Vigne

Dispositif RSA Vendangeurs Cueilleurs

Un dispositif « gagnant-gagnant »

Publié le 30/07/2018

Depuis début juillet, les bénéficiaires du RSA du Haut-Rhin peuvent cumuler la totalité de leur allocation avec un contrat de vendangeur ou de cueilleur. Un dispositif expérimental qui offre la possibilité de « remettre le pied à l’étrier de l’emploi » et qui répond aux besoins de main-d’œuvre des viticulteurs et des agriculteurs.

Désireux de favoriser le retour à l’emploi des plus démunis, le Conseil départemental du Haut-Rhin (CD 68) a pris, début juillet, une mesure exceptionnelle et expérimentale qui permet aux bénéficiaires du RSA de cumuler la totalité de leur allocation avec un emploi rémunéré de vendangeur ou de cueilleur de fruit. « L’idée est de lever les freins financiers et administratifs habituels pour que, d’un côté, ces personnes puissent remettre le pied à l’étrier de l’emploi, et que, de l’autre côté, les viticulteurs et agriculteurs disposent d’une main-d’œuvre de plus en plus difficile à trouver pour ces travaux saisonniers. Nous ne pouvons pas changer le mode de calcul du RSA, qui est décidé au niveau de l’État, mais nous agissons de façon pragmatique, en toute légalité », explique la présidente du CD 68, Brigitte Klinkert. Cette disposition a pu voir le jour grâce à un partenariat étroit avec la Caisse d’allocations familiales (Caf), Pôle Emploi, la Mutualité sociale agricole (MSA) et l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava). Ces trois derniers organismes collaborent déjà depuis 24 ans autour de la Cellule Alsace Vendanges, qui collecte les offres des viticulteurs et les met à disposition des demandeurs, quels qu’ils soient. Malgré cela, les professionnels déplorent toujours la difficulté à trouver de la main-d’œuvre pour ces travaux qui ne durent qu’une petite centaine d’heures réparties sur trois ou quatre semaines. « Depuis la fin des années 1990, la philosophie a changé. Avant, les gens venaient majoritairement faire les vendanges par plaisir. Aujourd’hui, c’est davantage le salaire qui intéresse », témoigne Julien Gsell, viticulteur à Orschwihr. Avec ce nouveau dispositif, applicable dès les prochaines vendanges, ils garderont la totalité de leurs droits RSA. Celui-ci ne peut néanmoins pas être généralisé à l’ensemble des professions, rappelle Brigitte Klinkert. « Il reste expérimental. On ne peut que le faire sur une durée donnée et avec un objectif précis. Les contrats courts proposés pour les vendanges ou la cueillette s’y prêtent bien. » L’idée est également d’attirer une main-d’œuvre locale, plus à même de répondre aux conditions particulières des vendanges. « Le travail est morcelé sur plusieurs semaines. Si on fait venir du personnel d’ailleurs, il y a le problème de l’hébergement qui rentre en ligne de compte. Avec une main-d’œuvre locale, on a plus de souplesse », ajoute le vice-président de l’Ava, Jean-Luc Galliath, qui précise aussi que « les vendanges restent un excellent moyen pour recruter des salariés pour les travaux qui ont lieu plus tard dans la saison. » Afin de trouver la ou les perle (s) rare (s), Pôle Emploi a créé un site internet qui facilite la mise en relation entre l’employeur et le candidat. Baptisée « Maintenant », cette plateforme ne demande pas de CV, et n’intègre aucun intermédiaire. En quelques clics à peine, chaque parti peut aboutir à un accord… « gagnant-gagnant », évidemment.

Institut d’État de la viticulture à Fribourg

Drones, conduite assistée et robots en démonstration

Publié le 28/07/2018

Le Deutsch Weinbauinstitut du Blankenhornsberger proposait le 18 juillet dernier à Ihringen une démonstration de drones, robots et autres engins téléguidés.

Toujours prisées des viticulteurs alsaciens, les démonstrations du Deutsch Weinbauinstitut (WBI Freiburg) avaient pour thème cette année les hautes technologies : drones, engins télécommandés, capteurs, GPS… L’institut de Freiburg s’est procuré un drone de traitement DJI Agras MG-1S. (Voir notre article « une drone de révolution se prépare », publié le 12 décembre dernier). Objectif : en évaluer son efficacité et acquérir des références en vue de faire évoluer la législation allemande sur les aéronefs en agriculture. Chez Clémens était présenté le C-Control, premier dispositif qui centralise simultanément dans un joystick toutes les commandes de transmissions depuis le tracteur à des engins animés - prises de force, sorties hydrauliques, relevages avant et arrière - avec mémorisation des commandes pour faciliter les manœuvres en bout de rang. La firme suisse Aebi, surtout spécialisée dans l’outillage d’entretien des espaces verts en forte pente et des terrains de sport, proposait un porte-outil radiocommandé, à centre de gravité particulièrement surbaissé pour les pentes les plus raides. Ce porte-outil fonctionne avec des batteries lithium-ion. L’originalité de la présentation résidait dans le capteur couplé à ce porte-outil. Le Row Crop Pilot est développé par la société allemande RobotMakers. Il permet d’autoguider l’engin grâce à un balayage laser et à un système de traitement des données de reconnaissance de formes lui permettant de circuler sans assistance humaine dans les rangées de vigne. Il était couplé à un chien-porteur Niko sur chenillettes. Chez Fendt, le Vario 210 VA était équipé du système d’autoguidage PSR de Reichhardt électronics, qui présente l’originalité de coupler le GPS et des senseurs (palpeurs mécaniques ou capteurs ultrasons) pour plus de précision de guidage. Deux autres outils d’aide à la décision étaient présentés dans les locaux du WBI : Vitimeteo Plasmopara, un modèle d’estimation du risque maladie développé par l’Agroscope et le WBI, et Weinmannpro, un logiciel de gestion et de traçabilité en cave. Retrouvez cet événement en vidéo :  

Déphy Tour 2018. Étape à Rouffach

Objectif : mieux traiter

Publié le 28/07/2018

Environ 200 viticulteurs ont participé au Déphy Tour 2018 qui faisait étape sur l’exploitation viticole du lycée de Rouffach. Au menu : drones, cuivre, panneaux récupérateurs, diffusion des matières actives dans l’air, et les témoignages de Florian Beck-Hartweg, vigneron bio, et de Christine Klein, responsable de l’exploitation viticole du lycée de Rouffach.

Organisé conjointement ou même simultanément dans tout le Grand Est dans différentes filières, le Déphy Tour se tenait le 19 juillet à Rouffach, où de nombreux vignerons sont venus écouter les intervenants. C’est dans le cadre du plan national Écophyto, publié en 2015, qu’a été mis en place le réseau de fermes Déphy, devant servir de référence technique pour engager la révolution technique qui vise à réduire de 25 % d'ici 2020 et de 50 % d'ici 2025 les épandages de produits phytosanitaires. Une équation délicate pour la filière viticole alsacienne, qui cherche parallèlement par tous les moyens à réduire ses coûts de production, dans un contexte économique tendu… Réduire l’IFT et donc la dose épandue Constitué en 2012, ce réseau comprend, s’agissant de la viticulture alsacienne, deux exploitations : celle du lycée viticole et celle de Florian et Mathilde Beck-Hartweg. Concrètement, elles sont le lieu de démonstrations, d’expérimentations, et servent de référence à l’élaboration de systèmes économes en intrants. Dans l’ensemble des filières, à l’échelle du Grand Est, et entre 2010 et 2015, l’indice de fréquence des traitements (IFT) a baissé de 12 % pour les grandes cultures, de 30 % pour les cultures légumières en plein champ, de 6 % en arboriculture et de 17 % en viticulture. Rappelons que l’IFT se calcule à partir du rapport entre la dose réellement appliquée et la dose de référence, elle-même définie à partir de la dose homologuée. Pour diminuer l’IFT, et donc pour être plus économe en produits phytosanitaires, il faut donc diminuer la dose épandue dans l’environnement. Comment ? Des panneaux efficaces mais encombrants L’Écospray de Lipco, un pulvérisateur à panneaux récupérateurs, était présenté par les établissements Niess. L’Écospray revendique 40 % d’économie de produit phytosanitaire grâce à son système de récupération et de recyclage des bouillies. De 20 à 70 % en réalité sur l’ensemble de la campagne en fonction de la densité de feuillage. Relativement encombrant, ce pulvérisateur dispose en outre de réglages hydrauliques sur la flèche. Le double essieu et les rampes/panneaux de pulvérisation lui permettant de rester parfaitement centré sur le rang de vigne. La démonstration a fait état d’un confinement parfait de l’application, sans aucune dérive. Quali’Drop Une autre solution, plus accessible pour réduire l’IFT, consiste à bien régler les pulvérisateurs, de manière à ce qu’un maximum de produit atteigne sa cible. C’était l’objet de l’atelier consacré à Quali’Drop de Syngenta, un banc d’essai d’évaluation de la bonne répartition de la pulvérisation. Le panneau cible permet de visualiser la bonne qualité du « mouchetage » révélant les impacts de gouttelettes et leur bonne répartition sur l’ensemble du plan de palissage de haut en bas. Et donc de régler en conséquence les buses et leur orientation pour éviter la dérive au-dessus du palissage et les pertes au sol. Drones : des avancées techniques à attendre Une autre voie d’avenir pour réduire le recours aux intrants réside dans la viticulture de précision afin de ne traiter que les zones touchées par les maladies ou les ravageurs. Au stand consacré aux drones, Arnaud Sohler, fondateur de la société AéroVision, présentait plusieurs engins équipés de caméras. L’état de la technologie des caméras dites multispectrales permet d’apprécier la vigueur, les stress hydriques, les pieds manquants et l’état de maturation pour les cépages rouges. Dans un avenir proche, on peut espérer qu’elles renseignent également sur les attaques fongiques. De manière à pouvoir ensuite cibler les traitements par drone sur la zone géoréférencée : c’était l’objet de l’autre démonstration proposée par Frédéric Billard, de la société Europulvé, spécialisée dans le contrôle des pulvérisateurs, et qui s’intéresse désormais aux drones de traitement. L’originalité de l’aéronef DroneVolt, présenté ce jour-là, réside dans le mode de traitement, avec une cuve à produits sous pression, donc sans pompe embarquée. Les premières applications concernent le maïs, avec la dispersion de capsules de trichogrammes pour lutter biologiquement contre la pyrale. Nous reviendrons ultérieurement sur le bilan de l’observation des flux de cuivre dans l’environnement à partir d’un dispositif mis en place sur une parcelle de l’exploitation du lycée, sur un exposé de Sylvain Payraudeau, de l’Engees, et sur le point proposé par Alfred Klinghammer sur les pollutions diffuses de produits phytosanitaires dans l’air, les mesures de surveillance et les prescriptions à venir sur ce dossier.

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