Mois de la bio
L’accompagnement des producteurs
Mois de la bio
Publié le 20/11/2018
Dans le cadre du « Mois de la bio », la visite de l’exploitation de Nicolas Fady à Reiningue visait à cerner les atouts de la filière. Pour réussir sa conversion, l’agriculteur peut s’appuyer sur un réseau de compétences..
La particularité de l’exploitation de Nicolas Fady ? Le choix de la race de son cheptel, tourné vers la Salers. « C’est une rare que j’apprécie tout particulièrement car elle est rustique, docile, laitière et maternelle. Les vêlages sont faciles et la longévité des vaches est longue », explique l’éleveur. Il a un cheptel de quarante mères, ainsi que des brebis et des chevaux en pension. Il cultive des céréales sur quinze hectares, de la luzerne sur dix hectares. L’exploitation compte 80 hectares de prairies. Le bio, Nicolas Fady y réfléchit depuis longtemps ; il a passé le cap en 2018 en démarrant sa conversion au printemps dernier. Il sera certifié en mai 2020. Nicolas Fady est adhérent à la coopérative agricole de céréales (CAC) qui l’accompagne dans le cadre de la politique de l’entreprise en agriculture biologique. L’objectif est de créer une filière pérenne, durable et rentable pour les adhérents avec une pertinence agronomique. La coopérative est là pour apporter le conseil technique nécessaire et le support logistique. Le tout, dans une démarche de coopération positive et locale. La coopérative propose ses solutions pour son activité « appro » avec sa sélection de semences et la lutte biologique, ses expérimentations ou encore son système de collecte. L’objectif final étant la recherche de la qualité de la récolte et l’anticipation dans les décisions à prendre. Tendre vers un milieu équilibré Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où la production biologique poursuit sa croissance en France appuyée par une consommation également en hausse dans toutes les filières. En Alsace, 88 élevages en bovin allaitant étaient orientés en bio ou en conversion. Dans le Haut-Rhin, on comptait en 2017, 26 éleveurs avec un cheptel qui dépassait déjà les 500 têtes. Pour faciliter la croissance, la Chambre d'agriculture d’Alsace mise sur l’accompagnement : « Il s’agit de tendre vers un milieu équilibré (autonomie, respect des cycles naturels, recyclage des matières organiques), de maintenir la fertilité du sol sans engrais chimique de synthèse, de protéger les plantes sans pesticides de synthèse, et de pratiquer un élevage en harmonie avec l’exploitation, respectant le bien-être animal », souligne Sophie Delattre. Le tout, dans le cadre de la réglementation européenne, tant pour les productions végétales qu’animales. Pour une conversion en élevage bovin, une conversion simultanée (terre et animaux) se fait sur une période de 24 mois. Il y a des étapes administratives à réaliser. Le pôle « conversion bio Alsace » de la Chambre et de l’Opaba est là pour réaliser un accompagnement individualisé, adapté à chaque situation d’exploitation (visite de sensibilisation, approfondissement technique, simulation économique). Un pôle qui est complété par les conseils et le suivi du service « Élevage » de la Chambre d'agriculture. Daniel Renger, conseiller, a présenté les performances techniques en bio et en conventionnel. Une filière régionale La filière régionale viandes bio s’organise autour de l’union des éleveurs « Unebio ». Ses racines, ce sont les réseaux de producteurs bio, qui depuis 1995, ont structuré leur filière. Le capital de l’union est détenu par les éleveurs bio à travers les structures actionnaires, proportionnellement aux volumes mis en marché. L’union est gouvernée par des éleveurs. Cet outil de commercialisation 100 % bio valorise la viande dans les grandes et moyennes surfaces (Unebio est partenaire historique d’Auchan), les boucheries, ou encore les magasins spécialisés. Unebio est ainsi le premier outil de commercialisation des éleveurs bio en France avec un réseau de 2 500 éleveurs et une équipe de professionnels au service de la filière. L’union respecte des règles précises de mise en marché : une planification des bovins, des prix stables dans le temps, définis en commun, en déconnexion avec le marché conventionnel, une régularité de l’approvisionnement et du commerce.












