Navet salé
Moderniser l’image du légume de grand-mère
Navet salé
Publié le 18/01/2018
Après une chute inexorable, la consommation de navet salé s’est stabilisée ces dernières années. Un succès obtenu grâce à une campagne de communication pour moderniser l’image de ce mets tombé en désuétude. Dernier exemple en date de cette politique : la journée de promotion organisée à Geispolsheim, mardi 9 janvier, par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace et l’association de promotion du navet salé.
Dix producteurs et trois transformateurs résistent encore et toujours à la disparition du navet salé. « Après des années de chute, la consommation s’est stabilisée ces dernières années à 350 tonnes par an », se réjouit Pascal Claude, de la choucrouterie éponyme, en marge de la journée de promotion organisée mardi 9 janvier à Geispolsheim. Car si ce légume a longtemps pâti d’une image vieillotte, les professionnels ont changé la donne. Moderniser l’image du légume. Cette phrase, élevée au rang de dogme, constitue la pierre angulaire de la communication de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et de l’association de promotion du navet salé, organisateurs de l’événement. « Les nouvelles générations ont un peu oublié ce produit », constate Yannick Wir, animateur de l’Ifla. Les professionnels ont donc imaginé des messages sur-mesure à l’attention des jeunes. Un légume sain et local « Le navet salé a des propriétés détoxifiantes bienvenues au sortir des fêtes », conseille Pierre Lammert, président de l’Ifla. Faible en calories, riche en fibres, en vitamines et en oligo-éléments, il ne reste plus qu’à le cuisiner de manière diététique. Adieu le navet cuit dans la graisse d’oie, bonjour à la cuisson vapeur. Les professionnels ont même changé le nom du produit. Ne l’appelez plus navet salé, mais navet confit. Un adjectif plus vendeur selon le responsable de l’Ifla. Car bien qu’il soit salé, l’ingrédient peut être utilisé dans la préparation de desserts. Par ailleurs, la région dispose de la quasi-exclusivité de la production de ce mets. « L’Allemagne, la Suisse et l’Autriche en sortent de très faibles quantités », souligne Yannick Wir. Du coup, la production est garantie 100 % alsacienne. « De plus en plus de jeunes veulent manger sain et local. Le navet salé correspond tout à fait à leurs attentes », remarque Catherine Speisser, de l’EARL Choucroute de Hattisheim à Geispolsheim. D’accord, mais que peut-on cuisiner avec du navet salé ? Pour en finir avec l’image d’un plat traditionnel alsacien, l’Ifla et le lycée hôtelier d’Illkirch-Graffenstaden ont établi un livret de recettes originales. Ravioles de navet salé au foie gras, nems de navet et saumon fumé, samoussas de navets et même un cheesecake au navet. De quoi donner des idées aux cuistots en herbe.












