Vigne

Publié le 21/09/2018

Les vendanges représentent une période d’activités porteuse de risques très nombreux, dans les vignes comme à la cave. Ils concernent les chefs d’exploitation, salariés, saisonniers, aides bénévoles, apprentis et les stagiaires

Les dangers encourus par les personnes qui vendangent et qui vinifient sont divers et variés. Véhicules, manœuvres, transport et trafic routier Année après année, plus de 50 % des accidents mortels surviennent avec des véhicules et des machines, dans les parcelles, sur l’exploitation mais aussi dans le trafic routier. Pour les éviter, il convient de vérifier la validité des permis de conduire et de rappeler les consignes de prudences suivantes. Avant de partir : contrôler les feux, les freins, les rétroviseurs, le ou les gyrophares et le réglage du siège. Les vitres doivent être propres. Les convois stationnés en pente doivent être arrêtés efficacement. L’arrimage des charges requiert une attention toute particulière. Il peut être utile d’élaborer un plan de circulation sur l’exploitation, en séparant les voies de circulation pour les véhicules et celles pour les personnes. Enfin, il est nécessaire de signaler correctement les chantiers de vendanges. Pour ce faire, des cônes ou des triopans peuvent faire l’affaire. Le transport de personnes en remorque agricole : le conducteur doit être âgé de 18 ans minimum les sièges doivent être fixes et aménagés (30 cm du sol, 40 cm de large, dossier 50 cm) il doit y avoir une remorque unique fermée sur ses 4 cotés et équipée d’un moyen d’accès 25 km/h maximum Le transport de personnes dans un véhicule utilitaire : Le dépassement du nombre de personnes transportées et le non-port de la ceinture de sécurité engagent les responsabilités civiles et pénales du propriétaire et du chauffeur. Tous les véhicules autorisés à la vente (les VU entrent dans cette catégorie) sont équipés d’autant de systèmes de retenue (ceintures de sécurité) que de places précisées sur la carte grise. Il est ainsi interdit de transporter une personne dans un véhicule utilitaire si celui-ci ne prévoit pas : siège et système de retenue ! Chutes et glissades En règle générale, les chutes de plain-pied et autres glissades constituent les accidents les plus nombreux dans les vignes et en cave ! Avec parfois des conséquences graves, voire mortelles en cas de chute de hauteur depuis des échelles en cave, ou depuis des murs de vigne. Pour les éviter, de bonnes chaussures ou des bottes avec semelle antidérapante sont nécessaires. De nombreuses chutes se déroulent au moment de descendre du tracteur. Il faut donc être très attentif en sortant de la cabine. Le désordre est également source d’accidents. Il convient d’éviter les obstacles, tels que des tuyaux ou toutes sortes d’objets qui peuvent encombrer la cave ou les escaliers. Les échelles doivent être en bon état, vérifiées périodiquement, suffisamment longues et fixées aux cuves. Il convient également de protéger les ouvertures dans le sol et de se prémunir d’un éclairage suffisant et fonctionnel. Pour éviter les glissades, les sols et escaliers doivent être propres et antidérapants. Une main courante doit équiper chaque escalier. Mal de dos Le mal de dos est le mal du siècle, voire des siècles ! Dans les vignes comme à la cave, il est omniprésent. Pour s’en prévenir, effectuer un petit échauffement le matin et à la reprise du travail, prêter attention aux postures, porter à deux ce qui est trop lourd et changer régulièrement de position. Machines de réception et de cave Les machines de réception comportent des risques mécaniques et des risques électriques. En cave aussi, il existe de nombreux et très graves risques mécaniques. La plupart des décuvoirs et autres conquets à vis sans fin peuvent se révéler très dangereux et causer des dégâts irréversibles. Les conquets de réception, égrappeuses et décuvoirs doivent être munis de protections évitant de se blesser sans empêcher le raisin de passer. S’il survient une panne, il est indispensable d’actionner l’arrêt de sécurité avant de débourrer, de nettoyer ou d’entretenir la machine. Ne pas intervenir à la main pour débourrer, mais utiliser un bâton. L’électricité est également une composante à risques omniprésente. Vérifier régulièrement l’état de votre installation électrique. Le CO2 (gaz carbonique) Pendant les vendanges mais aussi après, il se produit beaucoup de CO2 dans la cave. Pour évacuer ce CO2, une ventilation qui extrait l’air (du point le plus bas) est conseillée. Mais il est encore mieux d’y ajouter une arrivée d’air suffisante, par exemple un ventilateur qui pousse. Il faut qu’il y ait au moins autant d’air qui rentre que d’air qui sort. Suivant le volume de la cave, il faut des ventilateurs performants pour renouveler suffisamment l’air. Le captage à la source peut s’avérer une bonne solution. Bien réalisé, il n’est pas cher et, en tout cas pour les blancs, évite presque entièrement la pollution de la cave par le CO2. Dans tous les cas, la sortie du CO2 du bâtiment ne doit pas polluer à nouveau le même bâtiment ou une autre construction. Le danger du CO2 doit être signalé aux endroits adéquats, par exemple aux portes d’accès extérieures de la cave. Logiquement, la ventilation doit pouvoir être enclenchée depuis l’extérieur. De même, le tableau électrique ne devrait pas se trouver au fond de la cave. Autres dangers Les personnes allergiques aux piqûres d’hyménoptères comme les guêpes doivent toujours avoir leur antidote sur elles. La présence d’un tire-tique est par ailleurs fortement recommandée. Informer tous les collaborateurs sur les procédures à suivre en cas d’urgence. Prévoir une pharmacie pour les petites urgences. Caisses d’assurance-accidents agricole d’Alsace Services prévention    

Maturité du millésime

La re-concentration à l’œuvre

Publié le 19/09/2018

Les services techniques du vignoble, coordonnés par le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, ont publié les résultats d’analyse de maturité du 13 septembre, 5e contrôle. Ils portent sur un peu plus d’une centaine de parcelles, dont 27 de riesling, 25 de gewurztraminer et 12 de pinot gris. Et seulement 4 de pinot noir, car à ce stade des vendanges, beaucoup ont été vendangées. Mais l’analyse de ces quatre parcelles apporte un enseignement notoire : à 13,6° de TAP (titre alcoolique potentiel), la teneur en anthocyanes augmente singulièrement à près de 900 mg/kg, contre par exemple 650 mg/kg en 2017. Cette teneur élevée traduit le phénomène de re-concentration des baies actuellement à l’œuvre dans le vignoble à la faveur des journées anormalement chaudes de cette arrière-saison. Conséquence, ce sont les degrés de tous les cépages qui atteignent des sommets : 13,5° pour le pinot gris, 13,3° pour le gewurztraminer, 13,6° pour le pinot noir, 12,9° pour le muscat et l’auxerrois. La concentration s’exerce également sur les acides. Si l’acidité est supérieure à 2003, avec des pH également bien plus faibles et donc bien plus de fraîcheur, l’Union des œnologues a néanmoins demandé au Crinao une dérogation d’acidification, car l’acidité des jus « sous le pressoir apparaît plus faible que celle au contrôle maturité ». En cause l’extraction du potassium qui fait chuter l’acidité et qui se remarque cette année au débourbage avec beaucoup de dépôts de tartre. Conséquence : les fermentations présentent une fragilité sanitaire avec une propension aux fermentations bactériennes, les piqûres lactiques notamment. Mais l’état sanitaire excellent a incité les grands opérateurs du vignoble à repousser quelque peu les vendanges des cépages nobles, au risque de devoir gérer des excès d’alcool/sucres.

Publié le 19/09/2018

Les domaines viticoles alsaciens pétillent chaque été d’initiatives diverses et variées pour s’animer et attirer un public éclectique. Petit tour d’horizon (non exhaustif) de quelques-uns de ces rendez-vous estivaux 2018.

À Reichsfeld, le domaine Borès n’en est plus à son coup d’essai. Il a accueilli du 18 au 22 août pour la troisième année consécutive le festival de théâtre itinérant « Soirs à pressoirs ». Cette année, ses rieslings et ses sylvaners issus du Schifferberg, ont trouvé leur place entre les pièces, les contes, les concerts, les poèmes et le cabaret qui s’installent le temps des représentations dans les généreux espaces de la cave. Ils sont servis en dégustation lors des intermèdes avec des produits locaux, parfois inattendus comme des tartes flambées aux légumes. « C’est un projet au départ culturel. Le vin s’y est naturellement greffé, même s’il faut s’investir à trois pendant deux bonnes journées pour la préparation et une pour ranger » constate Marie-Claire Borès. « Nous communiquons beaucoup autour de nous. Le festival nous permet de faire faire le détour à Reichsfeld. Les gens se disent : « tiens, du théâtre chez un vigneron indépendant, c’est original ! Ils sont satisfaits du spectacle, de l’ambiance, du vin. L’attraction est différente, authentique ». À la différence du pique-nique du vigneron qui capte 800 personnes enfants compris sur deux jours, le festival rassemble une soixantaine de participants par après-midi et soirée. « C’est très bien comme ça » poursuit Marie-Claire. « Il faut conserver la proximité, le côté intime, où l’on est là pour prendre son temps ». La plupart des participants achètent des vins. « Il s’agit pour l’essentiel de nouveaux clients » se félicite Marie-Claire. De son côté, le domaine Spannagel à Katzenthal a sauté sur l’occasion d’être une étape du tour de France dans lequel se sont lancés les associés du domaine Orgâmic, dans le Vaucluse. Cette « bande de copains » passionnés par le vin (même s’ils n’en ont pas fait leur métier principal) s’est posée ici et là cet été pour proposer ses « vins gourmands, sur le fruit, faciles à boire » dans un J9 aménagé en point de vente temporaire. Marie Spannagel a fait relayer leur passage à Katzenthal par l’office du tourisme. Deux cents personnes se sont déplacées au domaine entre 16 h 30 et 21 h 30. « Nous nous orientons de plus en plus vers ce type d’événement ponctuel qui est facile à mettre en place » rebondit Marie. « Là, il m’a suffi d’ouvrir les portes et de les laisser s’installer. Inviter des collègues chez soi permet d’échanger des idées entre nous et ne vous enlève pas de clients. Toute la gamme de la vingtaine des vins figurant sur la carte du domaine était offerte à la dégustation. Orgâmic comme nous-mêmes avons réalisé un chiffre d’affaires similaire. Sans cette offre complémentaire, une partie du public présent ne serait pas venu ». « Dire ce qu’il y a derrière une bouteille » « Il devient de plus en plus difficile d’exercer de l’attractivité sur le client de passage » constate Dominique Schoenheitz, du domaine éponyme à Wihr-au-Val. « Nous déployons davantage nos activités sur l’hiver, un peu moins sur l’été ». Mais pas question de garder les bras croisés. Le domaine propose gratuitement et sans réservation chaque jeudi matin en juillet-août une heure trente de randonnée pédestre facile sur les coteaux de Wihr‑au‑Val afin d’expliquer l’histoire du vignoble, ses terroirs, le cycle végétatif et les travaux de la vigne. La balade s’achève à l’heure de l’apéritif (ou presque) par la dégustation de plusieurs vins : sec, doux, effervescent ou rouge. Une autre version de ces sorties est labellisée « écotourisme » par la région Grand Est. Elle obéit un cahier des charges comme le questionnaire de satisfaction distribué à la fin. Elle met l’accent sur la découverte de la biodiversité présente dans le vignoble. Un jeu de questions-réponses en français ou en anglais rythme le parcours. La prestation est payante à hauteur de 10 € par adulte, 5 € par enfant et 25 € par famille. « Le domaine pratique un niveau de prix qui demande de montrer au public comment nous travaillons. L’objectif de ces balades est donc de faire comprendre la qualité de nos vins. Il faut dire ce qu’il y a derrière une bouteille, quelle est la vraie valeur d’un verre de vin » justifie Dominique. La randonnée pédestre annoncée par l’office de tourisme concerne de vingt à soixante-dix participants qui « montrent du répondant » la plupart du temps. La sortie écotouristique est limitée à trente personnes. « Là, le public est souvent urbain. Le faire participer n’est pas toujours évident tant les gens sont très éloignés de la nature. Les échanges sont maigres, alors que je ne veux pas juste tenir un monologue. En outre, la dégustation vins et fromages suppose une intendance assez lourde et du temps alors que le retour en achat reste faible. Les gens apprécient, mais il n’est pas certain que je continue ».  

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