Cultures

Publié le 23/09/2021

Jean-Marc Wild débute la production de pommes de terre en 2001, avec une coopérative aujourd’hui disparue. Vingt ans plus tard, il en produit 300 tonnes et continue à développer son offre.

Jean-Marc Wild s’installe en 1997. L’assolement de l’exploitation évolue au gré du contexte économique, des années et des envies parfois. Jusqu’en 2007, il cultive 30 ha de betteraves. Il arrête avec la fin de la politique européenne d’incitation. En 2001, il débute la pomme de terre sous l’impulsion de la Parmentière. La coopérative s’éteint en 2011 alors que Jean-Marc arrive à 200 tonnes livrées en vrac et 10 tonnes par an commercialisées en direct. Il intègre le tournesol semence en 2014. Il a aussi cultivé du soja durant quatre ans. En 2019, il plante 6 ha de luzerne pour répondre au manque de fourrage d’une ferme auberge. Un bon moyen de lutter contre la monotonie mais aussi une manière de se remettre toujours en question. Cette année, il ajoute le colza à son panel de cultures. Jean-Marc possède trois tracteurs et trois enrouleurs, il partage le reste du matériel en Cuma ou en copropriété. La collaboration entre agriculteurs est essentielle pour lui. Il est président d’un réseau d’irrigation de 13 km créé en 2010, qui dessert 11 agriculteurs, soit 250 ha. Six puits alimentent le pivot et deux secteurs d’irrigation pour un investissement de 1,1 million d’euros. La majorité des terres est semée en céréales. Celles-ci sont livrées à la CAC. Mais Jean-Marc consacre la plupart de son temps aux jolis tubercules. Ils se développent au nord de Merxheim sur un sol limoneux-argileux où Jean-Marc pratique la rotation des cultures en échangeant des parcelles avec des collègues agriculteurs. « La rotation est nécessaire tous les cinq à sept ans. Je cherche donc des parcelles irrigables, sans trop de sable ou de cailloux. Ces échanges se font à l’amiable et en bonne intelligence ». Après pommes de terre, Jean-Marc sème habituellement du maïs durant deux ans, avant pommes de terre, il privilégie le blé pour avoir une meilleure structure du sol. « Après un passage de fraise, on plante début avril, on butte et on désherbe. On irrigue entre deux et quatre fois sauf cette année où je n’ai sorti l’enrouleur que pour humidifier le sol avant arrachage début septembre ». Il est bien sûr attentif aux attaques de doryphores. « J’ai trouvé une solution labellisée bio qui fonctionne très bien malgré un très faible dosage (8 cl/ha). Contre le mildiou, j’applique trois fongicides par an. Cette année, il a fallu traiter six fois ». Il est membre du réseau de fermes Dephy. La maldive pour la vente directe Après arrachage, les pommes de terre sont basculées sur la chaîne de conditionnement grâce à un retourne-palox, elles passent par la brosseuse puis sont acheminées par un élévateur jusqu’à la table de tri manuel et enfin jusqu’à la peseuse, qui se règle sur 5, 10 ou 25 kg (4,50 €, 8 € et 16 €). Les plus grands sacs sont noués, les plus petits sont fermés par banc couseur. Ils sont stockés dans deux chambres froides réglées à 5 degrés. La première a une capacité de 90 tonnes. Le stockage a été agrandi il y a deux ans avec la construction d’une deuxième chambre froide de 140 tonnes. Les tubercules sont traités en végétation avec un anti-germinatif (Fazor ou Itcan). Il n’y a pas de traitement après récolte. Jean-Marc produit 300 tonnes de pommes de terre par an qu’il livre dans des restaurants, fermes-auberges, deux Super U (Guebwiller et Munster) et 11 Trèfle Vert, ainsi qu’à des magasins à la ferme. Jusqu’en 2020, il proposait trois variétés : « La gourmandine est une pomme de terre à chair ferme qui répond à la demande de livraison continue des fermes-auberges pour leurs roïgabrageldis ». La sirco, pomme de terre précoce, est utile pour les purées, soupes mais surtout pour les frites. Livrée en filet de 25 kg, elle est très demandée par les restaurateurs. La variété peut être vendue jusqu’à décembre voire janvier. Il passe à l’excellency, variété plus tardive, pour la fin de saison. « Depuis cette année, je produis également la maldive en très petite quantité (2 tonnes cette année). Cette petite patate type ratte me permet d’étoffer ma gamme en vente directe. Elle est vendue 5 € les 3 kg ». Jean-Marc hésite encore à proposer de la pomme de terre rouge, recherchée des consommateurs. Depuis deux ans, Jean-Marc propose des frites surgelées aux particuliers et sur commande pour de petites manifestations. « J’ai un laboratoire déjà équipé pour les escargots. Il ne manquait que les friteuses ». Il en a vendu une tonne l’an dernier à 2,50 €/kg. Il souhaite atteindre les deux tonnes. Son objectif : se diversifier pour ajouter de la plus-value à ses productions, sans mettre toutes ses pommes de terre dans le même filet. « Je dois rester performant dans les céréales, il ne faut pas qu’un nouvel atelier engendre plus de travail que de revenu ».

La cabane du jardin à Geispolsheim

Un distributeur de légumes et ça repart !

Publié le 05/09/2021

Fini de pédaler dans la choucroute ! Le bonheur est dans le maraîchage. Laurent Heitz, ex-producteur de choux à Geispolsheim, a revendu tout son matériel l’an passé pour se lancer dans la production de légumes de plein champ et la vente directe. Depuis fin avril, ses végétaux et d’autres produits paysans frais, locaux et de saison sont accessibles en libre-service dans des casiers réfrigérés nouvelle génération, 24/24 h, 7/7 j.

Au bout de la rue des Muguets, à Geispolsheim, un havre de paix… La cabane du jardin de Laurent Heitz permet une halte ombragée, à l’écart des grands axes. Un bouquet de tournesols accueille le chaland. Il peut se servir, c’est cadeau. Une gamelle d’eau fraîche pour les toutous, et un range-vélos à côté du parking, complètent le tableau. Mais ce qui intéresse surtout les deux cyclistes du village qui reviennent de balade, en cette chaude journée d’août, ce sont les jus de fruits glacés de la ferme Goos à Blaesheim, disséminés dans quelques-uns des 72 casiers réfrigérés que Laurent a inauguré ce printemps. Des merguez à 3 h du mat’ L’agriculteur a démarré il y a deux ans la culture de légumes en plein champ, dans ses bonnes terres, avec son ami Geoffrey Andna de L’îlot de la Meinau. Pour valoriser la production tout en étant dans l’air du temps, Laurent, quinquagénaire, a décidé de vendre en direct. « J’ai surfé sur le net et j’ai trouvé ces casiers Providif, des distributeurs automatiques réfrigérés nouvelle génération, car intégrés dans des chambres froides. Même à 40 °C, je peux y placer de la viande », raconte Laurent Heitz. Il est le premier à avoir investi dans ce genre de casiers, dans le Bas-Rhin. Le maraîcher a bien cerné les consommateurs. « Je leur propose de quoi faire un repas entier, de l’apéro au dessert », dit-il. Pour cela, il a sélectionné les produits d’une quinzaine de paysans voisins et amis, et de quelques artisans, qu’il accompagne chaque semaine de nouveautés. Dans son distributeur, les jeunes du village trouvent des merguez, à 3 h du mat’, ou des kits pour tartes flambées. Cinq heures après, les ménagères cherchent leur panier de légumes du jour et s’arrêtent pour papoter. Entre 17 h et 19 h, les couples pressés trouvent un « menu rapide ». Et, à 22 h, mère et fille s’achètent un yaourt au lait cru de la ferme Michel, à Lapoutroie. Tout est frais, local, de saison. Tranquillité d’esprit « Chaque matin, je me lève en me disant que j’ai bien fait. Je suis épanoui et ça marche. Je suis à trois fois le chiffre d’affaires prévisionnel », confie Laurent Heitz. L’ex-président du syndicat des producteurs de choux à choucroute d’Alsace a lâché ses 30 ha dédiés à la crucifère et sa fonction, du jour au lendemain, en 2020. Après trente ans dans les choux et 25 années d’actions, Laurent a rompu avec la tradition familiale, puisqu’il avait succédé à son père à la tête du syndicat et aux champs. « J’avais besoin de changement. Le contact avec la clientèle me manquait. Avant, j’étais quatre mois seul dans mon tracteur, à la récolte des choux. J’en avais marre. J’ai une âme de commerçant. Je cuisine beaucoup. Je sais ce que les gens aiment. Aujourd’hui, je m’éclate. » Il ne regrette ni les négociations avec les choucroutiers, ni les canicules désastreuses pour les choux. « Je rencontre beaucoup de monde en prospectant. Je découvre de nouvelles saveurs. C’est sympa. Quand ce sont des produits de qualité, les gens sont prêts à mettre le prix. Quant à mes légumes, mes marges sont meilleures que si je traitais avec des GMS et les retours aussi ! Ici, ce n’est que du positif », assure Laurent Heitz. Être tout de même présent Victime de son succès, l’agriculture doit toujours être là, de 8 h 30 à 9 h 30 et les soirées car, « à la sortie du boulot, c’est la folie. » Laurent réapprovisionne continuellement ses casiers vitrés, sur ces créneaux. Avant d’aller dormir, chaque nuit, il passe encore une dernière fois alimenter le distributeur. C’est possible, parce qu’il habite à quelques mètres. Sinon, il ne pourrait pas faire les allers-retours. Aussi, il a privilégié le paiement par CB, sans contact. Les clients sont limités à 50 € d’achat mais, selon ses premières analyses, rares sont ceux qui dépassent ce montant… ou ils paient en deux ou trois fois ! Laurent a laissé son numéro de téléphone, au cas où une carte ne passerait pas. Il a peu été dérangé. Il estime qu’entre trente et quarante clients défilent devant le distributeur, sur 24 heures. Il ne lésine pas sur la communication, via Facebook et Instagram. Un post avec les produits immortalisés dans son petit studio photo et les clients rappliquent. Ils sont près de 650 à être abonnés à sa page Facebook. Derniers arrivés, les chips Hopla, aux pommes de terre de Chavanne-sur-L’Etang (68). « C’est ce qui vient de plus loin », précise le commerçant. Projets d’avenir D’ici fin septembre, Laurent espère réceptionner 25 casiers supplémentaires. « J’ai trop de références et pas assez de compartiments », constate-t-il, d’autant plus que, sur son site Internet, il lancera le click & collect. « Les clients feront leurs courses sur le site. Ils recevront un code. Ils auront 24 heures pour récupérer leur panier réfrigéré ici », résume Laurent Heitz. Le dynamique cultivateur est en quête de volailles bio et de poissons alsaciens pour achalander encore son appareil. Casiers et cabane lui ont coûté près de 60 000 euros. « C’est plus facile de remplir le distributeur. J’étais longtemps esclave de mon travail. Aujourd’hui, je lève un peu le pied. Mes filles ont 17 et 19 ans. Si elles ne reprennent pas l’exploitation, ça ne va pas me stresser. Voudront-elles du commerce ? L’une d’elles m’a déjà remplacé pendant les vacances : ça lui a fait son job d’été. Elle était ravie », rapporte Laurent. Le père de famille aime transmettre, former la jeunesse. Ainsi, il profite des conseils techniques de Geoffrey, ex-conseiller Planète Légumes, et le trentenaire bénéficie de l’expérience de terrain de Laurent. Ensemble, ils visent le zéro herbicide, sur les poireaux notamment. 3 ha de légumes sur 6 passeront en bio d'ici 2022, dont les 70 ares d’asperges. Cette fin d’été, Laurent Heitz accueillera des élèves des écoles élémentaires de Geispolsheim, sur ses parcelles. Grâce à un partenariat avec le traiteur Philippe Rome, ils ont goûté, tous les jeudis, les légumes de Laurent à la cantine. L’agriculteur est déjà allé dans les classes sensibiliser ces gastronomes en culottes courtes. L’idée devrait essaimer.

Semences de fleurs et graminées sauvages locales

Chasser le naturel, il revient en graines

Publié le 27/08/2021

Nungesser Semences est le seul spécialiste des espaces verts, du gazon et des graminées du Grand Est à s’être diversifié dans les semences de plantes sauvages indigènes. Il recherche des agriculteurs motivés pour les multiplier. Elles iront enrichir les bords de parcelle, les interrangs des vignes ou les vergers, mais également des prés communaux ou encore des entrerails de tramway.

Pionnier, Nungesser Semences multiplie, depuis dix ans déjà, des semences de fleurs et graminées sauvages locales, labélisées Végétal local. Leur mélange fleurit à la ville et au champ. Le savoir-faire du semencier, spécialisé dans les gazons et graminées, est unique dans le Grand Est. En France, ils ne sont qu’une poignée à s’être ainsi diversifiée. Tout commence dans la nature alsacienne. Des botanistes du conservatoire des sites alsaciens (CSA) y collectent entre 5 et 15 g de semences d’une plante sauvage pour Nungesser Semences. À partir de ces graines, le semencier, basé à Erstein, multiplie sous serre la première année, et repique. Puis des agriculteurs voisins cultivent les fleurs et graminées sauvages sur de petites parcelles. La première récolte est manuelle pour recueillir suffisamment de semences. Ensuite, seulement, de grandes parcelles sont ensemencées. Mais il faut attendre trois à quatre ans entre la collecte dans la nature et l’intégration des semences multipliées dans un mélange de graines prêt à être commercialisé. « C’est fastidieux mais cela fait le charme de l’activité », estime Lucie Heitz, la fille de Bernard Heitz, le PDG de Nungesser Semences. Entreprise familiale, depuis 1973, Nungesser Semences emploie aujourd’hui dix salariés. Une dizaine d’agriculteurs sont partenaires. 90 % des mélanges de semences pour bandes enherbées, bordures de parcelles, interrangs, prairies, aménagements divers de Nungesser Semences sont élaborés à la demande. « On ne s’adresse qu’à des pros du paysage », précise Lucie Heitz qui, du haut de ses 37 ans, se prépare à la reprise. Entre autres clients qui achètent les mélanges à base d’espèces sauvages indigènes : Vinci pour le grand contournement ouest de Strasbourg ; les collectivités locales pour leurs chantiers de renaturation, telle Ostwald ou Illkirch ; la CTS pour l’extension du tram vers la Robertsau. « Avec 1 kg de graines, on ensemence 200 m2. Nos conditionnements ne sont pas adaptés aux particuliers », ajoute Lucie. Le monde agricole aussi commence à s’intéresser aux fleurs et graminées sauvages locales pour attirer l’entomofaune : les insectes pollinisateurs et les auxiliaires des cultures. « L’intérêt de ces plantes est qu’elles sont pérennes. Il y a des annuelles - des plantes messicoles, comme le coquelicot et le bleuet - mais aussi et surtout des vivaces, qui repoussent à chaque fauche et sur plusieurs années », explique Lucie Heitz, qui sait que l’inconvénient majeur est le prix des semences. 98 % des fleurs sauvages qui composent les mélanges sont des vivaces, souligne-t-elle. Bientôt une thèse sur le sujet Dans le vignoble, les mix à base de plantes indigènes sauvages sont de plus en plus choisis comme alternatives à l’engazonnement habituel. Éviter les coulées de boue, voire le travail du sol, amener de l’engrais vert, en plus des pollinisateurs et des auxiliaires, les animent. Tant et si bien qu’un projet de recherche a vu le jour, dès 2014. Pour le groupement de viticulteurs de Westhalten, des botanistes du CSA ont collecté, sur la lande du coin, le Strangenberg, les graines de 25 espèces sauvages locales, qui ne concurrencent pas la vigne, dont l’achillée millefeuille, la centaurée du Rhin, l’œillet prolifère. Nungesser Semences les a multipliées. Les viticulteurs les ont semées. Avec l’Inrae de Colmar, ils étudient l’apport de ce couvert végétal à la biodiversité, notamment dans le sol, et à la résistance au stress hydrique. Pour 2022, via le dispositif CIFRE (convention industrielle de formation par la recherche), Nungesser Semences recrute un jeune doctorant qui soutiendra une thèse sur les fleurs et graminées sauvages. « Grâce à des relevés botaniques, il étudiera comment ces espèces interagissent entre elles et avec la vigne, et se pérennisent : un sujet jamais traité auparavant », s’enthousiasme Lucie Heitz. Son père qui avait eu cette idée folle de préférer les fleurs sauvages aux horticoles, était à l’époque taxé de « fumeur de moquette »… quoi de plus logique pour un semencier spécialiste du gazon ! Encore aujourd’hui, fleurs des prés et des champs sont qualifiées de mauvaises herbes. Pourtant, elles sont des réservoirs de nourriture et des hôtels pour les insectes auxiliaires des cultures et les pollinisateurs. Et elles sont autrement plus nourricières que les fleurs horticoles, dont la fonction reproductrice - le nectar et le pollen donc - n’est pas développée, à cause de la sélection qu’elles subissent, selon le semencier. Pour les vergers, Nungesser Semences préconise des mélanges de fleurs sauvages très variées, pour capter un maximum de butineurs différents. En grandes cultures, des mix plus simples, de trois à cinq espèces seulement (bleuets, coquelicots, calendula en tête), sont conseillés puisque l’intérêt cultural est moins grand. Des mélanges avec du trèfle sont vendus dans les coopératives de la région. Nungesser Semences fournit Le Comptoir agricole et Armbruster notamment. Arboriculteurs et viticulteurs achètent, eux, en direct leurs mélanges à façon. L’entreprise de semences en gros a une agence dans le Haut-Rhin à Wittelsheim. Les Alsaciens représentent ainsi 70 % des clients agriculteurs sur ce marché de niche. Cherche producteurs « Auprès des agriculteurs, nous sommes surtout connus pour nos mélanges sur mesure de semences d’engrais verts. Nous vendons une bonne centaine de tonnes de semences d’intercultures par an en direct. Aucune plante sauvage dans ces mélanges. Généralement, les cultivateurs se regroupent pour acheter plusieurs tonnes », intervient Bernard Heitz. Père et fille lancent un appel à la profession. L’activité de semences de fleurs et graminées sauvages se développe rapidement. Actuellement, une dizaine d’agriculteurs produisent pour eux deux ou trois espèces, en monoculture : de quelques ares à deux ou trois hectares, selon les besoins. Nungesser Semences assure le suivi technique de cette culture « très bien rémunérée » : de 1 500 à 3 000 €/ha. « Notre problématique, c’est trouver des agriculteurs qui se lancent dans la production. Chaque espèce a un itinéraire différent et on revient à des techniques d’avant : du désherbage manuel et mécanique uniquement. Ce sont des cultures qu’on surveille. Et comme ce sont des plantes sauvages, elles ne fleurissent pas toutes en même temps : leur but est de se reproduire. Il faut donc les choper au bon moment. Si on récolte 50 % du potentiel de la parcelle, c’est déjà bien. 200 kg d’une production, c’est beaucoup pour nous ! », s’exclame Lucie. La jeune femme est en plein dedans : récoltes, séchages, tris s’étalent de juin à fin août. Chaque année, entre 6 et 8 tonnes de graines d’une quarantaine d’espèces indigènes sauvages sont produites. Nungesser Semences sort environ 2 000 tonnes de semences, toutes confondues, par an. Les producteurs qui cultivent des plantes sauvages locales pour Nungesser Semences sont à 90 % alsaciens. Des Champenois ont rejoint l’aventure. Qu’est-ce qui les motive tous ? « Ces parcelles restent en place de trois à cinq ans. Elles couvrent le sol, qui n’est pas travaillé. Elles ne nécessitent pas d’engrais ou une fois tous les cinq ans. Et attirent, bien sûr, beaucoup d’insectes. Nous ne faisons pas d’alimentaire, donc nous ne sommes pas en bio. Le recours aux fongicides est possible », résume Lucie Heitz. Les standards sont le bleuet, la marguerite et le coquelicot. Pour soutenir l’équipe de France au Mondial de foot 2022, rien de tel qu’une production bleu-blanc-rouge ! Avis aux amateurs.        

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