Élevage

Gaec Gutzwiller, ferme Neuhof à Michelbach-le-Haut

Direction le Space à Rennes

Publié le 30/08/2018

Le Gaec Gutzwiller à Michelbach-le-Haut sera présent, du 11 au 14 septembre, au salon international de l’élevage, le Space à Rennes, avec trois de ses vaches. Il représentera le Haut-Rhin parmi les dix places de titulaires pour la région Grand Est.

Philippe Gutzwiller est un habitué des concours et des présentations d’animaux. Pour lui, être présent à des manifestations comme le Space à Rennes est une évidence. « Là-bas, comme au Salon international de l’agriculture à Paris, à Habsheim ou à n’importe quel concours, il faut y aller. Ici, sur l’exploitation, c’est en tout cas notre but. On a investi dans la génétique. Et, il faut faire connaître la race. Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place. Nous pouvons rapidement être oubliés », explique Philippe Gutzwiller. Il sait de quoi il parle. Parmi ses vaches déjà honorées par le passé, Chloé, championne vache adulte et meilleure mamelle adulte à Eurogénétique à Épinal. Une manifestation qui n’existe plus dans le calendrier. « C’est regrettable. Il faut donc se rendre plus loin. À Rennes, on espère se placer, même si le niveau demandé est très élevé », ajoute l’éleveur. Cette année, il ne sera cependant pas du voyage en raison d’un emploi du temps très chargé sur l’exploitation. Son épouse, Mélanie, sera donc accompagnée par Alexandre Wintzenrieth, salarié sur la ferme, qui se rendra à ce salon pour la première fois. Alexandre Wintzenrieth est également un passionné de génétique et d’élevage. C’est notamment lui qui anime l’école des jeunes présentateurs dans le Haut-Rhin. « Aller au Space va me permettre d’avoir une nouvelle expérience et de continuer à apprendre. Je suis content. De tels concours me motivent toujours. Et là, il y a une responsabilité : celle de représenter l’élevage, mais aussi le département et la région Grand Est », précise-t-il. Trois bonnes vaches Un élevage, un animal ne peuvent participer à un concours sans avoir auparavant été sélectionnés. Une commission régionale a fait sa sélection parmi 28 animaux originaires des quatre coins de la région Grand Est, qui disposait de dix places de titulaires. Trois vaches du Gaec Gutzwiller ont été retenues. Dans le Bas-Rhin, le Gaec Wilt à Dachstein et Laurent Wollenburger à Bindernheim présenteront aussi des animaux. Les autres appartiennent à des élevages de la Meuse, de la Haute-Marne et des Ardennes. La première vache du Gaec Gutzwiller sélectionnée pour le Space, Jelena du Neuhof, vient de vêler pour la deuxième fois. Elle a été grande championne au concours de Habsheim l’an passé. « Sa présence à Rennes est pour nous une évidence. Elle dispose d’une très bonne morphologie et d’une belle mamelle. Son corps est bien développé et elle se déplace aisément lors des concours. C’est la bonne vache pour une telle manifestation », assure Alexandre Wintzenrieth. Medecina du Neuhof, elle, en est à son premier veau. « Nous l’avons achetée ensemble, précisent Alexandre Wintzenrieth et Philippe Gutzwiller, les copropriétaires. C’est une vache du même style que Jelena. Elle peut constituer une bonne surprise. » Enfin, Ex-Elise, en cinquième lactation, est également une copropriété des deux éleveurs. « Nous l’aimons beaucoup. Elle est très puissante, avec de bonnes pattes. Elle a toute sa place dans un tel concours », poursuit Alexandre Wintzenrieth. Le départ pour Rennes est fixé le dimanche 9 septembre, pour 12 à 13 heures de route en camion. Le retour se fera en soirée le vendredi 14 septembre. « Nous ne partons pas chacun de notre côté. Nous allons nous retrouver avec les autres éleveurs du Grand Est et nous vivrons ensemble, sous cette même bannière, cette grande manifestation », conclut Alexandre Wintzenrieth.

École des jeunes présentateurs

Les bases de l’élevage

Publié le 20/07/2018

Organisée par les syndicats départementaux des races Holstein et Montbéliarde, la première journée de formation de la treizième session de l’école des jeunes présentateurs du Haut-Rhin a eu lieu samedi 14 juillet à l’EARL Prinz à Hausgauen avec 23 participants.

La matinée a été consacrée aux bases des concours, avec en premier lieu le choix de l’animal, ses atouts physiques sur lesquels les jurys seront inflexibles : « La génisse doit avoir un bon alignement des pattes, être la plus féminine possible, élégante, avec une panse en forme de poire » explique Alexandre Wintzenrieth, l’un des responsables de l’école des jeunes présentateurs. « Il y a aussi un minimum d’affinités à avoir et même si l’animal a de petites imperfections, cela peut se corriger au cours de la promenade ou par des soins appropriés, comme le lavage régulier à l’eau froide pour accélérer la pousse des poils » rajoute Philippe Hoffstetter, éleveur à Largitzen et animateur passionné de l’école depuis de nombreuses années. À leurs côtés, on retrouve d’anciens participants de l’école qui ont obtenu des résultats et qui, aujourd’hui, font profiter les nouveaux venus de leur expérience. Manon Schnoebelen s’est qualifiée par le passé au niveau national, David Butsch, Maxime Springinsfeld ou encore Louis Frischinger. L’esthétique est naturellement primordiale. Dans l'« atelier de lavage » destiné aux vaches, les bons gestes sont détaillés : un poil dégraissé, brillant, lustré par un brossage énergique et un rasage localisé. « Il ne faut surtout pas mouiller les oreilles, cela les rend tombantes » avertit Alexandre Wintzenrieth. Et, en attente de monter sur le ring, il faut veiller à proposer un paillage irréprochable, de 30 cm d’épaisseur minimum : « C’est peut-être le plus facile, mais c’est aussi très important car cela met en valeur l’animal pour d’éventuels acheteurs qui circulent avant le début des présentations à Habsheim » confie Philippe Hoffstetter. Après ces explications théoriques, un premier passage est effectué avec les vaches. Les participants mettent en pratique ce qu’ils ont entendu, en fonction de leur propre expérience. Ils reçoivent les conseils avisés et les explications sur les erreurs à ne pas reproduire. L’après-midi est consacrée au passage sur le ring : détails du placement, tenue de l’animal. Une petite finale, une sorte de concours à blanc, est organisée, histoire de vivre le premier stress devant un public averti. 23 participants se sont inscrits pour cette treizième session de l’école des jeunes présentateurs dont 14 pour la race Montbéliarde. Parmi eux, on décompte une majorité de filles (15) et e plus jeune est âgé de 15 ans (Florian Haennig de Gommersdorf). Les jeunes âgés de 16 à 19 ans sont les plus nombreux et pour la plupart issus de familles d’éleveurs ou agricoles. Une seconde journée de formation aura lieu avant le concours officiel de la traditionnelle foire Simon et Jude à Habsheim fin octobre.

Publié le 18/07/2018

Financé par l’Union européenne dans le cadre du programme Interreg Rhin supérieur, le projet transfrontalier Elena se poursuit. Les différents partenaires se sont retrouvés dans les locaux de la Chambre d'agriculture d’Alsace à Sainte-Croix-en-Plaine pour faire un premier bilan du travail sur la rentabilité des élevages bovins lait, porcins et caprins.

L’état des lieux de la production caprine réalisé en Alsace et dans le Bade a révélé que dans notre région les exploitations actuellement en place font essentiellement de la vente directe ; dans le Bade environ quinze élevages livrent à la laiterie Monte Ziego. Par ailleurs, les professionnels constatent une forte hausse de la consommation de lait de chèvre et des produits qui en sont issus. Les laiteries, comme celle du Climont à Saales par exemple, recherchent donc de nouveaux producteurs. La filière, par le biais du projet Elena, a tenté de fédérer les structures existantes. Mais, ces dernières se montrent peu enthousiastes jusqu’à présent. En revanche, le groupe de travail a pu développer un outil économique permettant de mettre en relation le coût de production du litre de lait de chèvre et les prix proposés par les laiteries. Les exploitants déjà en place craignent un développement non pérenne de la production en filière longue. Et elle pourrait entraîner un déséquilibre du marché fermier. D’où la nécessité d’étudier les opportunités réelles de cette valorisation, afin de ne pas mettre en péril la filière fermière régionale. Le groupe va donc proposer cet outil aux producteurs futurs ou actuels, afin de réaliser des études économiques valables. La filière pourra se développer par l’installation de nouveaux exploitants, dont la production sera orientée vers les laiteries. Le travail se fera en collaboration avec les lycées agricoles régionaux, les jeunes ayant un engouement pour la production caprine. Et la production fermière arrivant à saturation sur certains secteurs, notamment en montagne. Le groupe de travail va également organiser des réunions techniques pour permettre de valoriser les données technico-économiques qui lui permettront d’échanger avec les éleveurs sur leurs pratiques. Les professionnels seront invités à participer au salon Capr’Inov, qui se tiendra les 28 et 29 novembre à Niort. La qualité des fourrages : un enjeu capital Le groupe de travail qui s’intéresse à l’alimentation des vaches laitières a constaté de nombreuses différences entre les systèmes de rationnement utilisé en France et en Allemagne. Des différences qui compliquent les comparaisons. Pour autant, la production laitière permise est sensiblement identique sur la partie énergie. Elle est légèrement inférieure sur la protéine. Pour avoir davantage de précisions, le groupe a décidé de faire des analyses de fourrage. Et là également, les valeurs de matière sèche et de matière azotée sont proches. Par contre, le taux de cellulose brut et de NDF est supérieur en France, celui de l’amidon est en moyenne supérieur de 30 g en Allemagne. Des rations types ont également été comparées et soumises à l’avis scientifique d’un docteur allemand. Il en est ressorti qu’elles apparaissent effectivement plus complexes en Allemagne, avec un grand nombre de concentrés, plutôt matières premières qu’aliments du commerce, et moins de fourrages ingérés. Ce qui s’explique par des surfaces plus limitées et en concurrence avec des usines de méthanisation qui ont augmenté les prix des fermages et des terres. Autre différence relevée, l’utilisation de notions technico-économiques dans le conseil. En France, l’alimentation des vaches laitières est en effet saisie à chaque contrôle, permettant le calcul de l’alimentation et du coût alimentaire. Cette démarche va être mise en place en Allemagne pour permettre une comparaison. Il faudra homogénéiser la méthode de calcul des coûts des fourrages pour 2018. Sachant que la qualité des fourrages est un enjeu capital pour la production laitière. Pour accompagner les éleveurs, la Chambre d'agriculture d’Alsace a mis en place depuis plus de vingt ans un suivi de maturité du maïs. Cette prestation sera testée en Allemagne pour préparer la campagne de récolte 2018. Dans ce prolongement, deux réunions techniques franco-allemandes sont prévues à la fin du mois d’août ; elles permettront d’aborder tous les aspects pour réussir un ensilage de maïs, « du champ au silo ». Différence de coût de production Les travaux du groupe s’intéressant à l’élevage de porcs ont démarré en 2017 avec une première visite des éleveurs alsaciens à l’Erzeugerring d’Ortenau où a été présenté le contexte. Les coûts et les produits diffèrent significativement entre le Bade et l’Alsace en raison des marchés et des opportunités de commercialisation. Le travail a alors consisté à s’intéresser à la commercialisation et à l’abattage des porcs charcutiers, à l’alimentation, à la santé animale et aux cadres juridiques respectifs. Des réunions, sous forme d’ateliers, se sont également tenues avec des agriculteurs. Le groupe a aussi travaillé sur les outils utilisés en conseil et en gestion de troupeau, les données technico-économiques afin de mieux comparer les coûts de production. La Chambre d'agriculture utilise un programme national apprécié par les agriculteurs qui leur permet d’enregistrer leur travail et leurs données. En Allemagne, le programme est en ligne et les agriculteurs disposent toujours de comparaisons à jour. Autre différence : en France, les exploitations sont analysées en système naisseur-engraisseur. La comparaison économique est basée sur le nombre de porcs à l’engraissement vendus par truie ou par kg de viande produit par truie. En revanche, en Allemagne, la base de comparaison est constituée par les porcelets produits ou vendus par truie et par kg de porc produit par lieu d’engraissement. Difficile de comparer les deux méthodes. Le projet Elena a permis de constituer des ateliers pour travailler le sujet et visiter des élevages. Deux thématiques ont été identifiées : la commercialisation de porcelets alsaciens dans le Bade ; des débouchés spécifiques pour les porcs alsaciens auprès des bouchers du Bade. Exploiter les connaissances Le projet Elena a également créé un groupe dédié au robot de traite, un autre aux outils d’analyse et aux nouveaux indicateurs. À partir de la rentrée 2018, deux nouveaux indicateurs, MastiMIR et E-MIR, vont être testés sur le terrain pour vérifier leur pertinence. Le premier calcule individuellement le risque de mammite. Il pourrait permettre une détection précoce des mammites et donc de réagir rapidement. Le second calcule le déficit énergétique d’une vache par rapport à la moyenne de son troupeau. Il pourrait alerter sur un éventuel déséquilibre de la ration qu’il faudrait alors réajuster. Enfin, un des buts du projet Elena est l’introduction en Alsace d’un monitoring de santé bovine. Un groupe de travail est donc chargé de son développement. Les connaissances acquises dans le Bade-Wurtemberg seront exploitées. Depuis 2017, il a permis une meilleure connaissance réciproque, la compréhension des différentes structures, et l’analyse des différentes techniques. Il reste pour 2018 à construire ce monitoring de santé bovine dans la pratique. Il s’agit donc de bien collaborer, de clarifier les questions et d’obtenir les soutiens nécessaires. Pour ce dossier, comme pour tous les autres, l’évolution actuelle montre que l’objectif de soutien économique aux entreprises agricoles d’élevage du Rhin supérieur porté par Elena part sur de bonnes bases en impliquant de plus en plus d’acteurs au contact des éleveurs au quotidien. Les innovations et les échanges d’expériences en cours permettent de valoriser le capital et l’expérience acquise par chacun des partenaires et d’identifier toutes les nouvelles opportunités.

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