Publié le 16/03/2018
Les premiers apports d’azote sont déjà réalisés. Toutefois, il est encore temps d’ajuster la dose totale à appliquer en fonction de la biomasse mesurée en sortie d’hiver et de l’état des cultures qui détermine le potentiel de rendement.
Les observations réalisées avant les premiers apports d’azote indiquent une biomasse moyenne de l’ordre de 1,3 kg/m2, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne pluriannuelle qui oscille autour de 1 kg/m2 en sortie d’hiver. La proportion de petits colzas est également plus faible (voir tableau). Cette situation s’explique par des semis précoces, des conditions favorables à la croissance automnale et un hiver peu rigoureux - avant la période d’observation - ce qui a limité la défoliation comme en témoignent les suivis de croissance réalisés par les équipes de Terres Inovia en régions (voir graphique). Défoliation des colzas Les pertes de biomasse consécutives aux fortes gelées enregistrées fin février sont très variables d’une situation à l’autre : de 0 à 60 % de perte de poids vert dans notre réseau. Dans les situations les plus impactées, la question du réajustement de la dose d’azote se pose. Une analyse au cas par cas est nécessaire : Pour les colzas tout justes redémarrés, pour lesquels l’allongement de la tige est faible à nulle, une mesure de biomasse postérieure au gel peut être prise en compte dans le calcul de la dose d’azote. Cette dernière mesure se substitue à la biomasse sortie hiver estimée avant l’épisode de gel. À défaut de pouvoir réaliser une nouvelle mesure, on peut considérer une perte de biomasse de 30 à 50 % selon la sévérité de la défoliation. Pour les colzas à un stade avancé (D1-D2), la mesure de biomasse n’est plus représentative de la quantité d’azote absorbé à l’ouverture du bilan. La remobilisation de l’azote dans la plante a débuté ; les coefficients de conversion de la biomasse en azote absorbé ne sont plus valides. Par ailleurs, les premiers apports d’azote sont déjà en tout ou partie valorisés. Dans l’état actuel des connaissances, il n’est pas possible de modifier le raisonnement pour l’estimation de la dose d’azote prévisionnelle. Les calculs réalisés pour des cas types observés sur le terrain montrent qu’une augmentation de la dose de 30 kgN/ha doit suffire dans la majorité des situations où le potentiel de rendement n’est pas remis en question. Dans les parcelles où le potentiel est affecté (gel, larves, hydromorphie), il est inutile d’augmenter la dose d’azote. Déterminer un objectif de rendement raisonnable La biomasse sortie d’hiver et l’objectif de rendement conditionnent fortement la dose d’azote totale à apporter. Si le premier facteur peut être objectivé par une mesure, le second est plus difficile à appréhender. Soyez raisonnable lorsque vous fixez l’objectif de rendement. La règle de décision de la Réglette azote colza® sécurise l’atteinte du potentiel et la rentabilité technico-économique. Il est donc inutile de se rassurer en surestimant l’objectif de rendement. Par ailleurs, il faut rappeler que l’azote n’est pas le premier facteur limitant du rendement dans une situation sur deux (source : 68 essais courbe de réponse du rendement à l’azote - Terres Inovia). Ennoiement, dégâts de gel Certaines parcelles ont pu être affectées par des excès d’eau au cours de l’hiver ou bien encore par l’épisode de froid intense survenu fin février. Un diagnostic précis de l’état de la végétation - aérienne et racinaire - doit être réalisé pour déterminer un objectif de rendement réaliste au cas où le maintien de la culture est confirmé. Tant que les chantiers d’azote ne sont pas soldés, il est toujours temps de reconsidérer le potentiel de la parcelle pour ajuster le niveau des charges. Des doses d’azote très faibles dans certaines situations ? Dans les parcelles présentant de fortes biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver, les doses d’azote conseillées peuvent être faibles, inférieures à 100 uN, voire proches de zéro. On comprend que les agriculteurs soient frileux pour baisser la dose d’azote à ce point, d’autant plus dans les « régions froides » où la minéralisation de printemps peut se faire attendre et dans un contexte de reliquats azotés faibles dus à une pluviométrie hivernale excédentaire. Terres Inovia saisit l’opportunité du contexte de l’année pour mettre à l’épreuve la règle de décision. Des essais azote sont mis en place dans le nord et l’est de la France : rendez-vous à la récolte…












