Ambroisie
Le signalement comme moyen de lutte
Ambroisie
Publié le 24/01/2019
L’ambroisie est une espèce nuisible à deux titres : elle est envahissante et allergisante. En cas d’identification de plants d’ambroisie, il est impératif de les signaler pour coordonner la lutte contre cet organisme.
L’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia) et l’ambroisie trifide (Ambrosia trifida) sont des plantes invasives originaires d’Amérique du Nord et capables de se développer rapidement dans de nombreux milieux, que ce soient des parcelles agricoles, des bords de route, des chantiers, des friches… Une ubiquité qui explique qu’elle peut être détectée partout, aussi bien en ville qu’à la campagne. « Il n’est pas rare de trouver de l’ambroisie sous les mangeoires pour oiseaux », illustre Camille Poellen, en charge de ce dossier à la Fredon Alsace. Car l’ambroisie se développe de préférence dans des cultures de printemps, comme le tournesol. Et, lors de la récolte, les graines de tournesol dédiées à l’oisellerie peuvent être polluées par des graines d’ambroisie. « D’abord présente dans le sud de la France, l’ambroisie colonise peu à peu le nord de la France. On la retrouve surtout le long des axes de communication et le long des cours d’eau, car sa graine a la particularité de flotter », décrit Camille Poellen. Le pollen d’ambroisie, émis de fin juillet à début octobre selon les conditions météorologiques, est très allergisant : quelques grains de pollen par mètre cube d’air suffisent à provoquer de fortes réactions allergiques chez les personnes sensibles. Et l’ambroisie constitue une menace pour l’agriculture - puisqu’elle peut occasionner des pertes de rendement dans certaines cultures - et pour la biodiversité en concurrençant certains végétaux au bord des cours d’eau. Signaler l’ambroisie pour mieux la gérer Afin de renforcer la coordination des actions de prévention et de lutte contre les ambroisies, un Observatoire des ambroisies a été mis en place en juin 2011 par le ministère chargé de la Santé, en partenariat avec les ministères de l’Agriculture et de l’Écologie et le ministère de l’Intérieur. De 2011 à 2017, c’est l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) qui a piloté cet observatoire. Depuis 2017, le pilotage et l’animation de l’observatoire sont assurés par les Fredon. Et un plan de lutte a été élaboré. Celui-ci comprend notamment la désignation d’un référent ambroisie par commune, formé pour reconnaître la plante et savoir quelle procédure adopter en cas d’identification. « Ce travail de désignation des référents est en cours », indique Camille Poellen. Toutes les communes n’ont pas encore de référent. Aussi, en attendant, invite-t-elle toute personne qui suspecterait d’avoir détecté un plant d’ambroisie de le signaler sur le site www.signalement-ambroisie.fr, sur lequel il est possible d’ajouter une photo du suspect afin que des spécialistes puissent confirmer ou infirmer son identité. Autre possibilité : contacter directement la Fredon (03 88 82 18 07). Quel que soit le canal, signaler la présence d’ambroisie permet de « faire remonter l’information », donc d’avoir une meilleure vision du niveau d’infestation d’un territoire et de mieux organiser la lutte. Arracher rapidement et prudemment Pour l’instant, en Alsace, il n’y a eu aucun signalement d’ambroisie émanant du monde agricole. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas. L’année prochaine, la Fredon va donc organiser des réunions d’information à destination des agriculteurs. Techniquement, la lutte contre l’ambroisie est assez simple, il existe des méthodes de lutte chimiques et alternatives en milieu agricole. Mais en milieu urbain ou naturel ce sont des techniques plus difficiles à mettre en œuvre. Or une fois qu’un pied d’ambroisie est observé, il faut rapidement l’éliminer car il est difficile de l’éradiquer une fois qu’il est installé. La lutte passe donc par l’arrachage des plants, de préférence avant la fin juillet, c’est-à-dire avant la montée en graine et l’émission de pollen. D’une part pour éviter la diffusion de ce pollen hautement allergisant, d’autre part pour éviter la dissémination de l’espèce. Arracher la plante donc, très bien, mais pas n’importe comment : « Il faut mettre des gants, car la plante peut aussi provoquer de l’urticaire », prévient Camille Poellen. Voici la marche à suivre pour signaler les cas d'ambroisie :












