Vigne

Premier Vélo Vino Tour au Domaine de la ville de Colmar

À la conquête des grands crus à vélo

Publié le 27/05/2018

Ce dimanche, de nombreux cyclistes convergeaient vers le Domaine viticole de la ville de Colmar dans le quartier de la Mittelharth où se déroulait la toute première édition du Vélo Vino Tour.

À l’instar d’autres manifestations ponctuelles organisées par le Domaine de la Ville de Colmar, le Vélo Vino Tour s’inscrit dans une stratégie de renouvellement et d’élargissement de la clientèle au-delà de la région. Cet événement se veut sportif, dynamique, ludique et bien entendu gourmand avec la dégustation de quatorze vins, s’inspirant des marches gourmandes. Un pari qui a nécessité une logistique et une organisation solide, mobilisant une quarantaine de collaborateurs qui ont assuré la distribution de kits au départ. Mais également le service des vins et des mets sur les différents circuits, ainsi que le fléchage, la sécurité sur le parcours et la réparation de cycles. Le top départ des premiers cyclistes a été donné par le 1er adjoint au maire Yves Hemedinger, qui a procédé au coupé le ruban, entouré du directeur du Domaine Serge Fleischer. Plus de 100 à 150 personnes étaient attendues, pour finalement atteindre plus de 300 participants. Comme l’a souligné Yvan Furstoss, l’un des organisateurs, « on a même dû refuser du monde, mais ils seront prioritaires pour la seconde édition l’an prochain ». Les cyclistes, venus de divers horizons, en famille ou avec des amis, ont eu l’opportunité de découvrir le monde du vin d’une façon inédite et plaisante, qui a fait l’unanimité. Trois circuits de difficultés progressives en VTT ou VTC étaient proposés ; bleu pour les débutants (environ 35 km), rouge pour les habitués (environ 40 km) et noir pour les cyclistes confirmés (environ 50 km). Un quiz sur le domaine et ses grands crus a permis aux plus perspicaces de gagner de nombreux lots lors du tirage au sort. Les cinq haltes gourmandes qui ont ponctué le parcours, étaient accompagnées : d’un crémant Chardonnay, de onze Grand Crus et Lieux-dits issus notamment du domaine de Dusenbach à Ribeauvillé, qui a rejoint le domaine en début d’année. Un vin des hospices civils de Colmar et un gewurztraminer vendanges tardives ont conclu la découverte. Après l’effort le réconfort, au retour, les participants ont bénéficié d’une tarte flambée offerte autour d’une buvette. Cette première édition au vu de son succès, est appelée à devenir un événement incontournable du dimanche de la Pentecôte : rendez-vous est donné dès à présent le 9 juin 2019.

Distillerie de Sigolsheim

Une nouvelle chaudière à vapeur

Publié le 24/05/2018

La distillerie Romann de Sigolsheim, propriété du groupe Grap'Sud, organisait une journée portes ouvertes mercredi 16 mai. L’occasion de faire découvrir ses installations et notamment sa nouvelle chaufferie : une centrale de production de vapeur, un nouvel investissement de 800 000 €.

La grande fumée blanche qui s’échappe de la cheminée, c’est de la vapeur d’eau. La vapeur est un élément essentiel dans le process de production de l’entreprise. Elle permet de limiter les odeurs à une semaine par an. Soucieuse de sécuriser son outil industriel et de diminuer ses dépenses en énergie, la distillerie a confié à Engie Cofely le soin de trouver une solution qui optimise le fonctionnement de la société. Ce partenariat a pris la forme d’une coconstruction pour mettre en œuvre la solution la plus adaptée au site. Le contrat, qui lie les deux protagonistes pour une durée de dix ans, comprend l’installation de la nouvelle centrale, son financement, sa maintenance et son exploitation, tâche incluant la vente de vapeur. « La production de vapeur, jusqu’à 6 tonnes par heure, permet entre autres de chauffer les colonnes de distillation. La centrale fonctionne au gaz. C’est une énergie fossile, mais beaucoup plus propre. Elle permet de réduire de 44 % l’émission de CO2, soit 1 350 t de CO2 par an, ce qui correspond à un trajet en voiture de 6 900 000 km. Elle assure aussi une production plus stabilisée de vapeur », explique Erwin Brouard, directeur de la distillerie de Sigolsheim. Créée en 1958, la distillerie est devenue en 2007 une filiale du groupe Grap'Sud. « Notre slogan, c’est « L’autre richesse du raisin ». Nous valorisons les sous-produits de la viticulture », souligne Guy Lautier, président de la distillerie Romann. Depuis 2008, les investissements sont ininterrompus. Il y a eu les mises aux normes électriques, sécuritaires et environnementales, mais également la purification des eaux résiduelles. Aujourd’hui, le site est agréé ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement). L’établissement alsacien, qui fait travailler 18 personnes dont 13 permanents et réalise un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros, fabrique chaque année de 10 000 à 15 000 hectolitres d’alcool pur. Il s’agit de distillat (liquide issu de la condensation de vapeur), d’eaux-de-vie de vin, de biocarburant. Il produit également de l’acide tartrique, élément prisé des professionnels du bâtiment et des œnologues désireux de conférer plus de caractère à un vin. Le secteur agroalimentaire utilise ses extraits de vins, ses pulpes et des pépins de raisins. La parfumerie se sert des essences de lies. La nutraceutique est férue des pépins polyphénols de raisin que l’on dit bons pour la santé. Quant aux animaux, ils ingèrent volontiers les aliments à base de pulpes et de pépins polyphénols de raisin. Des déchets entièrement valorisés « Nous pouvons stocker 40 000 hl de lies et de vins et 300 hl d’alcool pur. Nous sommes capables de réceptionner l’ensemble de la viticulture alsacienne et même d’autres », précise Erwin Brouard. La production génère des déchets entièrement valorisés. Les vinasses, restes de distillation contenant une forte dose de potasse, servent d’amendement organique déversé sur les champs. Elles contribuent aussi à la production de biogaz dans les unités de méthanisation. Les eaux sont recyclées et traitées dans la station d’épuration de la distillerie. D’autres résidus comme les rafles tiennent lieu de combustible pour le sécheur biomasse, ce qui permet à l’entreprise d’être moins tributaire de l’énergie fossile.

Publié le 24/05/2018

La confusion sexuelle gagne régulièrement du terrain. En deux ans, les surfaces ont doublé en Alsace pour dépasser les 1 200 ha (1). L’expérience du syndicat viticole du Hatschbourg à Voegtlinshoffen-Hatstatt.

Autour de Voegtlinshoffen, le protocole de lutte contre eudémis et cochylis par confusion sexuelle obéit à une stratégie rodée depuis des années. Les deux dates de pose sont définies en mars après discussion avec Ampélys, le fournisseur des diffuseurs. C’est également ce dernier qui prévient par courriel ou courrier la centaine de viticulteurs, salariés, vendangeurs ou bénévoles, mobilisés cette année les matinées du 11 et du 18 avril pour couvrir les parcelles répertoriées sur une carte. Le vignoble est divisé en six secteurs constitués sur la base des chemins et des routes. Chaque zone est supervisée par un responsable dont la seule mission est de surveiller et de diriger la manœuvre d’une équipe de quinze à vingt personnes placées sous sa direction. « Il arrive qu’il constitue des sous-groupes pour tenir compte de données objectives du terrain comme des tournières, la longueur des rangs, les chemins » détaille Marcel Immelé, président du syndicat viticole du Hatschbourg. Dans les vignes en bordure de la zone confusée, celles qui encaissent les vents dominants en premier et celles bordant les surfaces englobées des quelques exploitants qui ne participent pas à l’opération, les diffuseurs sont accrochés tous les cinq pieds, un rang sur deux ou un rang sur trois selon que l’écartement est supérieur ou inférieur à 1,80 m. Cela équivaut à une densité de 500 diffuseurs/ha, voire un peu plus quand l’emplacement en première ligne ou le cépage (notamment pinots gris et noir) justifie le doublement du nombre de diffuseurs. Elle est ramenée à 350 au cœur des grands blocs confusés. « Retrouver et contacter les propriétaires et les exploitants de toutes les parcelles a constitué un gros travail. Nous organiser a été un autre défi. Il faut des cartes. Nous avons mis cinq ans avant de bien trouver nos marques » souligne Marcel. Il y a dix ans, le syndicat a fait le choix de passer des Rak 1+2 aux Isonet 1+2. « Question de coût » indique Marc Immelé, le fils de Marcel. « La concurrence a joué. Il n’y a pratiquement plus aujourd’hui de différence de prix entre les deux produits » commente Francis Weber, agent relation cultures chez Ampélys. Un confort de travail « La confusion sexuelle est acquise. Chaque année, la question de son engagement est posée à chaque viticulteur. Aucun ne songe à revenir en arrière. Parce que ça marche. Le suivi des vols par des pièges le prouve » analysent Marcel et Marc. À leurs yeux, ce traitement les place mieux qu’un insecticide classique face au risque. « L’efficacité de cette solution est supérieure » affirme pour sa part Francis Weber. D’autres arguments jouent aussi. « Nous posons au printemps. Et nous ne nous en occupons plus. C’est une tranquillité d’esprit et un confort de travail, d’autant que la réglementation n’autorise plus le mélange de l’insecticide avec une autre matière active. Il y a un passage de moins avec du matériel. On ne manipule plus de produit. En choisissant l’insecticide, il ne faut pas se louper sur son positionnement. À un moment où la pression environnementale se renforce, il est bon de pouvoir communiquer à propos d’un traitement qui ne laisse aucun résidu. L’image de la viticulture en profite » énumèrent Marcel et Marc. La confusion n’a pas encore convaincu tout le monde. Son coût est souvent cité comme étant le principal frein à son développement. L’écart brut entre les deux techniques se chiffre à une centaine d’euros/ha. Le syndicat de Hatschbourg effectue une commande groupée et mutualise la facture. « Plus la zone est étendue, plus il est possible de jouer sur le nombre de diffuseurs/ha et donc de contrôler le coût final » estime Marc. Pour chaque membre du syndicat, la protection 2018 revient à 140 €/ha/HT quelle que soit la densité mise en place et sans autres débours. Un traitement insecticide correspond à un coût d’environ 40 €/ha auquel il convient d’ajouter le coût du temps passé, le carburant consommé et l’amortissement du matériel. « En fin de compte, la différence est minime » insiste Marc. Marcel évalue pour sa part entre 20 et 30 ha la zone supplémentaire qui peut se rattacher au bloc existant. « La difficulté est que plus la surface augmente, plus on touche des viticulteurs venant d’autres communes qui exploitent des parcelles isolées. Cela complique l’organisation de la pose. Ce sera le cas tant que la confusion sexuelle ne soit partout la règle ».  

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