Vie professionnelle

Salon international de l’agriculture 2018

La grand-messe des mondes agricoles

Publié le 02/03/2018

Le 55e Salon international de l’agriculture se déroule cette semaine à Paris. Un événement qui réuni des centaines de milliers de visiteurs et plus de 30 000 professionnels. Qu’elles soient économiques ou politiques, tous les acteurs du secteur ont de bonnes raisons d’assister à ce rendez-vous.

Un ministre, verre de cidre à la main en compagnie d’un banc de pêcheurs. Une vache encadrée d’un service de sécurité au milieu d’une nuée d’appareils photo. Des touristes, casques de réalités virtuelles sur la tête, en pleine découverte des contrées inconnues. Autant de scènes insolites dont seul le salon de l’agriculture a le secret. Du 24 février au 4 mars, le Parc des expositions de Paris devient le centre névralgique du monde agricole. Une immense réunion de famille. Avec ses retrouvailles, ses débats et ses disputes. « Le salon, c’est le moment où on se retrouve entre copains de toutes les régions. » Qu’importent les deux jours de voyage depuis les Pyrénées. Christophe et ses moutons ont débarqué vendredi matin, veille de l’ouverture. En arrière-plan, des stands encore à moitié montés. En fond sonore, des chants basques. Il reste du travail pour accueillir les milliers de visiteurs du lendemain, mais la plupart des animaux sont déjà installés dans leurs boxes. Les éleveurs peuvent se relâcher. Au rayon Montbéliarde, l’apéritif a commencé depuis quelques heures déjà. L’ambiance détendue ne masque pourtant pas l’enjeu de ce weekend. Le concours de dimanche doit désigner les meilleures bêtes de la race. « Un titre est une reconnaissance incroyable », confirme Jean-Marie Schoenel, de l’ESAT du Sonnenhof à Bischwiller. Une récompense honorifique et pécuniaire. Qui dit vache médaillée dit meilleur prix de vente de la descendance. Même calcul pour les vins et les produits du Concours général agricole. Une arène politique Eh oui ! N’en déplaise aux romantiques, le salon est aussi une machine à sous géante. Surtout pour les centaines de boutiques, restaurants et artisans qui peuplent les sept pavillons. Le café à 4 €, la peluche souvenir à 15 €. Multipliés par les 600 000 visiteurs attendus cette année, pas de doute, l’événement rapporte gros. « Il ne faut pas se mentir, on vient ici avant tout pour vendre », sanctionne, réaliste, un artisan breton. Loin des rings où défilent vaches et cochons, le salon constitue aussi une arène politique. Passage obligé pour les élus de la République et leurs opposants. Les premiers, désireux de soigner leur électorat, les seconds, attachés à pointer les incohérences de leurs adversaires. Cas d’école : le duel Macron-Wauquiez. Au président qui affirmait samedi connaître « les attentes, les angoisses et les souffrances sur le terrain », le patron des Républicains a répondu qu’Emmanuel Macron « ne comprend pas le monde agricole et le méprise », lors de sa visite mardi matin. Au milieu de la mêlée, les syndicats agricoles font entendre leurs voix. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, multiplie les plateaux télé et radio dans les différents halls. La Coordination rurale défile tous les jours dans les allées, pancartes hostiles à l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur brandies bien haut. La Confédération paysanne organise des tables rondes, avec José Bové en invité de marque mardi après-midi. Concert médiatique Mais un autre sommet se joue en coulisses. Dans l’atmosphère feutrée des salons privés et espaces VIP, cette fois. Ces lieux au centre des stands où l’on n’entre qu’en y étant invité. Là, entreprises, organismes professionnels et responsables politiques discutent et négocient. Contrats, partenariats, futures lois et réglementations, chacun avance ses pions. Des kilos de lobbying en costume cravate. Puis vient le temps des annonces aux médias présents en masse. Pour cela, une armée d’attachés de presse et autres responsables de la communication partent à la chasse aux journalistes. Ici un partenariat à immortaliser, là une innovation à ne pas manquer. C’est à celui qui attirera le plus d’attention médiatique. À ce titre, le salon est un incroyable accélérateur de projet. Surtout pour les acteurs peu connus et les nouveaux venus, comme les start-up de l’AgTech (pour agriculture et technologie). « C’est l’occasion de mettre un gros coup de projecteur sur nos actions », confirme un jeune entrepreneur dans les nouvelles technologies. Ainsi, le collectif de start-up la Ferme digitale a vu le jour sur le salon 2016. Deux ans après, ses adhérents ont réservé l’annonce de la date d’un sommet de l’AgTech aux journalistes présents sur leur stand. Tout ce petit monde de professionnels s’affaire sous les yeux d’une foule de visiteurs. À des lieux de se douter de tout ce qui se trame sur scène et derrière le rideau. Des centaines de milliers d’amateurs venus manger, boire, s’informer et se ravir de spécialités régionales. Car sans eux, la grande famille agricole ne serait pas au complet.

Marché mondial de maïs

L’importation progresse dans l’UE

Publié le 01/03/2018

Michèle Waegele, responsable de la commercialisation à la Coopérative agricole de céréales (CAC), a fait un point sur l’état du marché du maïs dans le monde en ce début d’année 2018. Progressivement mais sûrement, la production européenne continue de baisser au profit des quatre plus gros exportateurs que sont le Brésil, l’Argentine, l’Ukraine et les États-Unis.

En 2017, 1,42 milliard de tonnes de maïs ont été collectées dans le monde pour une consommation s’élevant à 1,68 milliard. « On est dans une situation déficitaire en maïs dans le monde. Pour la première fois depuis trois ans, on voit le stock de report baisser, puisqu’on attend un stock de report de 208 millions de tonnes pour fin juin 2018 », explique Michèle Waegele, responsable de la commercialisation à la Coopérative agricole de céréales (CAC). 40 % des maïs de stock de report sont en Chine, et ne sont donc pas accessibles. Chez les quatre principaux exportateurs de maïs en revanche, il y a encore du stock : 59 millions de tonnes aux États-Unis, 49 millions de tonnes cumulées pour le Brésil et l’Argentine, et deux millions de tonnes en Ukraine. Les États-Unis restent les leaders de l’exportation de maïs (48 % des parts de marché), mais accusent cependant une légère baisse au profit de l’Argentine et du Brésil (plus de 64 % du potentiel de maïs exportable à eux deux). Ce n’est pas dit que cette dynamique restera la même en 2018. Au Brésil, des prévisions font état d’une baisse des surfaces de maïs de 6 % liée à une problématique de retard de collecte du soja et au manque d’attractivité du prix du maïs. Les opérateurs du marché s’inquiètent de ce qui se passe en Argentine en ce moment avec des conditions hydriques et de culture particulièrement mauvaises. De ce fait, les prix du maïs argentin ont bondi ces dernières semaines : + 19 dollars. pour les marchés rapprochés et + 15 dollars pour les marchés éloignés. « Ce qui veut dire que ce n’est plus le maïs le moins cher du monde alors que c’était le cas pendant longtemps. Maintenant, c’est le maïs américain », précise Michèle Waegele. 16 millions de tonnes à l’import, un « record » En Union européenne, pas d’export de maïs en vue, bien au contraire. Cette année, ce sont 16 millions de tonnes qui sont prévues à l’importation, soit un « record ». Une situation qui bénéficie en premier lieu au maïs brésilien puis au maïs ukrainien. Concernant les prix, le maïs alsacien reste tout simplement le plus cher au monde à 159 euros la tonne. En queue de peloton, il y a le maïs américain à 135 euros la tonne. Puis entre les deux, on trouve le maïs argentin à 144 euros la tonne, le maïs ukrainien à 147 euros et le maïs FOP Bordeaux à 155 euros la tonne. À ces différents prix, il faut ajouter le prix du transport pour arriver à destination : plus 9 euros la tonne pour le maïs transporté sur le Rhin jusqu’à Rotterdam, et plus 13 euros « seulement » en plus pour le maïs ukrainien transporté par bateaux. « Le prix du fret est extrêmement compétitif étant donné qu’il se fait en dollars. Ainsi, un maïs ukrainien vaut au total 157 euros la tonne quand notre maïs coûte au total 168 euros la tonne », souligne Michèle Waegele. Pour le maïs américain, il faut compter 18 euros la tonne pour venir jusqu’en Europe, et 16 euros pour le maïs brésilien, et 19 euros pour le maïs argentin. Pour les prix Fob Rhin de la campagne actuelle, on est dans un marché très linéaire avec très peu d’activité. « Ces dernières semaines, on a tout de même commencé à ressentir une reprise d’activité sur le Rhin avec une appréciation du prix de 2-3 euros. » Globalement, les perspectives au niveau mondial indiquent une hausse de la production de maïs, notamment au Brésil, en Argentine, en Ukraine, en Russie, au Kazakhstan et en Chine. « On prévoit à peu près 15 millions de tonnes en plus qui devraient être contrebalancées par une hausse de la consommation de 9 millions de tonnes. » En Europe, la situation est différente puisqu’on attend baisse de surface de l’ordre de 6 %, notamment en Espagne, en France, en Autriche, l’Italie et la Roumanie. « C’est dû à un manque d’attractivité du maïs mais aussi à des difficultés d’irrigation. » À moyen terme, plusieurs tendances haussières des prix sont à suivre sur le marché mondial du maïs : conséquences de la météo actuelle en Argentine, quid des semis de maïs au Brésil après soja, dynamisme de la filière éthanol aux États-Unis. Parmi les tendances baissières, on peut citer la parité euro/dollar avec un euro plus fort que l’an passé par rapport à la devise américaine. « Forcément, cela a un impact sur les importations massives étant donné que les contrats se font en dollars. » Autres éléments à surveiller : la reconstitution des stocks américains ainsi que les exportations venues d’Amérique du Sud.

Fdsea, ses actions

Selfie

Publié le 28/02/2018

Pousse-toi pour qu’on me voie. La déferlante politique s’abat sur le salon de l’agriculture histoire de brouiller quelque peu les messages digérés par les instances partisanes, fustigeant sans cesse cette fameuse agriculture intensive. L’agriculture, elle attire, elle attire tellement que les médias sont déboussolés, ne sachant pas comprendre ce phénomène assez exceptionnel faut-il le rappeler. Certes, certains surfent sur cette opportunité pour exister, mais à y regarder de près, beaucoup apprennent enfin un peu du métier de paysan, pendant que d’autres découvrent simplement l’agriculture. Rien de telle qu’une vraie confrontation pour faire évoluer les choses, de vrais messages sortis des tripes des paysans pour faire réagir. Malheureusement, en tant que spectateur, j’ai le sentiment que la fracture entre les médias et l’intérêt que portent les gens à nos activités, est de plus en plus grande. Franchement, est-il important de parler de Lidl, Nestlé et autre chaîne de fast-food, qui découvrent le made in France quand ce salon devrait être dédié aux hommes et femmes de nos terroirs ? À moins que les encarts publicitaires supposent une telle prostitution… Il en va de même de nos chers élus. Respect aux élus de la Région qui se sont mobilisés pour faire parler de notre agriculture avec un grand A, et peut-être un carton rouge juste à ceux qui distillent à longueur de semaine l’unité, osant selfie et autre image tonitruante mais qui oublient d’aller vers les paysans de leur département, et cela sans rougir et sans vergogne, se croyant simplement au-dessus de la mêlée. Comment parfois ne pas être fatigué par cette France de l’apparence qui confond cirque et réalité du monde, qui réfléchit par elle en croyant détenir la sainte vérité. Mais il est aussi vrai qu’à force de se prendre en selfie, on ne jure que par soi. Regardez ce qui s’est passé à Paris, out les décisions d’Hidalgo car les dossiers étaient entachés d’erreurs. Regardez franchement la dernière sortie d’un élu mulhousien osant comparer l’Alsace et l’Islande. Franchement, avec tout cela, comment ne pas comprendre ce vent de dégagisme qui prend de plus en plus d’ampleur tellement on oublie de parler simplement et sincèrement. Pour finir ce petit coup de gueule… Au Salon de l’agriculture tu iras, mais panneau anti-Mercosur tu intimeras l’ordre d’ôter. Que de cynisme de ces anti-paysans qui pourtant vont à Paris pour se faire voir. Et pour clore, mention à Élise, oui cette Lucet qui a choisi la semaine du salon pour distiller de merveilleux mensonges, histoire d’éviter que le citoyen ne commence à aimer le paysan. Qu’il est bon de surfer sur la médiocrité pour être adulé. Encore une exception française.

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