Cultures

Fruits et légumes d’Alsace

Endives, c’est le moment d’en croquer

Publié le 08/02/2018

Avec le retour du froid, la consommation d’endives reprend. En Alsace, trois producteurs ont misé sur cette culture. L’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace a lancé la saison chez Rémy Friess, producteur à Rohr.

L’endive est un aliment « détox », qui a de nombreuses qualités diététiques : peu calorique, elle est surtout riche en eau et en fibres et contient de précieux oligo-éléments, tels que le sélénium et des vitamines (vitamines C, B1 et B2). Qu’elle soit crue ou cuite, elle participe au bon fonctionnement de l’intestin. Les trois producteurs d’endives d’Alsace réunis le 6 février à la ferme Friess, à Rohr, à l’initiative de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), n’ont pas manqué de le rappeler. Ils ont aussi vanté les bienfaits d’un légume produit dans la région, donc acheminé rapidement sur les lieux de vente, ce qui garantit sa fraîcheur. Rémy Friess produit 250 t d’endives entre novembre et mars, mois qui correspondent au pic de consommation. C’est son père qui s’est lancé dans cette production il y a 35 ans après avoir arrêté l’élevage. Aujourd’hui, elle reste une source de diversification pour Rémy Friess, qui cultive par ailleurs des céréales et dirige une entreprise de travaux agricoles. Les racines d’endives proviennent du Nord, où les conditions de culture sont plus propices à leur croissance qu’en Alsace, et sont acheminées dans la région à l’automne. À leur arrivée à la ferme, elles sont mises au froid pendant huit jours. L’endive étant une plante bisannuelle, sa racine a besoin de cette période de froid simulant l’hiver pour entrer en production. Les racines rentrent ensuite pour trois semaines en salle de forçage. La température y est maintenue à 18 °C, l’hygrométrie à 80 %. Les bacs galvanisés dans lesquels sont placées les racines sont traversés par un courant d’eau enrichie en oligo-éléments et en potasse. C’est dans ces conditions, et dans une obscurité totale préservant leur blancheur, que poussent les endives. « Un cycle complet » À leur sortie de la salle de forçage, elles sont nettoyées et emballées dans des sachets aux couleurs de l’Ifla, où figure le nom du producteur. Bien qu’équipé d’une chaîne de conditionnement automatisée, Rémy Friess emploie huit personnes, dont six saisonniers, pour effectuer les différentes opérations. Les racines, qui constituaient un déchet, sont maintenant envoyées dans un village voisin où elles alimentent une unité de méthanisation. « C’est un cycle complet », commente Rémy Friess. Accompagné des deux autres producteurs d’endives de la région, Angèle Gloeckler et Robert Burgaentzlen, Pierre Lammert, président de l’Ifla, a profité de cette matinée à la ferme pour sensibiliser les grossistes et distributeurs à la production régionale et pour remercier les partenaires habituels de la filière fruits et légumes. En particulier la Région Grand Est qui, par le biais d’un contrat de filière, soutient les investissements des producteurs et la promotion des fruits et légumes régionaux. Guillaume Keller, le représentant de Sodexo, a témoigné de la volonté de l’entreprise de restauration collective d’acheter de plus en plus de produits locaux. C’est ainsi qu’elle a pré-commandé une demi-tonne d’endives d’Alsace pour les servir dans les restaurants d’entreprises, les hôpitaux et les cantines de la région. En la déclinant selon quatre recettes différentes, Jérôme Amory, le chef du restaurant de la Cité administrative de Strasbourg, a prouvé que l’endive d’Alsace peut être consommée de multiples façons : de l’entrée - une crème d’endives à la bière ambrée et aux zestes d’orange - jusqu’au dessert - une crème brûlée à l’endive et au carambar !

Champichoux à Geispolsheim

Un bâtiment qui pousse comme un champignon

Publié le 07/02/2018

Après avoir développé la production de champignons, diversifié la gamme de produits élaborés et ses canaux de production, l’entreprise Champichoux de Geispolsheim a investi dans un atelier de transformation pensé pour faire de l’entreprise une véritable attraction touristique.

Martin Schwaederlé est producteur de champignons depuis 1993. À cette époque, il a repris l’exploitation familiale, sise à Geispolsheim, où ses parents cultivaient du chou à choucroute et des céréales. La diversification dans la production de champignon, c’est le projet qu’a porté Martin Schwaederlé pour capter davantage de valeur ajoutée et pérenniser son installation. 25 ans après, le pari semble gagné. Désormais, les 53 ha de SAU sont cultivées uniquement en céréales et ne représentent plus que 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. Martin Schwaederlé a en effet rapidement fait le choix de simplifier les cultures de plein champ pour investir dans la production de champignons. « Au départ, je les produisais et je les vendais bruts, mais après deux ou trois années de production, j’ai commencé à les transformer pour augmenter la marge nette », raconte-t-il. Au fil des ans, la gamme passe de quelques références à une quarantaine. « Et quelques nouveautés sont en cours d’élaboration », confie Martin Schwaederlé. Vue imprenable sur la transformation Les infrastructures de l’entreprise évoluent à l’aune de son activité. Au départ, Martin Schwaederlé installe sa première champignonnière dans un ancien hangar, situé dans le village. À partir de 1995, il y adosse un petit laboratoire culinaire de 40 m2. En 2009, il construit un bâtiment neuf à l’extérieur du village, sur 1 400 m2. À l’époque, cet investissement peut sembler démesuré. Mais Martin Schwaederlé a déjà sa feuille de route bien en tête. Il s’agit de transférer et agrandir la champignonnière sur ce site et de créer un magasin de vente directe, pour accompagner la montée en puissance de la production de champignons. Mais pas que. Après cette première phase, l’entrepreneur se lance dans la seconde en 2016. Il s’agit de créer un laboratoire de transformation de 350 m2, adossé à une salle de réception pour les visiteurs. Car l’idée, c’est d’accueillir des groupes de visiteurs. Au programme : projection d’un film sur l’entreprise, visite de la champignonnière, puis des ateliers de transformation, pour finir par le magasin de vente. Le laboratoire devant répondre à des normes d’hygiène strictes, il est équipé de vitres qui donnent sur un couloir emprunté par les visiteurs. « L’idée, c’est de tout montrer aux consommateurs, de la production à la transformation, pour donner confiance », explique Martin Schwaederlé. En avant toute ! Concilier un laboratoire conforme à toutes les normes en vigueur, que ce soit en matière d’hygiène, de traçabilité, ou encore de sécurité, et qui soit en même temps ouvert au public n’est pas une mince affaire. Pourtant, Martin Schwaederlé, n’en est pas peu fier : « L’architecte, c’est moi ! » C’est en effet lui qui a dessiné les plans de ce nouveau laboratoire, entièrement thermo-régulé, et régi par le principe de la marche en avant. Les champignons sont cueillis au gré de leur pousse dans la champignonnière, d’où ils passent, directement ou via une chambre froide, dans la légumerie où ils sont lavés et coupés sous différentes formes en fonction de leur destination. La légumerie donne sur un espace dédié à la fabrication des pâtes, destinées aux quiches, tartes, et autres tourtes. Dans le local de cuisson, trônent un four XXL, une cellule de refroidissement, une friteuse géante et une baratte toute aussi imposante. Elle sert à mélanger les différents ingrédients pour obtenir des garnitures qui sont ensuite assemblées au reste des ingrédients dans la zone de confection. C’est là que, sur de vastes plans de travail en inox, les fonds de tarte et autres pâtes à nems ou à ravioles sont garnis. De l’autre côté de cette enfilade d’ateliers se situe une série de chambres froides. L’une d’elles est dédiée aux matières premières, une autre aux produits semi-transformés avant leur emballage… C’est ici aussi que se situe un local dédié aux consommables, une cellule de plonge et le bureau de la cheffe de production, qui organise le travail de l’équipe et gère la traçabilité (lire en encadré). Après la zone d’emballage se situe une troisième chambre froide où les références sont stockées en fonction de leur jour de fabrication et de leur destination. À noter que l’entreprise est aussi équipée d’une chambre froide négative, et qu’une quatrième chambre froide est en cours d’installation. Le choix de la qualité et de la fiabilité L’entrepreneur a mis à profit les contacts qu’il a noués au fil de ses 25 années d’expérience dans le métier. « Pour choisir le matériel notamment, j’ai interrogé mes fournisseurs, je me suis fié aux recommandations qu’ils ont pu me faire grâce à leurs retours d’expérience sur la qualité du matériel. » Idem pour le choix des revêtements qui n’a pas été une mince affaire, tant ils doivent répondre à de nombreux critères. Enfin, pour concrétiser ses plans, Martin Schwaederlé a fait appel à une quinzaine d’entreprises locales, parfois allemandes, également choisies pour leur réputation de fiabilité. L’entrepreneur fait aussi appel aux services de la Chambre d'agriculture pour l’accompagner dans l’élaboration et le suivi de son Plan de maîtrise sanitaire (PMS), qui comprend des normes en matière de traçabilité, d’hygiène du personnel… Il se doit en effet d’être irréprochable : « Certains de mes clients réalisent des audits chez moi pour s’assurer de la qualité des produits que nous leur fournissons. »

Publié le 31/01/2018

Lundi dernier, la Coopérative Agricole de Céréales a officiellement lancé son nouveau service de modulation intraparcellaire de densité de semis de maïs : Mod-IP. Une solution novatrice destinée à « améliorer la compétitivité des exploitations agricoles ».

Présentée comme une « première nationale » en 2017 par la Coopérative Agricole de Céréales (CAC), la modulation intraparcellaire des semis de maïs a été lancée officiellement lundi dernier, lors d’une réunion organisée au restaurant Chez Pierre, à Blodelsheim. Adhérents et non adhérents de la coopérative étaient invités à découvrir un peu plus en détail ce nouveau service baptisé Mod-IP destiné à améliorer la compétitivité des exploitations agricoles. Les résultats obtenus après deux années d’essais ont ainsi fait apparaître un revenu l’hectare de 140 euros en moyenne, net de semences et de surcoût de séchage. « C’est l’aboutissement de plus de trois ans de travaux pour notre coopérative », explique le directeur général de la CAC, Jean-Marc Schacherer, en préambule de cette réunion. Au vu de l’intérêt croissant d’autres opérateurs pour ce sujet, la CAC a estimé que c’était le moment de montrer qu’elle avait déjà « quelque chose » de tangible et d’éprouvé à montrer sur cette innovation. Florence Brayé et Christian Jenn, en charge de ce dossier au sein de la CAC, l'ont présenté comme un « tournant pour la maïsiculture haut-rhinoise ». « Nos métiers doivent s’adapter s’ils veulent perdurer. Et pour y arriver, il faut être capable d’innover. On ne peut pas influencer les facteurs externes comme le prix de la tonne de maïs. On ne peut pas influencer la législation, on ne peut que s’adapter. Il faut donc réfléchir aux paramètres sur lesquels on peut agir concrètement », développe Jean-Marc Schacherer. Avec Mod-IP, la Coopérative Agricole de Céréales souhaite également montrer que les opérateurs peuvent apporter des solutions « porteuses » dans le monde agricole. « C’est notre vraie mission. Nous devons être capables d’amener rapidement l’innovation aux agriculteurs », estime-t-il. De 10 à 13 q de plus grâce à la modulation Pour aboutir à ce nouveau service, Florence Brayé et Christian Jenn ont commencé par étudier les sols, en analysant finement le comportement entre la plante et le sol. « On a essayé de voir ce qui se passait quand on modifiait la densité de semis en fonction du sol et de la variété. On s’est ainsi rendu compte que le comportement n’était pas le même en fonction du type de sol. À partir de là, nous avons étudié la possibilité d’aboutir à une préconisation plus fine en termes de densité et de variétés », souligne Christian Jenn. Les essais menés par la CAC ont eu lieu dans cinq exploitations situées dans la Hardt et la Plaine de l’Ill. Vingt-trois variétés dans douze types de sols différents, soit 240 modalités testées en parcelles entières, et non en micros parcelles. Après une première année encourageante en termes de résultats, il fallait voir si cela allait « tenir » lors de la campagne suivante. « Et comme l’année précédente, on a constaté que dans les trois grands types de sols que l’on avait identifiés, la modulation avait permis d’enregistrer de meilleurs rendements (de dix à treize quintaux en plus), ou au moins aussi bons, que les parcelles sans modulation et ce, même si le niveau de rendement moyen était moins bon à cause de la météo. Mais ça, on ne peut pas y faire grand-chose », poursuit Christian Jenn. Par contre, il existe certainement encore des marges de progression puisque seuls la variation de la densité de semis a été explorée. « Que ce soit la partie fertilisation, irrigation ou désherbage, on était sur une conduite classique. Mais cela fait partie des choses sur lesquelles nous travaillons aussi », annonce-t-il. Une carte de préconisation géoréférencée Concrètement, comment fonctionne cette modulation de la densité de semis de maïs pour l’agriculteur ? Tout d’abord, ce service ne peut que fonctionner sur des parcelles irriguées. Ensuite, un gros travail amont est effectué par les techniciens de la CAC pour l’étude et le zonage du sol, ainsi que sur les variétés les plus appropriées. Une carte de préconisation géoréférencée est ensuite générée et remise à l’agriculteur. « Il faut donc être équipé en GPS, mais pas spécifiquement en RTK. Tous les signaux sont compatibles », précise Alfred Biller, agent relations culture à la CAC. L’agriculteur doit aussi avoir une console de commande en lien avec le semoir qui doit, de préférence, disposer d’un entraînement électrique ou hydraulique pour « jouer sur la densité de semis » pendant que le tracteur roule. « Avec tout ça, on est équipé. Néanmoins, pour ceux qui ne le sont pas, il existe des solutions. On peut ajouter des kits d’entraînements hydrauliques aux semoirs. Et pour ceux qui n’ont pas de GPS, la CAC va voir avec des constructeurs pour mettre à disposition des machines afin que ceux qui ne sont pas équipés puissent faire des essais », ajoute Alfred Biller. Un point sur lequel Jean-Marc Schacherer tient à apporter une précision importante : « Que l’on soit bien clair, nous ne sommes pas une entreprise de travaux agricoles, et nous n’avons pas vocation à l’être. Notre travail porte sur l’expertise et continuera à l’être. Quand on a imaginé la solution, c’était un peu compliqué pour nous de savoir quel était l’état d’équipement de chaque exploitation. Si l’agriculteur est déjà équipé, il lui suffit d’adapter la solution. S’il ne l’est pas, il nous a semblé bon d’explorer quelques pistes pour qu’il puisse effectuer des essais, et s’équiper par la suite s’il le souhaite. » Pour ce qui est du coût de ce service, il va de 42 euros/ha à 72 euros/ha en fonction du « niveau d’engagement » de l’agriculteur avec la Coopérative Agricole de Céréales.

Pages

Les vidéos