Pratique

Journée des chefs

La gastronomie à la cantine

Publié le 25/06/2017

L’Alsacienne de restauration et le pensionnat Sainte-Marie de Ribeauvillé ont organisé leur traditionnelle Journée des chefs le 9 juin. L’occasion de faire découvrir aux élèves un repas un peu plus gastronomique qu’à l’accoutumée, le tout cuisiné avec des produits locaux et de saison.

Le 9 juin, les élèves du pensionnat Sainte-Marie de Ribeauvillé ont eu droit à quelques étoiles lors de leur repas de midi. Comme il est de tradition depuis plusieurs années, l’établissement et l’Alsacienne de restauration - qui fournit les repas - ont souhaité offrir aux élèves un repas un peu plus gastronomique qu’à l’accoutumée. Cette année, ce sont les chefs du restaurant du Casino Barrière de Ribeauvillé, Alexandre Bouchain et David Meyer, qui ont relevé le challenge. Au menu : escalope de volaille d’Alsace façon tex-mex et sa brochette du soleil, verrine de salade de fruits revisitée avec quelques légumes, et buffet de crudités plaisirs gourmands réalisé le chef de cuisine du pensionnat, Jean-Yves Gadet. « L’idée est de faire preuve d’un peu de créativité pour amener les enfants à manger plus de légumes. » Un credo que Jean-Yves Gadet applique au quotidien depuis son arrivée dans l’établissement en 2014. Et ça marche. En trois ans, la consommation de légumes a doublé, faisant le régal des 260 élèves qui fréquentent la cantine le midi (120 le soir). « Je peux faire des cakes aux carottes et des salades mélangeant fruits et légumes », explique-t-il. Le tout réalisé en très grande majorité avec des produits locaux. « C’est inscrit dans notre ADN », commente Vincent Vu Cong, directeur de restaurant à l’Alsacienne de restauration. Présente dans de nombreuses entreprises et collectivités, la société de restauration gère aujourd’hui 17 des 33 établissements scolaires privés d’Alsace. « Tous les jours, nous servons des produits frais, légumes ou viandes dans les cantines que nous gérons. On y mange davantage au rythme des saisons », continue Vincent Vu Cong. Au pensionnat Sainte-Marie, les élèves ont aussi droit à du fromage à la coupe deux à trois fois par semaine. Le munster, la tomme ou le bleu ont notamment la cote. Toute la charcuterie est issue d’animaux élevés et transformés en Alsace, tandis que la volaille vient de chez Bruno Siebert, à Ergersheim. « On veut casser cette image de la cantine où la nourriture n’est pas bonne. Même avec un budget limité, on prouve qu’on peut faire de très bonnes choses. Tout dépend de la volonté du chef », témoigne Jean-Yves Gadet. Ce dernier n’hésite à mettre des légumes dans des salades de fruits ou à créer des tartes tatin aux navets. Au début, les enfants essaient par curiosité. Ensuite, ils en redemandent. Un retour forcément motivant pour le chef de cuisine. « Certains enfants ne connaissent pas certains fruits et légumes. Ça me touche. Alors j’essaie de faire ce qu’il faut pour qu’ils y prennent goût. Et les résultats sont là : les enfants sont heureux d’aller à la cantine. »

SlowUp de la route des vins d’Alsace

Les communes devront prendre le relais de l’ADT

Publié le 19/06/2017

Après l’immense succès populaire du slowUp de la route des vins d’Alsace, dont c’était la 5e édition le 4 juin dernier, Alsace Destination Tourisme a annoncé que la charge de l’organisation revenait désormais aux communes concernées.

Les neuf communes concernées par le slowUp, Sélestat, Scherwiller, Châtenois, Kintzheim, Orschwiller, Saint-Hippolyte, Rodern, Rorschwihr et Bergheim, vont-elles prendre le relais du slowUp de la route des vins d’Alsace ? La manifestation, lancée il y a cinq ans par les équipes du Conseil départemental de l’époque et leur président, Guy-Dominique Kennel, est désormais bien inscrite dans le calendrier des manifestations à succès en Alsace. L’Agence de développement et de promotion du tourisme n’a jamais fait mystère qu’il reviendrait un jour aux communes concernées et aux sponsors de prendre en charge l’organisation. Et l’heure est venue. Avec 40 000 visiteurs, l’événement a trouvé son public. Et l’on vient de loin pour arpenter la route des vins à vélo. Si l’ensemble des parties concernées, les maires des communes concèdent qu’il ne s’agirait pas que la manifestation s’arrête, les modalités d’organisation n’ont pour l’heure pas été définies. Ni même le financement. Le budget global de l’édition 2017 s’est élevé à 80 000 €, financés pour moitié par les collectivités et l’ADT, et pour moitié par les sponsors, qui s’offrent une vitrine exceptionnelle. S’ajoutant à cela, un millier de bénévoles. L’expérience en Suisse montre que la transition peut s’avérer délicate. L’édition 2017 du slowUp de Genève connaît ainsi pas mal de remous sous la pression de sponsors mécontents. Mais d’autres slowUp, comme celui de Bâle avec 50 000 slowUpeurs, continuent de connaître un franc succès. La balle est donc désormais dans le camp des communes, afin qu’elles s’entendent pour perpétuer le succès.

Lancement de la saison des fermes-auberges dans le Haut-Rhin

Entre traditions et modernisations

Publié le 07/06/2017

Le lancement de la saison 2017 des fermes-auberges du Haut-Rhin a eu lieu le 1er juin à la ferme-auberge du Grand Ballon. Si la tradition marcaire attire toujours plus de clients, la modernisation des établissements se poursuit pour répondre aux nouvelles façons de « consommer de la montagne ».

Un léger fumet de roïgabrageldi imbibe l’air ambiant. Dans la cuisine de la ferme-auberge du Grand Ballon, les premiers plats de la journée s’apprêtent à être servis. Il n’est que onze heures, en plein milieu de semaine, et les clients affluent déjà. Le téléphone sonne. Au bout du fil, une demande de réservation qui n’aboutira pas cette fois. « Désolé, ce lundi, on est complet » répond la maîtresse des lieux. La saison 2017 des fermiers-aubergistes démarre fort. Depuis l’ouverture des premiers établissements au début du mois de mai, la clientèle, qu’elle soit locale ou un peu plus lointaine, ne désemplit pas, notamment les week-ends. « C’est clair qu’on ne va pas se plaindre. Avec la météo qu’on a depuis quelque temps, ça défile », témoigne Guy Lochert, fermier-aubergiste au Kahlenwasen. Situé au pied du Petit Ballon, son établissement voit fréquemment s’arrêter des cars de touristes, le plus souvent en été. Les Japonais et les Chinois ne sont pas rares, au contraire. Les traditions marcaires ont la cote, même aux pays des nems, nouilles à la sauce soja et raviolis vapeur. Un tel succès ne doit rien au hasard. Depuis la création de la charte des fermes-auberges en 2001, l’offre s’est structurée, affinée et professionnalisée. Chaque établissement (43 à l’heure actuelle dont 4 en cours d’agrément dans le Haut-Rhin) doit respecter un cahier des charges strict entre valorisation des produits issues de la ferme (ou d’autres exploitations clairement identifiées), et accueil du public dans des conditions de confort exemplaires. Le repas marcaire - ô combien iconique de l’esprit des fermes-auberges - reste encore le menu le plus consommé par les clients, malgré la présence de nombreuses autres spécialités au menu. « Chaque ferme-auberge fait comme elle veut. Certaines servent uniquement du repas marcaire, d’autres pas du tout », relève le président de l’association des fermes-auberges du Haut-Rhin, Serge Sifferlen. La tourte, la salade verte et les roïgabrageldis ont encore de beaux jours devant eux. Didier Bronner, qui gère la ferme-auberge du Grand Ballon depuis 25 ans avec son épouse, et depuis quelques années avec ses deux fils, en est intimement convaincu. « Je propose trois entrées et trois plats principaux à mes clients. Et malgré la diversité de choix, c’est toujours le repas marcaire qui ressort le plus. » Entre plaisir gustatif et balade au grand air Aussi attractive soit-elle, la tradition des fermes-auberges du massif vosgien a aussi droit à sa modernisation. Dans le Haut-Rhin, cela a commencé il y a deux ans avec la création des petits fascicules intitulés « Une ferme ! Une randonnée ! » L’idée, simple, consiste à guider les clients de la ferme-auberge dans une balade « simple » et « concrète » de 1 h 30 à 2 h. « C’est une manière de répondre aux nouvelles tendances. La façon de consommer de la montagne a changé par rapport à avant. Avec ces petits guides, on permet aux gens de profiter des espaces alentour tout en découvrant des sites remarquables ou historiques », détaille Serge Sifferlen. Ces fascicules sont le fruit du partenariat entamé il y a plus de vingt ans entre le Parc naturel régional des Ballons des Vosges (PNRBV) et l’association des fermes-auberges du Haut-Rhin. « Le parc, c’est de la protection de l’environnement, mais c’est aussi du développement économique. Tout comme les fermes-auberges », relève le directeur du PNRBV, Olivier Claude. C’est ce type de message que l’on retrouve sur les nouveaux sets de tables édités pour le lancement de la saison 2017. Un document aux dimensions d’une feuille A3 avec, au recto, une carte de localisation des fermes-auberges du massif et, au verso, la liste des thématiques chères aux fermiers-aubergistes et au Parc : l’accueil du public, le respect de la nature, le savoir-faire culinaire ou l’entretien des paysages. Des fermes-auberges bientôt fibrées D’ici quelque temps, la modernisation des fermes-auberges va prendre une tournure un peu plus numérique. D’ici cinq à six ans maximum, l’ensemble d’entre elles seront reliées au réseau de fibre optique. Pour celles qui aujourd’hui n’ont même pas accès à l’ADSL classique, le bond risque d’être conséquent. Pour Serge Sifferlen, l’enjeu est comparable à celui du raccordement à l’électricité il y a quarante ou cinquante ans dans ces établissements. « Pour la génération à venir, ça va devenir incontournable », annonce-t-il. Le conseiller régional, Jean-Paul Omeyer, le confirme : en 2023, chaque habitant du Grand Est bénéficiera du même service en internet très haut débit. Grâce à la participation collégiale de l’ensemble des collectivités territoriales - de la Région aux communes - le coût de raccordement ne sera que 175 euros par prise, que l’on soit situé au centre d’une ville ou dans une ferme reculée du massif. « Et je précise qu’aucun utilisateur n’aura de droit de branchement à payer : il faudra juste connecter la box de l’opérateur choisi et ça sera bon », précise l’élu régional. Outre une connexion instantanée avec le reste du monde, le visiteur de cette « ferme-auberge du futur » a de fortes chances de tomber sur des bornes de recharge… pour des VTT électriques. Une activité en pleine croissance dans laquelle les fermes-auberges du massif vosgien pourraient avoir un rôle central à jouer. « Nos établissements peuvent être de bons relais pour le développement de cette activité. C’est de surcroît un nouveau public que nous pouvons amener à nous, avec l’idée qu’ils restent plusieurs jours sur le massif, hébergement à la clé », poursuit Serge Sifferlen. Un projet « massif » en cours La notion de « massif » est omniprésente dans la bouche des responsables du Parc, d’Alsace Destination Tourisme (ADT) et de l’association des fermes-auberges du Haut-Rhin. Et pour cause : réforme territoriale oblige, le réseau des fermes-auberges doit désormais se restructurer pour avoir une lisibilité plus forte au niveau la région Grand Est. Depuis plusieurs mois, les fermiers-aubergistes du massif répartis entre le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et le département des Vosges, travaillent sur un dispositif de soutien commun. Un projet mené en collaboration avec les chambres d’agriculture, les conseillers départementaux, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, le relais des Gîtes de France, les réseaux Bienvenue à la Ferme du Bas-Rhin et des Vosges, la Draaf, l’Agence régionale de la santé, et la DDT du Haut-Rhin. « Dans un premier temps, une phase d’études, dont ADT sera le maître d’ouvrage, sera menée. En fonction des résultats, une phase d’investissements sera planifiée », explique le directeur de cabinet d’ADT, Jean Klinkert. Ces études porteront sur l’analyse du potentiel de développement en énergies renouvelables des fermes-auberges, de l’approvisionnement en eau de ces établissements, et des contours de cette fameuse « ferme-auberge du futur ». Avec une bonne plâtrée de roïgabrageldis dans l’assiette, cela va sans dire.

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