Élevage

Plan sécheresse de la région mis en œuvre dès novembre

6 millions d’euros à l’échelle du Grand Est

Publié le 21/11/2018

Lors de l’inauguration du salon d’élevage Agrimax à Metz, le président Jean Rottner a annoncé la mise en place d’un plan structurel sécheresse à l’échelle du Grand Est, pour répondre aux difficultés marquées des éleveurs, face à une situation de sécheresse exceptionnelle et sans précédent.

Cette annonce s’est tenue en présence d’élus régionaux, en particulier Pascale Gaillot, vice-présidente de la Région Grand Est en charge de l’Agriculture et de la Ruralité, Philippe Mangin, vice-président en charge de la Bioéconomie, de l’Agroalimentaire et de la Bioénergie, et Patrick Bastian, président de la Commission Agriculture et Forêt. Agir au plus vite et avec pragmatisme est la priorité de la Région Grand Est dans son accompagnement aux éleveurs fortement touchés par la sécheresse de cet été. La forte mobilisation de la profession agricole, et en particulier la FRSEA, les JA, les Chambres et les CER, permet à la Région Grand Est de financer dès cet hiver aux éleveurs les plus touchés une part des achats exceptionnels de fourrages ou coproduits. Ce dispositif d’urgence est complété par une adaptation du plan de compétitivité des exploitations agricoles (PCAE) et un nouveau soutien aux besoins en petits investissements liés aux aléas climatiques et sanitaires, ainsi qu’à l’autonomie alimentaire. Ainsi la Région Grand Est proposera à une prochaine session plénière du Conseil régional de voter un plan d’investissement en deux volets : Une aide à la reconstitution des stocks de fourrages pour les exploitations spécialisées en élevage Tous les éleveurs spécialisés à plus de 50 % du chiffre d’affaires en élevage, selon les critères retenus par la Région Grand Est, qui subissent un déficit fourrager significatif dans leur exploitation pourront solliciter une aide auprès de la Région pour financer leurs achats exceptionnels de fourrages ou coproduits. Ce dispositif se veut simple et efficace : un guichet unique départemental porté par les Chambres d’agriculture assurera en proximité l’information sur le dispositif d’aide, le dépôt des dossiers jusqu’au 31 janvier 2019 et la pré-instruction des demandes d’aide. Les services EDE des Chambres d’agriculture fourniront le nombre d’UGB à retenir et les cabinets comptables transmettront le taux de spécialisation de l’éleveur. Chaque guichet unique transmettra à la Région la liste des bénéficiaires éligibles, ce qui permettra aux élus de statuer. Les paiements des dossiers auront lieu entre janvier et mars 2019. Ainsi les éleveurs potentiellement éligibles pourront télécharger sur le site de la Région Grand Est, ou de leurs partenaires (Chambres d’agriculture, cabinet comptable, FDSEA…) un formulaire de demande d’aide. Il leur sera demandé la déclaration du taux de spécialisation calculé par leur comptable (> à 50 %). D’autre part, ils devront fournir un bilan fourrager évaluant le déficit à l’entrée de l’hiver, ou à défaut, renseigner sur le formulaire de demande d’aide leurs stocks et besoins en fourrages démontrant le déficit à partir des effectifs calculés par les services EDE des chambres d’agriculture. Au vu de la déclaration de l’éleveur, des aliments achetés au-delà des quantités habituelles ainsi que de la fourniture des factures acquittées, la Région Grand Est accompagnera à hauteur de 25 % les dépenses supplémentaires liées à l’impact sécheresse sur la production fourragère. Le prix unitaire de l’aliment acheté sera plafonné pour ne pas encourager la spéculation sur les marchés. Une majoration de 10 % pourra être appliquée en cas d’installation ou d’appartenance au zonage montagne. L’aide sera comprise entre 500 € et 3 000 € (6 000 € pour les GAEC). La Région Grand Est a souhaité conduire ce soutien régional en partenariat élargi avec la profession, ainsi que les Conseils départementaux qui ont la possibilité de participer au financement, pour renforcer une ambition commune pour l’élevage régional. En deuxième volet d’intervention, la Région adapte son accompagnement à l’effort d’investissement des éleveurs en ouvrant un nouveau programme de soutien aux équipements. Ce nouveau programme d’accompagnement est en construction, il visera à couvrir les besoins plus modestes d’investissements (moins de 15 K€) portant sur le volet sécurité sanitaire (notamment biosécurité pour le secteur porcin), sur le volet bien-être animal et sur le volet autonomie alimentaire. Après délibération du Conseil régional, la liste des équipements sera communiquée. De plus, sur le PCAE, la limitation du nombre de dossiers et le délai de carence par bénéficiaire seront levés en 2019, permettant ainsi d’accompagner les nouveaux investissements, notamment de stockage et de « surstockage ». Les appels à projets seront publiés début 2019, avec deux périodes de dépôt possibles (février et juillet). Enfin, la Région souhaite s’inscrire dans la durée en menant une large réflexion sur les réserves en eau dans le Grand Est afin de trouver des solutions concrètes, en encourageant les projets favorisant la résilience des systèmes au changement climatique et en engageant les filières animales et végétales dans un débat sur l’alimentation animale, l’autonomie alimentaire des élevages.

Publié le 20/11/2018

Dans le cadre du « Mois de la bio », la visite de l’exploitation de Nicolas Fady à Reiningue visait à cerner les atouts de la filière. Pour réussir sa conversion, l’agriculteur peut s’appuyer sur un réseau de compétences..

La particularité de l’exploitation de Nicolas Fady ? Le choix de la race de son cheptel, tourné vers la Salers. « C’est une rare que j’apprécie tout particulièrement car elle est rustique, docile, laitière et maternelle. Les vêlages sont faciles et la longévité des vaches est longue », explique l’éleveur. Il a un cheptel de quarante mères, ainsi que des brebis et des chevaux en pension. Il cultive des céréales sur quinze hectares, de la luzerne sur dix hectares. L’exploitation compte 80 hectares de prairies. Le bio, Nicolas Fady y réfléchit depuis longtemps ; il a passé le cap en 2018 en démarrant sa conversion au printemps dernier. Il sera certifié en mai 2020. Nicolas Fady est adhérent à la coopérative agricole de céréales (CAC) qui l’accompagne dans le cadre de la politique de l’entreprise en agriculture biologique. L’objectif est de créer une filière pérenne, durable et rentable pour les adhérents avec une pertinence agronomique. La coopérative est là pour apporter le conseil technique nécessaire et le support logistique. Le tout, dans une démarche de coopération positive et locale. La coopérative propose ses solutions pour son activité « appro » avec sa sélection de semences et la lutte biologique, ses expérimentations ou encore son système de collecte. L’objectif final étant la recherche de la qualité de la récolte et l’anticipation dans les décisions à prendre. Tendre vers un milieu équilibré Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où la production biologique poursuit sa croissance en France appuyée par une consommation également en hausse dans toutes les filières. En Alsace, 88 élevages en bovin allaitant étaient orientés en bio ou en conversion. Dans le Haut-Rhin, on comptait en 2017, 26 éleveurs avec un cheptel qui dépassait déjà les 500 têtes. Pour faciliter la croissance, la Chambre d'agriculture d’Alsace mise sur l’accompagnement : « Il s’agit de tendre vers un milieu équilibré (autonomie, respect des cycles naturels, recyclage des matières organiques), de maintenir la fertilité du sol sans engrais chimique de synthèse, de protéger les plantes sans pesticides de synthèse, et de pratiquer un élevage en harmonie avec l’exploitation, respectant le bien-être animal », souligne Sophie Delattre. Le tout, dans le cadre de la réglementation européenne, tant pour les productions végétales qu’animales. Pour une conversion en élevage bovin, une conversion simultanée (terre et animaux) se fait sur une période de 24 mois. Il y a des étapes administratives à réaliser. Le pôle « conversion bio Alsace » de la Chambre et de l’Opaba est là pour réaliser un accompagnement individualisé, adapté à chaque situation d’exploitation (visite de sensibilisation, approfondissement technique, simulation économique). Un pôle qui est complété par les conseils et le suivi du service « Élevage » de la Chambre d'agriculture. Daniel Renger, conseiller, a présenté les performances techniques en bio et en conventionnel. Une filière régionale La filière régionale viandes bio s’organise autour de l’union des éleveurs « Unebio ». Ses racines, ce sont les réseaux de producteurs bio, qui depuis 1995, ont structuré leur filière. Le capital de l’union est détenu par les éleveurs bio à travers les structures actionnaires, proportionnellement aux volumes mis en marché. L’union est gouvernée par des éleveurs. Cet outil de commercialisation 100 % bio valorise la viande dans les grandes et moyennes surfaces (Unebio est partenaire historique d’Auchan), les boucheries, ou encore les magasins spécialisés. Unebio est ainsi le premier outil de commercialisation des éleveurs bio en France avec un réseau de 2 500 éleveurs et une équipe de professionnels au service de la filière. L’union respecte des règles précises de mise en marché : une planification des bovins, des prix stables dans le temps, définis en commun, en déconnexion avec le marché conventionnel, une régularité de l’approvisionnement et du commerce.

Chambre d'agriculture d’Alsace

La ferme-auberge du futur

Publié le 19/11/2018

Dans le cadre d’une étude sur la ferme-auberge du futur, la Chambre d'agriculture d’Alsace a organisé trois réunions de créativité, en partenariat avec l’université de Savoie Mont-Blanc, animées par les étudiants de licence professionnelle Valorisation des produits et espaces montagnards.

La Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) réalise une étude sur la ferme-auberge du futur pour Alsace Destination Tourisme (ADT) grâce à l’appui du commissariat du Massif des Vosges. Elle concerne 56 fermes-auberges situées sur trois départements (Haut-Rhin, Bas-Rhin et Vosges) qui adhèrent à des chartes ou cahiers des charges (Bienvenue à la ferme, Association des fermes-auberges du Haut-Rhin et Gîtes de France du Bas-Rhin). Dans ce cadre, trois réunions de créativité ont été organisées au chalet du Champ du Feu à Belmont, à la Maison de la montagne à La Bresse et à la ferme-auberge du Grand Ballon, auxquelles ont participé des membres du comité de pilotage et des acteurs du territoire : fermiers-aubergistes, conseillers régionaux et départementaux, élus locaux, représentant d’offices de tourisme, du parc naturel régional, techniciens. « Nous avons sollicité l’université de Savoie Mont-Blanc pour établir un partenariat. Les étudiants ont donc animé les trois réunions. Cet exercice leur permet de mettre en pratique ce qu’ils étudient en cours et d’avoir une expérience concrète en situation professionnelle. Ils viennent de différentes régions et ont des profils complémentaires puisqu’ils sont issus du monde agricole, environnemental ou du tourisme. Ces thèmes sont précisément le fil conducteur des problématiques des territoires de montagne », explique Noémie Bureth, qui pilote l’équipe de travail de la CAA. « Ces rendez-vous ont permis aux participants d’avoir un large aperçu de la réalité que nous vivons dans nos fermes et nos auberges, précise Serge Sifferlen, président de l’Association des fermes-auberges du Haut-Rhin, qui a assisté aux trois rencontres. À chaque fois, les produits de la ferme ont été mis en évidence. À chaque fois également, nous avons pu mieux comprendre les problèmes d’accessibilité aux différents lieux, mais également les thématiques liées à la signalétique, au haut débit, à la ressource en eau, à la nature. » Des changements de comportement chez les clients Les groupes de travail ont participé à des ateliers créatifs sur la tradition et la modernité de la ferme-auberge. Les professionnels ont notamment insisté sur la nécessité de préserver ces exploitations familiales, de garder les menus traditionnels proposés, d’assurer la pérennité des circuits courts avec une transformation à la ferme, et de faire le lien avec les consommateurs. Ce qui n’empêche pas d’évoluer et de proposer de nouvelles recettes pour les repas, d’utiliser la modernité technologique par le biais des réseaux sociaux, des sites internet ou du haut débit. Dans tous les cas, il y a la nécessité de garder une agriculture adaptée à son milieu, avec des pratiques agricoles de proximité et pérennes, sans course à la productivité. Les fermiers-aubergistes observent un changement de comportement de leurs clients, de plus en plus curieux et ayant de nouvelles demandes. Il faut savoir les écouter, tout en cherchant à maintenir une offre de qualité. Les étudiants ont proposé aux participants de réfléchir aux potentiels de vente et aux différents profils de clients. Les professionnels constatent que les consommateurs sont de plus en plus exigeants. Il faut donc être à l’écoute, maintenir une large offre, tout en la faisant évoluer afin de séduire le plus grand nombre. Mais une chose est sûre : le concept de ferme-auberge en Alsace, c'est le reflet de l’identité du massif des Vosges, c’est un attrait touristique qui se démarque des autres régions de l’hexagone.

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