Élevage

Foire Simon et Jude à Habsheim

Et de 24 pour la fête de l’élevage !

Publié le 26/10/2018

Les éleveurs s’activent aux derniers préparatifs du 24e grand concours inter-races Prim’Holstein, Montbéliarde et Salers. Plus de 225 bovins issus de 37 élevages seront présents sous le chapiteau, en concours ou en présentation ce week-end à Habsheim pour ce grand rendez-vous de l’élevage.

Un concours de l’envergure de Habsheim suppose une organisation sans faille et des partenaires tous azimuts. Les éleveurs du Syndicat Montbéliard du Haut-Rhin et du Club Holstein 68 sont les piliers du concours interdépartemental. Les éleveurs du Syndicat des Salers d’Alsace les ont rejoints depuis 2015. Avec l’appui de la Chambre d’agriculture Alsace et d’Elitest, les éleveurs s’investissent dans la mise en place de la manifestation. Les éleveurs s’activent aux derniers préparatifs et participent avec énergie aux tâches annexes : ils assurent le montage et le démontage des structures sous chapiteau, l’acheminement de matériel, fignolent la préparation de leurs animaux, tout en assurant la conduite de leur exploitation. La mise en valeur du travail au quotidien de l’éleveur constitue l’essence du concours départemental. À l’aide des conseils prodigués par ses techniciens, l’éleveur réalise une importante tâche de sélection des animaux et de conduite du troupeau. Les performances zootechniques et la morphologie des sujets viennent récompenser cet investissement. C’est sur les critères morphologiques : aplombs, gabarit, mamelle, que le juge est appelé à réaliser son classement. Pour les éleveurs, le concours départemental est également l’occasion d’échanger, de comparer, d’en tirer des objectifs pour sa future conduite de troupeau et de préparer les animaux pour d’autres concours nationaux et internationaux à venir. Concours bovins, jeunes présentateurs et finale de jugement de bétail Chaque race est jugée par un juge unique qui classe les animaux par section selon leur conformation. La constitution des sections s’effectue selon le rang de lactations des animaux, puis leur âge. Les sections sont elles-mêmes subdivisées en sous-sections. Dans chaque sous-section, le juge désigne la première et la meilleure mamelle (pour les vaches laitières). Les premières et deuxièmes de section, et les meilleures mamelles, se retrouvent en fin des opérations du jury pour les championnats. Les Juges officiant en 2018 sont : Fabrice Menoud, pour la race Holstein, Yannick David Yannick, pour la race Montbéliarde et Daniel Laurent, pour la race Salers. Les juges auront également pour mission de départager les meilleurs présentateurs, chacun pour la race le concernant. Présenter un animal sur un ring est tout un art, auquel de jeunes passionnés se sont formés au cours de l’année, sous la conduite de Sylvie Wiest, Maxime Springinfsfeld et Alexandre Wintzenried. Toutes les techniques apprises seront mises à profit lors de ce concours du meilleur présentateur. Elles sont nécessaires pour persévérer dans la professionnalisation du concours de Habsheim. Elles sont indispensables pour prétendre à des concours de plus grande envergure, Paris ou Swiss Expo, et c’est bien là une des vocations du concours départemental de Habsheim : être un tremplin vers d’autres concours. Un bel animal augmente ses chances de se classer s’il est bien présenté. La finale de jugement de bétail est habituellement organisée par le Lycée agricole de Rouffach, sous la conduite de Christine Lagel, responsable formations agricoles au CFA de Rouffach, en partenariat avec la Chambre d’agriculture, et rassemble des candidats issus des divers établissements d’enseignement agricole ou agronomique : Lycée de Rouffach, CFA de Rouffach, IUT d’agronomie de Colmar. Cette finale trouvera sa place dans la Fête de l’Elevage, lors d’opérations de pointage qui auront lieu dimanche matin. Une présélection a retenu 20 candidats, 10 par race. Ils auront à pointer 2 animaux de la race pour laquelle ils ont été retenus. Les vainqueurs auront l’honneur de représenter l’élevage départemental lors de la finale nationale, au prochain Salon de l’Agriculture à Paris. Les prix des trois premiers par race seront remis sur le ring dimanche 28 octobre à 12 h. Les vainqueurs participeront à la finale nationale lors du prochain Salon de l’Agriculture à Paris. Promotion des races de bovins viande et des produits locaux L’APAL, association de Production Animale de l’Est, sera présente cette année avec 6 bovins de race Limousine afin de promouvoir les races bovins viande, présenter la marque de viande locale « Goûtez l’Alsace – S’esch güat » et proposer de la dégustation de cette viande locale. Cette action sera soutenue par Interbev. L’APAL agit auprès de ses adhérents pour valoriser leur production et leur proposer différents services techniques et commerciaux. Ainsi elle est créatrice de filières, que ce soit dans le cadre de démarches qualité ou de proximité. La connaissance de l’offre de ses adhérents, lui permet de répondre à des demandes d’animaux spécifiques sur un secteur géographique donné. La Foire Simon et Jude a toujours été et restera une plateforme d’échange entre le consommateur et les agriculteurs. La conjoncture agricole des dernières années pousse les agriculteurs à créer ou renforcer le lien existant avec les consommateurs. C’est dans ce but, qu’il est proposé au grand public une restauration, sous le chapiteau du concours ainsi qu’un marché de produits locaux, provenant des producteurs engagés dans la filière « Bienvenue à la ferme ». De plus, les yaourts de la marque « A Güeter », qui a été créée par des éleveurs laitiers pour mieux valoriser leur production seront à nouveau présents cette année pour nous faire déguster les derniers parfums de leur gamme de yaourt. N’hésitez pas à venir visiter ce haut lieu de rencontre de l’élevage qu’est le concours de Habsheim.

Publié le 26/10/2018

En cours d’installation sur la ferme familiale à Durmenach, Maxime Springinsfeld est un habitué du concours de Habsheim. Un rendez-vous à ne pas manquer pour celui qui est également très actif au sein du syndicat Montbéliard du Haut-Rhin et responsable de l’école des jeunes présentateurs, pour la même race.

Âgé de 27 ans, il ne cache pas son enthousiasme quand on lui parle de la race Montbéliarde. Son cheptel à Durmenach, environ 90 vaches, est 100 % Montbéliard. Et depuis toujours. Pas un instant, il imagine faire un changement à l’avenir. « La Montbéliarde est une race mixte. On peut faire du lait de qualité. On arrive aussi à bien valoriser la viande. Que ce soit en génisse ou en vache de réforme. Et, économiquement, c’est un bon compromis car les Montbéliardes sont des vaches solides avec une certaine rusticité », explique Maxime Springinsfeld. Cette passion, il va la partager lors du concours de Habsheim. Le travail d’une année présenté Maxime Springinsfeld est un habitué des lieux. « Je dois en être à ma dixième participation. J’ai commencé quand j’étais encore en classe de seconde. J’aime bien les concours. Au départ, je suivais mon père lui-même passionné. J’ai pris la suite. C’est une fierté de pouvoir présenter ses animaux. C’est le travail de toute une année que l’on présente au public », ajoute le jeune éleveur. Comme tous les ans, il compte se rendre à Habsheim avec deux génisses et six vaches. Parmi elles, la prénommée « Lancette » présentée en premier veau et qui a déjà participé au concours de l’Axone à Montbéliard en avril dernier. Elle avait terminé quatrième de section. « C’est une de mes meilleures vaches. Elle répond à mes attentes. C’est une grande vache, solide, avec une très bonne mamelle. Elle est née le 28 mars 2015. Tout va dépendre des attentes des juges sur place et du concours en lui-même. Il faut pouvoir l’amener le bon jour au bon moment. Différents paramètres rentrent en compte pour réussir », assure Maxime Springinsfeld. Depuis quelques jours, il apprend aux candidates à marcher au licol et à lever la tête. Ensuite, il s’agira de bien les tondre et de les laver. Tout cela nécessite du temps. Environ deux heures de travail par jour. « Je le fais toujours après la traite de la soirée, quand le boulot est terminé », précise l’éleveur. Maxime Springinsfeld est un passionné qui cherche avant tout à participer plutôt que de décrocher un titre. Il en a pourtant remporté. Il y a cinq ans, « Alsace » avait ainsi été désignée « grande championne adulte ». Depuis, sa fille et sa petite fille ont également été présentées sur le ring du concours de Habsheim. Une manifestation à laquelle il est attaché : « C’est le dernier grand concours dans le Haut-Rhin. Il faut préserver cet événement. Il permet également de rencontrer les autres éleveurs et surtout le grand public. Nous devons communiquer et expliquer notre métier, les réalités de l’élevage et de l’agriculture. Les médias nationaux racontent parfois n’importe quoi. Il est temps de rappeler ce qu’est la réalité agricole alors que nous vivons des moments difficiles ». Il pense notamment aux conditions météorologiques et à l’absence de pluie depuis la fin du mois de juin. « C’est d’autant plus inquiétant que les semis de blé arrivent et que nous sortons d’une année difficile. Nous venons d’entamer les stocks de paille et d’enrubannés. Il y a en moitié moins que d’habitude. À ce rythme, il va falloir en acheter ou alors vendre des génisses. Ce n’est pas simple », conclut Maxime Springinsfeld. À noter qu’à Habsheim, il animera également la partie Montbéliarde du concours des jeunes présentateurs où huit participants sont annoncés. Une bonne école de formation qui vise à préparer l’avenir.

Des burgers frites « fermiers » sous le chapiteau

Une « belle aventure humaine »

Publié le 26/10/2018

Après un essai concluant en 2017, le stand de burgers frites « 100 % fermier » proposé par le réseau Bienvenue à la Ferme revient sous le chapiteau du concours bovin de Habsheim. Objectif : apporter un peu d’innovation à la manifestation tout en soutenant financièrement les organisateurs en leur reversant 25 % des bénéfices.

Venir au concours d’élevage de Habsheim, ce n’est pas juste assister à des « duels » bovins. Il y a l’ambiance : chaleureuse, conviviale, parfois électrique. Il y a le « background » : la traite, la tonte, et le nourrissage des animaux. Il y a les exposants qu’ils soient vendeurs de tracteurs, ou partenaires gravitant autour du monde agricole. Bref, un véritable patchwork du monde paysan qui va s’enrichir cette année avec un stand de burgers 100 % fermiers. Imaginé par Christophe Rué, éleveur à Osenbach, en lien avec d’autres membres du réseau Bienvenue à la Ferme, cet espace de restauration « fermier » avait été expérimenté une première fois lors de la confrontation européenne de Colmar en 2016. « C’était une autre manière de communiquer sur notre métier », se rappelle-t-il. L’idée émerge alors de rééditer l’expérience lors de la foire Simon et Jude de 2017, un « coup d’essai » pour évaluer le potentiel lors de cette manifestation. « On a vendu 400 burgers frites au total et on n’avait plus de steaks hachés le lundi. » Cet engouement manifeste pour ces burgers fermiers l’incite à renouveler l’expérience cette année avec toujours le même objectif : proposer un produit de qualité qui soit le reflet des savoir-faire agricoles locaux. Les frites viennent de chez José Pflieger, à Spechbach-le-Bas, le bargkass de chez Claude Schoeffel, à Fellering, la viande de l’exploitation de Christophe Rué. Pour le pain, il a fait appel à un boulanger avec qui il a l’habitude de travailler. « C’est du pain frais artisanal. Je pourrais aller en acheter à Métro pour moins cher, mais c’est clairement le début de la fin si on commence à faire ça. Je tiens à vendre un produit fermier authentique », justifie-t-il. Cela passe aussi par un « vrai » steak haché de 180 grammes, « pas les trucs aplatis du Mac Do ». Mais encore faut-il savoir la préparer correctement. Pour cela, Christophe Rué va s’appuyer sur deux personnes de confiance afin d’assurer la réussite de cet espace burger frites. « Lancer des initiatives, c’est bien. Mais il faut du professionnalisme avec. Sinon, cela ne sert à rien. » Son épouse, ses enfants, son frère et des bouchers l’accompagneront durant ces deux jours pour « assurer » à ses côtés. « Il faut soutenir cette manifestation » Si ce stand de burgers fermiers peut aujourd’hui prendre place sous le chapiteau du concours, c’est parce que la Chambre d'agriculture et les organisateurs se sont montrés « très réceptifs » à cette idée. « C’est une belle aventure humaine qui prouve qu’on peut trouver une belle synergie qui profite à tout le monde. C’est important de ramener des nouveautés dans une manifestation comme celle-là. Je pense que le réseau Bienvenue à la ferme a clairement une carte à jouer », estime Christophe Rué. En achetant ces burgers durant la foire Simon et Jude, les clients ne consommeront pas qu’un produit, ils feront un « acte citoyen ». En effet, 25 % des recettes seront reversées aux organisateurs du concours. « Comme partout, les moyens financiers se réduisent. Pour qu’une manifestation comme celle-là puisse continuer à exister, il faut la soutenir. C’est une petite goutte d’eau que j’apporte. Mais si tout le monde agricole se tient la main, on peut faire de belles choses », témoigne un Christophe Rué très attaché aux valeurs de solidarité et d’authenticité du monde paysan. Lui-même organise souvent des portes ouvertes sur son exploitation. Une « fête populaire » comme il aime à le rappeler qui n’attire pas moins de 1 000 personnes à chaque fois. Balades dans les pâturages, bar à lait, traite des visites, musiques guinguette, à chaque fois, la ferme Rué fait découvrir de mille et une façons le métier d’éleveur. Une nécessité à ses yeux. « Il faut cultiver cette ambiance et vulgariser notre métier. Il faut rappeler aux gens qu’ils ont besoin des paysans, comme les paysans ont besoin de tout le monde. C’est une communauté que nous devons faire vivre ensemble. » Une communauté à laquelle Christophe Rué souhaite associer d’autres producteurs. « À côté des burgers frites, on va ajouter un marché fermier. C’est quelque chose qu’il faut lancer et qui va dans le bon sens je trouve. »

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