Vie professionnelle

Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin

« On veut des fermes, non des firmes ! »

Publié le 14/02/2018

Prix de produits, communication, labels de qualité, dossiers environnementaux… En 2018, les JA du Haut-Rhin auront une fois encore beaucoup de travail pour défendre les intérêts de leur métier et pour accompagner les jeunes désireux de s’installer malgré le « chaos ambiant ».

Des images valent bien souvent mieux qu’un long discours, surtout quand il s’agit d’illustrer le rôle et l’utilité du syndicat Jeunes Agriculteurs pour la défense du métier et des producteurs. C’est dans cet esprit que les JA du Haut-Rhin ont souhaité démarrer leur dernière assemblée générale organisée le 8 février au lycée agricole de Rouffach. Après les salutations d’usage, ils ont diffusé une vidéo « 100 % fait maison » intitulée « JA 68 : si tu n’existais pas ». Plus de vingt minutes découpées en plusieurs saynètes, chacune abordant un thème particulier : communication, Pac, préservation du foncier agricole, rôle et intérêt des signes de qualité, nécessité d’avoir un parcours à l’installation qui soit attractif. Avec des dialogues parfois ponctués d’un zeste d’humour, les Jeunes Agriculteurs - et acteurs pour le coup - ont une nouvelle fois innové pour faire passer leur message. Comme le fait remarquer Jérémy Pflieger, vice-président des JA 68, cela fait cinq ans que la communication est devenue un axe majeur de la stratégie du syndicat. « Avec un succès jamais démenti, nous avons organisé de nombreuses opérations d’affichage au bord des routes, créé des événements tels que la JA’s Day et l’Afterwork paysan, le tout en conservant nos traditionnelles fermes ouvertes, opérations Sourire et Tellus, et bien sûr notre finale de labour. » Continuer à être « moteur » sur l’environnement Et ce n’est pas fini. Pendant les deux prochaines années, le nouveau conseil d’administration des JA 68 et son nouveau président, Ange Loing, entendent bien poursuivre cette dynamique de l’innovation. La création d’un label permettant à tous les producteurs de s’identifier et de valoriser leurs produits est ainsi à l’étude. « Nous voulons pouvoir vendre nos produits sous un sigle qui appartiendra entièrement à la profession. Notre image est à nous, et son bénéfice doit nous revenir », estime Jérémy Pflieger. Cette volonté d’innovation restera au cœur de la ligne directrice des JA du Haut-Rhin et de son nouveau président (voir encadré) lors des deux prochaines années. La nouvelle équipe entend bien évidemment rester mobilisée sur le dossier de l’installation et la transmission des exploitations. « Si nous voulons permettre un renouvellement des générations en agriculture fluide, sur des exploitations viables et vivables pour les jeunes, il est primordial que le prix du foncier et des structures agricoles restent raisonnables et encadrés. C’est vital si nous ne voulons pas laisser échapper notre agriculture vers des investisseurs, notamment étrangers. Nous voulons des fermes, pas des firmes ! », prévient Jérémy Pflieger. Autre chantier que les JA du Haut-Rhin comptent bien investir au cours des deux prochaines années, celui de l’environnement. Une thématique également mise en avant lors de l’assemblée générale de la FDSEA 68. « Nous pourrons travailler ensemble sur ce sujet, et ça, c’est fantastique ! Les paysages français sont parmi les plus beaux du monde, ce n’est pas le fruit du hasard. Depuis toujours, les agriculteurs protègent leurs terres et donc la nature. Nous continuerons à être moteurs en matière environnementale. » « Monter en gamme ? Pour qui ? » Reste à savoir avec quels prix ? Dans le lait, les céréales ou la viande, la question du prix payé au producteur reste une donnée problématique. Les États Généraux de l’Alimentation (EGA) qui se sont déroulés en 2017 devaient enfin faire évoluer la donne. Bilan de plusieurs mois de consultations, de discussions et rencontres : la nécessité d’avoir des prix rémunérateurs pour les producteurs. « Chouette, on avance ! » taquine le président sortant des JA du Haut-Rhin, Christophe Bitsch. « Des prix rémunérateurs sur le marché intérieur, c’est déjà ça ! Mais cela ne suffit pas. » Qu’en est-il en effet de la partie exportée ? La France ayant toujours eu une tradition exportatrice en matière de produits agricoles, la question soulevée par Christophe Bitsch se veut pertinente. « En résumé, les EGA, c’est bien, mais peut mieux faire. Il nous faut surtout des actes derrière les mots. Vite, des prix pour nos produits ! » Mais quels produits ? Là encore, Christophe Bitsch s’interroge. « Il paraît que l’on doit monter en gamme. Sûrement une idée de bobos franciliens, car tous les produits agricoles français sont haut de gamme. Ils n’arrivent pas à être d’accord sur ce que doit être une agriculture haut de gamme. Tantôt bio, tantôt raisonnée, tantôt conventionnelle… Notre agriculture française n’est rien de tout cela. Elle est juste belle, car multiple et complémentaire ! » Et puis à qui s’adresserait cette fameuse « montée en gamme » ? « Pour ceux qui se battent pour du Nutella à 1,40 € le pot ? On devrait monter en gamme alors qu’une partie de notre population se paupérise et n’a que le Nutella à 1,40 € à offrir à ses enfants comme petit plaisir ? À moins que l’on doive monter en gamme pour les bobos peut-être ? Ceux-là même qui sont en grande partie contaminés par les sectes abolitionnistes de type L214 ou 269 Life. Ces PME anti-élevage sont à vomir. Elles mentent, utilisent des méthodes sectaires, et coupent ceux qui les rejoignent de toute réalité. » Christophe Bitsch poursuit sa diatribe en pointant du doigt les « fakes news » utilisées par la Mairie de Paris pour expliquer les récentes inondations qui ont touché la capitale. « D’après elle, ce serait dû à l’agriculture ! C’est la meilleure blague de ce début d’année ! Mais si on nous laissait entretenir fossés, cours d’eau, drainages comme nous savons si bien le faire, nous pourrions au moins limiter l’impact des crues. C’est du bon sens paysan, tout simplement ! » Dans ce « chaos ambiant », l’installation d’un jeune agriculteur est devenue « un vrai défi » aujourd’hui. Heureusement pour les JA du Haut-Rhin, l’Administration départementale et la Région Grand Est restent « d’excellents partenaires ». « Heureusement ! Car il va falloir énormément de souplesse dans l’application des textes de loi, notamment en termes de suivi des installations. »

Fdsea, ses actions

À chacun sa route

Publié le 12/02/2018

Il y a quelques jours, nous avons tous été bercés par cette magnifique lune, si magnifique qu’elle a ouvert la route aux pensées les plus individualistes. Neige, un mélodrame version bobo. On reprend les mêmes faits et on recommence la polémique car on adore cela en France. Sauf à être dans la lune, l’épisode neigeux de ce mardi a clairement été annoncé et en la matière, chacune et chacun aurait dû comprendre qu’il est préférable de rester chez soi ! Certes, la communication n’a peut-être pas été à la hauteur, mais ces messieurs et mesdames de la météo nous avaient tous prévenus. Résultat, en région parisienne, on se croit tellement seul, voire invincible, qu’on s’autorise l’impensable, surtout avec 15 cm de neige. Pendant ce temps, dans les campagnes de l’ouest, on reste bien chez soi, car le bon sens de la ruralité est encore dans les mémoires des gens. Il n’y a pas de solutions pour enrayer une telle débâcle car l’individu ne réfléchit guère collectivement à moins que le réchauffement climatique n’efface à jamais ce risque. Plus près de chez nous, en Alsace, on adore, grâce à cette lune, rêver… Cap vers l’Alsace comme si nous n’y étions pas… Mais je ne dois certainement pas maîtriser les artifices de la communication. Pour l’instant, médiatiquement, on avance sur de jolis vœux, on imagine un nom et après ? Je suis un peu dubitatif de la démarche entreprise car une telle décision supposera un projet qui par définition sous-entend d’évaluer les contours financiers, les évolutions financières, le poids politique face aux autres régions, le rôle des Comcom demain, etc. Des vrais éléments, afin que chacune et chacun puisse s’exprimer par un vote car, et la démocratie sous-entend cela, un mandat endossé n’autorise en rien le sacrifice de l’intérêt général face au besoin d’un rayonnement individuel. Franchement, cette région, ne fonctionne-t-elle pas bien ? J’ai même envie d’écrire qu’elle a plus de proximité aujourd’hui qu’hier. Franchement, l’Alsace, avec son Rhin qui ne porte plus les ambitions des entreprises, peut-elle valablement faire cavalier seul ? Les questions sont pléthores et méritent de l’expertise et non pas que de simples affirmations. Mais comme on dit… C’est juste mon avis car la plus belle route de la pensée est évidemment la mienne (sourire).

FDSEA du Haut-Rhin - Canton des collines sous Vosgiennes

Communiquer et être présent sur les réseaux sociaux

Publié le 08/02/2018

L’assemblée générale du canton des collines sous Vosgiennes de la Fdsea du Haut-Rhin s’est déroulée mercredi 24 janvier à Schweighouse. Si l’actualité agricole a largement été abordée, il a également été beaucoup question de communication.

Le reportage télévisé « Cash Investigation » est passé par là. Tout comme la prolifération des commentaires sur les réseaux sociaux. Il s’agit de « communication ». Et cette dernière doit être davantage maîtrisée par le monde agricole. Pour la première fois en assemblée générale syndicale, ce sujet spécifique de la communication et des réseaux sociaux a été abordée dans le détail. L’occasion, pour certains professionnels, de faire connaissance avec facebook, twitter, instragram et autre snapchat. Et, pour d’autres, d’expliquer leur présence sur ces réseaux. « On peut penser ce qu’on veut, mais celles et ceux qui critiquent les agriculteurs sont présents sur ces réseaux sociaux. Et à force de répéter leurs messages, ils finissent par être écoutés. À nous de faire la même chose », réagit un éleveur présent dans la salle. « Les portes de nos exploitations doivent rester ouvertes, mais de nouvelles batailles se jouent sur les nouveaux supports de communication », renchérit le secrétaire général du canton Laurent Haegelen. Dans son rapport moral, le président du canton des collines sous Vosgiennes Frédéric Meyer a poursuivi. « L’année agricole écoulée a été difficile et laisse un goût amer. Mais, dans tous les cas, soyons fiers de nous car nous exerçons un des plus vieux métiers du monde. Ce début d’année 2018 a débuté de la pire des façons avec cette tempête et cette météo capricieuse. Mais, continuons à nous battre tous ensemble et défendons notre métier et nos valeurs. Notamment sur les réseaux sociaux », a expliqué Frédéric Meyer. Après avoir rendu hommage à l’action du président de la Fdsea du Haut-Rhin Denis Nass, il s’est intéressé à l’avenir. Il constate que la météo qui passe de la tempête à la sécheresse de plus en plus souvent contraint la profession agricole non seulement à s’adapter, mais aussi et à anticiper. « Ici, nous manquons le plus souvent d’eau. Nous devons réfléchir à mutualiser nos réseaux d’irrigation avec l’aide de la région Grand Est. Nous devons nous organiser collectivement, notamment sur les points d’eau et les zones de non-traitement », précise Frédéric Meyer. Le lac de Kruth-Wildenstein va bientôt être en travaux. « Les expertises vont commencer à la fin de l’année. Ensuite, ces travaux seront engagés sur plusieurs mois. Il faut donc se préparer, anticiper », prévient le directeur de la Fdsea Michel Busch. Le statut du fermage Dans son rapport d’activité, le directeur a rappelé les difficultés climatiques de l’année 2017. Même si les dégâts ont été fort heureusement limités dans le secteur, les rendements en blé et en maïs ont été impactés. Représentant la direction départementale des territoires (DDT), Philippe Schott a précisé les contours de la prochaine politique agricole commune. Il a invité les agriculteurs à se rendre aux réunions d’information qui se tiendront en mars à Fessenheim, à Altkirch ou encore à Schlierbach. Michel Busch a insisté sur la nécessité de défendre le statut du fermage : « Il nous préserve et cela a toujours été le cas » avant de passer en revue les dossiers d’actualité tels que les cours d’eau, les surfaces d’intérêt écologique (Sie), le plan d’accompagnement avec la cellule « Réagir » de la Chambre d'agriculture Alsace et la Mutualité Sociale Agricole d’Alsace, ou encore la filière luzerne en cours de montage. Le secrétaire général de la Fdsea Pascal Wittmann a incité les professionnels à positiver. « Bien évidemment, ce n’est pas simple d’être d’agriculteur aujourd’hui. Mais, si on s’organise, des choses peuvent se faire. Il y a des opportunités. Restons un minimum optimistes. La vente directe marche plutôt bien. L’abattoir départemental à Cernay joue son rôle de proximité. Défendons également nos grandes filières que sont les céréales et le lait ».

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