Cultures

Cuma des irrigants de Batzendorf et environs

La pose des conduites est en cours

Publié le 28/12/2020

Dès la saison prochaine, 21 agriculteurs réunis au sein de la Cuma des irrigants de Batzendorf et environs pourront irriguer leurs cultures en prélevant de l’eau dans la gravière communale de Batzendorf. Le point sur ce projet hors du commun.

Chaque mardi matin, depuis le 15 septembre, qu’il pleuve ou qu’il vente, une réunion de chantier se tient à la mairie de Batzendorf, village proche de Haguenau. Elle se prolonge généralement sur le terrain, à la gravière communale, point de départ du futur réseau d’irrigation qui ravitaillera en eau 21 exploitations à compter de la saison prochaine. Pascal Fuchs, président de la Cuma des irrigants de Batzendorf et environs, et Patrice Denis, conseiller irrigation à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA), font le point sur l’avancement des travaux avec le maître d’œuvre, Franck Falcou, du bureau d’études lyonnais CA Eau, spécialisé dans l’irrigation. Il s’agit de passer en revue les aspects techniques et financiers au fur et à mesure de la progression du chantier. Le projet a mis du temps à se concrétiser. « On travaille dessus depuis 2017 », souligne Patrice Denis qui met en avant sa complexité réglementaire et la lourdeur inhérente à un projet collectif de cette dimension. Il consiste à pomper l’eau dans une gravière alimentée par la nappe du pliocène de Haguenau, grâce à une station de pompage flottante. Celle-ci enverra l’eau dans une station de reprise alimentant les 19 kilomètres de réseau. La pose des canalisations est en cours : « L’entreprise Pontiggia pose le réseau principal. Il devrait être achevé avant Noël », précise Pascal Fuchs, présent pratiquement tous les jours sur le terrain. Pour les canalisations secondaires, ce sont les exploitants qui se chargent eux-mêmes de l’opération. La date limite est fixée au mois d’avril, de manière à pouvoir installer la station de pompage et commencer à irriguer les cultures qui en ont besoin fin avril-début mai. Pas plus de 200 000 m3/an Les 21 exploitants impliqués ont acheté un « droit d’eau » correspondant à leurs besoins. Le prélèvement total ne dépassera pas 200 000 m3/an, pour une ressource estimée à plus de 350 000 m3/an. « Le réseau comporte 17 bornes. Sur chaque sortie, on limitera la pression et le débit », précise Patrice Denis. Le principe étant qu’une seule machine fonctionne au même moment sur chaque borne, les agriculteurs devront s’arranger entre eux pour irriguer à tour de rôle. « Il n’y a pas eu de concertation au niveau de l’assolement mais, à l’avenir, en fonction du climat, l’assolement rentrera en ligne de compte », prévoit le conseiller irrigation. Qu’ils produisent des asperges, du houblon, des petits fruits ou du maïs fourrage, les 21 membres de la Cuma ont tous besoin d’eau. « Nous sommes dans une zone d’agriculture diversifiée, avec des terres sableuses, très légères, qui ne retiennent pas l’eau », expose Pascal Fuchs. Arnaud Ohlmann, agriculteur à Ohlungen, cultive des pommes de terre, des pissenlits et s’est lancé cette année dans la patate douce, qu’il livre aux GMS. « J’ai commencé par 4 ha et je compte augmenter la surface l’an prochain car la demande est là », témoigne-t-il. Mais les patates douces, qui remplacent désormais le tabac dans son exploitation, « ont absolument besoin d’être irriguées. » Or, le Jägerbuchel, petit cours d’eau qui traverse Ohlungen, fournit de moins en moins d’eau. Partant de ce constat, l’agriculteur a fait cette année un échange de parcelles avec un collègue pour pouvoir implanter la moitié de sa surface de patates douces à Obermodern, au bord de la Moder. Désormais, il attend avec beaucoup d’impatience la mise en service du réseau d’irrigation à partir de la gravière de Batzendorf. Un revenu pour l’avenir Florent Schneider, maraîcher à Wintershouse (1 ha d’asperges, 1 ha de cultures maraîchères diverses, 40 ares de framboises), n’est pas moins impatient. Ces dernières années, la sécheresse estivale a provoqué le dépérissement de ses cultures et une baisse de rendement difficile à supporter pour une petite exploitation comme la sienne, dont la production est vendue en direct à la ferme et sur les marchés. Jusqu’alors, il trouvait la parade en implantant les cultures maraîchères dans les « bonnes terres », situées de l’autre côté du village : celles-ci ayant une meilleure capacité de rétention d’eau, elles étaient moins affectées par la sécheresse. Mais la parade a ses limites : sur ces terres-là, à l’automne, la récolte s’avère souvent compliquée. « Avec ce projet, on va pouvoir assurer un rendement », se réjouissent les deux agriculteurs. Arnaud Ohlmann, qui dispose de 35 ha de SAU, pense qu’il pourra également améliorer ses rotations en exploitant davantage les terres sablonneuses. À un peu plus long terme, les deux membres de la Cuma y voient un gage de pérennité pour les exploitations du secteur. « J’ai un fils de 15 ans qui étudie à Obernai. S’il veut reprendre, cela passe par un projet comme celui-là qui lui assure une récolte et un revenu », souligne Arnaud Ohlmann. Pascal Fuchs approuve : dans les 21 exploitations membres de la Cuma des irrigants de Batzendorf et environs, cinq installations sont susceptibles de se concrétiser grâce à la sécurité qu’offre l’irrigation.

Association des producteurs de céréales et d’oléagineux

Une campagne céréalière atypique

Publié le 26/12/2020

L’association des producteurs de céréales et d’oléagineux (APCO) a tenu en visioconférence son assemblée générale vendredi 11 décembre. L’occasion de revenir sur les sujets d’actualité (Pac, eau, communication) et sur une campagne 2019-2020 atypique.

L’année qui vient de s’écouler a été particulière. La crise sanitaire et les confinements ont obligé les professionnels à revoir leur façon de défendre et de promouvoir la filière céréalière dans le département et en Alsace. Le projet d’organiser une journée des céréaliers a été abandonné. Tout du moins décalé dans le calendrier. Mais le travail n’a pas manqué, comme l’a rappelé le secrétaire général de l’APCO, Jean-Marc Schwartz. « Pendant le premier confinement, nous avons pu continuer nos missions en étant dans les champs. Il y a eu de belles surprises avec, pour la récolte des céréales d’hiver, de bons et même de très bons rendements. C’était également satisfaisant pour les maïs malgré de fortes disparités selon les secteurs. Cela s’explique par le progrès génétique qui permet de faire évoluer les variétés. Elles acceptent désormais les pics de chaleur. La récolte de soja, en revanche, a été décevante avec une baisse de rendement de 20 à 25 % et un PMG (poids de mille grains) faible », observe le professionnel qui évoque également le suivi de tous les gros dossiers. Et tout particulièrement les néonicotinoïdes pour préserver la filière betteravière. Mais également la charte ZNT pour les produits phytos ou le glyphosate « Nous avons répondu aux urgences même si d’autres dossiers ont été mis entre parenthèses comme l’identification de nos produits et la communication », ajoute le président de l’APCO, Thomas Obrecht. S’il s’inquiète, comme son secrétaire général, des évolutions à venir de la Politique agricole commune, il s’agace de l’évolution de la gestion de l’eau. « Cela fait 18 mois que nous alertons les autorités sur ces difficultés dans le Haut-Rhin. Les droits d’eau et l’entretien des canaux qui jouent un rôle important pour l’alimentation de la nappe doivent être traités en priorité. Le secteur du Ried est particulièrement concerné. Il est nécessaire d’étudier globalement le sujet et non pas par des arrêtés ciblés. C’est un sujet compliqué. Mais, pour nous professionnels, il nous manque 5 à 10 m3/s d’eau dans ce secteur. Nous voulons continuer à faire fonctionner les outils qui ont été mis en place par nos prédécesseurs. Ces canaux d’irrigation ont un double effet positif : ils maillent le Ried en apportant l’eau du Rhin aux cultures et ils alimentent la nappe par apport d’eau en provenance du Rhin. Leur entretien ne doit donc pas être négligé », prévient Thomas Obrecht. Une des solutions passe également par une meilleure communication. Sur le sujet de l’eau comme sur tous les sujets agricoles et céréaliers. Avec les services de l’État et son administration. Mais également avec les citoyens dans leur ensemble. « Nous travaillons à des pratiques adaptées à nos territoires. Nous réfléchissons à la mise en place de panneaux explicatifs au bord des parcelles avec les organismes stockeurs (OS) », précisent Jean-Marc Schwartz et Thomas Obrecht.   ? ??? ??? #?6 ?? ???????? 16 ?é?????? à 18?40 L’émission #ObjectifTopChef de ce mercredi mettra le #maïs ? à la Une ... Publiée par Fdsea Du Haut-Rhin sur Mercredi 16 décembre 2020   Augmentation de la présence de la chrysomèle Didier Lasserre d’Arvalis, institut du végétal, est ensuite revenu sur la campagne céréalière 2019-2020. Après un début de campagne difficile pour le blé suite à des conditions automnales complexes et des semis en deux temps, la suite a été plus favorable. « Le retour de la pluie le 10 mai lors du déconfinement et une relative fraîcheur ont apporté une bonne fertilité. Elle a compensé le peu de nombre d’épis. Nous avons eu 20 000 grains m2. La floraison a eu lieu sous un temps sec qui a été défavorable pour le développement de la fusariose. Fin juin, les fortes chaleurs ont nécessité deux à trois tours d’irrigation. Finalement, les rendements ont été corrects avec une moyenne de 77 quintaux pour une surface totale de 49 000 hectares. Nous avons également un tronc commun d’essais avec les différentes OS. Dix essais situés entre Offenheim et Riespach », indique Didier Lasserre. Le maïs a, lui, subi la sécheresse du printemps. Les agriculteurs ont semé très rapidement entre le 5 et le 27 avril (ils ont été les plus rapides de France). « Généralement, c’est très favorable. Mais là, il y a eu des soucis avec la climatologie. Les levées ont été hétérogènes. Ensuite, nous avons connu entre le 15 juin et le 15 août un déficit hydrique. Il a fallu irriguer quand c’était possible. Les maïs non irrigués ont souffert, notamment dans le Bas-Rhin. Les rendements sont supérieurs de dix quintaux dans le Haut-Rhin. La moyenne régionale est de 109 q/ha pour 120 000 ha grain en Alsace. C’est la meilleure de France », précise Didier Lasserre. Les attaques de pyrales ont été plus modérées que celles des corbeaux qui sont devenus un vrai fléau. Il attire par ailleurs l’attention des céréaliers sur l’augmentation évidente de la présence de la chrysomèle du maïs en Alsace. « Nous constatons une augmentation régulière. On double la population tous les ans. On va en capturer 100 000 l’année prochaine sur tout le territoire. Il faut maintenant vivre avec elle comme cela a été le cas avec la pyrale. Les insecticides ne présentent qu’une relative efficacité. Leur utilisation peut se justifier dans des zones intermédiaires. Mais, dans les zones où l’on piège énormément, cela n’a plus aucun intérêt », poursuit Didier Lasserre qui rappelle qu’il existe deux sortes de pièges : à phéromone (pour la détection) et chromatique (pour la quantification). Une « info webinaire » spéciale chrysomèle sera proposée par Arvalis le 29 janvier. L’horaire sera précisé dans quelques jours. Une journée consacrée au sol sera également fixée en Centre Alsace en septembre 2021.

Publié le 12/12/2020

Le ministre de l'Agriculture a annoncé le 3 décembre, des moyens inédits pour engager le renouvellement forestier. Il devrait inciter les propriétaires forestiers à adapter leurs forêts ou améliorer leur contribution à l’atténuation du changement climatique.

Dans cette perspective, le ministère lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) visant à identifier/démarcher/conseiller et susciter l’adhésion des propriétaires forestiers, regrouper les dossiers de ces propriétaires avant instruction ; et « sécuriser la mise en œuvre de ces opérations sylvicoles dans des conditions garantissant la qualité des prestations fournies et le respect des délais prescrits ». Le renouvellement forestier vise 80 % de reconstitution des forêts dépérissantes, notamment dans le cadre de la crise des scolytes, et 60 % de renouvellement de forêts vulnérables au changement climatique pour améliorer leur contribution à l’atténuation du changement climatique, par la diversification des essences. Le ministère a souhaité un accès aux aides administrativement simplifié : pas de seuil minimum d’éligibilité en surface, paiement des aides sur la base de montants forfaitaires à l’hectare, et en s’appuyant sur des justificatifs déjà existants. Les opérateurs éligibles sont invités à déposer leur dossier complet avant le 7 janvier 2021, sous forme électronique, auprès de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) de leur région.    

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