Technique

Premier bilan de l’irrigation, en 2023

Des réserves suffisantes

Publié le 04/05/2023

Les années se suivent et ne se ressemblent pas… Alors que les besoins en irrigation se faisaient déjà bien sentir, en blé, au 28 avril 2022, à la même période, en 2023, on commence timidement à irriguer, et seulement les terres superficielles.

Patrice Denis et Jonathan Dahmani, conseillers irrigation à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA), sont à pied d’œuvre. La saison des Flash irrigation a commencé. Mais… tranquillement. Rien à voir avec la campagne d’irrigation de 2022, durant laquelle les agriculteurs ont irrigué le blé, du 28 avril au 9 juin, et le maïs, du 9 juin au 15 août. « Les périodes étaient courtes et denses, surtout pour le maïs, rappelle Patrice Denis. Heureusement ! Car ceux qui avaient des enrouleurs étaient épuisés… d’autant plus, s’ils avaient des pannes à gérer. » La hausse des prix de l’énergie a encore noirci le tableau. Seule consolation : l’évolution du matériel… « 2022 était une année dure, quand même », répète Patrice Denis, compatissant. Doucement en blé Au 24 avril 2023, la situation est tout autre : les conseillers préconisent d’irriguer uniquement dans les sols très superficiels, comme ceux de la Hardt, avec un apport de 30 mm. Les conditions météorologiques n’étant pas « poussantes », les blés étaient au stade deux nœuds, dans la majorité des cas ; stade certes repère pour l’irrigation, mais la mise en place de celle-ci a été contrecarrée, dans la grande majorité des cas, par la réserve utile des parcelles. « Le climat n’était pas évaporant », en prime, ajoute Patrice Denis. Au 2 mai, cette semaine, dans les cultures observées par les conseillers, les blés ont atteint le stade « dernière feuille pointante ». Pluviométrie (entre 5 et 20 mm de pluie, en cumul, sur la plaine d’Alsace, de fin avril à début mai) ou irrigation récente dans les sols superficiels ont suffi à assurer un confort hydrique. Jusqu’au 8 mai, seuls les sols superficiels sont donc concernés par l’irrigation. Et inutile de se presser, si un tour a déjà été opéré. Moins de 3 mm par jour, tel est le besoin en eau actuel du blé. Dans le cas d’un tour d’eau de 30 mm et de 10 mm de pluie, le retour n’est pas nécessaire avant treize jours, par exemple, indiquent les conseillers, dans leur Flash irrigation. Idem en colza Cette année, le colza, au système racinaire développé lui permettant de prélever plus facilement son besoin en eau, s’installe, en Alsace, dans les sols superficiels. En pleine floraison, depuis fin avril, il tient le coup, sans irrigation. Les températures fraîches permettent de patienter. D’autant plus que les précipitations, fin avril et début mai, compensent, en partie, les besoins en eau.

Assises rhénanes de l’eau

Protéger la ressource en eau autour du Rhin

Publié le 27/04/2023

Les Assises rhénanes de l’eau ont officiellement débuté le lundi 17 avril à l’Hôtel d’Alsace de Strasbourg par la CEA et ses partenaires. L’objectif était de faire un bilan de la situation actuelle avant la grande réunion du 22 juin prochain. Un premier constat semble inévitable, les effets du changement climatique sont inquiétants pour le Rhin et ses ressources en eau.

« L’eau peut être fraîche, douce, pure, claire, usée, limpide, verte, grise, salée, sacrée, frémissante, chaude, gelée, trouble, courante, potable, minérale mais elle est surtout précieuse », a lancé Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), pour débuter comme il se doit les Assises rhénanes de l’eau. Cette idée de rareté de l’eau a découlé tout au long de l’après-midi lors des interventions de spécialistes suisses, allemands et français. Tous ont tenu à rappeler qu’il était grand temps d’agir face à un constat qui se veut alarmant. « Dans quelques semaines, des restrictions d’eau nous toucheront peut-être. Nous avons eu une sécheresse record l’été dernier, jusqu’à 45 jours sans pluie en Alsace. Le dernier rapport du Giec prévoit d'ici 2100 jusqu’à deux mois consécutifs sans pluie l’été dans certains secteurs alsaciens », appuie Frédéric Bierry. Ce questionnement autour de l’eau se conçoit donc à l’échelle transfrontalière entre la France, l’Allemagne et la Suisse. Un enjeu commun, puisque les trois pays ont sous leurs pieds la plus grande réserve d’eau douce de l’Europe de l’Ouest, la nappe phréatique rhénane, qui s’étend sur près de 300 km. Le niveau du Rhin inquiète également, tout en sachant qu’il alimente en eau potable 30 millions d’habitants. À travers ces Assises tenues par la CEA, l’idée commune est de protéger et de garantir cette ressource en eau. Des effets climatiques qui n’échappent pas au Rhin Le réchauffement climatique pèse sur le Rhin. En effet, les températures continuent de grimper au fil des années. À Bâle, par exemple, l’eau du Rhin a déjà augmenté de deux degrés. C’est du côté des précipitations que l’inquiétude est la plus grande. « L’eau ne tombe plus du ciel de la même manière qu’à l’époque de nos grands-parents, elle tombe moins souvent et plus intensément », explique Frédéric Bierry. En hiver, les précipitations sont plus abondantes et ce phénomène devrait s’amplifier dans les années à venir, avec un risque de catastrophes naturelles et d’inondations dévastatrices. Alors qu’en été, le long du fleuve est touché par de fortes sécheresses. « Selon notre étude, le niveau de l’eau du Rhin à Bâle pourrait connaître une réduction de 50 % d’eau en été et une augmentation de 25 % en hiver », affirme Petra Schmocker-Fackel, membre de la Commission internationale de l’hydrologie du bassin du Rhin à l’Office fédéral suisse de l’environnement à Berne. Le transport et la biodiversité menacés Les conséquences sont non négligeables sur les activités humaines. Avec un niveau d’eau du fleuve insuffisant, le transport fluvial commercial sera forcément impacté. « Pour la navigation d’une péniche, il faut 1m50 de profondeur. Mais l’été dernier, le niveau du Rhin a baissé jusqu’à 40 cm, rendant la navigation compliquée voire impossible », lance Petra Schmocker-Fackel. Le fleuve risque d’être de moins en moins navigable, obligeant les bateaux à diminuer leur cargaison. L’augmentation de la température du Rhin est aussi un danger pour la biodiversité, notamment pour les poissons. « Cela va poser un problème aux truites par exemple, elles aiment l’eau froide. Au-dessus d’une eau à 25 degrés, elles ne survivent pas. Il va y avoir des problèmes de disparitions, de maladies. Il faut réfléchir ensemble et prendre des mesures, comme planter des arbres au bord des cours d’eau pour pouvoir créer de l’ombre », conclut Petra Schmocker-Fackel.

Publié le 13/04/2023

L’entreprise agricole ETA Meyer, basée à Mussig près de Sélestat, vient d’acquérir un andaineur à tapis Reiter. L’objectif est de proposer ce nouveau procédé aux agriculteurs afin d’améliorer la qualité de leur fourrage, qui est parfois abîmé par l’utilisation d’andaineurs à rotor.

Olivier Meyer, gérant de l’Entreprise de travaux agricoles (ETA) Meyer, a décidé d’élargir ses services avec l’andainage à tapis. C’est une pratique en laquelle il croit et il n’y voit que des avantages, contrairement à l’andainage à rotor. « Avec le rotor, on va ratisser le sol. Alors qu’avec le tapis, l’herbe va être soulevée et reposée délicatement au sol. Cette technique permet d’éviter de ramasser des corps étrangers. Car avec le rotor, on peut récupérer de la terre, des cailloux. Une fois, j’ai même eu un bout de bois qui a été pris dans la machine. Mais heureusement, je l’ai vu à temps », explique Olivier Meyer. L’andaineur à tapis entraîne également une repousse plus facile de l’herbe, une meilleure qualité des fourrages et moins de perte de feuilles. Olivier Meyer a fait le choix d’investir dans un Respiro du constructeur autrichien Reiter. « Cette grosse bête » comporte quatre roues, des disques glissants, des dents traînantes et atteint les 20 km/h. Le gérant de l’ETA Meyer ne cache pas qu’il s’agit d’un investissement colossal, « deux fois plus cher qu’un rotor ». C’est pourquoi Olivier Meyer propose de réaliser lui-même l’andainage à tapis sur les parcelles de ses clients, avec un tarif de lancement spécial pour cette année. À noter que la technique convient aussi bien à la récolte des prairies, que de la luzerne, ou encore des pailles de céréales ou de maïs, ou tout autre fourrage de diverses longueurs. Olivier Meyer intervient dans une zone de 20 à 30 km autour de Mussig. Vous pouvez le contacter directement au 06 10 53 91 76 ou sur eta.meyer@outlook.fr.

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