Point sur la campagne
Tiges courtes et haute qualité
Point sur la campagne
Publié le 22/05/2021
Le début de printemps froid et relativement sec a freiné la pousse de l’herbe, cette année. Idem pour ce qui est des méteils. Si les plantes sont déjà arrivées au stade épiaison et si la première (ou unique) coupe a déjà été opérée, en plaine, les rendements sont faibles à moyens. Heureusement, le taux de sucre est élevé et la repousse est enthousiasmante. En montagne, les premières récoltes auront lieu dans un mois.
Les premiers ensilages ont eu lieu à Pâques, en plaine d’Alsace. Ils sont (opportunément) riches en sucres : les éléments nutritifs sont très concentrés, puisqu’il n’y a eu que peu de pluie, au début du printemps. Le corollaire de cette relative absence de précipitation est que les tiges sont courtes… d’autant plus que les gelées matinales ont été quasi quotidiennes jusqu’en mai. Les rendements sont donc, en général, moins bons qu’une année « normale ». Les derniers ensilages de cette première coupe ont été réalisés avant le 15 mai, par la plupart des agriculteurs. Cette date sonne le glas de la qualité : herbe ou méteils, tout va arriver rapidement au stade épiaison, dans le Bas-Rhin. « Il faut récolter au plus vite », souligne Laurent Fritzinger, conseiller fourrages à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA). La valeur alimentaire des plantes encore sur pied ne fera que baisser, à partir de maintenant, dans le nord de l’Alsace. Dans le Haut-Rhin, les méteils ne sont pas encore tout à fait parvenus à maturité. Un peu trop d’eau, trop tard Ceux qui ont coupé l’herbe, le week-end dernier, récoltent un peu plus que les premiers, presque autant que la moyenne, selon des témoignages haut-rhinois. Ceux qui n’ont pas encore fauché, par contre, attendent une fenêtre de tir météorologique pour leurs chantiers… La pluie de ces dernières semaines a favorisé la pousse et favorise la repousse de l’herbe mais pas les travaux, surtout pas ceux à venir. Si les machines sont plus disponibles que les cléments week-ends des 8, 9, 15 et 16 mai, il va falloir trouver un créneau de trois à quatre jours pour intervenir, et encore plus pour les méteils. « Je n’ai pas pu accéder à certaines parcelles, ce matin, témoignait Jean-François Strehler, conseiller fourrages à la CAA, basé dans le Haut-Rhin, lundi 17 mai. Elles étaient inondées. » Il manque toujours un peu de chaleur pour la repousse mais la seconde coupe permettra peut-être de rattraper ce qui a manqué à la première : l’herbe a profité de toute cette eau tombée depuis début mai. Le souci, c’est la verse, en seconde coupe. Des orages épars couchent l’herbe depuis le 14 mai. Pire que la météo : les sangliers Ce n’est malheureusement pas un temps à mettre une vache dehors. Pourtant tous les troupeaux sont sortis aujourd’hui. « Les sols sont très peu portants. Il a plu 10 mm, samedi 15 mai, et 25, dimanche 16 », précise Jean-François Strehler. En montagne, les éleveurs ont recours à de rapides rotations. Entre les dégâts de sangliers, « quotidiens et décourageants, pour ne pas dire rageants », insiste Marie-Joëlle Bellicam, conseillère à la CAA, les prés détrempés et l’herbe qui a bien quinze jours de retard par rapport à l’an passé (pousse et stade), les « Vosgiens » ne sont pas aidés. Fin avril, encore, il neigeait, rappelle-t-elle. « La première récolte de fourrages n’aura lieu que dans un bon mois, là-haut », pense Marie-Joëlle, qui suit tous les éleveurs de montagne. La somme des températures est atteinte plus vite, dans le Sundgau, par exemple, que dans le massif, quelles que soient les années. Rien de très étonnant à ce décalage avec la plaine. Plus que la météo, ce sont les dégâts de gibiers qui inquiètent Madame Bellicam. « Il n’y en a jamais eu autant de mémoire d’éleveurs et de conseillère », assure-t-elle, alors qu’elle bouclait les déclarations Pac, mi-mai.












