Cultures

CULTURES SPÉCIALES

Presque toutes performantes

Publié le 06/01/2018

Le tabac et le houblon font mieux que la moyenne. Les asperges s’en tirent honorablement. Le chou fait pâle figure comme déjà en 2016.

ASPERGE. Les 390 ha en production en Alsace en 2017 profitent bien du froid. Les buttages se pratiquent dans d’excellentes conditions. La précocité de l’année fait sortir les premiers turions dès le 20 mars avec une dizaine de jours d’avance sur la normale. Toutes les aspergeraies sont en production début avril et alimentent les tables pour Pâques, ce qui est plutôt rare. Un temps plus frais calme heureusement la pousse en évitant un afflux de marchandise qui aurait été préjudiciable au prix. La production repart à la mi-mai avant de s’essouffler. Cette saison demeure correcte. La plupart des producteurs, obtiennent des rendements de quelque 4 t/ha. La majorité, soit 70 %, trouve ses consommateurs par le canal de la vente directe. TABAC. Avec 700 ha de Virginie 25 ha de Burley à 70 % irrigués, la surface de tabac a été divisée par deux depuis 1990 où la statistique signalait encore 1 500 ha. Soixante-dix-sept planteurs se la partagent. Les trois quarts sont spécialisés et 80 % sont adeptes de la récolte mécanique. Leur performance au champ est remarquable en 2017. Ils cueillent 2,9 t/ha de Virginie, à peine moins de Burley. De 70 à 80 % du volume se classent en qualité A et B. C’est dire qu’un peu de sclérotinia épars, les pucerons contrôlés par leurs auxiliaires naturels et les punaises jugulées par un traitement insecticide n’ont guère pesé dans l’emballage final. En revanche, l’orobranche continue de se rappeler au souvenir des professionnels dans toutes les zones de culture. L’avenir a toutes les chances de passer par des variétés tolérantes. Leur rendement est égal aux variétés actuelles avec une qualité légèrement inférieure. Les prix de 2016 sont partis pour être à peu de chose près reconduits en 2017. HOUBLON. La culture n’apprécie pas tellement les à-coups de la météo. Elle résiste au gel avec des dégâts anecdotiques. Elle subit un printemps humide qui favorise la contamination primaire de mildiou. Mais le temps sec calme la donne. Les pucerons sont peu actifs et les 43 planteurs alsaciens maîtrisent les velléités des acariens. Les arrachages débutent fin août. L’année réussit mieux aux variétés plus tardives. Leur rendement et leur teneur en alpha sont un peu meilleurs que pour les variétés plus précoces. Malgré une augmentation des surfaces qui passent de 431,70 à 450,73 ha, la récolte baisse de 12 t par rapport à 2016. Elle s’établit à 718,253 t. Dans ce total la part du bio progresse de 18 à 20,875 t. Parmi les quinze variétés commerciales plantées, le Strisselspalt avec 174 ha, Aramis avec 52 ha et Fuggle avec 48 ha forment toujours le trio de tête. En 2018, la création de nouvelles houblonnières doit faire augmenter la surface en production d’environ 15 ha. CHOU À CHOUCROUTE. La culture n’a apprécié ni le coup de sec, ni la grosse pression des ravageurs, l’altise en début de cycle, les pucerons ensuite, et surtout, pour terminer, les thrips qui ont été difficiles à maîtriser. Les producteurs ont eu du mal à suivre dans les tours d’eau. La croissance des variétés demi-tardives et tardives a été pénalisée. En choucrouterie, il arrive que le taux de déchets s’envole. Les rendements sont très disparates en fonction de la localisation des parcelles. Les précoces sauvent les meubles autour des 90 €/t, ce qui est loin d’être joué pour les autres variétés. Le prix de 77,50 €/t gagne 2 € mais reste insuffisant à procurer une marge correcte pour les producteurs au terme de cette année mitigée.

Publié le 05/01/2018

Les oléagineux enregistrent des rendements élevés sur une sole en augmentation de 35 % à 12 050 ha.

Ce sont les grands gagnants de l’année en Alsace ! Les oléagineux accusent une hausse historique de 3 160 ha de leurs surfaces ! Soja et colza peuvent en revendiquer tout le mérite. Le premier gagne 1 550 ha et se propulse à la première place de la sole oléagineuse alsacienne avec 5 800 ha. Le second fait un chouïa de mieux en augmentant de 1 600 ha pour échouer à 5 400 ha. Même le pois progresse de 30 ha à 110 ha. Apparemment le tournesol ne bouge guère. À 740 ha, il limite sa perte à 20 ha. Sauf que le tournesol classique accélère de 250 à 410 ha. C’est la filière semences de tournesol qui est la grande perdante de l’année en reculant à 330 ha contre 510 en 2016. Tous les rendements en hausse Cette poussée des surfaces va de pair avec des rendements convenablement orientés. Le colza compense bien le gel et a assez de lumière et de degrés pour bien fleurir. Il pousse des pointes à 48 q/ha et en laisse en moyenne 41 q dans les trémies, 5 de plus qu’en 2016. Le soja connaît un cru similaire à 2016 avec un rendement quasi stable en hausse 1 q/ha à 35 q. Le tournesol fait jeu égal avec le soja, sauf qu’il améliore de 9 q son score de l’an passé. À 35 q/ha, le pois obtient 2 q/ha de mieux. Ces bonnes moyennes s’additionnent à celles, tout aussi satisfaisantes, des autres régions de production. L’UE engrange plus de 21 Mt, la France plus de 5,5 Mt. Les cours FOB Moselle de la nouvelle récolte jouent au yoyo, une semaine au-dessus, une semaine en-dessous des 370 €/t qui semblent être sa référence depuis juillet 2017. Les collecteurs payent des acomptes entre 300 et 350 €/t comparables aux 330 €/t de 2016. La production de soja n’est pas en reste. À 347 Mt, la culture n’est pas très loin de son record mondial de 351 Mt de 2016-2017. En moisson, la tonne de soja bénéficie d’un acompte de 350 €/t, inférieur de 20 €/t à 2016.

Publié le 05/01/2018

Rendements et qualité reviennent jusqu’à être supérieurs à la normale. Mais le marché se traîne.

2017 met du baume au cœur des céréaliers. Au moins au champ. En rendement comme en qualité, elle fait oublier une sinistre année 2016. Les semis de blé sont tardifs. Les plantules tardent parfois à lever mais sortent de l’hiver avec de bonnes densités et sans tallage excessif comme l’année précédente. La sécheresse hivernale empêche le blé de valoriser les apports d’azote : l’eau manque pour amener l’engrais aux racines. Le gel printanier reste sans effet. Les pluies de mai font renaître l’espoir d’une bonne récolte d’autant que la pression des maladies reste très faible tout au long du cycle. Les producteurs peuvent faire l’impasse sur les quelques symptômes de rouille et d’oïdium qu’ils remarquent. Les orges sont fauchées avant les grosses chaleurs de fin juin. Les blés qui rentrent à partir de début juillet, un peu en avance sur un calendrier classique, n’y échappent pas. Les céréales à paille perdent quelques surfaces. À 47 100 ha, le blé régresse de 5 400 ha et descend un peu plus bas que son niveau de 2015 (47 900 ha). Les céréales secondaires couvrent 8 000 ha tout rond. Les orges d’hiver grignotent 600 ha à 4 900 ha, l’avoine diminue de 90 ha à 580 ha. Les autres céréales sont stables à 1 650 ha pour le triticale, à 500 ha pour l’orge de printemps, à 220 ha pour le sorgho, 150 ha pour le seigle (- 10 ha). Ce bloc de 55 100 ha sur une sole céréales totale de 181 700 ha retrouve tout de même des couleurs sur la balance. Les rendements d’orges d’hiver de 72 q/ha n’ont plus rien à voir avec les 55 q de l’an passé. Idem pour les blés tendres qui effacent leurs 40 à 60 q/ha par un très bon 80 q/ha. Contrairement à 2016, la qualité boulangère ne fait pas défaut. Comme le relève la statistique FranceAgriMer, la collecte de blé bondit de 38 %. Les autres céréales redressent également la tête à l’image du triticale (59 q/ha contre 41), de l’avoine (46 q/ha contre 39), de l’orge de printemps (45 q/ha contre 38), du seigle (47 q/ha contre 40). Le sorgho progresse le moins à 93 q/ha contre 89. Maïs : 115 q/ha sans mycotoxines Début avril, les sols sont suffisamment réchauffés et portants pour permettre la sortie des semoirs à maïs. 90 % des surfaces prévues dans les assolements sont en place dès la mi-avril. Un record de précocité ! La culture engage l’année avec en moyenne dix bonnes journées d’avance. Ils ne seront pas inutiles. L’épisode de gel freine une première fois la pousse mais ne handicape pas la culture de manière rédhibitoire. Le mois de mai n’incite pas non plus à la croissance des plantes qui font surtout du… surplace ! Juin gomme cette léthargie. Le soleil stimule les maïs, mais assèche les sols. Les premiers tours d’eau sont programmés dès le 4 juin alors que le stade dix feuilles est atteint. Ce ne sont pas les derniers de la saison. La météo impose une cadence soutenue aux irrigants. Elle sauve ceux qui n’arrosent pas en faisant pleuvoir en juillet et plus tard en août. La fertilisation est valorisée et les épis se développent bien. L’état sanitaire n’inspire pas d’inquiétude particulière. Sur le front des ravageurs, la pyrale se fait davantage remarquer que d’habitude et la chrysomèle continue doucement de s’installer. 5 800 individus sont piégés fin août, largement plus que les 4 166 de la campagne 2016. Fin octobre, les moissonneuses peuvent être remisées dans leurs hangars. Elles sont intervenues sur 125 600 ha, 900 ha de plus qu’en 2016. La campagne maïs 2017 ne crève pas les plafonds, mais efface néanmoins le souvenir de la parenthèse de 2016 et de ses 99 q/ha de moyenne. L’Alsace annonce un rendement moyen de 115 q/ha, supérieur de 5 q/ha dans le Haut-Rhin (117 q/ha) comparé au Bas-Rhin (112 q/ha). La qualité sanitaire est au rendez-vous. C’est mieux que 2015 (109 q/ha), mais reste nettement sous 2014 (121 q/ha). La collecte s’annonce en hausse de 18 %. Pour être complet, signalons que 1 000 ha (+ 100 ha) ont été cueillis par la filière maïs semences et 12 200 ha ont été ensilés par les éleveurs. Le bilan économique reste mauvais Les récoltes sont bonnes partout. La récolte française d’orge s’améliore de 16 % à plus de 12 Mt, celle de blé augmente de près de 32 % à plus de 36 millions de tonnes (Mt). Et elle est de très bonne qualité. 58 % du volume se classe en supérieur ou mieux contre à peine 20 % en 2016. Le taux de protéines atteint 11,5 % pour 96 % de la collecte. Le poids spécifique de 73 % (contre 25 % en 2016) dépasse les 76 kg/hl. Le Hagberg est supérieur à 240 s pour 83 % des volumes. Dans le monde, le blé ne manque pas non plus. La production y atteint près de 740 Mt. Les stocks atteignent les 265 Mt. Les blés russes, ukrainiens et argentins frappent à la porte des acheteurs en Afrique et au Moyen-Orient à des prix très compétitifs. Dans ces conditions, l’encéphalogramme du marché est plat. Selon tous les analystes, il le restera jusqu’en fin de campagne, en juin 2018… Les acomptes payés à la moisson sont donc sages : 125 €/t pour l’orge, entre 145 et 150 €/t pour les blés, comme en 2016. Ces derniers baissent encore de 10 €/t entre août et octobre. Pas de quoi pavoiser. Le maïs n’est pas mieux loti. Son bilan est revu à 1 039 Mt en octobre, 50 Mt de moins que son record établi en 2016. L’UE table sur des importations, notamment brésiliennes, de 15 Mt sur son sol en 2017-2018. Les stocks sont estimés à 200 Mt. Au niveau local, les organismes stockeurs perdent un débouché en raison de la fermeture de la semoulerie Costimex. L’entreprise implantée au port du Rhin à Strasbourg absorbait annuellement 150 000 t de grains jaunes cornés dont 70 % d’origine Alsace… Ils se contentent dès lors de régler 135 à 140 €/t à l’automne, encore quelques euros de moins qu’en 2016 (147 €/t)… En 2017, une nouvelle contraction des charges des maïsiculteurs, notamment au poste engrais, et de meilleurs rendements compenseront ce nouveau recul, mais pas suffisamment pour déboucher sur un revenu décent et reconstituer durablement leur trésorerie. Les indicateurs économiques de la culture sont mal orientés depuis 2013. Les experts qui prennent sous la loupe les bilans constatent sur ce laps de temps que le travail est rémunéré 102 €/ha pour les exploitants qui irriguent et seulement 24 €/ha pour les non-irrigants. 2017 ne devrait pas significativement améliorer cette courbe.

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