Vigne

Publié le 26/04/2018

Depuis leur lancement en septembre 2017, les dîners des Grandes maisons d’Alsace font un tabac. Zoom sur celui qui a lieu début avril au restaurant l’Ami Fritz à Ottrott.

Les dix places de chacune des cinq tables dressées sous le tableau où le légendaire Ami Fritz est lui-même attablé, sont occupées. Les vins de la soirée, débouchés pour une dégustation de sécurité, attendent dans de grands seaux remplis de glaçons. Marie-Paule Sturm-Gilardoni, secrétaire générale du Groupement des producteurs-négociants du vignoble alsacien (GPNVA), accueille les convives. Joël Spiess enchaîne. La consigne est d’être succinct et surtout pas « trop technique ». Il a cinq minutes pour se présenter, lui, la maison Jean Hauller de Dambach-la-Ville qu’il dirige, et le crémant haut de gamme Le Quatre qu’il produit et qui est servi ce soir-là en guise d’apéritif. « Quatre ans d’élevage pour un effervescent, c’est particulier » lance avec une moue admirative vers son épouse l’un des convives assis en tête de l’une des tablées. Patrick Fritz, le chef de l’Ami Fritz, intervient à la suite pour détailler les plats. Pascal Leonetti, ex-sommelier désormais reconverti dans le conseil en vins, anime la soirée. Il est le dernier de ce trio qui se succédera avant chaque service tout au long des presque trois heures que va durer ce dîner. Il promet à chacun qu’il va « découvrir le vin d’Alsace sous un profil qu’il ne connaissait pas ». Le premier plat arrive. L’escalope de saumon à la crème de ciboulette est associée à un muscat 2016 que la maison Klipfel fait naître au clos Zisser dans le Kirchberg de Barr et à un riesling Kaefferkopf 2012 de la maison Kuehn d’Ammerschwihr. Ce mariage ne doit rien au hasard. Mandaté par le groupement, Pascal Leonetti a travaillé bien en amont de la soirée. Il a commencé par le choix des vins. Il a visité les trente-deux adhérents du GPNVA pour goûter leur production. « Toute la cave lui était ouverte. J’ai aussi proposé des vins. Il se projetait déjà dans les accords » raconte Olivier Raffin, gérant de la maison Kuentz-Bas à Husseren-les-Châteaux. « J’ai ma liste de tables réputées pour leur cuisine et leur carte des vins. Je retiens des bouteilles. Je suggère au chef les ingrédients qui vont avec et je lui laisse carte blanche pour créer le plat » explique Pascal. Un dîner test avec les producteurs négociants précède chaque jour J afin de décider d’éventuels ajustements. « L’objectif est d’obtenir des accords d’un haut niveau de réussite sur la base du profil d’un vin, de son équilibre, de sa définition minérale, sans oublier de tenir compte de la saisonnalité des produits » poursuit-il. Au-delà, il entend « montrer l’extrême diversité des Alsace et en jouer pour prouver leur grandeur ». Un dîner par mois, dix par an Entre producteurs et participants les discussions vont bon train. Elles abordent les grands crus, les cépages, les techniques de production de la vigne et du vin. Deux pinots gris, l’un né dans le Kirchberg en 2008, l’autre dans l’Eichberg en 2007, illustrent le prochain accord avec un mignon de porc laqué au miel et sa polenta crémeuse. « Vins et cuisine sont complémentaires. Les participants à de tels dîners dégustent des choses un peu hors normes. Tant mieux si ça peut faire découvrir et amener de nouveaux clients aux uns comme aux autres » commente Patrick Fritz. Marc acquiesce. Ce Strasbourgeois amateur de vins est un peu tombé sur la soirée « par hasard » en surfant sur la toile. De savoir qu’il y aurait des professionnels l’a « intéressé ». « Lors d’une visite de cave, je ne vois pas une pareille concentration de spécialistes. C’est une belle soirée conviviale qui m’a permis d’approfondir mes connaissances » dit-il. Assise à côté de son mari, Virginie goûte elle aussi ce moment. « Les producteurs viennent parler de leurs vins. Ils s’impliquent. Cela donne envie d’aller les voir chez eux » juge-t-elle. Le couple est déjà inscrit pour la prochaine soirée, début mai, à Barr. « Ces dîners ont adopté un rythme mensuel (1) depuis janvier dernier pour satisfaire l’engouement du public. Ce n’est pas le succès lui-même que sa rapidité qui est étonnante. Les gens sont curieux. La diversité des vins surprend. Chaque soirée fait le plein. Le GPNA les annonce sur les réseaux sociaux. Mais le bouche-à-oreille joue à fond. Certaines personnes reviennent. L’effet d’aubaine n’est pas à exclure, mais l’essentiel est que cela serve l’image des vins d’Alsace et celle des producteurs-négociants » commente Marie-Paule Sturm-Gilardoni avant le service d’un comté et d’un Bertschwiller accompagnés d’un riesling Pfersigberg 2001 et d’un auxerrois 2015 légèrement passé en fût de chêne. Les retombées sont difficiles à estimer, mais à table ce soir-là, des cartes de visite s’échangent. Un gewurztraminer sélection de grains nobles 2011 servi sur un tatin de mangue assure le bouquet final. La brigade de cuisine et l’équipe de salle se font applaudir à tout rompre. Des sourires éclairent tous les visages. La mission de promotion des vins d’Alsace associés à la gastronomie régionale est une nouvelle fois accomplie. La prochaine étape sera vraisemblablement de décliner dès l’an prochain la formule à Paris, Lyon ou ailleurs.

Publié le 25/04/2018

Organisée par Boris Kachelhoffer, du domaine André Ostertag d’Epfig, et Hubert Hausherr, du domaine éponyme à Éguisheim, la journée de traction animale a rencontré un franc succès sur le domaine Valentin Zusslin d’Orschwihr pour promouvoir le travail du cheval dans les vignes.

Samedi 14 avril, près de la chapelle du Bollenberg, la 4e journée de la traction animale en Alsace a été couronnée d’un franc succès. Le public est venu nombreux de toute l’Alsace viticole et même d’outre-Rhin pour assister à cette manifestation. Organisée à l’initiative de Boris Kachelhoffer et d’Hubert Hausherr, elle s’est déroulée dans les vignes du domaine Valentin Zusslin. Jean-Paul et Marie Zusslin représentent la 13e génération de vignerons de cette exploitation dont la création remonte à 1691. Cette journée fut d’autant plus marquante que les organisateurs avaient prévu une exposition de différents matériels utilisés en traction animale. Mais l’attrait principal fut la démonstration réalisée par des vignerons et des prestataires qui veulent recréer dans les entreprises des relations sensibles entre le végétal, l’homme et l’animal. Leur but fut parfaitement atteint même si le sol était humide. À l’heure du repas, les participants ont vécu un grand moment d’échanges et de convivialité. Puis Pascal Gilles, équithérapeute, a animé l’après-midi par une présentation enrichissante sur le chuchotement.

1er Vélo Vino Tour le 20 mai

Une manifestation ludique, sportive et gourmande

Publié le 24/04/2018

La première édition du Vélo Vino Tour organisée par le Domaine viticole de la ville de Colmar aura lieu le dimanche 20 mai. Le concept : conjuguer le cyclotourisme et l’œnotourisme pour faire découvrir le vignoble et quelques grands crus à travers trois parcours à faire à vélo. Inscription obligatoire avant le 28 avril.

Désireux de faire connaître ses vins et les terroirs qu’il cultive, le Domaine viticole de la ville de Colmar va organiser le 20 mai prochain son premier Vélo Vini Tour. L’idée, simple, consiste à partir à la découverte du vignoble à coups de pédales avec haltes gourmandes installées en plein cœur des vignes. « C’est un peu comme une marche gourmande, mais avec un côté un peu plus sportif. On veut encourager un nouveau public à venir goûter les vins. Et c’est aussi l’occasion d’expliquer ce qu’est un grand cru à toutes les personnes qui l’ignorent », résume Yvan Furstoss, membre de l’équipe organisatrice de l’évènement. Le départ aura lieu à partir de 10 h au caveau du Domaine, situé 2 rue du Stauffen à Colmar. Les participants - sportifs amateurs ou confirmés de VTT & VTC - emprunteront l’un des trois parcours proposés : le bleu d’une longueur de 35 km et destiné aux sportifs occasionnels, le rouge d’une longueur de 40 km à la difficulté moyenne, et le noir d’une longueur de 50 km recommandé aux experts ou à tous ceux équipés de vélos électriques. En plus des dégustations disséminées au fil des parcours, des quiz sur le vignoble, les vins et l’histoire du Domaine viticole de la ville de Colmar seront proposés afin de rendre l’expérience la plus « ludique » possible, en plus d’être « gourmande » et « sportive ». À noter aussi que les trois circuits se regroupant à plusieurs endroits, les participants pourront modifier leur parcours en fonction de leur niveau. Enfin, une halte déjeuner aura lieu au restaurant du Golf d’Ammerschwihr avant le retour vers Colmar. Pour l’instant, ce nouveau concept proposé par le Domaine viticole de la ville de Colmar semble séduire le public. En début de semaine, 110 personnes s’étaient déjà inscrites. « Le nombre de participants est limité à 500, mais si nous atteignons les 150 inscrits, ça serait déjà très bien pour une première », ajoute Yvan Furstoss. En cas de succès, la manifestation pourrait devenir un rendez-vous annuel. En attendant, les personnes intéressées ont jusqu’au 28 avril pour s’inscrire par courrier auprès du Domaine viticole de la ville de Colmar. Les documents nécessaires à l’inscription ainsi que le règlement de la manifestation sont disponibles sur le site www.domaineviticolecolmar.fr, rubrique « actualité ».

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