Élevage

BiObernai, conférence de Guillaume Corpard, mouvement végan

Abêtissant !

Publié le 19/09/2018

Au rythme de cinq à dix conférences par mois, Guillaume Corpard écume les salons bios de France pour présenter ses thèses militantes en faveur du mouvement végan et anti-spéciste. Et pour faire la promotion de son livre « Un cri pour la terre ».

Guillaume Corpard était l’invité de cette édition 2018 de BiObernai, le salon bio à Obernai, pour animer la conférence inaugurale. Selon la volonté des organisateurs, BiObernai alterne les thématiques selon la règle « une année, un sujet consensuel, et une année un sujet qui fâche », explique Maurice Meyer. Et cette année, les âmes sensibles pouvaient s’abstenir. Avec globalement, un auditoire plutôt bien prédisposé et sensibilisé à la cause de la souffrance animale, le conférencier militant végan n’a pas eu à s’employer pour contrer des avis opposés, d’autant qu’on ne les a pas laissés s’exprimer lors de cette conférence. Mais au-delà du propos sur le bien-être animal, c’est dans la conférence de Guillaume Corpard alternant entre violences psychologiques, humour, sophismes et morale, que la méthode pour conquérir ses ouailles interpelle. La technique de communication orale éprouvée dissimule une réalité d’endoctrinement à laquelle doit faire face le monde agricole, les éleveurs en particulier. Car derrière le sourire d’un conférencier, il y a des militants déterminés à en découdre avec les agriculteurs, radicalisés et aux facultés de discernement et d’analyse critique altérées par des sophismes, des raccourcis et des messages subliminaux. Par exemple, en enchaînant les images, l’exposé assimile sans nuances les élevages agricoles traditionnels aux dérives en abattage industriel, et à la maltraitance sadique d’animaux domestiques. Bien souvent, face à des manipulations de masse, c’est le sens de l’histoire qui permet à chacun de revenir à la réalité et à la raison, souvent malheureusement après que l’histoire a fait son œuvre. Une conférence en quatre actes. Acte 1, story-telling, l’émotion prend le pouvoir « J’avais une poule, mon animal de compagnie depuis ma plus tendre enfance, et je mangeais un poulet-frite. » Après son histoire, le conférencier plonge son auditoire dans un malaise psychologique à coups d’images et de vidéos chocs de souffrance animale, d’abattage en abattoir, de systèmes sur-concentrationnaires, de dérives… Images dont l’agriculteur éleveur se passerait bien, lui aussi, pour poursuivre paisiblement son activité, sa passion. … Émotion, danger, prise de pouvoir, fondés sur des constats partagés, mais où seules les dérives sont exposées… Et où bien sûr, le rôle de l’animal dans la construction des civilisations est éludé : le façonneur de bocage, le constructeur de cathédrale, l’ouvreur de paysage en montagne ou le transporteur d’hommes… Acte 2 : le sophisme environnemental L’exposé enchaîne sur l’ensemble des maux causés à la planète par l’alimentation animale : bilan carbone de l’alimentation carnée, gaz à effets de serre, sur-pêche, déforestation. Là aussi, Guillaume Corpard ne manque malheureusement pas de références. Mais, encore sous le coup de l’émotion, l’auditoire est amené à penser que le véganisme serait la solution à tous les problèmes. Le véganisme améliorerait le bilan carbone : aucune remarque n’émane du public par exemple lorsque Guillaume Corpard présente sur fond de slide, des fruits exotiques, ananas, avocat, de la « nourriture-avion » dont le bilan carbone est tout aussi, sinon plus contestable que certains modes d’élevage. Exit d’ailleurs les problématiques de transport, de pollution au plastique, de persistants chimiques : la problématique environnementale focalise les attentions - décérébrées par l’émotion - sur la nourriture animale. Acte 3 : après le malaise et la culpabilité, il faut contenter « le moi » Une fois passées la peur, l’inquiétude, la violence, avec des photos il faut bien le dire peu ragoûtantes, dont chacun est conduit à penser que c’est la règle générale, place au contentement, à la satisfaction de son moi profond. Très soucieux de sa santé, le consommateur bio est d’ailleurs plutôt bien prédisposé à entendre ces argumentaires. C’est le lait qui est dans le viseur de Guillaume Corpard. Non seulement il serait inutile, quelles que soient ses formes, en fromage ou naturel. Mais il serait source de problèmes osseux, d’allergies… Aucune réaction de la salle et pourtant : est-ce bien le lait qui est en cause ou nos modes de vie trop sédentaires, nos équilibres alimentaires ? Et une approche un peu plus critique pourrait inviter à questionner : le lait est-il plus utile ou inutile que la carotte ou que la salade ? Acte 4 : le soulagement, la morale Conclusion. Monsieur Corpard rêve d’un monde meilleur où l’homme n’est plus considéré dans le règne animal au sommet de la pyramide de l’évolution. Est-ce parce que certains hommes se considèrent au sommet de cette évolution qu’ils se comportent mal avec les animaux ? Cependant, l’homme est tout de même le seul à être capable de décider de ce qu’il mange et est donc invité à devenir végan pour sauver la planète. Fin de la conférence : les esprits subjugués par le conférencier applaudissent. Monsieur Corpard dit son inquiétude à propos des taux de suicide chez les agriculteurs. Pourtant, à l’écouter, pas sûr que ses propos rassurent les agriculteurs…

Concours Interdépartemental races Prim’Holstein, Montbéliarde et Salers de Habsheim

Sous le signe de la proximité et de la valorisation des filières courtes

Publié le 14/09/2018

Comme à son habitude, la foire Simon et Jude de Habsheim accueillera à nouveau cette année le concours des races Prim’Holstein, Montbéliarde et Salers les 28 et 29 octobre prochain.

Convivialité, mise en valeur du métier d’éleveur et plus que jamais, communication avec le grand public, avec la présence de producteurs locaux, sont les buts majeurs de cette manifestation. Concours Inter Races Les éleveurs des trois syndicats s’unissent, afin que cette 24e soit un beau concours conjuguant professionnalisme et camaraderie avec le partenariat du service Élevage de la Chambre d’agriculture de région Alsace et d’Élitest sans oublier le soutien de nombreuses instances et sociétés. Les inscriptions Les éleveurs inscrivent eux-mêmes les animaux à l’aide des formulaires qui leur ont été envoyés par l’EBHR (Association des Éleveurs Bovins du Haut-Rhin), avant le 28 septembre 2018 impérativement. Les éleveurs n’ayant pas reçu les fiches d’inscriptions et souhaitant participer sont conviés à contacter le service Élevage pour obtenir rapidement le document d’inscription. Si vous souhaitez être conseillé dans le choix des animaux, vous pouvez faire appel au service de : Thibaut Perreau - technicien Holstein, Elitest - Tel : 06 79 14 64 51, Pierre-Elie Richard - technicien Montbéliarde, Elitest - Tel : 06 82 55 33 71, Isabelle Hofstetter - service Élevage, CARA - Tel : 06 23 59 97 74, Daniel Renger - Conseiller bovin viande, CARA - Tel : 03 89 20 97 53. Les animations Comme l’an dernier, le chapiteau accueillera la finale départementale de jugement de bétail organisée par la Chambre d’agriculture et le Lycée agricole. Pour la 13e année consécutive, aura lieu le concours du meilleur présentateur en race Montbéliarde et Prim’holstein. La deuxième journée de formation a eu lieu le samedi 2 septembre, 17 jeunes sont inscrits à ce jour. Le défilé des enfants avec leurs veaux est reconduit, il n’est accessible qu’aux éleveurs exposants et les veaux sont soumis aux mêmes conditions sanitaires que les vaches. Toujours dans le but de communiquer avec le grand public, les producteurs fermiers adhérents à la marque « Bienvenue à la ferme », principal réseau de producteurs fermiers français, proposeront une restauration locale sous le chapiteau et un marché avec leurs produits. La filière viande bovine sera également présente pour la promotion d’une marque de production locale, avec la possibilité de dégustation sur place.

Race charolaise

Un concours très suivi

Publié le 30/08/2018

Beaucoup de monde, dimanche après-midi à Niederaltdorf, autour du ring d’élevage, où se déroulait le concours de la race charolaise. Sept éleveurs alsaciens participaient à cette confrontation, arbitrée par un éleveur mosellan, Jean-Philippe Weisse. Ce dernier était secondé par un juge stagiaire de l’Ajec, Florent Adelé, lui aussi venu de Moselle.

D’année en année, le concours charolais s’affirme comme une attraction très prisée de la finale départementale de labour. « De notre côté, nous profitons de l’attractivité de cette manifestation », souligne Thierry Kolb, président du Syndicat de la race charolaise d’Alsace. C’est donc un partenariat gagnant-gagnant. Mais pourquoi choisir la finale départementale de labour pour cette confrontation, plutôt que le festival de l’élevage, au printemps ? « Nos animaux ne sont pas au top à la sortie de l’hiver », explique-t-il. Pendant qu’ils séjournent à l’étable, ils sont nourris avec du fourrage grossier et perdent du poids. Et les veaux sont encore trop jeunes. « À l’automne, les bêtes sont à l’herbe, les veaux sont en phase de sevrage. » Ils sont beaucoup mieux conformés. Seuls 28 animaux participaient à cette édition 2018. Thierry Kolb met cette faible participation sur le compte de la morosité ambiante. « Les éleveurs allaitants ont le moral en berne. Le système herbager, très fragile, a été mis à mal par la sécheresse et la canicule. Et la conjoncture reste difficile. Les États généraux de l’alimentation s’étaient fixé pour objectif d’améliorer la rémunération des éleveurs. On est loin du compte ! Au contraire, on va importer d’énormes contingents de viande, ce qui entraînera une chute des prix de l’ordre de 20 %, selon les simulations. Pendant ce temps, on nous oblige à produire toujours mieux, toujours plus sain… » Un vrai travail de segmentation « Il faut trouver très rapidement des solutions au grave épisode de sécheresse que nous venons de vivre », insiste Philippe Boehmler, responsable viande de la FDSEA du Bas-Rhin. Il plaide pour une répartition plus juste de la plus-value entre les maillons de la filière : « Cette production a un coût. Si l’on veut maintenir un élevage français de qualité, l’éleveur ne peut pas être la variable d’ajustement. » Des discussions sont en cours avec les abatteurs et les distributeurs. Pour lui, la solution pour obtenir un prix rémunérateur réside « dans un contrat tripartite entre éleveurs, intermédiaires et distributeurs ». Le responsable syndical a souligné la nécessité, pour les producteurs de viande, de mieux répondre à la demande du marché. Ou plutôt des marchés, car « il y a plein de marchés différents ». Bovins lourds, bovins légers, bovins précoces, exportation, il faut saisir toutes les opportunités. « Pas besoin de créer de nouvelles races, la génétique charolaise permet de le faire. Notre race a un bel avenir, si tout le monde se met au travail. » Le palmarès Section veaux mâles 7 mois : 1er Okley, né le 20 mars 2018 (père Lutrillo), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 2e Obtus SC, né le 9 février 2018 (père Jami), appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut Section veaux mâles moins de 10 mois : 1er Opium, né le 1er décembre 2017 (père Espion), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 2e Nageur SC, né le 4 décembre 2017 (père Macao), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 3e Ordinaire, né le 31 décembre 2017 (père Lancelot), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Prix d’honneur veaux : Okley, appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Section jeunes mâles juniors : 1er Merlin, né le 4 décembre 2016 (père Iceberg pp), appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg ; 2e Miel, né le 15 décembre 2016 (père Jehova), Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Section taureaux adultes : Épisode, né le 22 décembre 2008 (père Veneur), appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg Grand prix d’honneur mâles : Épisode, appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg Section veaux femelles 6-7 mois : 1re Odeis, née le 5 février 2018 (père Harley), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern Section veaux femelles 8 mois - section A : Nationale, née le 4 décembre 2017 (père Joli Cœur), appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut ; 2e Oakland, née le 7 décembre 2017 (père Castor), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 3e Optique, née le 22 décembre 2017 (père Chic), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 4e Nounou, née le 7 décembre 2017 (père Jehova), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Prix d’honneur veaux femelles : Nationale, appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut Section veaux femelles juniors - section I : 1re Nixquik, née le 4 octobre 2017 (père Bariton) ; 2e Niagara, née le 19 octobre 2017 (père Emira) ; 3e Nationale, née le 7 octobre 2017 (père Gaston) ; 4e Noisette, née le 27 septembre 2017 (père Bariton). Tous ces animaux appartiennent à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier Section veaux femelles juniors - section II : 1re Nanouk, née le 23 février 2017 (père Harley), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern Section veaux femelles juniors - section III : 1re Numismatique, née le 28 décembre 2017 (père Espion), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 2e Noblesse, née le 1er décembre 2016 (père Cyrano), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 3e Muse, née le 8 décembre 2016 (père Jehova), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 4e Nacre, née le 7 décembre 2016 (père Flamenco), appartenant à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier ; 5e Michèle, née le 20 novembre 2016 (père Castor), appartenant à Gaétan Vix de Wolschheim Prix d’honneur veaux femelles juniors : Numismatique, appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz Section femelles juniors : 1re Malaisie, née le 25 novembre 2015 (père Castor), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz Section femelles seniors : 1re Juvenille, née le 1er décembre 2013 (père Énarque), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 2e Ludique SC, née le 17 novembre 2014 (père Dauphin P), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 3e Clémentine, née le 24 avril 2014, appartenant à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier Grand prix d’honneur femelles : Juvenille, appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern Prix Ajec : Najeur SC du Gaec du Domaine des charolais à Forstfeld.

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