Technique

Publié le 13/03/2019

La Coopérative Agricole de Céréales lance sur le marché son nouveau service de météo connecté dédié principalement aux viticulteurs alsaciens. Un réseau de quarante stations installées de Marlenheim à Thann qui permet d'obtenir de manière très précise les données météo de sa parcelle.

Elle passerait presque inaperçue. Blanche et noire, coiffée d’un anémomètre, la nouvelle station météo de la Coopérative agricole de céréales (CAC) joue la carte de la discrétion dans la parcelle de Jean-Marie Vorburger, viticulteur à Vœgtlinshoffen. Installée le matin même par Francis Weber, le responsable marketing chez Ampelys, la marque « vignes » de la CAC, cette station n’a à première vue rien de révolutionnaire. Il existe déjà des stations météo ultra locales disposées ça et là sur le territoire. On peut les acheter, les installer et les utiliser pour ses besoins personnels. Mais à l’ère du leasing automobile ou de la télévision à la demande, la CAC a souhaité apporter une autre réponse aux besoins des viticulteurs en matière de météo : celle du service. Finie l’infrastructure qu’on installe avec ses propres deniers, et dont on doit assurer soi-même la maintenance. Place à une météo ultra locale et connectée, accessible via un simple abonnement annuel. « Face à l’intérêt des viticulteurs sur la question, on a d’abord réfléchi à la vente de stations, à l’image de ce qui existe déjà sur le marché. Et puis, on est arrivé à la conclusion que cela ne servirait à rien d’avoir des stations à des endroits mal définis », explique Francis Weber. La coopérative s’est alors mise en relation avec la société Visio-Green, spécialisée dans les solutions connectées, pour qu’elle conçoive les équipements dont elle avait besoin. Quarante stations réparties dans tout le vignoble Au total, ce sont quarante stations météo qui seront installées dans les semaines à venir le long du piémont vosgien, de Thann à Marlenheim. Elles seront disposées à des endroits bien précis, afin d’assurer le maillage le plus précis et complet du territoire. Les données collectées sont récupérées sur un serveur et consultables sur smartphone ou ordinateur via des applications dédiées. Le tout, en temps - quasi - réel avec un rafraîchissement des données toutes les cinq minutes. L’abonnement de base coûte 110 euros par an pour trois stations, et peut être étendu à davantage de stations en fonction des besoins. Il est ouvert aussi bien aux adhérents de la CAC qu’aux non adhérents, qu’ils soient viticulteurs ou non. « Tous ceux qui ont besoin d’une météo ultra locale. Les collectivités par exemple », indique Francis Weber. Chaque station enregistre la pluviométrie, la température, l’hydrométrie et le vent. Finis les déplacements inutiles Pour chaque donnée, l’utilisateur peut configurer une alerte qui l’avertira sur son smartphone. « En cas de risque de gel ou de lessivage du sol, on est immédiatement prévenu. On gagne énormément en réactivité. » Dans l’autre sens, plus besoin de se déplacer si cela n’est pas nécessaire, d’autant plus quand nos parcelles s’étendent sur un large périmètre comme en témoigne Eric Brauneisen, viticulteur à Wintzenheim. « J’ai des parcelles dans ma commune, mais aussi à Turckheim et Pfaffenheim. Couvrir un secteur aussi grand avec une seule station météo, c’est difficile. Combien de fois je me suis déplacé en pensant que je pouvais traiter pour, au final, rebrousser chemin. Avec ce réseau de stations, je n’aurai plus besoin de me déplacer pour rien. » Plus question non plus de se déplacer pour entretenir sa station ou d’effectuer une réparation en cas d’éventuelle défaillance. Toute l’infrastructure appartient à la CAC. « Nous louons un service, pas un matériel. De ce fait, le viticulteur n’a qu’à se concentrer sur ce qui l’intéresse vraiment, à savoir la donnée météo », justifie Francis Weber. La donnée, c’est un peu devenu le nerf de la guerre ces dernières années quel que soit le secteur d’activité. Elle est intimement liée à l’évolution des métiers agricoles et viticoles avec des nouveaux outils et machines dits « de précision ». Avec ces données météo ultra locales, la CAC entend apporter aux viticulteurs des préconisations de traitement contre le mildiou ou l’oïdium bien plus fines. « Et ça, ce n’est que le début de ce qu’on peut faire. Afin d’améliorer le conseil et l’accompagnement de nos adhérents, nous avons encore beaucoup d’idées pour les années à venir », annonce Emmanuel Kippelen, animateur des ventes chez Ampelys.

Publié le 07/03/2019

Du 24 au 28 février au Parc des expositions de Villepinte, le Sima a favorisé un climat d’affaires soutenu et tourné vers l’innovation. Des professionnels du monde entier se sont donné rendez-vous pour découvrir les dernières nouveautés, partager sur les enjeux du monde agricole et trouver les réponses concrètes et adaptées à leur travail au quotidien.

C’était par exemple le cas pour Lemken. L’entreprise a présenté pour la première fois ses bineuses de précision au Sima. Elle a également tenu un stand commun avec l’entreprise hollandaise Steketee, qu’elle a rachetée l’été dernier, et qui est spécialisée dans les bineuses avec un guidage par caméra développée en interne. Lemken par ailleurs a présenté toute sa gamme de matériel. À commencer par le Rubin 10, élu machine de l’année 2019 dans la catégorie travail du sol. Ce nouveau déchaumeur à disques compact garantit, même en conditions difficiles, un mélange homogène et intensif de la matière organique et du sol jusqu’à une profondeur de travail de 14 cm environ. Il permet donc de réduire sensiblement les pertes d’humidité par évaporation. En même temps, il est possible de raccorder exactement la voie de passage de l’outil avec le GPS. « Les autres nouveautés seront présentées à Agritechnica du 10 au 16 novembre 2019 à Hanovre. C’est le salon de référence pour les marques allemandes, et pour Lemken évidemment », explique Nicolas Soehnlen. De passage sur le stand, la présidente des Jeunes Agriculteurs de Sélestat, Johanna Trau, n’a pas caché sa satisfaction de pouvoir découvrir cette variété de matériels au Sima. « C’est toujours une bonne expérience de voir ce qui se fait et de découvrir les innovations de tous les constructeurs. Le Sima est une belle vitrine en la matière. Ce salon est fait pour les agriculteurs. À mes yeux, il est important de pouvoir s’y rendre. Tous les deux ans, on peut découvrir l’évolution du parc matériel, les innovations. Cela fait rêver les jeunes. » Des moments intenses Du rêve à la réalité, il n’y a qu’un pas. Il a été franchi par Élodie Gross. La jeune femme qui, le reste de l’année, participe au développement de JF Agri à Schlierbach, a été hôtesse d’accueil chez Claas pendant toute la durée du Sima. « C’est une belle expérience. En interne, nous pouvons ainsi apprendre à connaître l’ensemble du réseau Claas. On rencontre du monde. C’est ma première présence au Sima et une première pour moi à ce poste. Cela me permet de voir autre chose que la concession, de sortir. C’est intense. Une expérience professionnelle extraordinaire », se félicite la jeune femme. Un stand connecté, branché et immense, confirme Nathalie Frey, assistante marketing chez Claas Est. « Tout le monde ici est volontaire pour tenir ces postes et responsabilités pendant le Sima. Nous accueillons les clients et les invitons à découvrir toute la gamme de matériels ou à profiter d’un moment de convivialité du haut de la mezzanine de 230 m2 », ajoute Nathalie Frey. Un peu plus loin, chez le constructeur italien Maschio Gaspardo, le parc matériel est également bien mis en valeur. Les clients français sont accueillis par Romuald Colombet, inspecteur commercial du secteur Est, et Philippe Lesueur, responsable produit et développement. C’est l’occasion de découvrir le semoir monograine Chrono qui a également reçu le prix du jury. « Ce semoir monograine rapide, dont le concept avait été présenté à Agritechnica, arrive en version définitive au Sima. Il se distingue par un système de semis précis avec réglage du flux d’air pour concilier rapidité et polyvalence. Ces machines doivent répondre à la problématique des fenêtres climatiques courtes avec des surfaces à travailler toujours en augmentation », précise Romuald Colombet. Autre innovation encore sur le stand de Väderstad avec le CrossCuter Disc. Il ouvre de nouveaux champs de possibilités pour un travail du sol efficace et des résultats optimaux quelles que soient les conditions de travail. Il se distingue par ses performances sur chaumes de colza et dans les couverts végétaux, tout en offrant de très bons résultats sur chaumes de céréales et en terres labourées.

Publié le 07/03/2019

Avec 38 machines exposées, difficile de passer à côté du stand Kuhn au Sima. Y flâner, c’est prendre la mesure de la révolution technologique que connaît le machinisme agricole : sur les 38 machines, 20 nouveautés, et 53 % de services et produits qui n’existaient pas il y a deux ans. Exemples.

À partir de l’automne 2019, la nouvelle gamme de charrues Vari-Master L sera commercialisée, équipée du dispositif Smart Ploughing, qui offre la possibilité de relever chaque corps individuellement. La géolocalisation de la charrue permet d’automatiser les entrées et les sorties de raies afin d’obtenir un travail homogène et répétable quelles que soient les conditions de travail et la forme de la parcelle. Jean-Marc Debien, responsable marketing chez Kuhn, liste les bénéfices de cette innovation : « 100 % des résidus et des adventices sont enfouis sur l’intégralité de la parcelle, les fourrières sont rectilignes, ce qui permet d’effectuer une reprise de fourrière sans faire relever d’adventice et sans perdre de vitesse dans une zone qui est moins chaotique qu’avec une charrue classique. C’est aussi une source de gain de temps et de confort de travail pour le chauffeur. » Semez à la mode de chez vous Côté semoirs, le Maxima 3 est un outil électrique polyvalent grâce à de nouveaux châssis télescopiques indexables qui permettent d’aller de 37,5 à 75 cm d’écartement. L’entrecroisement de cinq poutres assure robustesse et rigidité. L’interchangeabilité des écartements s’effectue en quelques minutes grâce à un système de goupilles. Une génératrice et quatre batteries rendent l’outil indépendant du tracteur. Compatible Isobus, le semoir est réglable depuis un terminal en cabine. Et, pour plus de réactivité, les informations sont diffusées rang par rang grâce à un moteur et un calculateur par élément. Autre semoir polyvalent, l’Aurock a été développé pour répondre aux exigences liées aux semis simplifiés, voire directs. La barre de semis aux réglages simplifiés et la tête de répartition équipée du système de clapets Vistaflow permettent de faire des semis un rang sur deux, de mélanger de l’engrais à la semence au niveau du soc… En matière de fertilisation, Kuhn a lancé l’EMC (Electronic Massflow Control), qui permet de réguler le débit à gauche et à droite sur chaque disque, chaque seconde de manière entièrement indépendante, il y a 20 ans. Depuis, de nombreuses évolutions ont été apportées pour adapter l’EMC à toute la gamme de distributeurs d’engrais, notamment des machines avec entraînement par prise de force. « Le remplacement de vérins électriques par des moteurs SpeedServo, totalement intégrés et étanches, à raison de quatre moteurs par disque assure une variation de dose instantanée », note Vincent Gérard, responsable produit fertilisation et électronique. Pratique pour le pilotage des dosages à partir d’une carte de modulation, Pulvérisation en dentelle Le pulvérisateur Kuhn Metris 2 a été élu machine de l’année au Sima 2019. Une distinction que l’engin doit notamment au système Autospray, développé pour maintenir la qualité d’application tout au long du traitement, notamment la taille des gouttelettes, que l’agriculteur aura renseignée en même temps que les consignes de dosage au préalable (lire aussi en page 27 de notre n° 7 du 15 février 2019). « En fonction de la nature du traitement, couverture, systémique, on choisit des tailles de gouttes plus ou moins fines. Et s’il y a un risque de dérive, il s’agit d’en augmenter la taille », précise Luc Monville, responsable produit pulvérisateurs portés. Le système Autospray repose sur la technologie Pulse width modulation (PWM), qui permet de dissocier la pression de pulvérisation du débit de la buse. Pour cela, le flux de pulvérisation est fractionné en 20 micropulsations par seconde (20 Hertz), et le système pilote le temps d’ouverture des micropulsations. « Cela permet de maintenir la qualité de pulvérisation, y compris en cas de modulation de dose, tronçon par tronçon, voire buse par buse », poursuit Luc Monville. Le système sera disponible sur les pulvérisateurs haut de gamme en priorité, puis sur l’ensemble de la gamme à partir de 2020. Avec I-Spray, Kuhn va encore plus loin dans la précision de la pulvérisation puisque cette technologie, développée en partenariat avec Carbon Bee, vise à n’activer les buses qu’en présence d’adventices, ce qui requiert d’élaborer un système de reconnaissance d’adventices dans les cultures, et même de distinguer les différentes familles d’adventices puisque l’objectif recherché est à la fois de réduire la consommation de produits phytosanitaires de 50 à 80 % et de mieux cibler les familles d’adventices afin de diminuer le risque d’apparition de résistance. Si les premiers résultats sont prometteurs, Luc Monville précise qu’il s’agit d’un axe de recherche et n’avance pas encore de date de commercialisation. Enfin, côté récolte du fourrage, Valentin Ribes, spécialiste des presses, présente la presse haute densité LSB1290ID, pour Intelligent Density, équipée d’un double piston TwinPack, qui démultiplie la force de pressage donc assure un pressage de qualité à un coût limité : « Avec cette presse, il n’y a pas besoin d’un tracteur très puissant ni d’une consommation de carburant élevée pour obtenir une bonne qualité de pressage », décrit-il. Autres atouts de cette presse : sa simplicité d’entretien, grâce à une lubrification automatique en continu, ses nombreux équipements visant à améliorer la sécurité d’utilisation, son pilotage 100 % Isobus et son débit d’alimentation élevé. Des applis pour piloter les outils Toutes ces innovations ne seraient rien sans la technologie qui permet de les piloter, et notamment un terminal performant. C’est à cette fin que Kuhn propose le terminal Isobus CCI 1200, qui permet de visualiser toutes les informations en un seul coup d’œil, de gérer jusqu’à quatre cartes de modulation… Et la technologie c’est bien, mais à force d’en mettre à toutes sauces, les agriculteurs risquent d’y perdre leur latin. Kuhn en est conscient et développe en parallèle des outils destinés à faciliter la prise en main et la gestion quotidienne de tout cet attirail. Il y a par exemple MyKuhn, un espace client avec une partie support, disponible sur internet en attendant l’application et qui, entre autres fonctionnalités, permet de commander facilement des pièces de rechange. Il y a aussi EasyTransfer, un outil pour transférer facilement des données, comme des cartes de modulation, vers le terminal CCI. Et il y a aussi Stafit, un système de localisation et de suivi des déplacements des machines, capable de faire la différence entre les déplacements sur route et au champ, de cumuler les heures de travail. Ou encore Instacker, qui cumule les heures de travail de la machine et envoie des notifications à l’agriculteur lorsqu’arrive le moment de réaliser une opération d’entretien. Enfin, last but not least, Redvista, une application smartphone utilisant la technologie de la réalité augmentée pour aider les utilisateurs à effectuer l’entretien des outils. Il lui suffit de scanner le QRcode apposé sur la machine, et l’application l’identifie, et fait apparaître une image où les différents points de réglages et d’entretien sont localisés et détaillés. Voilà de quoi piloter les outils Kuhn. Mais si chaque constructeur développe ses propres outils. L’agriculteur en bout de chaîne risque de se perdre dans un dédale d’applications, plateformes et autres espaces privés. L’idéal, pour l’utilisateur, serait de regrouper toutes ces applications en une. Ou du moins en quelques-unes. C’est dans cet objectif que Kuhn a intégré NextFraming, un consortium qui regroupe des fabricants de machines agricoles et des fabricants de logiciels agricoles et qui travaille à l’élaboration d’un logiciel de gestion des données des machines indépendant du fabricant.

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