Comptoir agricole
Par ici la bonne herbe
Comptoir agricole
Publié le 19/06/2023
Mardi 16 mai à Hellering-Les-Fénétranges, le Comptoir agricole a convié ses adhérents à une demi-journée technique sur les plantes fourragères. Au programme : complémentation des rations à base d’herbe, films et filets, et surtout, visite d’une plateforme comportant une belle panoplie de mélanges variétaux.
Après une mise en bouche sur les compléments alimentaires pour bovins, et un petit point machinisme et fournitures pour la récolte de l’herbe (lire en encadrés), Thierry Kolb et Lionel Freund, technico-commerciaux au Comptoir agricole, ont présenté les quelque 60 modalités différentes qui composent la plateforme fourragère. Elles ont été implantées derrière un triticale les 29 et 30 août, au semoir à gazon, en non-labour. « L’objectif principal est de montrer les différentes espèces et variétés, leurs caractéristiques et les progrès génétiques », pose Thierry Kolb. Il n’y aura pas d’analyse, ni quantitative ni qualitative, des différentes modalités. Par contre, la plateforme va rester en place trois ans, afin de voir comment évoluent les modalités qui, pour l’heure, ne sont en place que depuis moins d’un an. Donc seules les espèces à implantation précoce sont réellement appréciables à leur juste valeur. La visite commence par les ray-grass. Avec des diploïdes et des tétraploïdes. Les premiers affichent un port plus gazonnant, qui leur confère une meilleure résistance au piétinement. Les seconds sont plus volumineux, plus appétants mais aussi plus riches en eau, ce qui implique une demi-journée de ressuyage en plus, au moins. De nombreux mélanges associent les deux types de ray-grass pour profiter de leurs atouts respectifs. Il existe aussi des ray-grass alternatifs et non alternatifs, les seconds ayant besoin d’une période de froid (vernalisation) pour faire des épis. Dans le secteur, confronté à une pression en vulpin importante, la rapidité d’implantation constitue un critère de choix important, tout comme pour un sursemis. Viennent des mélanges de ray-grass et de légumineuses, notamment de trèfles. Thierry Kolb rappelle que les ray-grass sont nitrophiles, donc ont tendance à prendre le dessus en cas de fertilisation azotée. Or, les légumineuses ont besoin de lumière et de chaleur pour pousser. Aussi existe-t-il des mélanges avec 60 % de légumineuses et 40 % de graminées, conçus pour assurer la présence de légumineuse. Thierry Kolb pointe notamment le mélange ProHerb Renovation, composé de variétés « haut de gamme » de ray-grass anglais et italien, agressives, donc adaptées au sursemis. Ou encore le mélange Mojito, de ray-grass italien et trèfle violet, qui se « vend très bien », et « reste productif plusieurs années ». Le mélange Mix Protéine avec deux ray-grass hybride, un trèfle violet et un trèfle blanc, est aussi très prometteur. Jouer sur les complémentarités entre espèces Retour aux ray-grass en pur, avec une série de différentes variétés qui met en évidence la large gamme de précocité puisqu’il y a pas moins de cinq semaines d’écart en matière de date d’épiaison, ce qui conduit à des dates de fauche allant de début mai à début juin. Suit une série de fétuques. La fétuque des prés a une bonne valeur alimentaire, une bonne appétence, elle tolère bien l’hydromorphie et le piétinement, beaucoup moins le manque d’eau et la chaleur, ce qui en fait une espèce peu adaptée au changement climatique. La fétuque élevée résiste davantage au manque d’eau si ses racines peuvent descendre. « Elle résiste aussi bien au froid, à l’hydromorphie, mais sa valeur alimentaire est moyenne et elle est longue à s’implanter ». Le dactyle a assez mauvaise presse, de par sa lenteur à l’implantation, son port cespiteux, en touffe, qu’il faut faucher ou pâturer régulièrement pour éviter qu’il monte. Par contre, « il valorise la moindre pluie, même la rosée, ce qui fait qu’il reste vert en été », pointe Thierry Kolb. La série des graminées se termine avec les bromes et la fléole des prés, pour laisser la place aux mélanges complexes, comme Proherb Perform, ou encore le mélange polymorphisme, élaboré sur la base d’un concept développé par l’Inrae, qui consiste à mélanger cinq variétés de chaque espèce afin de maximiser le polymorphisme du mélange. Ou encore le mélange Ferme des Bordes, lui aussi élaboré par l’Inrae, qui comprend de la luzerne, du trèfle violet, du dactyle, de la fétuque, et du ray-grass, « un super mélange, très passe-partout ». Suivent les espèces un peu particulières, comme la chicorée, qui a tendance à monter vite, donc qui exige une conduite intensive, généralement associée avec de la fétuque ou du dactyle. Le lotier corniculé, qui résiste bien au manque d’eau, est très appétant. La visite se poursuit, et s’achève, sur les légumineuses. Tout d’abord les trèfles, dont certains sont stolonifères, ce qui leur confère une bonne capacité de résistance au piétinement, et d’autres pas. Puis des luzernes, en concurrence avec les graminées en cette première année de pousse. « Il faut les désherber », pointe Thierry Kolb, surtout dans un contexte à forte pression en vulpin comme celui-ci. Il existe différents types de luzernes, certaines plus méridionales, d’autres plus septentrionales, rappelle Thierry Kolb en désignant un mélange qui en comporte quatre différentes. Ultime conseil, avant de repartir la tête en vert : « Ne fauchez pas les luzernes trop tard ! »












