Élevage

Publié le 04/09/2021

Originaire d’Urschenheim, près de Colmar, Thomas Wirsum est sur le point de s’installer hors cadre familial, en reprenant l’élevage caprin de Jean-Pierre Fend, à Nordheim. Un stage de parrainage a permis de préparer la transmission.

Jusqu’à l’an dernier, Thomas Wirsum et Jean-Pierre Fend ne se connaissaient pas. Aujourd’hui, ils se voient quotidiennement et échangent régulièrement sur la conduite de l’élevage caprin monté par Jean-Pierre dans les années 1970, en attendant de régler les derniers détails de l’installation de Thomas, qui devrait être effective d’ici la fin de l’année 2021. Les deux hommes se sont rencontrés grâce à une annonce passée dans le répertoire départ-installation : « Depuis trois ans, je cherchais un remplaçant au niveau de l’élevage », retrace Jean-Pierre Fend. Son fils, revenu à la ferme après quelques années passées dans la Drôme, s’y est bien essayé. Mais en 2015, au bout de cinq ans d’activité, il a préféré retourner dans le sud. L’éleveur de Nordheim comprend qu’il va falloir trouver une solution hors cadre familial. « J’ai d’abord cherché quelqu’un en interne, avoue-t-il. Mais je n’ai pas trouvé l’élément sérieux qui ait à la fois la capacité d’analyse et l’envie d’être son propre patron. » Thomas, de son côté, a toujours rêvé d’être agriculteur. Originaire d’Urschenheim, le presque trentenaire n’est pas fils de paysan. Mais depuis ses 10 ans, il passe son temps chez les agriculteurs de son village. Son CAP de mécanique auto en poche (pour faire plaisir aux parents), il embraye sur un CAP en production végétale, puis un bac pro en agroéquipement par apprentissage au lycée agricole d’Obernai. Une formation suivie de plusieurs emplois salariés dans le domaine agricole. La première prise de contact, en février 2020, est positive et très vite, Thomas démissionne de son poste de salarié dans une ETA de Rohr pour effectuer un stage de parrainage. Ce dispositif permet aux deux hommes de commencer à travailler ensemble en vue d’une éventuelle reprise de l’élevage par Thomas. « Nous avons réussi à discuter de tout » « Ce stage m’a permis de découvrir l’exploitation en détail, de vérifier que le courant passait entre nous et que nos attentes étaient les mêmes », explique Thomas. « Une reprise, c’est aussi angoissant pour celui qui reprend que pour celui qui cède », renchérit Jean-Pierre. Pour que le projet soit « viable et intelligent », rien ne doit être laissé au hasard. « Nous avons réussi à aller dans le fond des choses, à discuter de tout », se réjouit-il. Ce qui a particulièrement plu à Jean-Pierre, c’est la curiosité manifestée par Thomas. N’ayant aucune connaissance sur les chèvres, le jeune Haut-Rhinois n’hésite pas à s’informer sur la conduite de l’élevage auprès de différentes sources. « Pour les grandes lignes, c’est important de pouvoir s’appuyer sur l’expérience d’un ancien. Mais je suis aussi allé découvrir le milieu caprin et voir comment fonctionnent d’autres élevages », confie Thomas. « On peut apprendre très vite quand l’envie est là », approuve son aîné, qui parle en connaissance de cause. En l’espace d’un an, Thomas se familiarise avec l’élevage caprin au point déjà, d’y imprimer sa marque. Il inscrit le cheptel au contrôle laitier et fait appel à un nutritionniste du Poitou pour suivre l’alimentation des chèvres, dans le prolongement du travail entrepris depuis cinq ans par Jean-Pierre avec le fabricant d’aliments Evialis. Les résultats suivent. « Aujourd’hui, on produit autant avec 320 chèvres qu’avec 360 chèvres l’an passé, mentionne-t-il. Grâce à la ration, on a la quantité et la qualité. » Un point important puisque le lait est transformé en fromages : c’est la fille de Jean-Pierre, Virginie Perrière, et son mari qui transforment et commercialisent les produits de la ferme, via la SARL Le Fermier du Sonnenberg. Un montage soigneusement réfléchi Maintenant que son stage de parrainage est terminé, il reste à Thomas à finaliser son installation. En raison du Covid-19, les démarches prennent plus de temps que prévu, mais au moins ce temps est-il mis à profit pour mettre tout à plat. Le futur installé bénéficie des conseils de Stéphanie Jehl, conseillère d’entreprise à la Chambre d’agriculture Alsace et de Christine Russier, juriste au Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin. Un accompagnement précieux s’agissant d’une installation hors cadre familial. Du moment que Thomas reprendra la SCEA Le Cabri, il deviendra le fournisseur exclusif de la SARL Le Fermier du Sonnenberg. Une lettre d’intention est rédigée en ce sens. Les engagements des deux parties (volume, prix au litre…) seront repris dans un contrat en bonne et due forme. « Tout le projet a été mené comme un mariage. Même le divorce est envisagé dès le départ », souligne le futur installé. Une nécessité compte tenu de l’interdépendance très forte entre l’élevage et la SARL, dont dépend la pérennité de l’enseigne. Le montage du projet a été réfléchi pour que l’installation ne soit pas trop lourde financièrement : ainsi, le bâtiment d’exploitation et la parcelle sur laquelle il est construit resteront la propriété de Virginie, qui continuera à être associée au sein de la SCEA. Thomas n’en sera que locataire, quitte à ce qu’il les rachète par la suite. Il louera également les 25 ha de surfaces en herbe qui permettent de nourrir la troupe. En septembre débute l’étude économique qui lui permettra de se projeter pour les quatre ans à venir. De celle-ci découleront les futurs projets d’investissement du jeune éleveur caprin. Une chose est sûre : « Le stage de parrainage, c’est une très bonne chose car cela n’engage aucune des deux parties définitivement. On est lié sans être lié. » S’il débouche sur la reprise de l’exploitation, c’est gagné. « Jean-Pierre me permet de réaliser mes rêves, je ne le remercierai jamais assez pour cela. C’est un peu son bébé qu’il me transmet », considère Thomas.

Horse Naturally à Oltingue

Les chevaux au naturel

Publié le 30/08/2021

À Oltingue, tout au sud de l'Alsace, sur le site de la Ferme de l’ancienne scierie, Myriam Hertzog et Xavier Wittig ont développé plusieurs activités atypiques : la pension pour chevaux au naturel, le coaching équin, l’élevage de moutons. Le tout, dans l’esprit de la permaculture.

Si la pension pour chevaux est aujourd’hui l’activité principale de la ferme, la polyculture-élevage de moutons en est l’activité originelle. C’est la « spécialité » de Xavier Wittig qui propose ses moutons essentiellement pour leur viande. La clientèle est fidèle depuis plusieurs décennies, et le savoir-faire de l’exploitant est reconnu comme une garantie de qualité. « Les moutons sont des croisements des races Île-de-France et Suffolk. C’est une reprise du cheptel de mon père. Ils broutent les parcelles les plus sauvages et naturelles que nous possédons. Les particuliers qui viennent acheter ces moutons vivants apprécient notre mode de fonctionnement. Ils ne veulent pas passer par une boucherie. Ils apprécient nos conditions d’élevage », explique Xavier Wittig. De plus, l’agriculteur optimise ses productions céréalières sur les terres les plus éloignées et les plus difficiles d’accès. La permaculture est sa source d’inspiration professionnelle. « Nous respectons la biodiversité des lieux et nous nous adaptons à elle. Il y a ici des haies, des ronces, des orties et des arbres dont certains sont plus que centenaires. Nous voulons que ce milieu naturel nous guide dans notre travail. Les arbres et l’Ill offrent des espaces de fraîcheur qui permettent à la végétation de se reproduire naturellement », ajoute Xavier Wittig. Les productions excédentaires de foin, regain, paille, céréales et maïs, ainsi que le bois de chauffage issu de forêts locales, sont également vendus. L’exploitant est aussi un excellent créateur-transformateur. Il recycle des matériaux auxquels il donne une seconde vie. Cette polyvalence apporte de nombreux bénéfices à l’ensemble du domaine. Une vie en mouvement Avec Horse Naturally, la ferme s’est diversifiée dans la pension pour chevaux, essentiellement en Paddock Paradise. Originaire de Strasbourg, Myriam Hertzog a effectué différents métiers administratifs qui l’ont amené vers la découverte, dès 2005, du coaching. Quelques années plus tard, elle rencontre son futur mari à Oltingue. « Comme moi, il apprécie les chevaux. Nous avons alors décidé de développer la pension pour chevaux. Ayant mon propre cheval, j’ai eu l’idée de développer la pension Paddock Paradise ici, à côté de la pension classique de quelques boxes d’abord. Puis, on l’a transformé en paddocks-boxes car les chevaux ont besoin de mouvement, de place. » Elle précise le modèle : « Il est largement inspiré de celui du Paddock Paradise de Jaime Jackson. Les chevaux vivent ainsi toute l’année pieds nus, à l’extérieur 24 h/24. Ils circulent sur près de deux kilomètres de piste stabilisée (empierrée, ensablée et en terre) qui s’élargit par endroits sur de grandes aires. Ces parcours bordés d’arbres offrent des abris, du sel, de l’eau et différents filets à foin. » Horse Naturally a ainsi pour vocation d’offrir aux chevaux en pension une vie respectant leurs besoins fondamentaux de mouvement, de vie sociale et d’intégrité. Tous les chevaux vivent à l’extérieur, en groupe. Ils ont accès à une alimentation naturelle à base de fibres variées. Ils arpentent les pistes stabilisées et ont un accès restreint à l’herbe responsable de maladies. Les litières confortables, issues de leurs céréales à paille, sont fort appréciées des chevaux. « Plusieurs variétés de grands arbres et de haies bordent les cours d’eau qui longent les pistes. Ce sont autant d’occasions pour les chevaux de varier les plaisirs et de se soigner grâce aux plantes, bourgeons, feuilles, fruits, écorces. Leurs balades nourrissantes sont entrecoupées de temps de repos, de jeux, de toilettage mutuel et de déconnades ! L’accès à l’herbe sur les parcelles est limité. L’idée est de stimuler la vie sauvage et naturelle des chevaux. Et ainsi de limiter les maladies telles que les fourbures, coliques, et autres arthroses. Une vie en mouvement dans un espace naturel pour des chevaux bien dans leur tête et dans leurs sabots », souligne Myriam Hertzog. Outre cette sensibilité à ne pas laisser les chevaux dans un espace fermé, la pension leur permet d’être nourris et soignés avec le moins possible de produits chimiques. « Nous proposons notamment des régulateurs parasitaires à base d’huiles essentielles bio. Nous constatons que nous obtenons des résultats probants. Cette manière de faire préserve le système immunitaire des chevaux, mais également nos sols », assure Myriam Hertzog. Une vingtaine de chevaux sont en pension l’année. Le couple est aidé dans ses tâches quotidiennes par deux personnes à temps partiel. L’une, le matin, est présente pour le nettoyage des lieux de vie. L’autre, une apprentie, complète les travaux quotidiens. Coaching avec un cheval La pension pour chevaux est complétée par du coaching équin. Myriam Hertzog s’adresse là principalement aux dirigeants d’entreprises de petites structures. Elle en a en effet déjà accompagné certains en coaching professionnel classique. Elle propose un accompagnement à raison de deux fois deux heures par mois sur six mois environ. Un parcours sous forme de séance à pied en présence du cheval. « L’avantage de solliciter le cheval, c’est que ce dernier ne vous juge pas. Il vous reflète à l’instant T. Le coaching est une alliance précieuse pour une personne qui ressent le besoin d’être aidée pour passer un cap difficile. Le coaching n’est ni du conseil, ni de la formation. Il favorise au contraire l’autonomie de la personne coachée en lui permettant de se (re) connecter à ses ressources propres. C’est un accompagnement individuel qui mène à la remise en question, au changement et à l’action », précise Myriam Hertzog. Elle s’est formée au coaching professionnel en 2011. Après avoir exercé plusieurs années à son compte, elle a plus récemment choisi d’y inclure le cheval grâce à l’approche nommée Equivivencia. Il s’agit d’un parcours de formation de coach équin qui permet à des passionnés de chevaux intuitifs et attentifs au bien-être naturel du cheval, de structurer leur offre et de créer leur activité en révélant ce pour quoi ils sont faits véritablement (sans se perdre dans une méthode clés en main). Les projets de développement de nouvelles activités complémentaires ne manquent pas. « Nous gérons le vivant et nous veillons à ce que ce vivant puisse évoluer favorablement pour les générations futures. Nous craignons simplement de ne pas avoir assez de temps pour prendre le repos nécessaire », conclut Myriam Hertzog.    

Ferme avicole Gallmann, à Niederroedern

Tout autour de la poule

Publié le 16/08/2021

Éric Gallmann, de Niederroerdern, a le sens des affaires. De belles affiches signalent aux automobilistes du coin « Poules pondeuses, prêtes à pondre », logo de son magasin La Chair de poule et coordonnées de la ferme, à l’appui. Rien de tel pour éveiller la curiosité. Quel est ce nouveau business ?

« L’idée des poules pondeuses prêtes à pondre ? C’est une demande des clients… qui n’arrêtait pas de croître », dit d’emblée Éric Gallmann, 51 ans. Le pétulant éleveur de volailles de chair et de poules pondeuses de Niederroedern transforme à la ferme une partie de la production et vend « tout ce qui tourne autour de la volaille » en direct dans son magasin La Chair de poule, ou grâce à un distributeur adjacent. Il a encore ajouté une corde à son arc en 2021 : il propose des poules pondeuses Lohmann « prêtes à pondre ». Depuis le premier confinement et la pénurie d’œufs dans les magasins, les particuliers s’engouent pour les volatiles. Éric a du répondant. Avec la ferme Hege Pour ses œufs bio et plein air, il cherche depuis 2019 ses lots à la ferme Hege, à Schafbusch, spécialisée dans la poule pondeuse. « Quand j’ai acheté le dernier lot chez eux pour renouveler, j’ai demandé si c’était possible d’avoir des poules pondeuses toute l’année, pour satisfaire la demande », commence Éric. Sanitairement, recevoir des gens pour la vente d’une seule poule pondeuse n’intéresse pas les éleveurs de Schafbusch. « Il a été conclu avec M. Hege que je prenne toujours le petit surplus qu’il y a dans les bâtiments, au moment où on enlève les poules. Je suis ainsi devenu le revendeur du coin, un peu exclusif. C’est pour ça que j’ai mis ces affiches », dévoile Éric Gallmann. À cause du pourcentage de mortalité, à la mise en place d’un lot de pondeuses, un petit pourcentage d’animaux supplémentaire est toujours ajouté. S’il y a peu de mortalité, il reste un surplus. Ce sont ces volatiles que reprend Éric.     Ingénieux Le marché conclu, il a fallu faire vite. « J’ai acheté un conteneur maritime que j’ai aménagé, avec des amis. C’est ce qu’il y avait de plus rapide à faire. On a creusé la tranchée, amené l’eau, l’électricité. Chez moi, rien n’est improvisé. Il faut que ce soit propre. C’est ma fierté. Si on fait quelque chose de bien, ça fonctionne », assure Éric. Il apporte le même soin à tout, jusqu’à la décoration de son magasin, agrémenté d’une ancienne brouette à fumier et d’un râteau en bois, aux dents duquel sont suspendus des saucissons. Son conteneur a même un volet roulant pour habituer les poules à sortir. « Toutes les deux semaines environ, quand il y a surplus dans les bâtiments à la ferme Hege, je le récupère : ça peut être 20, 30, ou 150 poules pondeuses. Je les mets là, dans le conteneur, le temps de prendre les commandes des clients. Et je regroupe la vente sur quatre heures, une après-midi. Je téléphone aux gens la veille, pour les prévenir. Je mets les poules dans les cagettes en plastique vertes. Je ramène ça rue de la Haute-Vienne, pour qu’il n’y ait pas plein de monde sur le site. Et voilà, on vend les poules pondeuses prêtes à pondre », explique Éric Gallmann. L’éleveur a toutes les attestations, tous les certificats sanitaires des poules pondeuses. « Mais les particuliers ne les demandent pas », constate-t-il. Quand un client veut une cinquantaine de pondeuses, Éric fournit toutes les recherches salmonelles faites sur le lot, sinon personne n’en veut. Le rêve devient réalité Le conteneur est aussi un espace tampon. Il servira au transfert du nouveau et de l’ancien lot. « Fin d’année, j’arrête de vendre les poules pondeuses. Je mets en place le nouveau lot de poules pondeuses bio que je laisse sortir, si les journées sont belles. Je mets la clôture : en une demi-heure, le filet est installé », précise Éric. Quand il n’y a plus de poules dans le conteneur, l’éleveur le désinfecte. Les volailles lui siéent. Il aurait bien gardé le troupeau de laitières de ses parents lorsqu’il était jeune, pourtant. Faute de trouver un associé, il a tout revendu. Éric Gallmann sait saisir les opportunités. C’est ainsi qu’il s’est lancé dans les poussins et coquelets avant les années 2000, alors qu’il était double-actif. Des poulaillers à louer, un contrat avec Rihn et le voilà aviculteur. Depuis, il n’a cessé de rebondir et de se diversifier. « Je suis resté plus de 22 ans, à l’usine. Et mon rêve a toujours été de revenir totalement sur l’exploitation, à 50 ans, et d’en vivre. Et on peut dire que le rêve s’est réalisé », confie Éric, heureux. Il n’a pas chômé. L’œuf est arrivé en premier « Je voulais vendre tout autour de la poule. On s’est concerté, mon épouse et moi (elle est infirmière libérale). L’œuf, c’est un produit d’appel, on le sait. C’est partout pareil. On s’était dit qu’il fallait trouver un producteur local. Dix ou quinze jours après, il y avait ce scandale aux Pays-Bas (contamination des œufs, au fipronil, NDLR). On n’est pas à l’abri : soit on produit nous-mêmes et on sait ce qu’on a, soit on fait confiance et de temps en temps, on peut être déçus », philosophe Éric. Fin 2018, l’agriculteur se rend au salon de l’élevage Euro Tier, à Hanovre. Il y voit les roulottes déplaçables pour poules pondeuses : les Hünhermobil. Éric décide de produire des œufs bios et plein air. Il achète le petit bâtiment roulant. La production est lancée début 2019. « On vend la totalité des œufs nous-mêmes. Ils sont à 45 cents/pièce au Super U. On est moins cher », observe Éric. De temps en temps, une poule manque à l’appel. Des renards se servent. « Ça fait partie du jeu », perçoit M. Gallmann. Chaque après-midi, il cherche les œufs, au poulailler. Les volatiles vont et viennent toute la journée. En été, tout fonctionne aux panneaux solaires, dans la roulotte : la ventilation, l’ouverture des portes, etc. Toutes les trois à quatre semaines, Éric déplace le parc des poules pondeuses. En 2020, puisque c’était sec, il attendait qu’il n’y ait plus d’herbe pour y procéder. Producteur et commerçant « Au premier confinement, je remplissais mon distributeur d’œufs à 15 h. À 17 h, il était vide. Les clients m’appelaient : tu remplis quand ? C’était exceptionnel », se remémore Éric. Le magasin de vente directe La Chair de poule a été inauguré six mois avant le début de la crise du Covid-19. Les clients sont surtout du village et alentours. Ils étaient déjà fidélisés avant les restrictions de circulation, assure Éric. « Personne ne vend de volailles ici à part moi. Je pourrais toujours faire plus mais, quand une trentaine de personnes faisaient la queue quarante minutes devant le magasin en mars 2020, ce n’était pas évident », admet l’éleveur. Sa devise : il faut se donner là où ça rapporte. Il a ainsi confié les traitements et semis de ses céréales à une ETA, mais il travaille encore la terre, pour le plaisir de rouler en tracteur. « Je n’ai plus le temps pour plus », lâche-t-il aussi. S’il laisse transformer la plupart des produits qu’il vend à La Chair de poule par Bruno Siebert, pour qui il élève des poulets à pattes jaunes, les gyros, les émincés et les plateaux plancha sont « maison ». Pour être dans les normes, il a construit un laboratoire, à l’arrière de l’habitation. Entre 35 et 65 consommateurs poussent la porte de La Chair de poule, chaque jour. Outre la fraîcheur, la qualité des produits et l’intérieur soigné, Éric mise sur la communication. Pour promouvoir l’affaire, en 2019, il avait invité à une journée portes ouvertes, avec restauration sur place : un succès. Un an après, il fêtait en grande pompe l’anniversaire de la boutique, ballons en forme de poule attirant le chaland. « Certains sont venus pour prendre une photo, ils sont repartis avec une saucisse de viande de volaille et ils sont devenus clients », conclut Éric Gallmann. Site internet, page Facebook : grâce à son informaticien, le commerçant regarde sur quoi les visiteurs s’attardent, afin d’affiner sa stratégie.    

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