Élevage

Publié le 29/03/2018

Jeudi 22 mars, dans le cadre de la semaine « Ici, on mange bio et local » organisée dans les collèges du Bas-Rhin, l’association Agneau Terroir d’Alsace proposait une « galette du berger » aux élèves du collège Charles Munch de Niederbronn-les-Bains.

Depuis plusieurs années, le Département du Bas-Rhin et la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) promeuvent l’approvisionnement local des restaurants scolaires. Objectifs : maintenir et renforcer le maillage territorial agricole et donner accès à une alimentation de qualité à tous. Pour promouvoir la consommation de viande ovine locale auprès des jeunes consommateurs, l’association Agneau Terroir d’Alsace a proposé un nouveau produit aux collégiens de Niederbronn-les-Bains : la galette du berger, une préparation de viande ovine hachée, moulée en forme de mouton. Les jeunes, les consommateurs de demain Stéphane Huchot, président de l’association Agneau terroir d’Alsace, prévient d’emblée : « Ce produit ne sortira pas sur le marché » et ne sera pas non plus proposé régulièrement aux établissements scolaires. Car même en ayant réduit la taille de la galette de 140 à 80 g, le coût de fabrication reste trop élevé par rapport à ce que les établissements scolaires peuvent dépenser par élève et par repas. « On arrive à 1,60 € par galette », précise Stéphane Huchot. Cette opération de lancement est néanmoins amenée à être reconduite. Dès le mois de juin, la galette du berger sera proposée à 90 collèges, qui la serviront sur la base du volontariat. Pour Stéphane Huchot, cette opération de lancement est en tout cas une réussite, puisqu’elle permet de faire déguster de la viande ovine aux enfants, « qui sont les consommateurs de demain ». Un lancement réussi Pour cette opération, une vidéo présentant des exploitations agricoles était projetée dans le réfectoire. À part ça, le repas se déroulait normalement, hormis le fait qu’un certain nombre d’élèves arboraient des stickers Agneau Terroir d’Alsace sur diverses parties de leur corps. Pour garantir le succès de la galette du berger, celle-ci était servie façon burger, accompagnée de frites. Dans l’ensemble, les 400 élèves mangent de bon appétit. Seule une minorité rechigne face à une viande qu’ils jugent « trop forte en goût ». Pour compléter le repas, le bar à crudités était achalandé avec des légumes bios des Jardins d’Altaïr et le rayon dessert par des fruits et des laitages de la ferme Herrenstein. Une fois les plateaux rendus, deux élèves menaient l’enquête pour savoir si les convives avaient des restes, et si oui en quelle quantité et pourquoi. Parce qu’il y en avait trop ? Parce que le repas n’a pas plu ? Au-delà de ce coup d’essai pour la galette du berger, cette manifestation a été l’occasion pour l’association Agneau Terroir d’Alsace de présenter différentes facettes du métier aux élèves et à leurs parents. Le repas des élèves a en effet été suivi d’une démonstration de tonte de mouton et de chien de berger. Quant aux parents, ils pouvaient déguster différents produits élaborés avec de la viande ovine sur le parvis du collège, tout en s’informant sur les dernières actualités du Parc naturel des Vosges du Nord, qui animait un stand sur les prairies fleuries et les producteurs des Vosges du Nord.

Publié le 28/03/2018

Chez Nathalie et Gilles Hermann, de l’Eàrl des 3 Bouleaux à Witternheim, la production d’œuf a pris de l’ampleur au fil des ans. Aujourd’hui, ils cherchent encore à étoffer davantage leur offre.

Quand elle s’installe avec son père en 1996, Nathalie Hermann se lance dans le poulet de chair. En 2000, elle a l’opportunité de reprendre en location deux bâtiments de 5 000 et 20 000 pondeuses distants de quelques kilomètres avec un potentiel de vente directe correspondant à la ponte de 5 000 poules. Deux ans après, les jeux sont faits. Les difficultés que connaît son acheteur de volaille de l’époque conduisent Nathalie à reconvertir son bâtiment chair à Witternheim en bâtiment pondeuses. En 2005, la nécessaire mise aux normes du site en location l’incite à rapatrier toutes ses poules sur le site de l’Eàrl. Gilles, son mari, la rejoint la même année. Le couple rajoute un poulailler en 2005, un autre en 2014. Il les équipe de volières pour produire de l’œuf de poule au sol avec 20 000 Lohmann brunes et 10 000 Hyline. « Les premières font de plus gros œufs. Nous avons les secondes en essai. Ce sont des animaux plus calmes. Ils se déplacent moins et produisent des œufs d’un calibre un peu inférieur » commente Gilles. Les poulettes déjà habituées à la volière arrivent vaccinées (maladie de Marek, Gumboro…) à l’âge de 17-18 semaines. « Le démarrage est essentiel. Je les fais de suite bouger » explique Gilles. « Elles doivent rapidement trouver leur aliment et l’eau de boisson. La prise de poids est le meilleur indicateur de leur bonne santé. Une auge à chaîne fait le tour du bâtiment et des pipettes sont placées sur toute sa longueur. Je surveille particulièrement le passage à la chaîne. Une poule fait en moyenne de quatre à cinq repas par jour. Elle consomme environ 125 g d’aliment par jour, soit de 10 à 15 g de plus que la même en cage. La chaîne est vide pendant au moins trente minutes entre 6 h 30 et 8 h 30 pour laisser du temps pour la ponte ». Les éleveurs recherchent en priorité des œufs de calibre 64-65 g. Ils y parviennent pour un peu plus de la moitié de la production. La carrière d’une pondeuse est de cinquante-cinq semaines. Les réformes partent en Allemagne. Leur prix n’est pas négocié. Quand tout va bien, elles sont payées entre 20 et 25 cents/tête, voire… rien quand le marché est trop déprimé. « Il faut déjà se satisfaire qu’elles soient enlevées » commente Gilles, philosophe. Des contrats négociés en début d’année Certains lots de poules pondent jusqu’à 10 % des œufs hors des nids. Ils sont à récupérer à la main deux à trois fois par jour. Un système de ramassage automatique transporte les autres jusqu’à la calibreuse où s’activent Nathalie et trois salariés. La mise en boîte dans sept formats de six à trente unités est mécanisée. L’unité conditionne la production de quatre autres éleveurs en essayant d’anticiper les volumes commandés, notamment en fin de semaine. Elle livre en direct des grossistes, des boulangers-pâtissiers et cinquante-cinq grandes surfaces entre Haguenau et Saint-Louis. « Nous avons pris pied dans la grande distribution en 2005 en devenant fournisseurs de la société Val Œuf. Nous sommes entrés à son capital en 2014. Cette décision nous a permis d’augmenter nos ventes. Au point que nous recherchons de nouveaux producteurs d’œufs plein air et bio » détaille Gilles. « La poule au sol n’est pas condamnée pour autant. Leur poulailler respecte les mêmes normes qu’un bâtiment plein air » insiste Nathalie. Les éleveurs écoulent leurs œufs sous les marques l’œuf du Ried et l’œuf Riestahl. « La demande en œuf d’origine locale, surtout plein air et bio, est forte. Elle a explosé l’an passé avec le scandale du fipronil. Cela porte notre activité. Mais pour être crédible, il faut absolument produire et conditionner sur place » affirment Nathalie et Gilles. Concurrence entre producteurs oblige, cette conjoncture favorable n’a qu’une incidence marginale sur le prix de vente. « Il y a eu une augmentation. Elle a été faible. Nos contrats sont négociés en début d’année. Mais nous ne travaillons pas au cours de l’œuf qui est basé sur un élevage en cage. Le prix de l’œuf au sol est supérieur. L’écart peut atteindre 20 % » indique Gilles. Le prochain projet de l’Eàrl est de renouveler sa calibreuse en optant pour un modèle plus fonctionnel. Leur entreprise a de l’avenir. Nathalie et Gilles ont été rejoints depuis peu par Pauline, leur fille et Romain, leur futur gendre. Et puis, « il existe encore des points de vente proches sans références locales ! ».

Publié le 28/03/2018

L’organisme de sélection de la race bovine vosgienne, porté par l’authenticité, la rusticité de ses animaux, poursuit son développement au service d’une agriculture d’avenir et de projets. Lesquels ont été évoqués mardi 20 mars à La Bresse à l’occasion de l’assemblée générale.

Qu’ils soient installés en Alsace, en Lorraine ou en Franche-Comté, ils sont venus en nombre assister à cette assemblée générale. Un moment fort pour les adhérents. Un moment d’émotions également puisque les premiers mots du président de l’organisme de sélection (OS) vosgienne, Florent Campello, ont été pour Marc Spenlé, éleveur décédé en 2017. « Il aura donné énormément de temps pour notre race qui lui tenait à cœur ». L’année 2017 a vu une forte volonté de l’OS de poursuivre dans la voie du progrès génétique. « Près de 150 000 € ont été injectés depuis le début de la génomique pour un avenir et un patrimoine génétique renforcés. Cet instrument, mis en place il y a deux ans, nous a permis d’évoluer de plus de dix points d’Isu sur la moyenne des taureaux en dix ans. Quelques calages sont à apporter, mais la voie femelle nous procure de réelles opportunités, reflétant bien sa valeur », indique Florent Campello. Le travail ne manque pas au sein des différentes commissions de l’organisme. Mélanie Gutzwiller a la responsabilité de la commission génétique : « Nous avons validé 133 mères supports. Nous avons mis en place le « génotypage éleveur » et sélectionné de nouveaux taureaux à mettre au catalogue. Techniquement, nous nous sommes penchés sur le calcul des pondérations de chaque poste dans les notes globales et sur le calcul de ces notes. Nous avons fait le choix des taureaux de la future série en doses sexées. Nous avons ajusté le règlement intérieur. Enfin, nous avons pris diverses décisions sur les règles d’admission au concours et effectué le choix des juges. ». Sécuriser la vente La production et le développement du fromage Cœur de Massif continue d’évoluer et de séduire toujours plus d’éleveurs, et surtout davantage de consommateurs. « La communication sur ce point est positive et encourageante. Elle permet d’avoir une vision pour les exploitations en race vosgienne et pour celles en conversion. Cœur de Massif reflète la politique menée au sein de l’OS : une envie d’avancer, d’évoluer, et de se renforcer dans un massif qui ne demande qu’à respirer la vosgienne », plaide Florent Campello. Face à ce succès grandissant, les professionnels estiment qu’il est nécessaire d’organiser une plateforme de distribution. « L’OS va la prendre en charge en milieu d’année. Nous devons pouvoir accueillir les nouveaux éleveurs qui veulent produire du Cœur de Massif. Il y a la production certes, mais également la vente. Et on ne vend pas de nouveaux produits comme ça. Il faut trouver des débouchés pour un fromage qui est bien installé et apprécié. Il s’agit de sécuriser la vente », prévient le directeur de l’OS vosgienne, Philippe Caussanel. Évoluer ensemble Le président de l’OS vosgienne Florent Campello a évoqué l’arrivée du nouveau règlement zootechnique européen. « Il nous oblige à évoluer, à nous poser les bonnes questions et à mener un combat racial au service de son territoire et de ses éleveurs. C’est ce qui explique toutes ces réunions et ces échanges tout au long de l’année. Ce débat doit nous permettre de nous éclairer vers un projet ambitieux et serein pour l’avenir de nos jeunes à travers leur race. Un OS fort et proche de ses adhérents doit rester le cœur de notre action. Nous devons continuer à faire évoluer la race sur son territoire, tout en pesant sur une politique agricole en constante évolution. Les races locales de montagne doivent être en avance pour influencer et construire les choix nationaux d’avenir. Enfin, nous devons continuer à être les acteurs de cet équilibre, à être les moteurs de cette authenticité chaleureuse d’histoires humaines. Soyez fiers d’appartenir à un OS qui sait ce dont il a besoin et où il veut aller. Soyez des relais d’espérance pour les agriculteurs en difficultés financières. Portez une voix positive dans l’ambition qui est la nôtre. Et, surtout, soyons unis vers un avenir de cohésion, serein et identitaire de notre monde paysan », conclut Florent Campello. Conditions d’adhésion Le rapport financier 2017 et la nouvelle composition du conseil d’administration ont été approuvés. Les conditions d’adhésion ont été précisées : le respect du certificat de la parenté bovine (CPB) avec un minimum de 80 % de veaux par an nés avec une filiation connue et certifiée et le respect du règlement intérieur. Dans ce dernier, il est indiqué la nécessité d’avoir 90 % d’insémination artificielle (IA) en insémination artificielle première (IAP) et 25 % d’IAP en doses sexées dans les élevages au contrôle laitier. Pour les élevages allaitants adhérant au contrôle de performance et bénéficiant du programme de sélection de taureaux de monte naturelle, il faut 30 % d’IA en IAP. Concernant les mesures agro environnementales (MAE) « races menacées vosgiennes », il a été rappelé les difficultés administratives rencontrées pour les paiements. Ils ont été versés en 2017, tout du moins en Alsace. Enfin, l’OS a modifié ses cotisations en les augmentant à 40 € par élevage (contre 30 € auparavant) et 3 € de cotisation par femelle de plus de six mois pure vosgienne. « On le fait pour permettre à l’OS d’avoir une lisibilité. Les subventions vont diminuer à l’avenir. Nous avons attendu deux ans pour le faire. Les MAE ayant été versées, nous pouvons nous le permettre désormais », précise le trésorier de l’OS, Roger Trommenschlager. Par ailleurs, Laurine Spieser a présenté les travaux de la commission « fromage » dont elle est responsable. L’allaitante se développe La commission « allaitante » poursuit son développement au sein de l’OS vosgienne. Pour la première fois, elle a participé au concours allaitant au Salon international de l’agriculture à Paris en 2017 avec quatre vaches. Et surtout, une pépinière de taureaux a été mise en place. Ils vont être achetés par la pépinière et élevés jusqu’au sevrage. Ils seront ensuite pointés et pesés pour une première sélection à l’âge de trois mois. Ils seront ensuite vendus comme futurs taureaux reproducteurs aux éleveurs ayant intégré le programme de sélection de taureaux de monte naturelle ou destinés à la boucherie s’ils ne conviennent pas. La mise en place de cette pépinière se fait en lien avec l’Esat des Tournesols à Sainte-Marie-aux-Mines. Après une année 2017 prometteuse pour l’allaitante, les professionnels entendent diriger leurs efforts sur la valorisation de la viande.

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