Technique

Publié le 07/03/2019

Le Salon international du machinisme agricole (Sima) a refermé ses portes jeudi 28 février. Que de poignées de mains, de sourires, de contacts échangés. Que d’informations collectées. Que d’affaires conclues. Le Sima c’est l’occasion de faire du business en toute convivialité. Car le monde, agricole en particulier, a beau devenir high-tech, les - bonnes - relations humaines, ça change tout.

Le fabricant indien de pneus BKT est un des principaux sponsors du Salon international du machinisme agricole (Sima) depuis plusieurs éditions. Les visuels publicitaires de la marque émaillent les entrées des différents halls. Et la marque dispose d’un stand aux dimensions confortables, très prisé pour ses démonstrations de virtuosité footballistique. Car en plus d’être le sponsor du Sima, BKT est le sponsor de la Coupe de la Ligue, qui est carrément devenue la Coupe de la Ligue BKT. Mardi 26 février, Alison Bertieux et Mickaël Chatelain, de la société Agriest, importateur officiel pour le marché français des pneus BKT, avaient rendez-vous avec un de leur client alsacien, la société Alsagri d’Hilsenheim, sur le stand BKT. L’occasion d’échanger quelques mots avec Arvind Poddar, président de BKT. Il souligne l’importance, pour eux, de ce « show » auquel ils participent depuis les années 1980, avec un stand toujours plus important. Car le marché européen, et en particulier français, est important pour BKT et fabricant indien souhaite le développer. Cette année, pas de nouveauté à présenter pour BKT. Mais la tendance à l’augmentation de la taille des outils ne s’inversant pas, l’importance de la qualité des pneumatiques persiste. Et BKT propose plusieurs technologies pour préserver les sols agricoles. La technologie IF (Important Flexion), qui assure une réduction de 25 % de la pression exercée sur le sol à charge utile équivalente. Et la technologie VF qui permet d’atteindre une réduction de 40 % de la pression exercée sur le sol à charge utile équivalente. « Augmenter la productivité agricole est une bonne chose, mais il faut le faire durablement », conclut Arvind Poddar, avant de poser pour la photo et d’enchaîner avec son rendez-vous suivant. Cette année, le constructeur allemand Amazone a été récompensé d’une médaille de bronze aux Sima Innovation Awards pour la technologie WindControl, un système de mesure et de compensation des effets du vent sur la répartition de l’engrais par les épandeurs ZA-TS. « Il s’agit d’une espèce d’anémomètre électronique qui mesure la force et la direction du vent afin d’ajuster la nappe d’épandage en temps réel pour maintenir sa régularité », décrit Cédric Meintzer. En outre, la technologie WindControl peut venir en appui d’une autre innovation, l’Argus Twin, constitué de sept capteurs par disque d’épandage, qui mesurent la nappe d’épandage afin de corriger le point de dépose pour rester dans l’optimum en cas de défaut. Ces épandeurs d’engrais sont pilotables à partir du nouveau boîtier Isobus électronique, entièrement développé par Amazone, avec des touches et un écran tactile de grande taille, décrit Cédric Meintzer. Des outils connectés chez Beiser Beiser avait également glané une médaille de bronze aux Sima Innovation Awards cette année avec Fourrage Lib, un râtelier mobile connecté permettant de suivre l’évolution du stock de fourrage. Une innovation présentée sur un stand amputé de 300 m2 par rapport à l’édition précédente, mais optimisé. « Le marché est difficile, justifie Bernard Cogniel, de nombreux exposants ont réduit la taille de leur stand. » Pour expliquer la tendance atone du marché, il avance les difficultés de trésorerie des agriculteurs, « dont les productions ne sont pas payées à leur juste valeur ». Dans ce contexte, les facilités de paiement proposées par l’entreprise alsacienne - jusqu’à 11 échéances à taux zéro - lui permettent de tirer son épingle du jeu : « Ça s’apparente à une avance de trésorerie », compare Bernard Cogniel. L’ancien dirigeant, qui a confié les rênes de l’entreprise à sa fille Nathalie mais qui y garde un pied, décrit : « Nous sommes actuellement en pleine réflexion pour proposer des produits connectés et rester parmi les moins chers sur le marché, tout en continuant à proposer des facilités de livraison et de paiement. » Et ça commence à fonctionner, puisqu’en plus du râtelier connecté, Beiser présentait aussi une citerne connectée. Prochaine innovation, Beiser travaille actuellement à l’élaboration d’un système de pesée connectée… À suivre. La société MRA, située à Hatten, est importatrice exclusive en Alsace des marques Poluzzi (chenilles), Krampe (bennes) et Geringhoff. Le fabricant de matériel de récolte présentait une coupe à tapis équipée d’une soufflerie d’air baptisée IAS pour Integrated System. La soufflerie, placée devant la coupe, permet de rattraper des grains, notamment les petites graines, comme celles de colza. Et donc de réduire les pertes de grains devant la coupe. En outre, comme elle est associée à une coupe à tapis qui alimente régulièrement la machine, le rendement est amélioré. Pas de grande nouveauté du côté de chez Krampe, mais la qualité reste au rendez-vous malgré tout : « Ce sont des bennes haut de gamme, elles sont moins tirantes, grâce à leur conception compacte, donc la consommation de gasoil est réduite », décrit Daniel Humbert. À noter que MRA a conclu un partenariat avec SoucyTrack, un constructeur canadien de chenilles en caoutchouc pour lequel MRA devient le distributeur exclusif en France. Moisson de médailles pour Claas Bonne moisson pour Claas lors des Sima Innovation 2019, avec une médaille d’or pour l’ensileuse Jaguar 960 Terra Trac à chenilles suspendues, et une médaille de bronze pour la coupe à tapis flexible Convio Flex. La Jaguar 960 Terra Trac est « la première ensileuse équipée d’usine de chenilles », souligne Guillaume Feys, chef de produits récolte chez Claas. Le terme Terra Trac désigne d’ailleurs les chenilles, qui peuvent équiper les moissonneuses Claas depuis 20 ans afin de limiter le tassement du sol infligé par des machines de plus en plus lourdes. Autre avantage de cette ensileuse, son gabarit routier qui permet de se déplacer facilement et de la charger sur un camion. « Notre chenille Terra Trac avait déjà été médaillée », précise Guillaume Feys. Cette fois, l’innovation primée, c’est le système de relevage avant des chenilles en bout de parcelle pour éviter l’arrachement de matières dans les demi-tours. La limitation de l’agressivité des chenilles sur la couche végétale rend cette ensileuse particulièrement adaptée aux chantiers d’ensilage d’herbe. Concrètement, la partie avant des chenilles se soulève automatiquement dès que le chauffeur relève le pick-up. Pour pouvoir intégrer ce système, le châssis a dû être rallongé, ce qui présente l’avantage de faciliter la maintenance de l’ensileuse. Autre particularité : elle est équipée d’un système de télégonflage des pneus arrière, qui permet de passer rapidement d’une pression définie pour rouler au champ à une pression arrêtée pour rouler sur route, et inversement. Le premier exemplaire de l’ensileuse Jaguar 960 Terra Trac a été vendu en Bretagne. Grâce à son tapis, qui peut passer du mode rigide au mode flexible, la coupe Convio Flex est particulièrement polyvalente puisqu’elle peut récolter aussi bien du maïs que du soja : « Le mode rigide, avec un grand tapis plat, est adapté à la récolte des céréales. Le mode flexible est adapté à des cultures comme le soja, puisqu’il permet d’épouser les irrégularités du terrain », précise Guillaume Feys.

Publié le 02/03/2019

Du dimanche 24 au jeudi 28 février, le salon des fournisseurs de l’agriculture et de l’élevage, qui se tient tous les deux ans au Parc des expositions de Paris-Villepinte, a été un rendez-vous incontournable pour les acteurs du secteur. Les concessionnaires et professionnels alsaciens étaient présents en nombre.

Le Sima est ouvert uniquement aux professionnels de l’agriculture, aux étudiants du métier, aux partenaires du monde agricole. Cette 78e édition a été fidèle à sa réputation. 40 pays étaient représentés. Les entreprises françaises étaient au rendez-vous, tout comme de nombreux concessionnaires et professionnels originaires de toute l’Alsace et de la région Grand Est. C’est par exemple le cas du constructeur autrichien Pöttinger, dont le siège français est au Bonhomme, dans le Haut-Rhin. L’entreprise a présenté à Villepinte ses nouveautés et ses réussites. Parmi ces dernières, la combinaison de fauche de grande largeur avec regroupeur d’andains innovant à vis sans fin, le Novacat A10 ED Cross Flow. Une nouveauté récompensée lors de ce Sima par le prix de la machine de l’année 2019 dans la catégorie des faucheuses. « Il s’agit d’une machine certifiée, qui tourne déjà en Alsace, à l’aéroport de Colmar notamment. Elle permet un travail de qualité et un gain de temps. Ce prix a été attribué par les journalistes professionnels réunis pour Terre-net. De telles récompenses apportent une notoriété supplémentaire et la reconnaissance de la valeur ajoutée de la machine », précise Pierre Reymann, responsable marketing de Pöttinger France depuis novembre 2018. Faucheuse à disques Un peu plus loin, Olivier Viriot est présent pour promouvoir les produits du groupe Argo, et notamment ceux de Fella. À commencer par la nouvelle faucheuse à disques Ramos 2650 TLX avec conditionneur à rouleaux (RC). Elle existe également en versions 3160 et 3170. Ces faucheuses se replient par vérins hydrauliques verticalement au centre de gravité de la machine et sont amenées en position finale en douceur grâce à un amortissement. La répartition égale du poids sur les bras inférieurs et l’essieu garantit une maniabilité et une stabilité plus élevées pendant les déplacements sur route. La position de transport compacte permet des hauteurs basses de passage. « Le Sima, il faut y être. C’est une vitrine qui nous permet de rencontrer nos clients », raconte Olivier Viriot. Précisément. Il reçoit à cet instant la visite de Dominique Meyer, de Sermersheim, et de Christian Ringeisen, de Westhouse dans le Bas-Rhin. Le premier est agriculteur. « Je suis céréalier, éleveur et je fais de la production de plante grasse pour végétaliser les toitures. Cela fait quelques années que je n’étais plus venu au Sima. Mais, nous avons peut-être dans les mois qui viennent des achats à faire. Ici, toutes les marques sont là. C’est l’occasion de s’informer et de comparer les produits », explique le professionnel. Nouvelles technologies Dans un monde qui est en mouvement, les entreprises s’adaptent. Les nouvelles technologies arrivent. Sur de nombreux stands, un espace leur a été dédié. Chez Massey Ferguson, ce dernier est important. « Nous avons évolué dans notre politique commerciale. Nous ne distribuons plus de brochures, de papiers. Sur des salons comme le Sima, nous présentons nos produits principaux, mais également une large partie de la gamme par le biais de la réalité virtuelle. Nous utilisons des casques et des simulateurs. Nous jugeons que c’est cela l’avenir. Il est également possible de scanner nos produits sur Google Cards. Il y a ici la possibilité de faire le tour de la cabine en 3D. Et nous comptons aller encore plus loin à l’avenir », affirme Félix Huart, responsable commercial tracteur chez Massey Ferguson pour l’est de la France. Pour cette édition, les premières personnes intéressées sont les plus jeunes, souvent des mineurs. « C’est aujourd’hui la limite à de tels produits. Mais, ce sont aussi des futurs exploitants », ajoute Félix Huart. Leurs « aînés », eux, se retrouvent devant les nouveautés. Massey Ferguson a profité du Sima pour compléter sa série 7700 et dévoiler le nouveau 7719S. Dans la gamme, ce tracteur se positionne comme le plus gros des modèles à petit châssis. Il développe 190 ch et sa puissance peut atteindre 220 ch avec le boost. Le 7719S est uniquement disponible en version à variation continue Dyna-VT. Il a été élu matériel de l’année 2019 dans la catégorie « machine ». De l’humain Les nouvelles technologies sont une chose, les relations directes en sont une autre. C’est ce que privilégie Pascal Trompeter, responsable de l’entreprise familiale bien connue à Artzenheim. Le Sima lui a permis de retrouver le directeur de l’entreprise Somac dont le siège est situé dans un petit village de l’Aisne. Les deux entreprises travaillent ensemble depuis plus de 30 ans. « Nous sommes les spécialistes de l’adhérence concernant les mani-roues, les jumelages, les jantes ou encore les roues sans-traces. Nous faisons du « sur-mesure », jamais des équipements de série. Nous étions présents aux récentes portes ouvertes de la société Trompeter. Nos relations sont professionnelles et amicales », se félicite Jean-Louis Bonnaire, directeur de Somac. Pascal Trompeter est du même avis. « Avant la pose, il faut connaître les rapports mécaniques. Tout cela, c’est de la technique, mais également de l’humain. Ici, nous sommes sur un stand où l’on peut montrer ce que l’on fait et échanger en toute simplicité ». Les deux hommes discutent avec Claude Schmitt et son fils, Guillaume, de Mussig dans le Bas-Rhin. « Nous faisons des légumes de plein champs. Nous avons besoin d’un matériel robuste. Le Sima, c’est l’occasion de découvrir les nouveautés et d’échanger avec nos vendeurs », précise Claude Schmitt. Opération de communication Pour le Crédit Agricole Alsace Vosges, le Sima est également l’occasion de communiquer. « Nous avons invité tous les concessionnaires d’Alsace et des Vosges pour partager sur notre stand un moment de convivialité », annonce Michel Freyss, responsable du marché agricole pour le groupe bancaire. Mardi 26 février, à l’heure du déjeuner, ils étaient donc plusieurs centaines à se retrouver pour rencontrer les salariés présents du Crédit Agricole. Une large gamme Issue d’une forge de village en Allemagne, la société Strautmann s’est développée pour devenir, 85 ans plus tard, l’un des leaders dans le domaine du machinisme agricole. Aujourd’hui, elle construit, sur trois sites de production, une large gamme de produits issue des techniques d’affouragement et de transport et vend ses machines pratiquement dans le monde entier. « Je suis chargé de promouvoir ce matériel dans le Grand Est notamment. En Alsace, deux autochargeuses et un épandeur font leur preuve », observe Jordan Hittinger, technico-commercial depuis décembre pour l’entreprise. Mardi 26 février, il a reçu la visite de Claude Nass, agriculteur à Gommersdorf, venu avec des amis du Sundgau. « Hier, nous étions au Salon international de l’agriculture, aujourd’hui au Sima. Nous venons voir les nouveautés et nous informer. Ce que je constate, c’est cette forte présence de matériels qui viennent de nombreux et lointains pays et que l’on connaît peu. »

Nouvelle tireuse à sarment de Provitis

Une innovation pleine de promesses

Publié le 21/02/2019

Mardi, la société Provitis a présenté sa nouvelle tireuse à sarment capable de tirer les bois par le bas. En reproduisant le geste humain, cette innovation a comme ambition de soustraire une tâche « très pénible » aux viticulteurs.

Un hectare, une semaine, un homme. Actuellement, le tirage des sarments dans les parcelles de vigne est surtout synonyme de travail long, répétitif, pénible et parfois dangereux. Avec la dernière innovation de la société Provitis, cette image appartiendra peut-être bientôt au passé. Mardi dernier, elle a présenté sa dernière tireuse à sarment capable d’extraire les bois par le bas, à l’image de ce qui est fait manuellement. Une innovation manifestement très attendue au vu de la multitude des viticulteurs venue assister à cette démonstration sur les hauteurs de Beblenheim mardi dernier. La machine est une évolution de la tireuse à sarment VSE 230 que Provitis a lancé sur le marché il y a cinq ans. Celle-ci s’appuyait sur un concept imaginé par Jean-Yves Dezé, vigneron du Val de Loire : l’extraction des sarments par le côté plutôt que par le haut. Une machine brevetée qui a séduit plus de 200 viticulteurs à travers le monde. Celle-ci présente néanmoins l’inconvénient de n’être utilisable que dans certaines conditions. « Quand l’implantation des fils est trop rapprochée, le bois n’a pas assez de place pour se plier et ne peut donc être extrait par le côté. C’est à partir de ce constat que nous avons réfléchi à un autre procédé permettant de mécaniser le tirage des sarments dans davantage de situations », explique le gérant de Provitis, Didier Andelfinger. Et quoi de mieux que d’essayer de reproduire la main humaine sans les contraintes qui vont avec ? Après deux ans d’essais, c’est ce que Provitis est capable de mettre en avant aujourd’hui avec sa nouvelle tireuse à sarment, chiffres à l’appui. « Avec cette machine, on peut couvrir sept hectares en une semaine à deux personnes. L’une conduit et l’autre enlève les quelques bois qui restent accrochés », indique Didier Andelfinger. Autre chiffre mis en avant : quarante heures. C’est le temps de travail économisé par des clients de Provitis sur la taille et l’arrachage du bois grâce à l’utilisation de cette tireuse à sarments. Des tâches qui leur prennent habituellement une centaine d’heures. Adaptée pour la taille en arcure Si le gain de temps de travail est notable, le gain de confort pour le viticulteur l’est tout autant. « Le tirage des sarments est un travail très fatigant, voire dangereux avec les baguettes qui peuvent heurter le visage. Sans compter les problèmes articulaires que cela peut engendrer sur le long terme. Avec cette nouvelle machine, on enlève une tâche très pénible au vigneron », souligne Didier Andelfinger. Finies en effet les contraintes des tireuses à sarment dont l’extraction se fait par le haut. Dans ce cas-là, la taille préparatoire est plus longue pour éviter les fourches que forme la liaison entre rameau et guyot. « Avec le tirage par le bas, les fourches n’existent plus. Le temps de préparation est fortement réduit. » Cette nouvelle tireuse à sarment Provitis est vraiment adaptée pour la taille en arcure. « Le liage se limite au fait de poser la baguette contre le fil d’arcure et le fil de tête », ajoute Didier Andelfinger. Déjà présentée « officieusement » à l’état de prototype l’an passé, la nouvelle tireuse à sarment de Provitis est désormais proche d’une version commercialisable. « En tout cas, nous sommes arrivés à un résultat que l’on peut vendre. Il reste juste des travaux d’optimisation à faire avant de pouvoir industrialiser la fabrication de la machine » Une première présérie est prévue pour 2020. La commercialisation à plus grande échelle est prévue par la suite. Elle sera visible à la prochaine Foire aux vins de Colmar et au Sitevi qui aura lieu du 26 au 28 novembre prochain à Montpellier.

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