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Moins de foire, plus de vins
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Publié le 14/06/2018
Le syndicat viticole de Ribeauvillé a revisité la formule de sa foire aux vins il y a dix ans. En l’associant étroitement à la gastronomie, il en recueille aujourd’hui les fruits.
« La fête du vin de Ribeauvillé ». Ce nom a traversé les siècles. La première est mentionnée en 1875. La suivante s’est déroulée en 1921. La Seconde Guerre mondiale a empêché la tenue d’autres éditions. Mais en 2018, la fête qui revendique la place de plus ancienne en son genre en Alsace, célèbre fièrement sa 90e édition. Au fil des ans, cette doyenne a longtemps hésité entre centre-ville et jardin de ville avant de se fixer. « Je me souviens du temps où elle se partageait entre le caveau et la place de la mairie. Les gens s’arrêtaient volontiers. Les vins génériques et la tarte flambée tenaient la corde. On échangeait ses francs contre des jetons. C’était très festif et cela se passait très bien économiquement » raconte Francis Fischer, président du syndicat viticole de Ribeauvillé. Dans les années 2000, les premières interrogations se font jour. Dans une salle soumise aux changements de la météo, les vins sont tantôt servis trop chauds, tantôt trop froids. « Les conditions de dégustation étaient perfectibles, les vins pas suffisamment valorisés » résume sobrement Francis. En 2008, le syndicat change son fusil d’épaule. La fête revient au jardin de ville pour ce qui ressemble à une installation définitive. « Il y a de la place pour se garer. La salle du parc peut accueillir beaucoup de monde à la fois. Elle a l’immense avantage d’être climatisée. Les vins sont dans des conditions optimales. C’est essentiel dans les nouvelles orientations prises » indique Francis. Rebaptisé « la fête du vin et de la gastronomie », l’événement invariablement programmé le week-end suivant le 14 juillet s’est donné une nouvelle priorité : l’accord mets/vins. Le syndicat s’associe pour l’occasion à huit restaurateurs, deux pâtissiers, un fromager et un distillateur du cru. Chaque chef reçoit mission d’inventer un plat en le mariant à deux vins qui peuvent l’accompagner. Chaque duo est servi aux stands alignés dans l’allée de la gastronomie qui relie la salle du parc au chapiteau qui abrite les soirées dansantes. Le syndicat a également voulu rythmer les trois jours. Ils démarrent avec une inauguration le vendredi à 16 h 30 parrainée par une personnalité du monde politique, gastronomique ou économique, en l’occurrence en 2018 Gilles Neusch, directeur du Civa. Le samedi à 15 h, un sommelier aborde un thème. Philippe Nusswitz parlera cette année des vins du XXe siècle. Comme il n’est pas question de mélanger les genres, la dégustation n’est ouverte qu’après coup. Le dimanche, l’apéritif concert est incontournable. Une « bataille » entre deux chefs, mis au défi de réaliser le même plat, anime l’après-midi devant le jury chargé de les départager. Servir un vin, pas un numéro ! Les vins restent bien entendu les rois du week-end car le but est « moins de faire la foire, que de montrer davantage les vins ». Chaque exposant peut en sélectionner quinze au maximum, dont au moins un du dernier millésime. « Aujourd’hui, la tendance est nettement de mettre les grands crus en avant. Le programme les présente en détail. Parmi les cépages, le riesling est le mieux représenté. Les échantillons sont typés. Ils montrent de la minéralité et de la fraîcheur » note Francis. Les verres sont jaugés à 4 cl. La salle du parc ferme à 22 h 30 car l’objectif est clairement de faire la promotion des vins. « Le viticulteur est là pour rencontrer le public. Il veut lui parler de son métier. Lui servir un vin, pas le numéro que porte l’échantillon ! Nous avons adapté la manifestation à l’évolution de la société. La finalité est que les visiteurs se souviennent favorablement de ce qu’ils ont bu et mangé pour qu’ils retournent chez le viticulteur et/ou chez le restaurateur » insiste Francis. Même en l’absence de statistique sur le nombre exact d’entrées, Francis est persuadé que « cette formule draine plus de monde qu’auparavant ». Environ deux tiers des participants habitent le secteur. « Certains habitués viennent chaque soir. Il est vrai que le rapport qualité/prix est imbattable » assure Francis. Depuis cinq ans, le syndicat équilibre son budget. « Hors de question de retourner dans le rouge ! Heureusement que nous pouvons compter sur le concours de plusieurs partenaires et celui en premier lieu de la ville de Ribeauvillé. L’expérience nous permet d’une part d’être de plus en plus rigoureux dans l’organisation et d’autre part de bien gérer les achats ». Le bénéfice qui subsiste est réinvesti dans le matériel. Chaque édition est suivie de deux réunions bilan, l’une avec les viticulteurs et les métiers de la bouche, l’autre avec la commission de préparation qui s’attelle à la tâche dès février/mars.












