Publié le 15/03/2023
AB2F Conseil, démarre, cette campagne, les tests grandeur nature de désherbage de précision avec la technologie on/off, de coupure à la buse, et de désherbage à la plante près, grâce à des capteurs sur la rampe du pulvérisateur et/ou sur le tracteur, ou à une modélisation réalisée à partir d’images prises par des drones, en amont. Objectif : réduire encore les intrants et, donc, économiser. Le projet est audacieux, au regard du coût du matériel requis et des prestations numériques.
« Il y a quelques demandes en désherbage de précision, localisé. Cette année, nous allons y répondre », dit d’emblée Pierrick Utard, technicien services d’AB2F Conseil, qui gère les volets recherche et développement (R & D), conseil et expérimentation. AB2F Conseil, basée dans le Haut-Rhin, développe, aujourd’hui, la faisabilité et vérifie l’efficacité du désherbage de précision avec la technologie « on/off », de coupure buse à buse, et de désherbage à la plante près, grâce à des capteurs sur la rampe du pulvérisateur et/ou sur le tracteur, ou à une modélisation réalisée à partir d’images prises par des drones, en amont. « Les toutes dernières avancées permettent du désherbage de précision, hyperlocalisé, en direct, selon la présence d’adventices captées au sol ou non. La technologie « on/off » ouvre ou ferme les buses, en fonction des informations récoltées. Ces dernières peuvent aussi être remontées quelques jours avant le passage du pulvé (Amazone, NDLR). On survole, alors, la parcelle, avec un drone, qui l’analyse et détecte les adventices. On crée à partir de ces images une carte de modélisation, avec les zones à traiter ou non. Fin 2023, nous aurons les premiers résultats de nos essais grandeur nature », dévoile Pierrick Utard, pédagogue. Quelques maïsiculteurs de la plaine de Colmar se lancent, cette campagne, avec AB2F Conseil. Leur objectif est d’utiliser moins de produit phytosanitaire. « Si 75 % de la parcelle est concernée par des levées d’adventices, on ne traitera que ce pourcentage-là. On diminuera donc de 25 % l’indicateur de fréquence de traitements (IFT). Le but ultime est de réduire les charges, bien sûr, mais il est aussi technique car on traite au bon endroit, exactement, et environnemental, puisqu’on traite moins », développe le technicien services d’AB2F Conseil. Avec l’équipement adéquat AB2F Conseil travaille avec des prestataires : Aero Vision, spécialisé dans le pilotage de drones, dans le Bas-Rhin, et Abelio, basée dans le sud de la France, qui propose de manière large des solutions numériques de suivi des cultures et de gestion des intrants. Avec Aero Vision, AB2F Conseil sème déjà des couverts végétaux dans les cultures, avant leurs récoltes, et largue des trichogrammes dans le maïs. « C’est un partenaire local et historique », précise Pierrick Utard. Le technicien services d’AB2F Conseil compte deux freins au déploiement du désherbage de précision hyperlocalisé : la rentabilité de l’opération (l’intérêt économique sera à chiffrer après les premiers tests grandeur nature ; pour l’instant, il n’y a pas de référence, en Alsace) et l’équipement. « Il faut avoir un tracteur et un pulvérisateur qui communiquent, capables de gérer les cartes, donc être équipé du système Isobus. Le GPS doit aussi être performant. Et le pulvérisateur doit permettre la coupure buse par buse », détaille Pierrick Utard. Pour l’instant, les autres distributeurs alsaciens (Le Comptoir agricole, Gustave Muller, Agro 67, dans le Bas-Rhin, et la CAC, dans le Haut-Rhin) renoncent à proposer ce type de désherbage de précision à la commercialisation, invoquant les mêmes freins que Pierrick Utard. Certains ajoutent que les adventices ne levant pas toutes au même moment, plusieurs passages de pulvés devraient être envisagés, ce qui abaisserait la rentabilité de l’opération et exposerait encore plus l’agriculteur à la vindicte populaire. Aussi, ils craignent que certaines adventices ne soient pas encore captées car l’algorithme le permettant n’existerait pas encore. Ils suivent, par contre, de près, les essais réalisés ailleurs, et restent ouverts à l’éventualité d’en effectuer.












