreprise éponyme. En réalité, le négoce est en train de se recentrer sur les vins bio. Il a signé des contrats de trois ans avec une soixantaine de viticulteurs. Ils comportent un prix fixe garanti sur la durée de l’engagement, sans référence à la mercuriale. « L’objectif est de maintenir une rémunération. Ces apporteurs nous fournissent de 6 000 à 8 000 hl/an. Mais si dans cinq ans, ils représentent la totalité de nos vins d’Alsace, ce sera très bien », poursuit Olivier Biecher. Pour l’heure, le négoce ne cherche à augmenter, ni le nombre de ses partenaires, ni ses volumes de gewurztraminer ou de pinot blanc. « On nous en propose trop. En revanche, il manque de riesling bio. J’ai dû limiter certaines ventes pour ce cépage », avoue Olivier Biecher. « Notre développement sur l’Alsace, mais aussi sur des vins d’autres vignobles, passe par le bio. La viticulture conventionnelle n’est pas un axe d’avenir. C’est à la fois ma position personnelle et l’analyse que je fais du marché. L’amateur de vin se préoccupe de ce qu’il consomme, de l’impact de la production sur le milieu. Nous commençons à réaliser des audits de responsabilité sociétale et environnementale chez nos fournisseurs étrangers. Cet aspect va prendre de plus en plus d’ampleur. Les certifications de type HVE (Haute valeur environnementale) sont des initiatives qui valent mieux que rien, mais restent à mes yeux sans intérêt », lâche Olivier Biecher. L’offre du négociant s’est étendue à des vins nature d’origine Alsace mais aussi d’Espagne. Un cahier des charges pour des vins vegan est en cours d’élaboration. « Il y a de plus en plus un réel questionnement sur ce que l’on mange et ce que l’on boit. C’est un vrai sujet de société, une mutation de la manière de penser. Le produit va devenir central ». « L’export a l’avantage d’être un débouché plus stable » Sur les années, la maison Biecher a maintenu son volume d’activité avec une part de vins premier prix en baisse constante. « Nous voyons ce qui se passe sur le marché national, mais de moins en moins. Nous nous adressons essentiellement aux marchés export qui ont été obtenus suite à des opportunités. Ils ont l’avantage d’être des débouchés plus stables ». Ces circuits plébiscitent la capsule à vis qui « garde une fraîcheur incroyable aux blancs ». Ils apprécient les vins bi ou tri-cépages ainsi que les BIB. « Le format de 1,5 litre a le vent en poupe. Il peut se vendre autour des 12 €. Cela correspond à une montée en gamme dans la rémunération du produit », remarque Olivier Biecher. Les vins d’Alsace restent quelque part handicapés par leur conditionnement. « Il m’est impossible de répondre à certains appels d’offre car la flûte Alsace mesure 33 cm de haut alors que le maximum toléré est de 31 cm. » Olivier Biecher est persuadé que d’ici quelques années, le bilan carbone sera un critère d’achat. Et sur ce plan le polytéréphtalate d’éthylène (PET) a une longueur d’avance sur la bouteille. Début 2019, la maison Biecher vend déjà du millésime 2018. « La réalité du marché, ce sont des consommateurs jeunes qui veulent boire les vins de l’année. La demande porte plutôt sur des rouges, bien mûrs, souples, avec 5 à 6 g de sucre. En blancs, on veut des vins frais. Il est donc important d’être sur un millésime jeune. » Pour l’Alsace, Olivier Biecher ne compte pas rentrer dans les vins de terroir ou les futurs premiers crus. « Les vignerons indépendants font ça très bien ! Ce genre de segmentation multiplie les couches. L’Alsace n’a pas besoin de cela pour être difficile à expliquer à l’export. À notre niveau, autant de strates, c’est ingérable. » Les grands crus font exception à cette analyse. La maison Biecher en vinifie 30 000 à 40 000 bouteilles par an à partir d’achats de raisin. « Je n’ai pas de difficultés à les vendre. Et tout leur potentiel est loin d’être exploité ».

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