Vigne

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

Travailler sur la notoriété des vins d’Alsace

Publié le 06/07/2018

Après quatre petites récoltes en quantité, les ventes de vins d’Alsace ont connu une baisse du fait de faibles stocks et d’une concurrence toujours plus importante. Si le chiffre d’affaires global du vignoble régional a été préservé, un travail sur la notoriété des vins d’Alsace doit être mené. C’est l’ambition du Civa qui mise sur un développement de l’image et de la valeur des produits.

Le Civa veut conduire une politique de marque pour les vins d’Alsace en mettant l’accent sur leur image et leur valorisation. Après le choix d’un logo plus moderne depuis quelques semaines, le Civa prépare une nouvelle campagne de communication. « L’objectif est de renforcer la place des vins d’Alsace dans les intentions d’achat et la notoriété de l’appellation Alsace parmi les plus grands vins blancs du monde. Nous avons commencé à travailler sur tous nos projets. Mais cette dynamique nécessaire a un coût. Elle s’inscrit dans le cadre d’un budget prévisionnel qui nous permet de travailler sereinement puisque nous avons un déficit contenu (150 000 €). Nous avons également travaillé à la refonte de la commission technique du vignoble, présidée par Christophe Bertsch. 2018 sera une année placée sous le signe de la communication. Une communication améliorée entre le Civa et ses adhérents. Notre ambition est de favoriser les échanges, d’unir nos efforts pour faire progresser les vins d’Alsace », explique le président du Civa Didier Pettermann. Le Civa compte envoyer chaque année à ses adhérents un rapport d’activité plus concis, afin de rendre des comptes « pour qu’ils voient ce qu’on fait avec leur argent », a indiqué le directeur Gilles Neusch. Le premier exemplaire a été distribué lors de l’assemblée générale, vendredi 29 juin à Colmar. « Nous allons fournir plus d’indicateurs et des services plus performants aux viticulteurs. Quant aux actions de promotion à l’international menées sur 16 pays en 2017, elles seront redéfinies en fonction de la situation et de l’enjeu des marchés. Nous allons également développer la promotion « en ligne », avec du contenu numérique, de la communication et des campagnes de recrutement avec des sites partenaires. Enfin, nous comptons proposer des formations aux professionnels de la vente. Pour vendre des vins d’Alsace, il est essentiel de les connaître et de les apprécier », ajoute Gilles Neusch. Budget et conseil de direction L’assemblée générale du Civa a également permis aux représentants des différentes familles professionnelles de voter unanimement l’augmentation d’une quinzaine de centimes de la cotisation interprofessionnelle (qui passe de 7,38 € hors taxes/hl à 7,52 €). Cette contribution représente 83 % des ressources du Civa doté d’un budget d’un peu plus de 8 millions d’euros. Une situation budgétaire qui reste favorable avec un fonds de roulement important, de l’ordre de huit mois de charges brutes d’exploitation. La composition du bureau et du conseil de direction a été renouvelée. « Il s’agit d’un moment particulier puisque deux personnes quittent le conseil de direction après avoir rendu de nombreux services au Civa et avoir effectué un travail de qualité. Il s’agit de Pierre-Etienne Dopff et de Georges Wespiser. Ils étaient respectivement élus depuis 1992 et 1998. Ils sont remplacés par Etienne-Arnaud Dopff et Gilles Ehrhart », précise Didier Pettermann. Ce dernier entame un nouveau mandat à la présidence entouré de trois vice-présidents (Georges Lorentz, Yvan Engel et Serge Fleischer), d’un secrétaire général (Pierre Heydt-Trimbach) et d’un trésorier (Pierre-Olivier Baffrey). De la prévention Krystel Lepresle, déléguée générale de « Vin et Société » est intervenue dans le cadre de l’AG. « Vin et Société » a été créée en 2004 et fédère 21 interprofessions régionales et sept nationales. « Nous nous intéressons et nous intervenons sur tous les sujets liés à la santé publique, à la fiscalité, à l’éducation et au comportement face à la consommation du vin, à l’œnotourisme ou encore à la sécurité routière. Nous fédérons les acteurs du secteur. Nous prônons une consommation responsable, celle du plaisir, du respect, du contrôle de soi. Nous sommes un acteur de la prévention et nous nous sommes donnés comme mission d’informer de manière responsable », explique Krystel Lepresle. Elle a présenté le plan national santé actuellement en débat, dont certaines mesures inquiètent la filière viticole française. La mise en place d’un tarif plancher pour l’alcool en fait partie. « L’Écosse a été la première à la mettre en application. Si on appliquait cette taxation, le prix moyen minimum de la bouteille en France passerait de 3 € TTC à 5 € TTC. Les autres menaces portent sur l’augmentation des droits d’accises, l’interdiction de la publicité sur internet et les réseaux sociaux pénalisante pour l’attractivité des domaines et l’œnotourisme, et autour des établissements scolaires. Sur ce point, c’est particulièrement choquant, car cela signifierait que la filière ciblerait les écoles. C’est un mauvais signal pour la profession », s’agace Krystel Lepresle. La prudence est de mise cependant elle constate une évolution du discours gouvernemental selon la volonté du Président de la République Emmanuel Macron. Le plan de prévention en cours d’élaboration porte sur trois thèmes majeurs : prévenir des comportements et des situations à risques, favoriser la responsabilité dans la consommation, expérimenter des dispositifs cibles de prévention et les généraliser après évaluation. « Vin & Société est prête à prendre sa part dans la prévention. Nous venons de remettre notre plan au gouvernement. Il est chiffré à 500 000 €/an, et comprend notamment des propositions (taille et visibilité du pictogramme de contre-indication pour les femmes enceintes, formation du personnel en grande surface pour empêcher la vente d’alcool aux mineurs…). La filière vitivinicole a fait un pas considérable et veut montrer qu’il y a d’autres voies que des mesures prohibitives comme l’information ».

Publié le 05/07/2018

Difficile pour l’heure d’en évaluer l’impact volumique, mais le rot gris ou brun a fait son apparition dans le vignoble.

Dans un premier temps, les taches sur les baies faisaient penser à de l’échaudage, mais l’évolution plutôt foudroyante des baies ne laisse plus aucun doute : très rapidement, la baie se momifie jusqu’à complètement sécher. Le rot brun s’invite dans le vignoble. L’idée est de comprendre quand et comment se déroulent les contaminations. Le feuillage apparaissait d’ailleurs étonnamment « propre » en ce début juillet, eu égard aux pluies contaminatrices mais surtout dévastatrices des orages de juin. Le rot brun nous rappelle que le mildiou peut être extrêmement sournois, avec une progression tissulaire aussi dissimulée et silencieuse que ses symptômes sont foudroyants. Le caractère très dissimulé de la contamination-progression de la maladie porte d’ailleurs un nouveau coup au dogme de la protection raisonnée en fonction de l’observation de l’apparition des premiers symptômes. Et ce d’autant que les modèles mathématiques d’épidémiologie n’ont pas permis non plus cette année d’anticiper… Il est cependant bien spécifié que la contamination primaire donne des taches d’huile sur feuilles mais aussi du rot gris sur grappe. Pourquoi cette année y a-t-il finalement plus d’expression en rot gris qu’en tache d’huile ? Une réflexion scientifique sur les écimages trop hâtifs et la physiologie de la plante serait intéressante. La leçon des millésimes Ce fameux mildiou a opéré un sérieux éclaircissage sur les pinots du centre Alsace. C’est encore plus sérieux sur les pinots de Lorraine. Mais le vignoble alsacien est tout de même épargné comparé au Roussillon, dont la situation s’apparente à 2016 en Alsace… Comme en 2016, les viticulteurs se « font doubler » par la qualité sanitaire du feuillage sans songer que la maladie s’installe dans sa première phase à la faveur de pluies contaminatrices, et qu’elle n’apparaîtra que dans une vingtaine de jours ou plus. Il faut relire de ce point de vue le livre de Joseph Capus sur le mildiou de la vigne écrit à une époque (1920-1930), où les vignerons n’avaient pas de solutions de rattrapage et de produits curatifs. Ils avaient alors développé un sens de l’observation et des notations minutieuses, de manière à bien retenir la leçon des millésimes. Une traçabilité moins administrative et plus de terrain, en quelque sorte… Les avis divergent toujours sur la date de première intervention du traitement : le problème étant que les anciens et leur sens de l’observation ne sont plus là pour se quereller avec les modernes et leurs produits curatifs. Joseph Capus a tout de même légué au débat son livre en ligne sur internet, où il préconise d’intervenir 26 jours avant l’apparition de la première tâche, soit d’intervenir sur la contamination primaire. Un livre écrit à une époque cependant où il n’y avait que le cuivre sulfate. Quant aux planches sur la biologie et le cycle du mildiou, largement publiées, on ne peut y lire que le délai d’incubation secondaire de « 5 à 12 jours », ce qui n’incite pas tout à fait à traiter plus en amont… Après ce mildiou, le vignoble n’en aura pas tout à fait terminé avec les maladies : des vers de grappe sont signalés en certaines zones… une équation assez délicate étant donné l’abondance des grappes. La qualité de la maturité sera également dépendante de la météo avec des risques d’éclatement des baies. La pousse végétative rapide fragilise les tissus. Et, là aussi, des solutions fertilisantes pour durcir les tissus des végétaux mériteraient toute l’attention des sciences agronomiques.

Publié le 29/06/2018

Quelles conséquences physiologiques sont à attendre de cette première partie du cycle végétatif, marquée par une inflorescence globalement généreuse et une croissance rapide. En tout état de cause, les opérateurs du vignoble à la production seront « sur le pied de guerre » dès la mi-août.

Côté phénologie pour le riesling, la mi-débourrement était observée le 21 avril à Obernai. Et la mi-floraison le 27 mai pour Colmar Hardt, le 30 mai à Obernai, et le 3 juin à Ergersheim. Les prévisions de mi-véraison oscillent entre le 27 juillet et le 9 août. À la station de Bergheim où l’on a accès à l’historique des données, toujours pour le riesling, la mi-floraison s’est située autour du 29 mai. C’est la troisième mi-floraison la plus précoce après 2011 (le 26 mai) et 2007, (le 24 mai). À Bergheim, la mi-véraison serait aussi atteinte entre le 27 juillet et le 9 août. Rappelons que ce stade était atteint le 3 août en 2011 et en 2003, et le 1er août en 2007. Pour le gewurztraminer, la mi-véraison oscillerait entre le 21 juillet et 3 août. En 2003, la mi-véraison du gewurztraminer à Bergheim était le 24 juillet. L’ensemble de ces données est disponible sur le site du Civa, partie professionnelle. Bref ! le millésime 2018 peut d’ores et déjà être considéré comme précoce. Ce qui met les opérateurs en alerte dès la mi-août. Si toutefois les réserves hydriques restent suffisantes pour accumuler les sucres. Car il faudra de l’eau étant donné l’important potentiel de vendanges lié aux nombreuses inflorescences… Côté maladies, les vignerons pourront encore assister à un Labo vert à la cave de Cleebourg (67) le mercredi 4 juillet à 18 h. Sur mildiou et oïdium, le dernier bulletin de santé du végétal (BSV) se veut rassurant « Les pluies de la semaine dernière n’ont donc pas généré de fortes attaques. Plus aucun cycle n’est en cours. » De même pour l’oïdium : « L’état sanitaire est tout à fait satisfaisant, avec toujours, plus de 95 % des parcelles indemnes. » Le réseau Facebook de viticulteurs « Combien il a plu de mm » montre aussi qu’il a pu y avoir des pluies de début juin contaminatrices avec certaines parcelles bien tachetées en mildiou sur les feuilles. Rien à voir cependant avec ce qui s’est passé dans l’Hérault. La vigilance est de mise pour le mildiou mosaïque. Écimage lors de la pose du second fil de palissage « Le problème cette année avec cette pousse rapide, c’est que les vignerons qui ont coutume d’écimer en même temps que la pose du deuxième fil de palissage, ont coupé beaucoup trop tôt les cimes », fait observer un vigneron. Les feuilles sont le siège de la photosynthèse, là où s’effectue la production de sucres et de métabolites organiques nécessaires dans un premier temps à la croissance de la plante. Or la vendange 2018 s’annonce généreuse : il va falloir du sucre à la vigne pour remplir tous ses raisins et suffisamment d’eau pour le transporter et l’accumuler. Dès lors mieux vaut ne pas priver trop tôt la vigne de « ses capteurs photosynthétiques » et qu’il y ait au sol de la réserve hydrique… On distingue trois périodes principales durant le cycle végétatif de la vigne, où les flux de métabolites photosynthétiques diffèrent. Cela explique pourquoi l’écimage de l’apex et le rognage des deux plans de palissage peuvent devenir préjudiciables à la physiologie de la vigne et à l’accomplissement de la maturité. Du débourrement à la floraison, la croissance végétative s’effectue sur les réserves de la vigne. À partir de la floraison, les excès de sucres photosynthétisés dans les premières feuilles adultes et donc basales, migrent vers les organes en croissance : les jeunes feuilles apicales, les inflorescences (qui, à ce stade post-floraison, n’accumulent pas encore de sucres) et les radicelles. Après la floraison, et à mesure que les feuilles deviennent adultes, progressivement les métabolites photosynthétisés migrent dans les parties vivaces de la plante entière (bois, bras, tronc et racines). L’arrêt de croissance marque normalement le signal du stockage des sucres dans les différentes parties accumulatrices, bois et raisins.

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