La filière poulet label rouge continue à se développer en Alsace, mais aussi en Moselle où les premières bandes de poulets cou nu noirs sont sorties récemment. Une quarantaine d’éleveurs a assisté dernièrement à la réunion technique annuelle organisée par Lorial à Dorlisheim.
Pour la deuxième année consécutive, des éleveurs mosellans assistaient à la réunion technique annuelle organisée par Lorial au restaurant de la ferme Maurer à Dorlisheim. Une quarantaine d’éleveurs alsaciens et mosellans ont pris part à cette réunion, axée sur la présentation des résultats technico-économiques de l’année précédente.
Lorial, qui possède deux sites de production dans le Grand Est (Molsheim dans le Bas-Rhin et Sorcy dans la Meuse), assure le suivi technique des éleveurs de poulets label, auxquels elle fournit également les aliments. L’entreprise a dû faire face, en 2018, à un renchérissement du coût des matières premières en raison de la sécheresse notamment, a expliqué Rémy Foret, responsable des monogastriques chez Lorial. Le surcoût se chiffrait à 6,6 % sur l’ensemble des matières premières entre janvier 2018 et janvier 2019.
Du poulet local pour la filière locale
La filière poulet label rouge se développe depuis quelques années dans la région en réponse à la demande de l’abattoir Siebert, dont les ventes sont en progression. Ce développement se traduit par des plannings de mise en place très serrés pour le poulet blanc, qui constitue « le cœur historique » de la production, indique Mario Troestler, responsable des productions avicoles chair chez Lorial. Mais aussi par le lancement de nouveautés telles que le poulet jaune, très demandé par les consommateurs du Grand Est et à l’export, et le poulet noir, pour l’instant cantonné aux élevages de Moselle. « Alors que le poulet label stagne ailleurs, notre poulet local pour la filière locale se porte bien », relève Mario Troestler.
S’agissant de poulets sous signe de qualité, ils doivent respecter un certain nombre de critères figurant au cahier des charges : l’âge minimum d’abattage, par exemple, est fixé à 84 jours pour le poulet blanc et à 81 jours pour le cou nu jaune et le cou nu noir. Sur les trois quarts de la production suivis en gestion technico-économique en 2018, l’âge réel d’abattage était compris entre 84 et 85 jours pour le poulet blanc et à 83 jours pour le poulet jaune, ce qui témoigne d’une demande soutenue. Pour les poulets blancs, la mortalité était en hausse, bien qu’il n’y ait pas eu de problème sanitaire particulier. Le poids était supérieur au poids de référence et en hausse par rapport à 2017 : il s’établissait à 2,314 kg à 84 jours. Cette hausse du poids est liée à l’amélioration génétique des animaux, indique Mario Troestler, précisant qu’il va falloir jouer sur l’alimentation pour le maîtriser. Réduire la quantité d’aliments distribués au démarrage semble être la piste la plus pertinente pour avoir des animaux moins lourds à quatre semaines. L’indice de consommation, en baisse de 0,4 point, était de 3,01. Autrement dit, pour produire 1 kg de poulet blanc, il a fallu 3,01 kg d’aliment.
Les jaunes plus nerveux et moins gourmands
Pour les poulets jaunes, dont les premières bandes sont sorties en mai 2018, les performances technico-économiques ont été enregistrées et comparées à celles des poulets blancs de juillet à décembre 2018. Le poids - ramené à 84 jours - était de 2,23 kg, avec des variations sensibles entre l’été, où le poulet jaune mange nettement moins, et l’hiver. Le gain moyen quotidien (GMQ) était légèrement supérieur à celui du poulet blanc et l’indice de consommation (2,98) était comparable. « Globalement, les jaunes sont plus nerveux, plus vifs », constate Mario Troestler, qui s’interroge sur la possibilité de leur donner des miettes toute l’année pour stimuler leur appétit.
La marge poussin-aliment (MPA), critère économique largement utilisé dans la filière, est très voisine en poulets blancs et jaunes. « C’est une bonne année, dans la continuité des deux trois dernières années », commente Mario Troestler. La MPA est en hausse de 2 ct/kg par rapport à 2017 pour le poulet blanc, ce qui s’explique par l’amélioration de l’indice de consommation et du taux de saisie. La MPA par m2 et par an progresse également, ce qui s’explique par l’augmentation des rotations, qui génère aussi plus de travail pour les éleveurs.
Cette hausse de la MPA, finalement, ne fait que compenser le renchérissement des coûts du bâtiment, de l’énergie et de la prophylaxie, mais elle n’améliore pas la marge de l’éleveur qui reste stable. « Il faut trois bâtiments aujourd’hui pour gagner la même chose qu’avec deux bâtiments il y a quinze ans », constate le représentant de Lorial.