Vie professionnelle

À l’IUT et la FMA de Colmar

Une rentrée sous le signe de la transition

Publié le 04/09/2017

Depuis le 4 septembre et jusqu’au 11 de ce mois, 1 300 étudiants arrivent sur les bancs de l’institut universitaire de technologie (IUT) et 550 à la faculté de marketing et d’agrosciences (FMA). 2017 est une année de transition, car en 2018, les formations changeront d’intitulés.

Le 1er septembre 2018, l’offre de formation de l’IUT et de la FMA de Colmar obtiendra son accréditation, suite à l’évaluation établie par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres). Les noms des formations seront modifiés, mais dans l’ensemble l’offre restera la même. « Cette année sera l’occasion de faire la promotion de ces nouveaux intitulés », prévoit Bernard Fabre, directeur de l’IUT. Campus des métiers et des qualifications agroalimentaires Le 22 septembre prochain, la FMA inaugure le campus des métiers et des qualifications agroalimentaires Grand Est au Koïfhus de Colmar. « Ce campus vise à créer des synergies entre les formations du lycée à l’université dans le domaine agroalimentaire et renforcer l’attractivité de ce secteur. Des actions seront proposées dans les années à venir pour faire travailler les équipes pédagogiques des différents établissements sur des projets qui répondent aux besoins des entreprises », avance Laurent Grimal, directeur de la FMA. « L’objectif de ce campus n’est pas de proposer de nouvelles formations, mais de travailler auprès des élèves et des parents pour montrer que c’est un secteur fortement pourvoyeur d’emploi. L’industrie agroalimentaire représente 46 000 emplois directs dans le Grand Est, dont 17 000 en Alsace. La palette des métiers est donc extrêmement large ». Collaboration renforcée avec l’université de Reims Champagne-Ardenne La collaboration entre la FMA et l’université de Reims Champagne-Ardenne pour le diplôme national d’œnologie se poursuit cette année. « Elle va s’accentuer avec un temps d’enseignement conséquent à Colmar sur les vins tranquilles ». Au titre des événements reconduits, le cycle de cinéma et d’anthropologie reprendra à partir du 4 octobre jusqu’à fin décembre en partenariat avec le cinéma le Colisée. Le quatrième cycle de conférence sur la vigne, le vin et les vignerons en Alsace se déroulera du 9 novembre au 14 décembre tous les jeudis à 18 h 30 au Biopôle. Le programme complet sera bientôt disponible. Un parcours sécurisé pour les étudiants volontaires de deux DUT À l’IUT, le 1er octobre, Bernard Fabre renouvellera son mandat de directeur pour les cinq prochaines années. La rentrée sera marquée par le lancement expérimental du parcours technologique du grade de licence pour deux DUT de Colmar : réseaux et télécommunications d’une part et génie thermique et énergie, d’autre part. « Le but est de permettre l’insertion professionnelle d’étudiants à bac + 2 ou à bac + 3. Les entreprises sont en attente. Le parcours devrait permettre, dans trois ans, d’insérer un plus grand nombre de cadres intermédiaires. La pédagogie sera adaptée avec du travail en groupe, des travaux pratiques… », précise le directeur de l’IUT. Ce parcours est ouvert aux étudiants sur la base du volontariat. À l’issue de ce parcours, les titulaires du DUT auront la garantie d’être retenus pour une licence professionnelle. « C’est un parcours sécurisé », assure Bernard Fabre. 40 % des IUT français prennent part à cette expérimentation.

Fête de l’agriculture et concours départemental de labour à Mœrnach

Succès populaire pour le « Sillon d’énergie »

Publié le 25/08/2017

Toute la diversité du monde agricole a été mise en valeur lors de la fête de l’agriculture et du 64e concours départemental de labour qui se sont déroulés ce dimanche 20 août à Mœrnach.

Plusieurs centaines de visiteurs se sont retrouvés sur l’exploitation de la famille Holler « La Clé des Champs » à Mœrnach pour cette grande fête de l’agriculture. Un succès populaire impressionnant qui fait la fierté de Philippe Holler. « Nous ne savions pas où nous allions. Mais, en mettant en lumière toute la diversité du monde agricole présente sur cette exploitation, nous avons su attirer les gens. Je suis heureux d’avoir, à mon échelle, fait la promotion positive et objective de mon métier », explique le jeune agriculteur. Et, en effet, il n’a pas hésité à expliquer à un public intéressé le fonctionnement de son exploitation, mais surtout son unité de méthanisation. « On m’a effectivement posé de nombreuses questions tout au long de la journée. Les gens sont très intéressés par ma philosophie de travail », se félicite Philippe Holler. La confirmation est venue de l’une de ces visiteuses. « Je suis fille et sœur moi-même d’agriculteur. Je suis venue car je m’intéresse au monde agricole, mais également à mon avenir et donc aux énergies vertes. Je ne connaissais pas cette unité de méthanisation et cette façon de produire de l’énergie. Les explications fournies sont très intéressantes et précises. Utiliser les déchets pour faire quelque chose d’autre est une philosophie de vie qui est également la mienne. À mon échelle, c’est le compost et les poules. Nous devons toutes et tous prendre part à cette évolution de notre société », explique Claudine, domiciliée à Bettlach. Une agriculture diversifiée Devant cette foule impressionnante, le président des jeunes agriculteurs Sundgau, Sébastien Hell, était ravi. « Je suis heureux de cette journée. Baptisée « Sillon d’énergie », cette manifestation permet de découvrir une belle exploitation laitière, mais aussi d’apprécier toute sa diversité. Nous avons mis en avant quatre thématiques pour montrer à quel point notre agriculture est diversifiée et pluridisciplinaire. Le public peut ainsi s’informer sur les filières lait et céréales, mais aussi sur le lien entre agriculture, production d’énergie, environnement et emploi. Sans oublier cette mise en avant de notre terroir », indique Sébastien Hell. « À Güeter » Peu après 15 h, plus de 850 repas avaient ainsi déjà été comptabilisés. Et, en soirée, les jeunes agriculteurs avaient préparé des tartes flambées. Et, parmi les produits locaux mis en valeur, les nouveaux yaourts « A Güeter ». Il s’agit d’une marque de yaourt local qui appartient aux producteurs et créée par l’association de 8 Cantons. « Les yaourts seront disponibles à partir du 9 octobre prochain. Ce sont des produits à partir de lait 100 % Alsace-Lorraine. 50 exploitations agricoles participent à cette superbe aventure ! », se félicite Christophe Bitsch, président des jeunes agriculteurs du Haut-Rhin et l’un des producteurs. Avec une charrue de labour Seule petite déception, le nombre de participants au 64e concours départemental de labour. « Ils ne sont que dix cette année. Huit dans la catégorie « labour à plat » et deux dans celle « labour en planche ». Deux candidats n’ont pas pu nous rejoindre. L’un est malade, l’autre a cassé sa charrue avant de nous rejoindre. À l’avenir, nous allons devoir réfléchir pour attirer davantage de jeunes afin de perpétuer cette tradition », a précisé le président du jury Claude Gretter. Le concours a cependant été de très grande qualité. Ce sont finalement Luc Brickert et Jonathan Gerum qui se sont imposés. Ils représenteront le département lors de la finale régionale dans la Meuse le 3 septembre prochain. Le premier, âgé de 21 ans, est originaire de Guémar. Il travaille à la coopérative agricole de céréales. « C’était ma seconde participation à un tel concours. Je suis très content, mais j’aurais pu peut-être encore mieux affiner mon labour. Mais, participer à une telle manifestation reste avant tout un plaisir. Je vais participer à la finale régionale avec le même état d’esprit », explique Luc Brickert. Pour sa part, Jonathan Gerum, âgé de 28 ans, est ouvrier agricole à Friesen et domicilié à Hagenbach. « Cela a été une très belle journée. Bravo aux organisateurs. Je suis évidemment satisfait de cette première place. D’autant plus que tous les concurrents ont fait leur labour avec une charrue de labour et pas une charrue de compétition. C’est une très bonne chose. Ce sera sans doute différent pour la finale régionale. Mais, je ne compte pas changer de charrue et de philosophie », précise, ravi, Jonathan Gerum. À noter la présence lors de ce concours d’une seule demoiselle, mais en qualité de « commissaire ». Andréa Resch était là pour aider son compagnon, Benjamin Haaby. Agée de 16 ans et originaire de Merxheim, c’est la première fois qu’elle participait à une telle manifestation. « L’année passée, avec Benjamin, nous avions assisté au concours comme simples spectateurs. Cela nous a motivés. Je voulais m’inscrire moi-même, mais je viens d’avoir 16 ans il y a quelques jours seulement. Du coup, le fait d’être « commissaire » me permet tout de même de participer, sous un autre angle, à l’épreuve. Cette journée a été intéressante. Techniquement, il faut être bien préparé tant dans les mesures que dans les réglages de la charrue », explique la jeune femme qui, à la rentrée, sera scolarisée en classe de première, filière « élevage et culture » au lycée agricole de Rouffach. Mise en valeur Lors de la remise des prix, on a pu noter la présence de nombreuses personnalités parmi lesquelles le conseiller départemental Nicolas Jander, le président de la FDSEA 68 Denis Nass et le maire de Mœrnach Patrick Stemmelin. Ce dernier n’a pas caché sa satisfaction de voir cette manifestation se dérouler dans le village. « Je me suis régalé aujourd’hui. Tant dans l’assiette que dans la diversité de ce que j’ai pu voir. Cela a été une journée exceptionnelle. Bravo aux jeunes agriculteurs et au club de basket de Mœrnach, partenaire de l’événement ». Nicolas Jander est allé dans le même sens. « Je suis effectivement impressionné par ce succès populaire et la qualité de l’événement. Ce sont de telles manifestations qui permettent de mettre en valeur la réalité du monde agricole. C’est une belle profession avec des chefs d’entreprises qui méritent le respect ». Enfin Denis Nass a interpellé le monde politique et mais aussi l’administration. « C’est aujourd’hui une fête, mais tout au long de l’année, c’est tout le contraire pour le monde agricole. À l’heure des états généraux de l’alimentation, il est temps de donner notre opinion, de faire entendre nos voix. Nous attendons des évolutions positives au niveau de la réglementation. Que l’État arrête de prendre aux uns pour donner aux autres. Depuis deux ans, la moitié des agriculteurs gagnent moins de 400 € par mois. C’est intolérable. Nous voyons ici toute la diversité du monde agricole. C’est le meilleur témoignage des investissements que font les professionnels. La qualité de leur travail doit être reconnue et défendue. Car sans agriculteurs, il n’y a pas d’agriculture ».

Publié le 23/08/2017

Plus de 300 viticulteurs alsaciens se sont retrouvés mercredi matin 23 août dans les rues de Colmar pour manifester contre les lenteurs de la justice dans le dossier « Albrecht ». Cinq ans après, 144 professionnels, victimes, attendent toujours le paiement de la vente de leurs vins et raisins.

Calmes et déterminés, les professionnels ont parcouru le chemin qui sépare le Centre de rencontres d’échange et de formation (Cref) et le tribunal de grande instance de Colmar. À leur arrivée, le président de l’association des viticulteurs d’Alsace (Ava), Jérôme Bauer, a pris la parole pour rappeler l’historique de cette affaire. Un dossier « chaud » qui tarde à trouver une solution. Mais, cinq ans après, les professionnels n’en peuvent plus d’attendre. Il faut dire que le total du préjudice financier se monte à 14 millions d’euros et que de nombreuses entreprises viticoles ont bien du mal, depuis 2012, à refaire surface et à « assumer » la perte d’une récolte entière. Jérôme Bauer a rappelé les différentes étapes de ce dossier. Des premières alertes données par les viticulteurs en février 2012 sur les impayés de la société Lucien Albrecht à Orschwihr, jusqu’à sa mise en redressement judiciaire le 11 septembre de la même année, puis sa mise en liquidation et enfin le dépôt de plainte de l’Ava en novembre, suivie de la mise en examen de Jean Albrecht pour banqueroute et escroquerie. « Depuis ? Plus rien ou si peu. La procédure est d’une lenteur incroyable. Mais, là, trop c’est trop ! L’Ava a pourtant fourni de nombreuses pièces justificatives à la justice. Ce travail d’enquête et de collecte d’informations n’a pas trouvé d’échos jusqu’à présent. La justice n’avait pourtant qu’à vérifier et à rendre, précisément, justice. Je le répète : les professionnels sinistrés ont perdu une année de revenus. Ce n’est pas rien. Les victimes se sentent méprisées par la justice. Elles souffrent économiquement, bien évidemment, mais aussi psychologiquement. Nous craignons tous que le temps qui passe n’arrange rien », explique Jérôme Bauer. « Il s’agit de la vie des gens » Les professionnels s’agacent aussi des commentaires lus et entendus, de la façon dont est présenté le dossier, qui serait « complexe », alors que pour eux il est très simple. « Un négociant a acheté du vin en grande quantité et les viticulteurs n’ont pas été payés. Ils attendent maintenant justice au civil et au pénal. Il s’agit de la vie des gens », répète le président de l’Ava. Il compare la lenteur de ce dossier à la vitesse éclair rendue par la justice sur de nombreux autres dossiers, notamment dans le monde politique. « Justice, réveille-toi ! S’il n’y a pas de réaction rapide, nous reviendrons. En attendant, restons unis et soudés dans ces temps de grande difficulté », conclut Jérôme Bauer, chaleureusement applaudi par les viticulteurs sinistrés présents mercredi matin devant le tribunal. Le « député du vignoble », Jacques Cattin, était également présent à cette manifestation. Il a apporté son soutien aux professionnels : « Je suis solidaire avec vous. La lenteur de la justice est inadmissible. Il faut mettre la pression et obtenir un dénouement rapide de cette affaire car la situation est dramatique pour de nombreuses entreprises. » Pour le président de l’Ava, cette manifestation devant le tribunal de grande instance de Colmar n’est pas inutile. « Réunir plus de 300 viticulteurs pendant les congés, en plein mois d’août, à quelques jours des vendanges, ce n’est pas rien. Cela montre bien la colère, la lassitude, la désespérance des gens. J’ose espérer que la justice nous entende. Jusqu’à présent, nous avons été sages. Nous avons été à l’écoute. Nous avons coopéré, fourni des éléments dans ce lamentable dossier. Il faut maintenant que la justice avance rapidement, qu’elle mette des moyens », précise, en aparté, Jérôme Bauer. « 5 ans, c’est long ! » Parmi les manifestants, deux exemples concrets. Henri Engler habite Orschwihr. Il ne possède que 60 ares de vignes, mais se sent concerné, comme tous les viticulteurs présents. « Cette affaire est effectivement simple. Elle est rendue compliquée par la justice. Il faut accélérer les choses. À mon niveau, la vendange perdue représente une certaine somme qui, à mes yeux, est toute aussi importante que pour de grandes entreprises viticoles. Depuis 2012, avec ma famille, nous vivons très mal cette situation. J’ai le sentiment qu’on a volé notre salaire. J’habite Orschwihr et depuis cinq ans, j’ai recroisé Jean Albrecht dans les rues du village. Mais je n’ai pas envie de discuter avec lui. Il y a une rancœur qui s’est installée. Ce qu’il a fait est intolérable. Il nous a menti, trahi et mis dans la difficulté. J’espère que la justice va bouger aussi rapidement que pour d’autres affaires. Car 5 ans, c’est long ! ». Sylvie Meyer, de Turckheim, est dans la même situation. Mais, son domaine compte, lui, 13 ha de vignes. « Cette affaire nous poursuit depuis trop longtemps. Je suis venue pour défendre nos intérêts personnels et soutenir la filière. J’avais livré il y a cinq ans une grosse partie de ma production à Jean Albrecht. Aujourd’hui, je me demande si je vais voir la couleur de ce paiement. J’ai un sentiment bizarre face à cela. Un contrôle fiscal ne prend jamais 5 années. Pourquoi, dans le cas présent, faut-il attendre aussi longtemps ? Le juge peut-il nous expliquer cela ? Alors, oui, manifester était une évidence. Il faudra revenir », assure-t-elle. Parmi les manifestants, il y avait également des soutiens des professionnels comme, par exemple, le directeur du syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira), Bernard Jeantet. Il est au Synvira depuis 37 ans et directeur depuis environ trente ans. Dans quatre mois, il sera à la retraite. « Malgré cette heureuse échéance, j’ai tenu à être présent car je me sens concerné. C’est assez incroyable de constater que des gens qui ont travaillé toute une année et se sont investis sans compter, ne sont toujours pas rémunérés cinq ans après. Je me mets à la place de ces victimes. Il est temps de leur rendre justice, de leur donner une réponse ». Une conclusion évidente. Mais toujours pas concrétisée depuis cinq ans…

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