Vigne

Jeunes vignerons indépendants d’Alsace

« Pour que nos vins fassent rêver, il faut qu’on rêve »

Publié le 21/07/2018

Respect de la personnalité, sensibilité environnementale, vins plutôt décarbonés et exprimant le terroir : ces traits de caractère générationnels sont communs à l’ensemble des vins des jeunes vignerons indépendants d’Alsace.

Ils ont une conscience environnementale plutôt aiguë, ils préfèrent des vins plutôt décarbonés, c’est-à-dire exprimant peu les typicités de cépages et plutôt sans sucrosité résiduelle, et ils misent sur du vin exprimant fortement la personnalité de son auteur : « Le but n’est pas de standardiser et que tout le monde se ressemble, au contraire, nos différences sont des richesses », expliquent les Jeunes vignerons du Synvira. Mais leur propos sur le « respect de la diversité » vise aussi à « éviter les logiques frontales intergénérationnelles », car au final, « le but est que l’Alsace réussisse et que chacun y trouve sa place ». Le groupe présentait ses vins chez Victor Roth, à Soultz, à des journalistes guidés dans le vignoble alsacien par l’interprofession et l’agence de communication Rouge Granit, les 10 et 11 juillet derniers. Des vins de forte personnalité avec si possible l’empreinte géologique du terroir. Au départ, le Civa avait approché trois jeunes vignerons, dont Victor Roth, pour rencontrer ces journalistes. Mais à son initiative, Victor Roth a préféré que cette visite de presse en Alsace profite à l’ensemble du groupe des jeunes. C’est un autre trait de caractère de cette génération. Solidaire quand il s’agit d’argent collectif. Désireuse de « passer à autre chose » Ils se sont donc mobilisés pour présenter un panel de vins représentatifs de cette nouvelle génération de vignerons qui fonctionne différemment, désireuse de « passer à autre chose », souligne Denis Hébinger, tant au plan sociologique qu’environnemental. Extrêmement dynamique, attachée à son indépendance pour mieux exprimer ses personnalités, cette génération de jeunes vignerons revendique l’élaboration de vins éloignés du classicisme alsacien : des vins sans sucrosité apparente, plutôt vineux et minéralisés, plutôt que typés cépage. « Ce qui nous importe c’est de communiquer sur le terroir », explique Denis Hébinger. « On rentre chez un caviste, on y voit une bouteille dans le rayonnage, et on est incapable de dire d’où vient cette bouteille », développe Mathieu Deiss. « Donc on va faire une carte des crus. Peut-être cette carte est-elle un « acte politique » au regard du projet de hiérarchisation en cours, mais elle est surtout « un outil pour le grand public, partant du constat que chez le caviste, globalement, le consommateur est incapable de situer d’où vient une bouteille, alors que pour n’importe quelle bouteille de bourgogne, on sait d’où elle vient », poursuit le jeune vigneron. « Comment donner envie à des producteurs de s’inscrire dans un cadre s’il n’existe pas, s’il n’a pas de réalité ? », interroge-t-il. Et le fondement du cadre, ce sont les 119 communes du vignoble habilitées à élaborer du vin d’Alsace : « Un lieu-dit, s’il n’a pas de commune, c’est compliqué. Nous avons donc nommé un référent par village. Le but est aussi de discuter des terroirs, que nos villages puissent partager ces informations ». Un groupe foisonnant Le groupe se dit « foisonnant, avec plein de projets dans ses cartons ». Mais il fonctionne comme un collectif plutôt qu’en association : « Celui qui a une idée la porte. » Ce fonctionnement a déjà accouché de quelques événements retentissants qui ont apporté un souffle de fraîcheur dans le vignoble. « L’idée du partenariat avec les Étoiles d’Alsace, dans le cadre de la formule jeune, était portée par Arnaud Baur », explique Denis Hébinger. Ce qui a donné lieu à l’événement aux Haras de Strasbourg, et permis de capter un public jeune jamais rencontré jusque-là… Les jeunes vignerons ont d’autres projets : Ils se réunissent régulièrement chez l’un ou l’autre avec un intervenant-formateur. « L’idée est que les jeunes qui s’installent aient des relais, partagent des informations, sur des sujets comme la succession, le droit rural, le packaging, la communication non violente en entreprise familiale… » Attaché à son indépendance, chaque vigneron du groupe a démarché deux entreprises susceptibles de le sponsoriser. Résultat, il disposera d’un budget de fonctionnement et donc d’une autonomie décisionnelle et d’action. On devrait retrouver certains de ces jeunes vignerons et leurs vins, le 28 juillet prochain à la Villa Tschaen, une galerie d’art de Colmar.

Communiqué de presse CIVA - Estimation de récolte 2018

L’Alsace est optimiste et espère engranger une récolte supérieure à 1 Mhl

Publié le 20/07/2018

Les prélèvements pour les prévisions de récolte 2018 ont été réalisés le 21 et 22 juin. Les comptages s’appuient sur un réseau 200 parcelles représentatives de l’encépagement, des spécificités pédoclimatiques alsaciennes et de l’état sanitaire du vignoble. À ce jour, ce travail d’estimation laisse entrevoir une belle vendange, à condition qu’elle ne subisse pas d’aléas climatiques défavorables avant vendange.

Après un millésime 2017 marqué par le gel et une faible récolte, le millésime 2018 s’annonce de belle qualité. La fertilité est au rendez-vous mais avec un nombre de grappes qui cache toutefois une disparité en termes de poids entre les parcelles mais surtout entre sous-régions. Ce qui caractérise ce millésime, c’est la taille des baies plus que la taille des grappes en elles-mêmes, garantissant un volume de développement important pour la suite du millésime. On notera également que le muscat et le gewurztraminer sont en deçà des autres cépages, en raison de la coulure pour les muscats et de grappes de petite taille pour le gewurztraminer. Cette belle fertilité s’explique par les conditions climatiques favorables lors de l’initiation florale en 2017. Pour rappel, l’initiation florale se réalise l’année n-1, au moment de la floraison, et est fortement dépendante de la température et de la luminosité. Ces deux derniers facteurs ont été au rendez-vous lors de la floraison 2017 et ont impacté positivement la fertilité de ce millésime 2018. Après une année 2016 où la vigne a eu tendance à s’épuiser avec une charge en raisins conséquente et un stress hydrique tardif, la faible charge de 2017 permettait d’entrevoir une bonne mise en réserve pour la plante. En conclusion, le millésime 2018 a débuté avec toutes les chances de son côté. Retour sur le millésime 2018 Avec des températures fraîches en sortie d’hiver, le millésime semblait s’annoncer dans la moyenne au niveau de la phénologie, du moins au moment du débourrement qui a eu lieu le 12 avril 2018 sur le site de Bergheim. Ensuite, le vignoble a bénéficié d’une météo très favorable à la croissance végétative de la vigne avec des températures chaudes, y compris la nuit, accompagnées d’un régime orageux occasionnant des pluies souvent conséquentes. Ce régime orageux a conduit à une croissance extrêmement rapide de la vigne, avec un développement important des entre-cœurs. Le millésime a finalement pris de l’avance avec la mi-fleur enregistrée le 29 avril pour le site de Bergheim, faisant du millésime 2018 le 3e plus précoce à ce stade après 2011 et 2007. La floraison a globalement eu lieu dans de bonnes conditions sur le vignoble, bien qu’isolément la pluie ou le vent aient pu perturber cette dernière et provoquer un peu de coulure. Il convient d’être toutefois vigilant afin de maintenir le potentiel de vendange dans un bon état sanitaire, aussi bien vis-à-vis du mildiou que de la pourriture. Un risque lié au stress hydrique estival est également bien présent au vu de la végétation que la plante doit alimenter. Situation phytosanitaire 2018 Depuis la fermeture de la grappe, l’anticyclone s’est installé, permettant aux vignerons de finaliser les travaux en vert et l’entretien des sols. Le mois de mai a battu des records de températures et de précipitations orageuses occasionnant localement de forts ravinements. Le mildiou aurait dû apparaître plus abondamment mais il semble que les conditions sèches et venteuses du début du printemps aient calmé ses ardeurs. Mais début juillet, il fait une apparition remarquée, principalement sur feuilles. Les pluies répétées ont ouvert une faille dans la protection phytosanitaire, occasionnant du « rot brun » sur grappes. L’oïdium reste discret à ce jour. Les vers de la grappe, discrets également en première génération, se retrouvent un peu plus sur la seconde génération qui a démarré très lentement mais est restée limitée. Un millésime précoce comme celui-ci occasionnera une maturation principalement sur le mois d’août, ces conditions chaudes d’été sont très souvent favorables à des départs de pourriture occasionnés par des éclatements ou des blessures sur les baies. 2018 a d’ores et déjà battu des records de précocité en termes de développement végétatif, en moyenne la fermeture de la grappe à trois semaines d’avance par rapport à une année normale (moyenne des 30 dernières années). En parallèle, la charge présente laisse augurer d’une belle récolte en quantité et en qualité, sous réserve d’accidents climatiques, de pourriture, ou de blocage en cas de stress hydrique marqué.

Du 20 au 22 juillet à Ribeauvillé

La fête autour du vin et de la gastronomie

Publié le 17/07/2018

La 90e fête du vin de Ribeauvillé, associée pour la onzième année consécutive à la gastronomie, se déroule les 20, 21 et 22 juillet à la salle du Parc et au Jardin de la ville. Le syndicat viticole a concocté un programme festif avec des accords mets et vins qui vont attirer gourmands, touristes et passionnés.

La fête du vin de Ribeauvillé est la plus ancienne d’Alsace puisqu’elle annonce cette année ses 90 ans ! Une édition parrainée par Gilles Neusch, directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), et Jean-Luc Brendel, chef étoilé de la Table du Gourmet à Riquewihr, qui seront présents lors de l’inauguration, vendredi 20 juillet à 16 h 30. 24 vignerons, un distillateur, huit restaurateurs, deux pâtissiers et un fromager de Ribeauvillé et alentours uniront pendant trois jours leurs savoir-faire afin de donner naissance à des accords mets et vins époustouflants, pour le plus grand plaisir des épicuriens. 90 ans, ce n’est pas rien ! Pour marquer le coup, les restaurateurs proposeront des recettes anciennes remises au goût du jour. Pas moins de 270 vins, dont des grands crus réputés et crémants d’Alsace, seront proposés à la dégustation dans la salle du Parc. Une expérience gourmande unique attend les visiteurs, dans le cadre festif et convivial du Jardin de ville de Ribeauvillé. Samedi 21 juillet à 16 h, c’est Philippe Nusswitz, natif de Ribeauvillé, meilleur sommelier de France et meilleur sommelier international en vins et spiritueux français en 1986, qui commentera la dégustation sur le thème : « Ribeauvillé et environs : terroirs de jouvence ? Dégustation de vins du siècle dernier ! » Cook show Et que serait la manifestation sans cette figure emblématique du vignoble qu’est Pascal Lacom ! C’est lui qui sera chargé de mettre l’ambiance dès vendredi soir. Samedi soir, l’animation musicale sera assurée par l’orchestre Jean Chrispal. Dimanche, l’apéritif concert sera animé par l’orchestre folklorique « les Wiemeckla », de 11 h à 15 h, puis ce sera à nouveau Pascal Lacom, jusqu’à la fermeture ! À 17 h, moment festif à ne pas manquer : le « battle de cook show », avec deux chefs, deux commis vignerons, un plat à préparer et un jury. Sans oublier, tout au long de ces trois jours festifs et gourmands, la fête foraine au Jardin de ville et le bar à vins sous le chapiteau. « Nous proposons un programme complet et varié. Nous insistons sur la qualité des mets et des vins proposés par les viticulteurs et les établissements partenaires. Si les viticulteurs sont des fidèles de la foire, un nouveau domaine, Gustave Lorentz de Bergheim, vient rejoindre les rangs. Les restaurateurs nous préparent des plats succulents, tout comme Daniel Zenner, également un fidèle de la foire de Ribeauvillé », se félicite Francis Fischer, président du comité de la foire aux vins de Ribeauvillé.

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