Dispositif RSA Vendangeurs
« Ça permet de nous relancer »
Dispositif RSA Vendangeurs
Publié le 16/09/2018
Lancé au mois de juillet, le dispositif RSA Vendanges, qui permet de cumuler l’allocation du RSA et l’emploi saisonnier de vendangeur, est effectif depuis ces vendanges 2018. Un bon moyen de remettre un pied dans l’emploi pour les allocataires tout en apportant une main-d’œuvre bienvenue aux viticulteurs.
Présenté il y a deux mois à la presse (lire en page 27 de notre édition du 27 juillet 2018), le dispositif RSA Vendanges, qui permet de cumuler l’allocation du RSA et l’emploi saisonnier de vendangeur, a fait ses premiers heureux ces dernières semaines. Au domaine Bott, à Ribeauvillé, ce sont deux bénéficiaires du RSA qui sont venus gonfler les rangs des vendangeurs cette année. Plus globalement, il est impossible de savoir combien de personnes au total bénéficient de ce dispositif à l’occasion de ces vendanges 2018. « Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il n’y a aucune discrimination au moment du recrutement », souligne la présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert. En revanche, les chiffres en matière de recrutement de vendangeurs sont plutôt excellents cette année dans le Haut-Rhin : 349 postes proposés et pourvus dans le bassin de Guebwiller, 1 005 postes proposés et 955 pourvus dans le bassin de Colmar, et 425 postes proposés et 400 pourvus dans le bassin de Sélestat qui comprend le nord du département. Est-ce dû au dispositif RSA-Vendanges ? Impossible à dire en l’état. « Tout ce qu’on sait, c’est que les viticulteurs ont trouvé 95 % de leur main-d’œuvre pour ces vendanges. Cela n’était pas arrivé depuis de nombreuses années », se satisfait Brigitte Klinkert. En effet, comme le rappelle Simone Kieffer, chargée de mission à l’Association des viticulteurs d’Alsace, les problèmes de recrutement des vendangeurs sont un phénomène récent nourri par plusieurs facteurs : la précocité des dates de vendanges qui met l’Alsace en concurrence avec d’autres vignobles qui vendangent en même temps, et un « changement sociétal » avec des personnes qui s’inscrivent pour vendanger mais finalement ne viennent pas sans donner d’explication. « C’est quelque chose qui n’existait pas dans le temps », fait-elle remarquer. Un « marchepied » pour le retour à l’emploi Nécessairement, ce dispositif « gagnant-gagnant » RSA Vendanges permet d’apporter une réponse à une problématique. D’une part, il lève les freins administratifs, d’autre part, il est incitatif financièrement pour le bénéficiaire du RSA. David Barbeau, recruté pour la deuxième année consécutive par le domaine Bott pour les vendanges en sait quelque chose. L’an passé, il avait dû abandonner son allocation RSA pour travailler quelques semaines. S’il a bien gagné son salaire de vendangeur, il a déchanté pendant les fêtes de fin d’année où il ne lui restait plus que 150 euros. « Ce n’était pas la joie. Avec ce dispositif, on double nos revenus. C’est très motivant pour la suite. Ça permet de nous relancer », explique-t-il. Malgré son diplôme de maçon obtenu il y a six ans, ce natif de Ribeauvillé n’a jamais réussi à trouver en emploi fixe et pérenne. « Uniquement des petits boulots ou de l’intérim, rien de très concret à chaque fois. Et puis on était perdants à 100 %. Avec un job de trois semaines, on nous déduisait autant que ce qu’on touchait en un mois avec le RSA. » Pourtant, impossible pour lui de rester chez lui « à ne rien faire ». « Ce n’est pas convenable. On se sent mou et délaissé. Ici au moins, même si le travail est physique, je suis en plein air et l’ambiance avec les autres est conviviale. Ça fait du bien. » Comme David Barbeau, une majorité de bénéficiaires du RSA seraient motivés de travailler grâce à ce dispositif mis en place par le Conseil départemental du Haut-Rhin. « Vous n’imaginez pas combien de bénéficiaires sont frustrés de ne pas pouvoir vendanger à cause de problèmes de déplacement, de garde d’enfants ou de santé. Pour eux, l’intérêt est financier et social », assure Stéphane Mathieu, directeur de Contact Plus, une structure qui aide les bénéficiaires du RSA à retrouver un emploi. « C’est un bon marchepied pour le retour à l’emploi », complètent les représentants de la MSA d’Alsace. « Et, c’est une première rencontre avec le monde agricole toujours en quête de main-d’œuvre pour le reste de l’année. Cela peut créer de nouvelles opportunités de recrutement par la suite. »












