Lancement de la saison des fraises d’Alsace
Dans le panier ou dans le caddie
Lancement de la saison des fraises d’Alsace
Publié le 10/06/2021
La saison 2021 des fraises d’Alsace a officiellement été lancée, mardi 1er juin, à Rustenhart, après un début de campagne poussif lié aux mauvaises conditions climatiques. L’occasion pour les libres cueilleurs ou pour les clients des grandes surfaces de savourer pleinement, et rapidement, le premier fruit de l’année.
Le premier fruit de la saison s’est fait attendre, mais il est enfin là. Mardi dernier, la fraise d’Alsace a officiellement pris ses habits printaniers après un mois de mai très maussade. Un moment très attendu par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) qui avait à cœur de reprendre les lancements de saison de ses produits après une année 2020 où tous ses évènements, ou presque, ont été annulés. « Cela fait beaucoup de bien de pouvoir se retrouver en présentiel, surtout avec une météo aussi belle », souligne le président de l’Ifla, Pierre Lammert. Ce soleil retrouvé depuis quelques jours a donné le coup de boost qu’il fallait à des fraises qui avaient bien du mal à rougir au vu des conditions climatiques des dernières semaines. « On a démarré timidement début mai, mais ça y est, les fraises sont enfin mûres, et en quantité. C’est un peu plus tard que d’habitude, mais avec l’étalement des variétés, on aura des fraises jusqu’à la fin du mois de juillet. Mais le gros du volume, c’est maintenant et pendant environ deux semaines », souligne le président de l’association des producteurs de fraises d’Alsace, Olivier Grinner. De la libre cueillette à la banlieue strasbourgeoise Des fraises en quantité à acheter en barquettes sur les étals des grandes surfaces locales, ou à récupérer en libre cueillette dans l’un des cinquante champs dédiés à cette pratique en Alsace. À Rustenhart, Thierry Peterschmitt met à disposition 1,5 ha au lieu-dit Rheinfelderhof. Il s’est lancé dans la libre cueillette de fraises lors de son installation, en 1994. « Mon père faisait des grandes cultures, principalement du maïs. Mais avec cinquante hectares, on savait que cela ne serait pas viable sur le long terme. À cette époque, la libre cueillette se pratiquait surtout dans le Bas-Rhin et à Illfurth. Alors je me suis dit : pourquoi pas ici ? D’autant plus que le climat et le sol s’y prêtent bien. » En parallèle de cette libre cueillette, il frappe à la porte du Super U de Fessenheim pour écouler le reste de sa production de fraises. « J’ai rencontré son président de l’époque, Monsieur Schelcher, qui a tout de suite accepté. J’ai même pu mettre un panneau devant son magasin indiquant la présence de ma libre cueillette à quelques kilomètres de là. Il était convaincu que ce mode de commercialisation pouvait être complémentaire de celui de la grande distribution », se remémore Thierry Petterschmitt. Un point de vue partagé par le conseiller régional Patrick Bastian qui considère que la vente directe, comme celle pratiquée à travers la libre cueillette, peut difficilement nourrir deux millions de consommateurs. « Il en faut pour tous les goûts. Il faut donc être capable d’amener de la fraise à ceux qui vivent en banlieue de Strasbourg et qui se déplacent en tram par exemple. » Cet engouement pour le « local » est bien réel, complète Boris Wendling, représentant de la distribution au sein de l’Ifla. « Nos clients cherchent ce type de produits, on le voit de plus en plus. Les circuits courts, c’est dans les champs comme ici à Rustenhart et dans les rayons de nos magasins. C’est un ensemble qui permet de faire rayonner nos produits du terroir. » 18,5 ha de production « professionnalisée » C’est en voyant cette évolution du marché que Thierry Petterschmitt décide de faire évoluer son exploitation en 2016. Il s’associe avec la famille Hégé, producteur de fruits à Wissembourg, qui souhaitait développer la commercialisation de la fraise. Ensemble, ils créent une nouvelle structure baptisée Fraisfel destinée exclusivement à une production « professionnalisée » de fraises à destination des marchés de la GMS. La libre cueillette historique intègre quant à elle une nouvelle structure baptisée Fraisiland. Ce rapprochement permet à Thierry Petterschmitt d’augmenter la surface de production de fraises de 2,5 à 20 ha, dont 18,5 ha destinés à la GMS. Un gros débouché qui rime avant tout avec la « qualité » à ses yeux. « C’est pour cela qu’on a construit un nouveau bâtiment pour accueillir et loger le personnel de manière idéale. Quand les gens sont bien, on peut être exigeant sur la qualité du travail fourni. C’est une condition essentielle pour se développer sur ces marchés. » Pendant la haute saison des fraises, soit un mois et demi environ, Thierry Petterschmitt accueille jusqu’à 75 salariés saisonniers. Avec une telle main-d’œuvre à sa disposition, ses fraises sont récoltées très tôt le matin, dans les conditions les plus optimales, pour « relever le défi » de la fraîcheur, et surtout celui de la saveur si juteuse et sucrée de la fraise d’Alsace.












